‹ Padoue & VéroneChapitre 63 sur 73 · LA PKINTLIRF, A VÉRONE AU TKMPS DE LA RENAISSANCE · texte numérisé non relu

LA PKINTLIRF, A VÉRONE AU TKMPS DE LA RENAISSANCE

leine, Ste Catherine et Ste Julienne), aux figures largement posées, d'un dessin énergique, d'une expression simple et décidée, ne laisseraient pas deviner que nous avons affaire à un artiste célèbre surtout par ses miniatures. Cela est vrai également du St Sebastien du Musée et même des tableaux de la chapelle de révèché, quoique les compositions soient

plus chargées et les figures de plus petites dimensions. La délicatesse et la précision de la touche de Libérale montrent seulement qu'il a été très capable d'exécuter des miniatures. Mais le miniaturiste n'y a nui en rien au peintre de grands sujets, C'est ce que témoignent mieux encore ses fresques à S. Anastasia (3" autel de droite, surtout la Mise au tombeau). Santa-Anastasia comme Saint-Georges-in-Braïda est un véritable Musée, on pourrait en dire autant de l'église S. Bernardino.

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Domenico Morone (né en 1442) y a peint la chapelle Saint-Antoine, œuvre considérable, mais dont l'importance est dépassée par ses peintures de 1503 au réfectoire du couvent voisin d'où dépendait Téglise. A partie mur du fond où l'on voit une Vierge aux anges, devant laquelle sont à genoux un homme et une femme, probablement les donateurs qui ont fait peindre la salle, cette vaste décoration est toute à la gloire de Tordre des Franciscains: elle présente la suite des personnages qui l'ont illustré presque jusqu'au moment même où l'artiste y travaillait. Ils sont au nombre de 60, y compris Sixte IV. Plusieurs sont des portraits et il est inutile d'insister sur l'importance historique de cette collection ^

La renommée de Domenico Morone a souffert de celle de son fils Francesco (1474- 15 29) qui lui est supérieur. A la splendeur et aux habiles dispositions de la peinture décorative qu'il est loin de dédaigner (fresques de la grande nef à S. M. in Organo, etc.-), il joint une intimité d'expression et une douceur parfois exquises, grâce auxquelles sa Vierge à micorps du Musée vaut ses compositions les plus importantes. Elle presse sur sa poitrine avec une mélancolie pleine de tristes pressentiments l'enfant Jésus qui la caresse ; type fort simple, un peu rustique même, malgré la finesse de la bouche et la délicatesse de la physionomie, bien pris sur nature, bien personnel avec une élévation de sentiment rare. Peu de Vierges de Raphaël font naître plus d'émotion et le style n'est pas indigne du grand maître. F. Morone n'a rien du vraisemblablement à l'auteur de la Belle Jardinière et c'est ])lutôt l'influence de Giovanni Bellini que dénoteraient ceux de ses tableaux du Museo Civico datant de 1498. Les artistes contemporains qui lui disputaient le premier rang à Vérone étaient Francesco Caroto, Girolamo dei Libri et Falconetto.

Giovanni-Maria Falconetto (1458- 1534) doit surtout sa réputation à son talent d'architecte, quoique ses fresques de la cathédrale (1503), et de la

1. Cette attribution à Domenico ^h)r<)ne n'est pas absolument certaine; mais nous ne croyons pas cependant qu'il faille y voir la main de Francisco Morone, son fils. On pourrait admettre seulement qu'il y traviiilla d'une façon accessoire.

2. Nous donnons ici la liste des œuvres que possède\^érone, de ce peintre qui n'attire pas l'attention autant ([u'il le mérite. Son travail le plus considérable est la décoration de la Jurande nef de S. M. in Organo : Adam et Hvc, le Dclugc, Je SiUrifiee d' Abraham, Joseph vendu par ses frères, à droite; à gauche, le Passage de la Mer Rouge, Moïse recevant les tables de la loi, David et Goliath, le Prophète lilie sur le char de feu. A S. Anastasia, le troisième autel de gauche contient son tableau de la Vierge sur un tronc avec saint Augustin, saint Martin et des anges faisant de la musi([ue. Jl a peint aussi des figures de saints et de moines à la frise et au plaf«)nd de la sacristie. Au Museo Civico il a la Vierge et renfant, le lavement des pieds, le Christ en Croix, le Christ dans les n liages ^ une frescjue provenant d'une maison voisini^ du Pontt; délie navi et représentant une Vierge glorieuse, A Saint Hernardino, les volets de l'orgue. Dans la voûte de la petite chapelle de S M. délia Vittoria, voisine du Musée, les Quatre Hvangèlistes.

LA PI-:iNTL'KI': A VERONE AU TEMPS DE LA RENAISSANCE

coupole de la chapelle Saint-Iîlutse à SS, Nazaro et Celso '1493), son tableau du Musée la Sibylle ilf Cttincs devant Auguste lui assurent un rang honorable parmi les peintres.

Les peintures rangées sous le nom de Caroto présentent des différences frappantes et Caroto a éti" appelé le Protée des peintres.

On admet aujourd'hui deux Caroto, deux frères, 'iiovan ni et Francesco, dont oii aurait fait un seul personnajre en réunissant leurs prénoms.

J.a question est donc fort compliquée. 1 )ans les œuvres les plus anciennes des Caroto, l'exécution a un caractère archaïque, uniforme, plat, aux formes simples et sèches; puis on y voit l'imitation des formes ac(:entuéi.'-i et détaillées, comme Ay\ ferme coloris de Mantegua, si bien que Ton attribuait jusqu'ici au maître padouan une Vierge du Musée que Venturi a justement restituée à l'un des Carotn. D'autres tableaux les Trois nrclmnges) montreraient que Caroto pensait surtout alors à Raphaël ' .

A cette date revenait à Vérone sa patrie un des

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