‹ Padoue & VéroneChapitre 62 sur 73 · LA PEINTURE A VERONE AU TEMPS DE LA RENAISSANCE · texte numérisé non relu

LA PEINTURE A VERONE AU TEMPS DE LA RENAISSANCE

;gna. — l.- \"ici-iitiii lîui Libérale do Vùrom-. -dei Libri. — Cnvazzola. — Les lîunilu/^ii Quint nu palais Lisca.

■: romain.;. — IriQuonc ^ Carutto. — Girolam.

aCuvakade de Charlp;

Aucune ville italienne n'a eu un plus grand nombre de façades peintes, quoique son climat convînt moins à ce genre de décoration que le climat des pays plus secs et plus méridionaux de la péninsule.

Et il ne s'agit pas que d'un sujet isolé, comme un ex-voto. Le plus souvent, à partir de la Renaissance, la façade devient comme une sorte de support pour des scènes de toutes sortes : calmes ou mouvementées, profanes ou sacrées, monochromes ou polychromes. On recherchait pour ces décorations en plein air les grands effets de coloris et, comme les plus grands artistes se chargeaient volontiers de ces travaux, plusieurs de ces

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ture seule et franchement considérée comme telle qu'on demande l'effet décoratif et les représentations d'architecture n'y interviennent s'il y a lieu

que comme fond du sujet. Malheureusement les mieux conservées de ces décorations sont fort di-gradéss. On regrettera surtout la perte de celles qu'exécuta Mantegna. On aurait eu occasion sans doute d'y rencontrer

une liberté d'exécution plus grande que dans ses autres œuvres, du moins avant son établissement à .Mantoue; mais à peine peut-on le conjecturer d'après le p<;u qui en reste '.

L'influence de Jlantegna à Vérone fut analogue à celle de Donatello à Padoue. Il n'y pa'^sa cependant que fort peu de temps. En 1^57 Louis II de (ion?ague lui avait fait des offres brillantes pour l'attirer à .Mantoue. Mantegna, dont la haute situation s'affermissait de plus en plus dans son

pays, hésitait à le quitter, malgré les promesses qu'il avait déjà faites. Il s'eng^ea formellement en 1459, mais en demandant au marquis de Gon-

I. Une imitation de statuo (;i[Ui;stre aeeompLijînL-e de quelques fraj;iiients peu appréd;ibles est tout ce que Crowe et Cavaleusclie rcconn;iissont comme étant vniiment de Mnnte^na (maison voisine de S. Fermo in Peschiera). On lui attribue aussi, mais probablement À tort, toute la déiorati.in de la Casa Horella (l'iazzettii Nicc.lc alla Stella d'Oro) dans laquelle on voit ou l'on devine Oes pilastres couli-ur d'or avec arabesques encadrant des scènes historiques avec fond d'architecture sur ciel bleu, puis une frise avec guirlande de fruits et enfants. Le dessus des fenêtres est orné lie médaillons qui contiennent des demi- figures avec accompagnement d'infants sur fond sombre (liurckhardt, tome II, p. 201;. Burckhardt indique ensuite un grand nombre d'autres

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zague de lui laisser le temps de terminer le triptyque qu'il avait commencé pour S. Zeno de Vérone. C'est un des chefs-d'œuvre du maître. Le panneau principal comprend au milieu {/a ptihi) une Vierj^e sur son

maisons puintus àc Viinine, parmi lesi]uelle!> les doux petites m;iisiins dùcoréfS par Canitt" ft la casa Mazzantiplazza ilell'Krbe ; la maison n-SiS.Viii Eeliciaï où Aliprandi et autres, ont mi-IanKé des sujets profanes et sacrés : La Chiiie Je l'homme et une Madone luiiion-e f'<>r saint Aniuine à côtt; d'une Danse Je bossus, d'une Noce Je p.irsaiis et de la Vue J'iiii canal. Lo palais Mtirari délia Corte près du Ponte Nuovo contifnt sur ses deux faces une série de sujets mythologiques et liistoriques par Dom. Brusasorci : llhloirc Je I'svlIi,-. d-iilaiir.s ,■/ Lafitius. V(J,,-s Jn Jien aquatique Beiia- (us (le lac de Guriiel. Triomphe Je Paul-limile. M.'Jailloiis Je Véron.ris célèbres. La plupart do CCS frémîmes snnt uu seront placées au Musco Civico.

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trône, entourée d'ang:;s faisant de la musique. En peignant ces anges

Mantegna n'est pas tnmbé dans la faule quon a pu lui reprocher ailleurs ;

il a fait de véritables enfants et nom des diminutifs d'hommes. Les parties

latérales représentent des saints symétriquement disposés et, quoique

séparées de la partie centrale par des colonnes composites dorées, n'eu constituent pas moins avec la partie centrale une composition uniijue. Au-dessous la prédelle est formée de trois compositions distinctes. Les originaux ne sont plus à Vérone. Le Gulvnire (partie centrale) est au Louvre. Le Chi'ist aux Oliviers et Ui Résurrection sont au musée de Tours'. Vérone en a seulement de bonnes copies. Le Calvaire montre que le pathétique prend place dans l'àme dure de Manteyna. Il y revêt comme on pouvait s'y attendre une forme violente et profonde. Dirai-je que, dans cette voie nouvelle pour lui, il montre

encore quelque inexpérience et force parfois l'expression jusqu'à la faire

paraître grimaçante.

L'enseignement donné par les œuvres de Jlantegna vient s'ajouter à

ce qui restait des souvenirs de Pisanello, qui a plus d'un apport avec le

la N'nti

tegna 1

répétition

n Christ aux Oliviers de u mûmc sujut par Man-

LA PEINTL'KI': A VICKOXK AU TIvMPS 1)K I.A R i: N A I SS AX f H

maître padouan. pmir empêclier quelque temps encore les peintres véronais de laisser dominer chez eux le style purement vénitien. L'influence de Viceiice. et celle de l'école romaine se firent aussi sentir à Vérone.

Le plus illustredes peintres vicen lins. Bartolanico Mnntu^na ' 14^0-152,1) fut chargé en 1493 <le travaux considérables à SS. Xazaro et Celso :

fresques très endommagées sur la 17c ilf sainti- Biaise (San Iliago) dans la rhajiellfde ce saint; deux 1)l';ui\ tableaux à volets dans le transept de dntile :

suint J.-B.<-t s.ii ni lir noit; saint Wi^nrr <'!

saint Cclsc: sni nie Julienne et saint liiaisi- :

une Piita dans la sa cristie L'influence de -Montagna se fait sentir très nettement sur son contemporain véronais.

Francesco lionsignori (■455-'5'9)- Avant (|u'il connût Montagna, ses peintures sont plus claires, plus unies ; dans les suivantes il rappelle la puissance et la profondeur de ton, parfois brunâtre, du Vicentin, La Madone que Bonsignori a peinte à S. lîernardino servirait de transition entre ses peintures plus anciennes de S. Eufemia et de S. Paolo in Campo Marzo, d'une part, et d'autre part les grands tableaux du Museo Civico et surtout le tableau de l'autel S. Biagio à SS, Nazaro et Celso, à côté justement des œuvres de celui qu'il imite. La prédelle de ce tableau est de Girolamo dei Librl,

Cependant, malgré les succès de B. Montagna, le vieux Mantegna n'est

^M.Jonc. lEgli^L-;

pas oublié. Sa manière domine, surtout pour la disposition du sujet,

dans les tableaux à trois compartiments {Vierges cntoiirces de Stiinls) de Girolamo Benaglio au -Museo Civico, et de son cadet Francesco qui a beaucoup plus de talent. L'œuvre la plus importante de Francesco est la

décoration à fresque de la chapelle Lovagnoli à S. Anastasia (la Pêche miraculeuse, le Portement de croix, la Prédication du Christ au bord du lac de Gene:^ari-th, ce lac étant remplacé ici par une vue très reconnaîssable du lac de Garde).

L'influence de Alantegna s'aperçoit aussi dans les œuvres de Libérale de Vérone (1451-1515). Son grand tableau de S. Anastasia {Stc Made-

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