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a Le sarcophage, dit-il, est couvert de bas-reliefs peu accentués représentant ce qui eM rare en Italie excepté pour les tombeaux des saints) les principaux épisodes de la vie du guerrier. Ils forment un fond sommaire et fuyant devant lequel les statues en plein relief représentant l'Annonciation, sortent hardiment de la façade du sarcophage où dort dans la longue robe de sa dignité civile, le seigneur de^'érone, aj-ant pour coiffure une simple bandelette nouée au-dessus des sourcils et retombant sur l'épaule. Il semble endormi, les bras croisés et Tépée au côté... Sur cette image du sommeil se lit l'espoir profond d'une autre vie. Au-dessus de lui s'élève un dais arqué soutenu par deux colonnes saillantes. Sur son pinacle est la statue du chevalier monté sur son coursier tle bataille, son casque aux ailes de dragon a\'ant pour cimier une lèlc de chien rejetée en arrièrei et qui tombe sur les épaules. Une large draperie armoriée flotte sur le poitrail du cheval, draperie si bien copiée sur nature par le sculpteur ancien qu'elle semble gonflée par le vent tandis que la lance du chevalier paraît trembler et son cheval presser le pas suivi par les nuages qui courent dans le ciel ».
Cette habileté à rendre rhomme-èc[uestre suffirait à assurer une place éminente dans l'histoire de la sculpture italienne aux tombeaux des Scaligers. Comme la remarque eu a été faite plus haut, la célèbre statue de tiattamelata par Donatello à Padoue, n'était pas une aussi grande nouveauté qu'on l'a dit. Une partie de la gloire que le grand Florentin acquit à cette occasion doit être reportée aux anciens sculpteurs anonymes ou obscurs du cimetière de S. ^l. Antica'.
Le tombeau de Cane Grande, dans lequel Ruskin n'hésite pas à reconnaître, avec l'exagération de son enthousiasme, la periection du sentiment et de la vérité, est placé au-dessus de la porte d'entrée de S. Maria Antica. Les deux autres sont isolés et placés, avec d'autres sarcophages, dans une enceinte formée d'un soubassement de jiierre surmonté
1. Nous ajouterons quelques mots à cette description que nous n"avonspas voulu interrompre. Entre les deux figures de TAnnonciation, un peu plus en avant, est sculpté un C^hrist à mi-corps, couronné d"épines ; au-dessous du sarcophage, entre deux écussons armoriés, une pierre plate porte linscription suivante :
Si Canis hic grandis ingentia facta peregit Marchia lestis adest quam sevo Marte subegit Scaligerani qui laude domum super astra lulisset Majores in luce moras si parca dedisset.
Cane n'avait que trente-huit ans lorsqu'il mourut. Ces hexamètres sont d'une correction classique ; mais on a eu soin de les faire rimer, l.a draperie >;,,nflée par le vent et rejetée en arriére par le mouvement de la marche du cheval, rappelle la robe de r.A.pollon Musagéte du Vatican.