James Dabmrstetbii, Ormazd et Aànman, 84, note
2. Maschya et Maschyana, couple d'abord indivis, qui naquit du type spirituel de Thomme, Gayo-maratan : « Gayo, vivant ; Maratarit homme. »
élohiste, soit dans l'ordre des créations, soit dans la manière dont est conçu le Créateur. Jéhovah fait le ciel et la terre, puis les plantes, puis Thomme-individu masculin, qu'il forme avec la poussière du sol et en soufflant dans ses narines le souffle de la vie. Il le place ensuite dans un jardin où l'homme a le 'droit de cueillir les fruits des arbres, excepté ceux de l'arbre de la science. Ensuite, pour égayer l'homme et l'aider, Jéhova créa les animaux des champs et les oiseaux du ciel ; oiseaux et animaux défilèrent devant l'homme qui donna un nom à chacun d'eux. Enfin Jéhova endormit l'homme, et d'une côte enlevée durant le sommeil, il façonna la première femme *.
Ahoura Mazda n'avait ni statues, ni sanctuaires mystérieux, ni autels; mais sur les hauteurs s'élevaient des bûchers où la flamme sacrée était entretenue d'âge en âge par des prêtres ; le devoir de ces derniers était de ne pas le laisser s'éteindre.
C'est vers la fin de la monarchie de Juda qu'Ézéchias
et surtout Josias tentèrent d'imposer au peuple hébreu le culte de Dieu sans image; ils échouèrent. Ce culte
1. La création du monde en six périodes et celle de Thommeespèce n'est pas caractéristique au môme degré que l'est l'organisation par la parole ; car les autres genèses sémitiques, Phénicîe et Assyrie, la contiennent aussi. Il y a quelques années, un jeune savant, Georges Smith, mort prématurément, a découvert sur des tablettes provenant de la bibliothèque royale de Ninive le récit d'une genèse assyro-baby Ionienne, dans lequel le Dieu de l'intelligence suprême créait le monde en six jours et se reposait le septième. Ce septième jour s'appelait en chaldéen : « Sabbatou^ le sabbat, jour du repos du cœur, jour de joie. » Quant à l'homme créé, il s'appelait Admou. — Voir F. Lbnormant, OHgines ffe l'histowe^ 217, 243, et l'Appendice qui contient l,e texte assyrien.
s'établit postérieurement parmi le peuple et poussa d'indestructibles racines. A quelle époque? un siècle après la fondation de l'empire perse, lorsque les chefs hébreux, versés dans la connaissance du Mazdéisme, purent à leur gré pétrir les Juifs revenus de Chaldée et les former à leurs idées religieuses. Or, c'est précisément à ces hommes-là qu'est due la rédaction élohiste, où apparaît la notion du Dieu invisible et sans image; où, comme rite religieux, le Grand-Prêtre doit entretenir perpétuellement devant l'Éternel la flamme des lampes sacrées. {Lévitique^ XXIV, 1-4; Exode, XXVII, 20.)
Le nom du dieu des Perses est Ahoura, « le Souverain par excellence, le Seigneur >, car il est le créateur, le maître suprême. Il est Mazda c l'omniscient j, infaillible, il ne peut être trompé ni se tromper, il sait tout et il voit tout *. Ahoura Mazda n'a pas été primitivement un nom propre ; ce n'était que deux des nombreuses qualifications du Dieu suprême. A Zoroastre qui lui demande ses noms, le Dieu en énumère vingt; le douzième est Ahoura ; le vingtième est Mazdao. Quel est le premier? t Ahmi, je suis. • C'est le nom même quesedonne le dieu élohiste dans sarévélation àMoïse. € Exode, III, 14. Voici ce que tu diras aux enfants d'Israël : C'est Je suis qui m'envoie auprès de vous *. »
1. Mazdâ se compose de « dâ, savoir », et de l'adverbe tt maz (mag-n-us^ » qui exprime la grandeur. Mazdâ signifie donc celui qui sait grandement, le grand savant, l'omniscient. J. Darmestëtër, Ormazd et Ahriman, 29.
2. Zeud'Avestay Yasht, I, 12. Voir aussi Max Muller, Histoire des Religions, 181.
L'Ahoura mazdéen lui-même était un dieu qui, à une époque perdue dans la nuit des temps, avait émigré de l'Inde. Les premières relations historiques des Hébreux avec l'Inde datent du règne de Salomon, autant qu'on peut le conjecturer d'après les indications consignées dans la Bible. Ce n'est qu'à partir de la captivité et surtout après le triomphe de Cyrus qu'elles devinrent fréquentes. Dans l'Inde védique on rencontre un dieu identique au dieu iranien. Il est le maître, VAsoura suprême * ; c'est lui qui a organisé le monde ; il en est le souverain, il en connaît les mystères ; il est le fondement de Tordre matériel et moral. Le Rig- Véda contient un hymne célèbre où, dans un langage d'une admirable poésie, est décrit l'Être absolu, avant le commencement de toutes choses :
c 1. Rien n'existait alors, ni visible, ni invisible. Point de région supérieure; point d'air; point de ciel. Où était cette enveloppe du monde ? Dans quel lit se trouvait contenue l'onde ? Où étaient ces profondeurs impénétrables de l'air?
« 2. Il n'y avait point de mort, point d'immortalité. Rien n'annonçait le jour ni la nuit. Lui seul respirait^ ne formant aucun souffle, renfermé en lui-même. Il n'existait que lui.
« 3. Au commencement, les ténèbres étaient enveloppées de ténèbres ; l'eau se trouvait sans impulsion; tout était confondu. L'Être reposait au sein de ce grand chaos, et ce grand Tout naquit par la force de sa piété*.»