‹ Padoue [et] VéroneChapitre 7 sur 60 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

LliS HGLISHS

La Basilique ilr Saint-Antuine il Santo . — Saintr. luslinc.

Les Padouans vainqueurs ramenèrent le corps du saint en triomphe à l'église Sancta Maria .^later domini qui datait des premières années du Xil" siècle, .\lais cette église leur parut peu digne d"une pareille relique et ils résolurent d'élex'er sur son emplacement un temple magnifique spécialement destiné à la contenir.

La basilique de Saint-Antoine de Padoue, désignée sous le nom populaire de // Sûii/o. fut commencée dès 1232 et terminée d'ensemble, du HKjins ptHir la nef principale, en 1307. \'asari dit que Nicolas de Pisê dirigea sa construction : mais les circonstances historiques, comme le style

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(lu monument, rendent cette opinion inac(~epteil)le. Aucun des documents relatifs ù ces travaux ne rappelle le nom de Nicolas Pisano. Or ce nom était trop célèbre pour quon eût oublié de le mentionner. De plus, pendant i[U(' cet artiste aurait pu tra\ailli'r à la basili([ue. on saitipiil était occupé ailleurs. Enfin le style raison intrinsèque à peu près décisive) est fort différent de celui des autres édifices qu'il élevait à cette époque

Basilique Sainl-Antoine. Chapelle o del Santo d.

Par exemple l'arc brisé de l'architecture ogivale y est employé, — non pas exclusivement sans doute, mais couramment, — non seulement à la façade, mais dans l'intérieur. C'est là un signe d'une influence artistique arrivée en Italie à travers les Alpes et c'est là aussi un caractère de l'architecture franciscaine, les franciscains avant été des premiers à pratiquer le st\de ogival en Italie. Mais à côté de ce style franciscain, l'architecture de la basilique a aussi un caractère régional ]3arses coupoles bvzantines et ses toitures métalliques à la façon de .Saint- .Marc de \'enise'. Cette juxtapo-

I. \"oypz 1.1 discussion dans Selvatico, p.iges j,] tt suiv. Parmi K'< premiers architectes du Santii se trouva probablement le moine Fra Carello ciui se distingua par sa bravoure

sition on plutôt cette union des deux styles est comme le symbole des sentiments inspirés par saint Antoine aux Padouans qui voyaient en lui le représentant le plus émincnt de l'esprit franciscain dans sa généralité et aussi le protecteur spé( ial de leur ville. Les parties secondaires de l'église ne furent achevées qu'en 1424. C'est alors qu'on fit les coupoles. On travailla encore à la basilique aux siècles suivants : on l'orna, on l'embellit; on la gâta aussi, surtout lorsqu'on la restaura après l'incendie de 1749 et qu'on eut l'idée malheureuse de la blanchir à la chaux '.

L'intérieur contient diverses chapelles qui sont autant de jjetites églises de styles divers. La chapelle S. Giacomo (Saint-Jacques prit le nom de chapelle de Saint-I-'élix, lorsqu'on y transporta en 1504 le corps du i)ape Félix, mort pendant les persécutions d'Aurélien (274). Elle a été élevée de 1372 à 1377, et compte parmi les chefs-d'œuvre d'architecture de cette époque. Elle occupe aussi une place importante dans l'histoire de la peinture -. La chajielle dédiée à Luca Belludi date de 1392 et est d'un style analogue.

La chapelle des reliques ou du trésor, exéculée sur les plans de l'architecte et sculpteur génois Filippo Parodi (iftSg , est surchargée et contournée dans le goût du temps. Elle présente un ensemble décoratif brillant et agréable et donne un exemple de la tyrannie que la mode exerce jusque dans l'art religieu.x. Ici du moins la mode n'avait rien démoli. Il n'en fut pas de même du maître-autel de Donatello (1444-14491 qui fut transformé dès la fin du seizième siècle. M.-C. Boito a rétabli, autant qu'il l'a pu. l'ancienne disposition et l'on doit s'en léliciter. lûait-il aussi nécessaire de remplacer les vieux vantaux de bois du portail de la basilique? En tout cas les nouvelles portes de bronze font honneur aux fondeurs italiens ; elles rappellent les portes du baptistère de Florence et la figure humaine s'\' mêle heureusemeut aux éléments tirés de la flore.

On travaille et on travaillera encore longtemps à l'ornementation de l'église du Sauto et l'on s'occujje de décorer plusieurs chapelles, dont les murs sont encore disponibles, de peintures qui. si 1 on en juge par ce qui a été fait, compteront parmi les œuvres les plus recommandables de la peinture italienne contenij^oraine. On a aussi savamment restauré en 1S52

dans la lutte contre le tvraii Kcn-linn rt s'empara il'un .tiiulard >ur le ch.niip d'bataille.

1. Elle avait été déjà tnrt endnmina|;"ée en itiio 2.) mai par l'expl.'sion de la poudrière située près du Mail.

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