Rig-Véda, section 8, hymne X (traduction Lauglois
Ce que ne renferme ni la théorie sémitique, ni la théorie mazdéenne, l'idée du néant, est ici nettement exprimée. Au néant succède le chaos, et c'est par une pensée d'amour que le chaos s'organise.
Un autre hymne définit en ces termes l'Être devenu créateur :
« Tu es la substance indestructible, immatérielle, mystérieuse, supérieure, éternelle, inaltérable, universelle, incréée ; la pensée ne peut te concevoir. Dieu fécondant, immortel, immuable ! par toi existe tout ce monde, animé et inanimé. Nous-mêmes nous ne sommes qu'en toi ; tu es notre souffle, notre seigneur. En toi réside l'éternité, l'infini, la force, la vertu, la qualité supérieure dans tous les êtres. Tu n'as ni commencement, ni milieu, ni fin ; tu animes tout, Être spirituel ! C'est ta substance supérieure et sainte qui, unie à tout ce qui existe, le conserve et le vivifie *. »
Parmi les noms multiples que reçoit le Dieu créateur, il en est un qui revient à chaque instant sur les lèvres des poètes hindous, c*est « Svayambhon, l'Être existant par lui-même ».