‹ Paganisme des hébreuxChapitre 115 sur 137 · Abbé Martigny» Dictionnaire des antiquités chrétiennes · texte numérisé non relu

Abbé Martigny» Dictionnaire des antiquités chrétiennes

mort périodique du soleil, est immédiatement suivi de sa résurrection, de la reprise de sa marche ascendante. C'est ce qu'exprimait, dans le culte dionysiaque de la Phocide, la simultanéité de la cérémonie nocturne accomplie par les hosioi * au tombeau du dieu dans le temple de Delphes, avec la fête orgiastique où les femmes sur les montagnes, à la même heure, éveillaient par leur cri Dionysos, nouveau-né, couché dans le van mystique qui lui sert de berceau... Chez les Sarracènes, peuple de l'Arabie heureuse, au dire de saint Épiphane, les rites de la fête de la renaissance du jeune Soleil se célébraient de la manière suivante : le prêtre entrait à minuit dans un sanctuaire souterrain ; il en ressortait bientôt en criant : « La vierge a enfanté, la lumière va recommencer à croître. » Cette cérémonie avait lieu chaque année, le 25 décembre, le jour natalis SoUs invicti dans la fêle du réveil de Melkarth à Tyr, le jour où se célébrait aussi la grande fête perse de Mithra, né au fond d'une grotte obscure. On sait que c'est le désir de déraciner ces fêtes essentiellement populaires, en les remplaçant par une fête de la religion nouvelle, qui fit fixer, dans le commencement du iv* siècle, au 25 décembre, par les chefs de l'Église d'Occident, la célébration de la naissance du Christ dont l'anniversaire exact était inconnu. »

En fixant le jour de la naissance du Christ au 25 décembre, TÉglise ne s'est point préoccupée de la

1. RoBiNSON, i4nftgwi7^5 grecques^ I, 370. Delphes avait établi ail ïiervice du dieu cinq pontifes avec le titre de hosioi, sacre^.

concordance historique, a dit avec raison M. Tylor; elle n'a eu qu'un but, celui de s'approprier la fête du Soleil-Mithra, laquelle avait pris un incroyable essor dans le monde romain, surtout parmi les légions *.

Durant trois siècles et demi, la date de ce jour flotta indécise; saint Épiphane, qui vivait dans la première moitié du iv" siècle, la place au 6 janvier : d'autres, dont saint Clément d'Alexandrie a résumé les témoignages ', la plaçaient au 19 ou au 20 avril et encore au 20 mai. Jusqu'au iv® siècle, les Églises d'Orient ont célébré la nativité de Jésus, le 6 janvier, conjointement avec l'Epiphanie. Le plus souvent, en effet, les Pères grecs désignent la fête de l'Epiphanie sous le nom de Théophanie, nom qui, au témoignage de saint Grégoire de Nazianze, était également donné à la Nativité, car il signifie apparition de Dieu ^.

Ces divergences capitales s'expliquent d'autant plus aisément que non seulement on ignore le jour de la naissance de Jésus, mais même l'année où il vint au monde. En effet, les deux seules relations canoniques qu'on ait de cet événement se trouvent dans l'Évangile selon saint Matthieu et dans l'Évangile selon saint Luc. Or ces deux relations, d'une part, sont des mythes, c'est-à-dire des contes imaginés pour mettre

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