CHAPITRE XI
LA PEIXTl'RE A PADOUE. SECOXDI- ÉPOQU
L'ICcnle de Sciuarcicint-. — Manti-gna. — Les lù'cniitani.
L'influence de Donatello à Padoue fut non moins grande sur la peinture que sur la sculpture, preuve et du génie de Donatello et de l'intelligence éveillée comme de la lai-geur de jugement des peintres padouans. D'ailleurs des peintres toscans avaient accompagné ou suivi Donatello à Padoue et leurs confrères des bords de l'Adige n"a\-aient pas négligé de s'instruire aussi auprès d'eux.
Paolo Ucello pendant son séjour à Padoue, avait exécuté au palais Vitaliani, dans ce camaïeu vert qui était son procédé préféré \ des figures
1. Comparer ses peintures au rloitre de ri\i;"lise Saiiite-Marie-Xnuvelle à Florence, qui en a reçu le nom de Chiitstro vcrilc.
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de géants à un florin pièce que ^lantegna admirait beaucoup. Ucello contribua à donner à Mantegna la science et le goût de la perspective dans laquelle il voyait « la plus douce des choses «, comme Donatello contribua à élargir chez lui le sentiment de la forme et à donner à sa facture plus d'autorité. Mais si Mantegna doit à l'influence du Florentin Donatello.
Nicolo Pizzolo. Saint Augustin (ChaptUc Sa.ui-Jacqucs et Saint-Christophe aux Eremitani).
dont il ne fut d'ailleurs jamais l'élève, l'achèvement de son talent et le développement de son génie, c'est le Padouan Francesco Squarcione qui a formé ce talent et qui a présidé à l'éclosion de ce génie.
Singulière destinée que celle de ce -Squarcione qui, — passionné dès l'enfance pour l'art et a\'ant pu s'adonner tout entier à sa passion, puisque ses parents ne s'3^ opposaient pas et qu'il avait quelque fortune, — a cependant si peu produit et qui doit sa place dans l'histoire de la peinture ,et elle est considérable" non à ses tableaux, mais à son influence, de telle sorte que les caractères de son art sont moins déterminés par ses propres