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LES SACRIFICES HUMAINS ET LE RACHAT, DANS L'ÉGLISE CATHOLIQUE

jo — LES SACRIFICES HUMAINS,

Grâce à l'action bienfaisante de la philosophie, les sacrifices humains dans le monde antique devinrent de plus en plus rares; ils disparurent tout à fait du monde gréco-romain. Déjà trois siècles avant Tère chrétienne, lorsque Alexandre le Grand assiégea Tyr, les holocaustes d'enfants étaient abolis en Phénicie; ils ne se maintenaient plus que dans la grande colonie africaine, Carthage. Les holocaustes d'enfants selon le mode sémitique ne reparaissent plus dans l'histoire moderne. Mais si, faisant abstraction du genre spécial de la victime immolée^ à savoir, ^enfant premier né; on né considèt^e que le sens intime qu'avaient ces hoiDcaustéSj à savoir; sacrifices en actions de grâces â iâ Divinité et en appel à ses bénédictions» on rbcbn^

naîtra aisément que les holocaustes humains furent remis en pratique, sous d'autres noms, dans rEurope chrétienne. Les holocaustes en actions de grâces et les holocaustes par anathème, tels que les mentionne le chapitre XXVII, 28-29, du LévitiquSy furent solennellement restaurés par l'Église catholique, lorsque arrivée à l'empire avec Constantin, puis, secondée par les invasions barbares, elle eut détruit radicalement la civilisation gréco-romaine. Au fur et à mesure que sa domination s'étendit et se fortifia, l'Église tendit à restaurer les vieilles pratiques du paganisme primitif. Au commencement du xni® siècle, la Papauté, maîtresse de l'âme européenne, voyait les fronts couronnés se courber devant elle; son hégémonie était universelle, presque illimité^. C'est alors qu'elle rétablit dans sa rigueur le culte sanglant des Sémites cananéens.

En 1204, le pape Innocent III fonda rinquisitfon générale, dont la juridiction s'étendit par toute la chrétienté. Mais c'est en Espagne que cette institution prit le plus grand développement. En 1480, sous le règne de Ferdinand le Catholique et d'Isabelle, commença la période dite de l'Inquisition moderne. Le directeur du Saint Office, nom qu'on donnait à l'Inquisition, fut le célèbre dominicain Torquemada. Alors les sacrifices humains furent pratiqués avec le sens religieux complet des holocaustes sémitiques; la seule nuance qui distingue les holocaustes espagnols, c'est que les victimes furent prises parmi les personnes accusées, â tort ou à raison, d'hérésie; mais le sens

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de l'holocauste resta identique, ainsi qu'on va le voir par Texposé comparatif suivant :

I^ Les deux genres de sacrifioes humains chez les Sémites. — Chez les anciens Sémites, les sacrifices humains peuvent se diviser en deux catégories, selon le sens qu'on leur donnait :

1° Les sacrifices en punition d'offenses envers la Divinité', soit qu'on eût adoré des dieux étrangers, soit qu'on eût fait infraction à des commandements religieux (sacrifices par anathème).

A. Nombres, XXI, 2-3; XXXI. Nations cananéennes détruites par Moïse;

B. Josué, VI, 17; VII, 24-25; VIII, 2, 24-28; XI, 11- 12; XII. Nations, villes et rois de Canaan; Israélite^» et leurs familles, détruits par Josué.

G. 1 Rois, XV, 3, 32-33. Amalécites et Agag leur roi, détruits par Saûl et Samuel.

^ Les sacrifices en actions de grâces à la Divinité ou en appel à ses bénédictions.

A. Genèse, XXlh Abraham et Isaac, à l'Éternel.

B. Jv^es, XI, 30. Jephté et sa fille, à l'Éternel.

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