‹ Paganisme des hébreuxChapitre 36 sur 137 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

IHWH

Chez les peuples européens, l'emploi des voyelles donne aux syllabes un son défini, unique. Chez les Hébreux, les voyelles écrites n'existaient pas; les mots écrits n'étaient représentés que par des consonnes. Il s'ensuit que le môme mot-consonne pouvait recevoir, dans le langage parlé, plusieurs prononciations.

L'une de ces consonnes, W, pouvait sonner de deux manières, à savoir, comme ou et comme v. Les Arabes modernes, dont l'idiome s'écarte si peu de l'ancien hébreu, donnent encore au W la double prononciation. En France, le phénomène se présente dans une condition à peu près identique : il y a un siècle, et même aujourd'hui dans le style lapidaire, la lettre V sonne uetv;\eu français est le ou des autres langues. La lettre I sonne i ou ; selon l'occurrence. Dans les lexiques du xvii^ siècle, il n'y a pas deux sections distinctes, l'une pour le i et l'autre pour le j; pour le j et pour Vu, il n'y en a qu'une I, V.

I* Pbonongiations diverses du mot hébraïque h WH. — Cela dit, quelles prononciations diverses pouvait

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avoir un mot hébreu composé des trois consonnes HWH? Il pouvait avoir les suivantes * :

l^HOUH;

2® H a OUH, H a OH : ce son est le même que le précédent, légèrement éclairci;

3® H e W e H, qui sonnera Heoueh ou Heveh;

4° H a W a H, qui sonnera Haouah ou Havah;

6** H e W a H, qui sonnera Heouah ou Hevah.

Dans les inscriptions chaldéo-assyriennes, entre autres dans Tinscription de Borsippa, on trouve les deux formes Houh^ Haoh (forme sémitique de l'assyrien Ao), lesquelles désignent le dieu de la Sagesse, c Celui qui connaît toutes choses ». Houh, Haouh, Haoh (Héa), le dieu de Tlntelligence et de la Sagesse, est la troisième personne de la Trinité philosophique des Chaldéens : Anou, Bel, Houh.

La forme Havah ou Hevah est le nom que la Genèse, III, 20, donne à la première femme, Havdh, Eve: en phénicien, Havdth. Le verbe hébraïque hdvah signifie vivre ».

IP Formes féminines de HWH. — Le mot-consonnes HWH, tantôt masculin, tantôt féminin, est en luimême une forme neutre. Lorsqu'on veut le déterminer exclusivement en féminin, on peut le faire de deux manières :

Première manière* On met un T en avant (préfixe) : T-HWH, qui donne Tehouh oU Tohouh. Le Tohou-

1. Ces notions de lin^istictue sont empruntées à M. Baissac, Ongines de la religion^ tome II, p. 289 et suivantes.

2. F. LBNORMAKt) Origines dd Vhistoirei 2* édition j tome I, 91, 11,106«

Bohou de la Genèse, I, 2, est la matière primordiale, confuse, désordonnée, chaotique; de Tohou-Bobou vient notre expression Tohu-Bohu.

La création du monde, chez les Phéniciens, débutait ainsi : c Du grand Souffle (Qôl piah, la Voix du vent) et de sa femme Bahou naquirent Adam Qadmonj Adam l'ancien ou le premier né, et jEon, forme grecque dont le féminin, en phénicien, est Havdth.hece couple naquirent Catn et CùJine, traduction du grec Tiwç et Vviti; Caïn en effet, signifie créature, rejeton, 9 Dans ces quelques lignes, on trouve :

i** Le chaos primordial de la Genèse, Bohou;

2^ Le premier couple, mais qui est mâle et femelle chez les Hébreux, Adam et Havâh ou Hevah, Eve ;

3' Leur fils Caïn ; quant à Caïne, qui signifie fille, elle est remplacée par Hdbel, mot assyrien qui signifie fils.

La parenté des races et des mythologies est fla« grante*.

Seconde manière. Pour déterminer le féminin, on pouvait mettre à la fois un T en avant (préfixe) et un T en arrière (suffixe) : T-H WH-T, d'où vient Thavath, la matière primordiale des Chaldéens, la mère chaotique. Dans un fragment cosmogonique de Bérose, Bel-Mardouk coupe Thavath en deux; de la moitié inférieure du corps, il fait la terre ; et de la moitié supérieure, le ciel : manière figurée d'exprimer la production de l'univers et des êtres animés.

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