LA SCULPTURE A VKKONMC DEPUIS LE XV^ SIÈCLE
sculpture ; on y trouve cependant bien des œuvres dignes d'estime et la plupart ne dépareraient pas en somme nos expositions. [./ On y remarque à côté de ce faste trop commun aux monuments comme aux éloges funèbres, des œuvres d"un caractère intime, familial, vraiment contemporain, qu'on rencontrerait difficilement dans d'autro paj'S et qui moiitrent le goût persistant des Italiens pour faire leur part aux manifestations artistiques dans la vie privée de la famille.
Qui sait si , >.\iuif quelques générations, ce qui nous parait tomber dans la puérilité par la reproduction trop exacte du détail de la mode ne sera jias considéré comme un trait original attestant la souplesse de main de l'ouvrier et ayant la valeur d'un document d'une authenticité indiscutable. Peut-être ce qui nous parait maniéré sera-t-il appelé ingénieux ; ce qui nous paraît théâtral, jugé simplement pittoresque.
Depuis que les critiques sévères euxmêmes s'habituent à la sculpture polychrome, pourvu qu'elle soit discrète, pourquoi ne serait-on pas bienveillant pour le monument où, sur la perspective en marbre gris d'une nef gothique vue de biais, défile un
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cortège en marbre blanc de jeunes filles, d'un relief de plus en plus accentué à mesure qu'elles se rapprochent de deux autres jeunes filles qui, complètement isolées du fond, jettent des fleurs sur la tombe de leur amie (tombeau de Caroline Dolce Niceti)? Pourquoi, lorsqu'il s'agit pour une famille d'honorer le souvenir de ceux qu'elle a perdus, voudrait-on réserver le marbre et le bronze pour les seules célébrités, célébrités souvent si passagères ? On n'a pas lieu d'être choqué devant le tombeau élevé à Maria Smania par son époux et ses enfants malgré l'importance du groupe où l'on voit une femme jeune encore, mais amaigrie par la maladie et déjà touchée par la mort, appuyer ses deux jeunes filles sur sa poitrine, tandis qu'un homme debout, dans la force de Tàge, la tète inclinée sur sa main, contient sa douleur. Ce groupe est l'œuvre de Ugo Zannoni qui a élevé non loin de là un tombeau fort riche aussi aux peintres Giuseppe Zannoni et ^Marcello Ranconi, morts ensemble en pleine jeunesse par suite de la rupture d'une voûte dans l'église de Monteforte d'Alpone, le zS mai 1905. A côté des œuvres de Zannoni, nous aurions pu en citer des frères Spazzi, de Cristiani, de Barcagla, de Poli, etc. ^ Cristiani a été le collaborateur de Torquato délia Torre pour la statue de Paul Véronèse (place Sainte-Anastasie, 1888) Zannoni est l'auteur de la statue du Dante (place de la Seigneurie, 1865). Les frères Spazzi ont sculpté en 1889 à S. Zeno Maggiore, le tombeau de Saint-Zenon où la figure principale est accompagnée des statues assises de la Religion, la Foi, l'Espérance et la Charité. C'est une œuvre vraiment remarquable. La date de ces statues, comme plusieurs des monuments des cimetières, montre que la sculpture est activement encore pratiquée à Vérone et on ])eut regretter que ses sculpteurs contemporains ne se soient pas fait connaître davantage dans les expositions internationales. Cependant leur prédécesseur, Innocenzo Fraccaroli (i 805-1 882), avait été fort bien accueilli à notre Exposition de 1855 et avait obtenu (elles étaient
I. Ces tombeaux de Vérone n'étant pas en général indiqués dans les livres qui parlent de cette vilhî, nous en sii^nalerons encore quelques-uns. Dans le tombeau du sénateur Camuzzoni, Sindaco di Verona, par Cristiani, le buste du défunt qui s'était beaucoup occupé du développement de Tenseijrnement professionnel est accompaij^né d'un jeune garçon assis sur une gerbe de blé et d'une petite tille fort bien posée brodant une inscription. I/un des Spazzi, dans le tombeau de M'"^' Moscardo, a représenté une vieille femme assise, dont la tète agonisante est soutenue par un ange. Il est aussi l'auteur du tombeau de Seandola (irandini représentée dans l'attitude de la prière. Zannoni a sculpté le tombeau de l'avocat Zerzi (18^4) et celui de l'industriel Calisto Zerzi et de sa femme (1886). Le tombeau de Tesera Marchesi est un groupe de cinq personnes de grandeur naturelle. L'ingénieur Zanella (1800-1885; est représenté regardant une carte avec une attention intense fort l)ien exprimée. Le monument du comte Antonio Pompe'i, mélange le V)ronze, le marbre blanc et le marbre de couleur.