‹ Padoue [et] VéroneChapitre 6 sur 60 · I.K MOYKX A(;B · texte numérisé non relu

I.K MOYKX A(;B

de celte année diins les bâtiments de l'Université en témoignac^e de la reconnaissance de ses concitoyens. De plus un décret de la Commune ordonnait que cette tragédie serait lue tous les ans devant le peuple pour entretenir en lui le sentiment de la liberté.

Padoue tenait à rapi)rocher par contraste le t\-ran impie du saint qui est encore vénéré entre tous dans la ville. On racontait que saint Antoine avait bravé le tyran' et qu'après sa mort il avait apparu à son disciple Belluili ])i)ur lui annoncer la délivrance prochaine de la cité (|ui lui était chère. Saint Antoine de Padoue n'était pas un Padouan d'origine : il était Portugais ". 11 n'avait pas même vécu longtemps à Padoue ; car il n'v passa que les dernières années de sa vie (1229-1231', séjour coupé encore par diverses absences, ,'^lais il était alors dans tout son prestige, dans toute l'expansion extérieure de sa sainte activité, et son humilité avait cédé devant le devoir d'étendre le bien autour de lui. C'était un savant redoutable dans les controverses théologiques ; c'était un orateur qui entraînait les foules au point d'être obligé de prêcher en jilein air, aucune église n'étant assez grande pour contenir ses auditeurs. C'était mieux encore ; c'était un apôtre « qui communiquait à tous les cœurs l'inépuisable charité dont il était animé ». S'il plaisait aux esprits cultivés, il était surtout un véritable ami du peuple, sentant à la fois ses besoins matériels et moraux'. Il ne cessait de combattre l'avarice et la rapacité. Le musée de Padoue contient le document prouvant que c'est grâce à ses instances que fut promulguée le 1 7 mars 1 25 1 une loi sur les faillites, d'après laquelle une personne endettée ne pouvait être mise en prison par ses créanciers lorsqu'elle avait fait abandon de la totalité de ses biens.

Saint Antoine mourut quelques mois après. Cette fin prématurée il n'avait que trente-six ans prit le caractt-re d'un malheur public et l'ardeur du sentiment populaire trouva l'occasion d'y manifester toute sa véhémence. Le saint était mort non à Padoue, mais dans le village voisin d'Arcella. Lorsque la ville de Padoue réclama sa dépouille, les habitants d'Arcella refusèrent de la livrer, et prirent la résolution d'en défendre la possession même les armes à la main. C'est à grand'peine que le podestat réussit à apaiser le tumulte et à arrêter l'effusion du sang. La résistance avait duré cinq jours.

1. Cette entrevue est histnriciue. niMis la légende l'a transformée.

2. Il était né à Lisbonne en 1^1)4 ou 141)5. Son nom était François-Martins Je Bulhom [Bouillon). Ce nom de Bouillon indiquerait-il une origine française ? On sait que c'est un français, Henri de Bourgogne, ciui fonda le comté (devenu royaume) de Portugal.

3. Voy. C. de Mandach, Siiiiil Antoine Je Padoue et l'Art Italien. Nous renverrons plus d'une fois à ce savant ouvrage. — Voy. aussi Abbé Lcpitre, Saint Antoine de Padoue.

Vue intérieure de la lîasilique de Saîiil-Antoine.

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