‹ Paganisme des hébreuxChapitre 38 sur 137 · Erneât Hatet, le Judaïsme · texte numérisé non relu

Erneât Hatet, le Judaïsme

2. Notice sur la traduction de la Bible en grec. Les Juifs étabUs en Egypte avaient, pour leur commerce et leur industrie, appris la langue grecque. Au bout de quelques générations, leurs descendants ne parlaient plus que le grec ; ils avaient

4** Lineffàbilité du nom divin est originaire d'Egypte. — Du reste, l'ineffabilité du nom divin n'est pas une chose propre au peuple juif; elle existait en Egypte, comme on le voit dans Hérodote^ II, 86, 132, 170. Cet historien refuse de prononcer le nom. du dieu égyptien parce que, dit il, on ne pourrait le faire sans impiété. Cicéron, dans le Natura Deorum, III, 22, confirme le témoignage d'Hérodote : t Le dieu, dont les Égyptiens ne croient pas pouvoir sans crime proférer le nom. » On sait que le nom de la divinité suprême en Egypte est Hamoun, l'Ammon des Grecs, qui signifie t caché i . 5» Origine artificielle du mot Jéhova. — De cette discussion il résulté'que le nom du Dieu d'Israël étant devenu ineffable à. partir du iv* siècle avant Jésus- Christ, on l'a remplacé dans le langage par c Adonat^ Seigneur ». Lorsque l'usage s'est établi de noter les points- voyelles, on a donné au tétragramme IHWII les voyelles de Adonaï : < d'où la prononciation usuelle de Jéhovah et l'emploi du mot Seigneur dans la presque totalité des versions anciennes et modernes *. »

désappris rhébreu : ils sont connus sous le nom d'Hellénistes. Or Y Ancien Testament étant écrit en hébreu, il s'ensuivit que les Juifs hellénistes se trouvèrent incapables de lire leur loi. C'est pour eux que certains Juifs hébreux traduisirent en grec la Bible hébraïque. La traduction est appelée Bib/e des Septante parce qu'on suppose qu'elle était l'œuvre de soixante-douze interprètes, six par chaque tribu d'Israël. D'après M. Ernest Hatbt {le Judaïsme f 242), la Bible des Septante ne daterait pas de l'an 275, sous le règne de Ptolémée II Philadelphe, mais de l'époque où fut élevé en Egypte le temple d'Onias à Héliopolis, vers l'an 130, c'est-à-dire cent ans plus tard. La traduction de 'Ancien Testament en grec est probablement la première traduction qu'on ait faite d'un livre quelconque. 1. Rsrss, Histoire Sainte, tome 11, iO, note.

La prononciation du tétragramme IH WH en Jého- ^a semble donc avoir le caractère d'une prononciation artijQcielle, introduite dans un but théorique ; de plus, elle a contre elle un fait grave, c'est que nul document historique n'apporte le témoignage qu'elle ait eu cours dans les temps antiques *,

Ilo ^ lAflVEH

La dénomination lahveh, en faveur aujourd'hui, s'(^)puie sur les versets de VExode^ III, 14-15, et VI, 3.

c Exode, III, 14. Dieu dit à Moïse : Je suis celui qui est. Voici ce que tu diras aux enfants dlsraël : C'est « Éheyéh, Je suis » qui m'envoie auprès de vous. — 15. Dieu dit encore à Moïse : Voici ce que tu diras aux enfants d'Israël : t lahvehy II est », le Dieu de vos pères, le dieu d'Abraham, le dieu dlsaac et le dieu de Jacob, m'envoie auprès de vous. C'est là mon nom à tout jamais, d'âge en Âge. »

Exode, VI, 3. J'ai apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob comme El schaddcCi, le Fort tout-puissant ; mais je ne me suis point fait connaître à eux sous le nom qui m'est propre : t lahveh. Il est '. »

A cette preuve de fond s'ajoute un document historique, ce qui donne un grand poids à la prononcia-

1. La prononciation J^Aot a a été introduite au xyi* siècle par un écrivain nommé Galatinus (De arcanis catholiaevefHtatis, liber III). Consulter GÉsÉirrus, p. 575. Voir aussi p. 578, ce que dit Gésénius de Thypothèse absurde d'un prétendu nom divin, leMoua qu'auraient célébré les prêtres égyptiens.

Page 1