‹ Paganisme des hébreuxChapitre 118 sur 137 · CALEMBOURS DE LA BIBLE · texte numérisé non relu

CALEMBOURS DE LA BIBLE

Dans la Bible abondent les jeux de mots et les calembours ; en voici quelques-uns :

1** Calembour de Noé. — « Genèse^ IX, 27. Que le Seigneur étende Japhet ! » Or Japhet signifie Y étendu : il en résulte que Noé dit : Que le Seigneur étende l'étendu !

2® Calembour de Jacob. — « Genèse, XLIX, 8. Juda, tes frères l'honoreront! » Or Juda signifie honoré: il en résulte que Jacob dit : Honoré, tes frères t'honoreront.

3® Calembour de saint Matthieu. — D'après le programme messianique, le Messie devait être naziréen ou nazaréen ou nazir, c'est-à-dire consacré au Seigneur, comme l'avaient été Samson et Samuel. Jésus n'avait pas été nazir, il n'avait donc pas accompli l'une des conditions essentielles du programme messianique. Or, étant le Messie, il fallait absolument qu'il eût été nazir ou nazaréen. Comment surmonter

cette insurmontable difficulté? Voici l'ingénieuse manière dont s'en est tiré l'évangéliste saint Matthieu : Jésus, après sa naissance, a été amené par ses parents dans la ville de Nazareth; il en est devenu citoyen. De même qu'un citoyen de Paris est Parisien, un citoyen de Marseille Marseillais, de môme, Jésus citoyen de Nazareth est Nazaréen ! C'est ainsi que la condition messianique s'est trouvée ponctuellement accomplie.

« Saint Matthieu, II, 23. — Jésus vint demeurer dans la ville de Nazareth, afin que ce qui avait été dit par les prophètes fût accompli : Il sera appelé nazaréen. »

On voit que le calembour n'est pas chose aussi futile qu'on le pense, lui qui a notamment contribué à faire dieu un simple ouvrier charpentier.

4« Calembour de Jésus-Christ. — Le chef des apôtres, Simon bar Jonas (Simon, fils de Jonas), avait reçu le surnom de Képhas, pierre ou rocher, à cause de sa foi inébranlable. C'est dans le même sens que nous disons d'un homme honnête : « On peut compter sur lui ; en fait de probité, c'est un bloc de granit. » Par conséquent Simon-Pierre signifie Simon le très pieux, et non pas Simon bon à servir de moellon pour bâtir des murs ou des maisons. Voici ce qu'on lit dans saint Matthieu :

« Saint Matthieu, XVI, 18. Jésus dît à Simon : Tu les pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, »

Ce calembour est écrit en lettres d'or colossales, à l'intérieur la Basilique de saint Pierre à Rome, sur la frise de la coupole.

Ajoutons que Jésus est innocent du jeu de mots que lui a prêté l'Évangile. Jamais ce brave jeune homme, mosaïste fervent et fortement imprégné des doctrines esséniennes *, n'a eu la pensée de fonder une Église, dans le sens large et religieux de ce mot. Si on lui eût dit que lui, pauvre créature humaine, sujette à toutes les infirmités corporelles, serait un jour promu à la dignité divine et placé à côté du Dieu 17n;s'il eût su qu'un jour on se servirait de lui pour restaurer la Triade des religions païennes de l'Orient, assurément il eût frissonné d'horreur. Il s'ensuit que Jésus, n'ayant jamais eu le dessein de fonder une Église, n'a jamais pu se laisser aller au jeu de mots qu'on a mis dans sa bouche.

L'éclosion du calembour évangélique a exigé deux conditions préalables; il a fallu :

1° Que l'Église nouvelle se fût à peu près détachée du Mosaïsme judéen, sa souche originelle;

2** Qu'au sein de cette nouvelle Église, un certain groupe eût intérêt à faire de Simon-Pierre l'héritier officiel de Jésus.

Au début, la petite communauté chrétienne ne fut qu'une confrérie communiste analogue à celles * qui pullulent dans le giron du Catholicisme ou du Mahométisme. Sans qu'elle s'écartât de l'orthodoxie la plus rigide, elle reconnaissait pour fondateur le nommé Jésus de Nazareth, « homme que Dieu avait autorisé parmi les Juifs par les miracles » ainsi que

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