‹ Paganisme des hébreuxChapitre 23 sur 137 · Ttlor, La Civilisation, tome II · texte numérisé non relu

Ttlor, La Civilisation, tome II

2. A. Mâurt, Religions, tome I, 106, note 1 ; tome II, 366, note 3 ; tome III, 20, 278, 300, 239.

A. D'après la forme du ventre en gestation ou d'après la forme des mamelles :

V Les ballons ou croupes arrondies des montagnes; 2» Les tumuli ; 3° Les pyramides ; 4* Les cônes en bois.

B. D'après la forme de Vutéîms :

1* Les grottes; 2° Les puits; 3° Les labyrinthes;

4° Les allées couvertes.

Les symboles du Père divin furent tirés de la forme générale du phallus :

1® Les cippes ou petites colonnes dressées sur les tertres;

2* Les menhirs ou pierres verticales;

3° Les termes, pierres verticales, consacrées à Hermès, chez les Grecs;

4o Les obélisques ou colonnes isolées;

5** Les tours;

6® Les mains ouvertes ou repliées.

A. Main phallique. — Dans le langage symbolique de Babylone et de l'Assyrie, la main droite était l'expression la plus haute de la force et de la virilité *. Aussi fut-elle aisément substituée au phallus comme emblème de la puissance génératrice. Dans la plupart des symboles qui nous restent, la main est représentée, ou bien toute fermée avec le pouce passé entre

1. NoRRis, Dictionnaire assyrien, article id. main. Voir Baissac, Origines de la Religion^ tomel, p. 186, 118.

l'index et le médius, ou bien le médius dressé avec les autres doigts repliés sur la paume. L'une ou l'autre de ces figures étaient des emblèmes obscènes. La plus grave insulte qu'on pût faire à quelqu'un à Rome, comme en Grèce, était de lui montrer la main droite dans une de ces dispositions. Le premier de ces deux gestes est encore usité en Italie dans le même sens injurieux.

A Babylone, l'un des dédoublements du Dieu absolu était Anou et Amith. ainsi qu'on l'a vu précédemment. Une tour consacrée à Anou était surmontée d'une main droite; on l'appelait Tour Zida, c'est-à-dire tour de la main droite. La ville elle-même prenait le nom de ville de la main d'Anou *.

L'auteur anonyme des chapitres XL-LXVI à'Ésdie qui écrivait en Chaldée, à la fin de l'exil, flétrit, au chapitre LVII, les coutumes du culte sémitique, les béthéls, les prostitutions sacrées, les holocaustes d'enfants. Dans une apostrophe à la race hébraïque personnifiée dans une femme qui s'est laissée aller à ces pratiques, il fait dire à Jéhova : « LVII, 8. Loin de moi, tu découvres ta couche, tu y montes, tu l'as faite large : tu pactises avec eux, amas concubitum, tu veux voir la main. » C'est la main phallique, ainsi

1. Baissac, Origine de la Religiony tome I, 113; J. MENA^T, Babylone et Chaldée^ p. 189.

a La zigurrat de Borsippa porte le nom de Bit-Zida, « le Temple de la Main droite. » Les zigurrats consistaient en une pyramide à étages, composée d'une série de hautes terrasses carrées, superposées en retraite les unes sur les autres et sur toutes les faces ; l'édifice se termine par une chambre très étroite. >»

â6 RELIGION GÉNÉRALE DES SÉMITES

que le constate M. Reuss dans son commentaire sur ce verset *.

Hérodote, I, | 93, raconte que le tombeau gigantesque d'Alyatte, père de Crésus, était surmonté de cinq cippes, lesquels représentaient les cinq doigts de la main phallique. Le tombeau était honoré surtout par les filles lydiennes, lesquelles se prostituaient toutes pour s'amasser une dot jusqu'au moment de leur mariage, elles se mariaient alors à leur gré ■.

B. Cônes en bois, — Les cônes en bois étaient les symboles habituels d' Aschéra dans le paysdeChanaan; c'était aussi un pilier conique qui, au lieu d'une statue, représentait la Vénus de Paphos. Tacite n'en connaissait pas la raison, « Et ratio in obscuro ». Nous savons aujourd'hui que ce symbole de la Maternité divine empruntait sa signification à la forme des mamelles '.

C. Cippes, colonneSy obélisques. — Baal avait pour symboles surtout les cippes, les colonnes, les obélisques. C'est à tort que dans les Bibles vulgaires les colonnes de Baal et les cônes en bois d'Aschéra sont appelés monuments ou statues; jamais les symboles consacrés à ces deux manifestations du Dieu absolu n'eurent une figure humaine.

1. Reuss, Prophètes ^ tome II, 291, note 11. « La main : Quas vox vix aliud significare potest quam membrum virile quod apud veteres sub Phalli twrnine suas habebat religiones. »

2. Cette coutume existe encore en Algérie : les filles des Ouled-Naïl se répandent en Algérie, s'y prostituent; puis, quand elles ont recueilli une assez forte somme, elles retournent dans leur tribu et s'y marient.

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