‹ Padoue [et] VéroneChapitre 29 sur 60 · PAD0U · texte numérisé non relu

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par leur valeur décorative et ils feraient de bons modèles de papier peint. Nous revenons au xviT siècle avec Padovinano qui est représenté par trois de ses meilleures œuvres, Jiidilh. La hniine de Piiliphar. une Vénitienne à sa toilette, sujets qui convenaient spécialement à la nature de son talent.

Mais le plus beau tableau du .Musée de Padoue est une œuvre de Girolamo Romanino de Rrescia (1485-1566^ la Madone entre deux anges et ciitatre saints : sur le premier plan un ange joue du tambourin. « Ici, dit Burckhardt, vit, avec la belle ordonnance archaïque, la beauté pleine du xvi" siècle jointe à ce coloris éclatant et fin, à ces tons argentés qui caractérisent l'école de Brescia. ■> Romanino avait quitté Brescia. lors du sac de celte ville par Gaston de Poix et s'était réfugié à Padoue. 11 y fit en 15 13 pour l'église Sainte-Justine ce tableau transporté depuis au Musée et remplacé par une très bonne copie. Deu.x autres tableaux du même auteur une Cè)ie d'un caractère plus décoratif (1521) et une autre Madone gloj-iense proviennent également de .Sainte-Justine.

Le ^Musée de Padoue contient aussi quelques œuvres de notre temps, telles que Au pays de ta mer, répétition réduite du tableau de Cottet au Luxembourg, et parmi les sculptures, le Printemps de A'ela et la Lectrice de Magni, œuvre souple, gracieuse et correcte, considérée avec raison par les Italiens comme une de leurs bonnes statues modernes.

Le Musée de Padoue n'a pas que des peintures et des sculptures. On y voit une importante collection de médailles' et de précieux échantillons des arts industriels : un plat d'étain du Français Briot, un vase de bronze d'Andréa Briosco, un plat d'argent ciselé vers 1545 par le célèbre orfèvre de Nuremberg Wenceslas Jamnitzer, une magnifique tapisserie flamande du temps de Charles-Ouint représentant le départ d'une grande expédition militaire, exécutée peut-être d'après un carton de Verme3'en! Un vase de verre bleu foncé godronné qui est un des trois ou quatre échantillons les plus précieux que l'on possède de l'antique verrerie romaine. Il est presque intact et le morceau qui manque a été cassé, au moment des fouilles, par le coup de pic qui a mis au jour cet objet rare. Nous ne reviendrons pas sur les faïences. Parmi les manuscrits, nous trouvons celui du livre de J^lichel Savonarole avec des portraits à la plume et en couleur. Parmi les incunables, les Trionfi c Sonnetti de Pétrarque et la Mcdicina Volgare de Gio-Kelham contiennent des essais les plus anciens peut-être de xylographie en couleur, annonçant bien modestement et assez maladroi-

I. Elle est dite Musée Bottacin, du nom du savant qui l'avait formée.

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tement, il faut le dire, ces planches de Debucourt et de ses émules que les amateurs se disputent aujourd'hui dans des enchères folles'. Les autographes les plus précieux (il y en a de Donatello, Mantegna, Squarcione, Canova, Paul Véronèse^ sont exposés sous vitrine'.

Dans le Cortile du Musée sont réunis des fragments de sculpture et d'architecture de l'antiquité et du mo)^en âge : le monument de la famille Volumnia avec plusieurs bustes, trouvé en 1879 près de Monselice, une colonne avec un chapiteau original chose rare dans l'antiquité) provenant du temple de Jupiter à Aquilée, un pilastre où sont sculptés deux signes du zodiaque (la Ba lance et le Scorpion) et faisant donc partie d'une série de six pilastres semblables, le tombeau du poète I-ovato, etc. A l'angle Xord-Est du Cortile -s'ouvre la porte du Musée Solfêrino qui a recueilli de nombreux souvenirs de ce sanglant champ de bataille dans une salle aux murs décorés de cartes et des portraits des généraux français et italiens qui y ont combattu.

Solfêrino est plus près de Vérone que de Padoue. Dans le voisinage immédiat de Padoue, au milieu des monts Euganéens, nous trouvons Abano. patrie de Tite-Live''. Non loin delà. Arqua, où mourut Pétrarque (18 juillet 1374}, conserve, comme l'honneur suprême de la petite cité, la maison où il passa la fin de sa vie et le sarcophage qui contient ses restes. Plus près de la ville, San Piero où mourut saint Antoine rappelle par un oratoire décoré de peintures celui dont elle avait voulu vainement conserver les précieuses reliques '. Ainsi, par les souvenirs qui l'entourent, Padoue mérite une fois de plus les noms de Padoue la Savante (nous dirions aujourd'hui l'intellectuelle) et de Padoue la Sainte que les Italiens lui ont donné.

1. Ce sont des gravures sur bois, non pas coloriées à la main, mais bien imprimées en couleur. L'effet est d'ailleurs médiocre. La principale gravure du livTC de Kelham est une scène d'autopsie, qui a l'air d'une épreuve d'examen.

2. La signature de Donatello se lit dans l'acte de paiement de la statue de Gattamelata.

3. Abano était célèbre dans l'antiiiuité comme ville d'eaux et Théodoric fit restaurer par l'architecte Aloiso ses établissements balnéaires. Ausone, entre autres, célèbre la pureté des eaux de la fontaine Aponus. Quant aux eaux thermales d' Abano, elles ont conservé leur réputation et attirent encore aujourd'hui un grand nombre d'étrangers.

4. Parmi ces peintures, on remarque un Saint Antoine prêchant du haut d'un arbre par Bonfazio IL Le personnage debout à 1 extrême droite au premier plan estle portrait de l'artiste.

Véione. La colline de San Pietro. Le Pont romain reconstiuit par Fia Giocondo.

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