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ÂLFBED Maurt, Religions de la Grèce, tome lïl, p

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ont fait un nom du diable, d'après une tout autre étymologie * ; » »

40 Considéré comme dieu lumineux, Baal se nommait Baal'Saminiy dieu des cieux* Cette appellation était en usage chez les Arabes Nabatéens. Les Hébreux appelaient leur dieu Jéhovah, Çébaoth ou Sabaoth, dieu des armées ciélestes ou astres, et non pas, dieu des armées guerrières de la terre.

B. Baalim particuliers des tilles, — Les différentes manifestations de Baal étaient appelées Baalim, pluriel de Baal. Chaque ville adorait particulièrement un de ces Baalim; on avait donc le Baal-Sidon^ le Baal-Tsour (Tyr), le Baal-Péhor, dont on a fait un nom de démon, Belphégor,. etc. C'est identiquement ce que font les villes européennes à l'égard de la Vénus catholique ou des demi-dieux catholiques nommés Saints ; on a, par exemple, la vierge de Lourdes, la vierge de la Salette, Notre-Dame de Lorette, Notre- Dame des Ermites, etc.; Saint-Germain-en-Laye, Saint-Germain-au-Mont-d'Or, Saint-Germain-des-Fossés, etc.

Les Ammonites adoraient particulièrement Baal- MolochouMilkom; lesMoabites,Baal-Kamosh, c Baal- Soleil » . Kamos ou Kémosh est le Shamas des Chaldéens, le Shémesch des Hébreux, et le Shams des Arabes; tous ces mots signifient soleil.

Un dieu primitivement de rang inférieur, que les Grecs ont identifié à Hercule, Melkarth, contraction

i. Reuss, Histoire des Israélites, page 507. Note 3.

pour Mélek-Kiriath, « roi de la cité », finit par être identifié à Baal ; on l'appela le Baal de Tyr, car c'est à Tyr que Melkarth était particulièrement adoré. Par l'étymologie t roi de la cité », on voit que Melkarth est un nom commun plutôt qu'un nom propre. Tout dieu patronal, ce que les Grecs appelaient un dieu poliade, c'est-à-dire protecteur de la cité t iz^iç » , est en réalité un Melkarth *.

I II. Principe féminin. — Le principe féminin correspondant à Baal était Baalith ou Baaleth, la Baalthis des Grecs. Il en était de Baalith, la mère divine, comme de Baal, le père divin; son nom variait :

1° Selon l'attribut spécial qu'on voulait distinguer en elle ;

2® Selon la ville où on l'adorait particulièrement.

En tant que désignant spécialement la volupté, Baalith prenait le nom de Astoreth ou Astaroth. Chez les Hébreux, les Philistins et les Carthaginois, Asta-

1. Les Sémites écrivent et lisent de droite à gauche, tandis que les Grecs et tous les peuples de race aryaque lisent et écrivent de gauche à droite. Or si Melkarth, en lettres grecques BiEAKAP©, est écrit selon la méthode sémitique de droite à gauche, on a 0PAKAEM.

1»« Remorque. M est la forme renversée du £ grec ; ce renversement est fréquent dans les inscriptions ;

2« Remarque. La lettre aspirée sémitique équivaut à *H aspiré des Grecs.

II en résulte que les Grecs lisant, selon la méthode aryaque, de gauche à droite le Melkarth sémitique écrit de droite à gauche, ont lu 'HPAKAES, Héraclès, Hercule.

Cette interprétation de M. de Sauley est confirmée par une étude de M. Cari Vogt intitulée : TÉcriture considérée au point de vue physiologique. Revue scientifique du 26 juin 1880.

roth s'appelait aussi Aschéra; chez les Égyptiens, Astarté; c'est d'elle que les Grecs ont tiré leur Vénusmère Aphrodite.

Dans la ville de Gébal en Phénicie, Astaroth, mère divine, était l'épouse de Baal-Tammouz, père divin. Et comme Baal, en tant que Dieu concret, représentait le soleil, Astaroth représenta la lune. Son plus célèbre sanctuaire était à Sidon.

Le culte de Baal et d'Astaroth se célébrait sur les hauts lieux, Bamôth, pluriel de Bamah, et dans les bocages.

§ III. Dieux inférieurs. — Les constellations ou, selon l'expression sémitique, l'armée céleste, dont le chef était Baal, formaient une série de dieux inférieurs, nommés Tsaphé-Samim, contemplateurs des cieux. Les sept planètes connues des Phéniciens étaient représentées par des dieux inférieurs qu'on appelait Kabirim^ cabires, « les Puissants » . Un huitième cabire, Ësmoun ou Ashmoun, « feu ardent », leur chef, était représenté avec un serpent à la main, ce qui le fit assimiler par les Grecs à l'Esculape guérisseur ; car le serpent était aussi l'emblème de la jeunesse et de la santé *.

Ce résumé de la théologie phénicienne sufQt pour montrer la communauté de caractère qui l'unit à la théologie chaldéenne. Combinaison de vues philosophiques et d'emprunts à la nature, elle avait, dans son ensemble, le caractère astronomique.

1. LuBBOCK, Origines de la civilisation, 263, d'après Max MuLLER, Mythologie scientifique.

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m* — CULTE

I" Hauts lieux et Bois sacrés. — Les Phéniciens et les Sémites de Chanaan rendaient le culte aux divinités sur les hauteurs et dans les bocages. Ce n'est pas que cette coutume fût propre à la race sémitique, car on la retrouve à peu près chez tous les peuples de l'antiquité : les Perses, les Grecs, les anciens Germains, les Éthiopiens, rendaient hommage aux dieux sur les hauteurs. C'était une croyance universelle que les sacrifices accomplis sur les monts étaient plus agréables au ciel.

Dans les bocages avait lieu particulièrement le culte d'Astarté; mais le culte des autres dieux s'y accomplissait également. Il en était de même en Grèce et en Asie Mineure et pour le même motif. « On plaçait fréquemment les chapelles, dit M. Alfred Maury, au milieu de frais bocages, au voisinage des bois sacrés, dont la solennelle obscurité et la silencieuse solitude disposaient Tâme à la crainte des dieux... Couper le bois des saints bocages était regardé comme une abominable impiété ' . »

IP Pierres sacrées. — Le culte des pierres se trouve' partout, en Europe, en Asie, dans les deux Amériques et dans l'Océanie'.

1. A. Maury, Religions de la Grèce, tome II, 40-65 ; tome I, 174-1*76. Voir Gesenids, Thésaurus, p. 188.

2. Voir Ttlob, La Civilisation primitive, tome II, 209-218 ; et LuBBOCK, Origines, 300-309.

à2 RELIGION GÉNÉRALE DBS SÉMITES

En Gaule, la pierre sacrée, placée debout, s'appelait menhir (men, pierre ; ft/r, longue).

Un champ de menhirs rangés circulairement prenait le nom de crommlech (lech, pierre sacrée ; croum, courbe en cercle).

Chez les Sémites, on nommait le menhir Beth-el « sanctuaire ou maison de Dieu » ; Philon en a tiré son expression bétyle. Le crommlech s'appelait Guilgai ou Galgala^ chez les Hébreux.

Une des pratiques du culte qu'on leur rendait dans les pays sémitiques ainsi qu'en Grèce et même partouti comme on le voit dans les ouvrages cités de Lubbock et de Tylor, consistait à les oindre d'huile. Dans la peinture qu'il fait de la superstition, Théophraste note ce trait : « Dès que l'homme superstitieux remarque dans les carrefours ces pierres que la dévotion du peuple y a consacrées, il s'en approche, verse dessus toute l'huile de sa fîole, plie les genoux devant elles et les adore. » Cette pratique s'est perpétuée jusqu'à l'aurore du xix® siècle^ dans notre Europe. « Il est un fait remarquable, dit M. Tylor, c'est que le culte des pierres a survécu en Europe jusqu'à une époque toute récente. Dans certaines régions montagneuses de la Norvège, les paysans avaient, jusqu'à la fin du siècle dernier, l'habitude de conserver chez eux des pierres rondes; ils les lavaient tous les jeudis soirs, ce qui semble indiquer quelque rapport avec le culte rendu à Thor; ils les plaçaient ensuite devant le feu et les enduisaient de beurre, puis les posaient sur de la paille fraîche à la place d'honneur;

à certaines époques de Tannée, ils les trempaient dans de la bière, moyen certain, pensaient- ils, de se procurer santé et bonheur pendant toute Tannée *. »

IIP Monuments phalliques. — Le béthei ou menhir, consacré au dieu générateur, prit bientôt un caractère phallique, s'il ne l'eut même dès Torigine. On sait que le Phallus, organe masculin, a été par excel-' lence le symbole de Ténergie créatrice de la nature. A Cyllène, en Arcadie, Hermès adoré sous la forme d'une pierre (dieu Terme) fut représenté par un phallus placé debout sur un piédestal. Le phallus figura dans les mystères, surtout ceux de lacchus ou Bacchus phrygien (dieu producteur) ; il était porté processionnellement. De même chez les Égyptiens, pour célébrer Osiris, dieu fécondateur, ainsi que le raconte Hérodote, H, §48; de même chez les Syriens, chez les Phéniciens *. Aujourd'hui encore dans THindoustan Torgane mâle et Torgane femelle sont Tobjet du culte des brahmanistes (culte du Lingamet du Nahamam). Ce genre de symbolisme provenait logiquement du dédoublement de la Divinité neutre en principe mâle ou Père divin et en principe femelle ou Mère divine. Le culte s'attacha aux objets où l'imagination superstitieuse croyait trouver les formes apparentes, soit de la Maternité, soit de la Paternité. C'est ainsi que les symboles de la Maternité divine furent :

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