Rru88, Histoire Sainte, tome II, 9, note
avânh là captivité de BâBYLONE 143
tion lahveh. En effet, un écrivain ecclésiastique du v® siècle de notre ère, Théodoret, nous apprend que lea Samaritains prononçaient le tétragramme lahveh : Quœstio XV. Ad Exodum, KaXouat U a^ro SocjAapsiTat *Ia6» » lavé, forme grecque de lahveh.
Ces deux preuves, l'une puisée dans le texte de VEœode^ l'autre dans un témoignage historique, semblent décisives en faveur de la prononciation lahveh* Malheureusement la chronologie et d'autres documents historiques, non seulement ébranlent l'interprétation lahveh, mais doivent la faire rejeter. Rappelons d'abord une loi irréfragable : Avant que les philosophes n'apparaissent et ne donnent de la Divinité une définition abstraite, il s'écoule bien des siècles durant lesquels le peuple, en proie & l'anthropomorphisme et absolument étranger à toute conception métaphysique, désigne son dieu par une appellation propre ou par une appellation commune, telle que le Maître (Baal), le Seigneur (Adon), le Fort tout-puissant (El schaddaï). Cela dit, examinons les faits :
1® lahveh t II est » est une définition philosophique ^ ce n'est pas un nom.
VExode, m, 13-175 et VI , 2-8, appartient à la rédaction élohlste , laquelle, dans sa partie la plus ancienne5 date de Tan 442, où fut promulgué le Lévitique. Il s'ensuit que les célèbres versets de l'Exode sont l'expression du travail philosophique qui s'était opéré, durant et après la captivité de Babylonej dans Id cerveau de quelques hommes d*élite; ils ne soïlt nullement l'expression du fait présumé qu'avant
la captivité de Babylone le peuple hébreu aurait nommé son dieu lahveh. Or le problème qu'il s'agit de résoudre n'est pas de savoir si, cent cinquante ans après la destruction de Jérusalem, quelques prêtres philosophes, au contact de la science chaldéenne et du Mazdéisme, se sont élevés à la connaissance du Dieu métaphysique ; puis, si devenus maîtres du gouvernement, ils ont inculqué cette notion au peuple juif ; non, le problème est celui-ci : Quel nom le peuple hébreu donnait-il à son dieu avant la captivité de Babylone? Le texte même des versets de V Exode déclare que jusqu'alors, c'est-à-dire jusqu'à l'an 442, le peuple hébreu ne l'a pas connu sous le nom de lahveh « Il est. 1 II s'ensuit que le nom de lahveh reste une pure interprétation philosophique; pour appartenir au domaine réel de la religion populaire, il lui faudrait l'appui de quelque fait positif.
2® Ce n'est pas la forme lahveh qui avait cours chez les Juifs orthodoxes après la captivité de Babylone. — Ce fait positif, qui ferait de lahveh le nom divin en usage parmi le peuple israélite, le /au^'des Samaritains ne pourrait-il pas l'être? Non, et pour deux raisons :
A. Les Samaritains dont parle Théodoret sont le peuple mêlé d'Israélites et de Guthéens (Ghaldéens) qui construisit un temple au sommet du mont Garizim, vers l'an 332, et se sépara du Temple de Jérusalem. On sait quelle haine les Juifs avaient vouée aux Samaritains et comment cette haine s'assouvit enfin, sous le principat de Hyrcan, en l'année 109, par la destruction totale de Samarie. Par conséquent la
forme* /«ré? adoptée par les Samaritains est postérieure d'environ trois siècles à la captivité de Babylone. En outre, le peuple samaritain, issu d'éléments chalcléens et israélites, n'offre pas les conditions nécessaires pour donner à la prononciation lahveh une ciutorité indiscutable.
B. Enfin, et c'est là un argument sans réplique, dans la phrase même où Théodoret nous dit que les Samaritains, peuple de métis et schismatique, prononçaient le tétragramme sacré lahveh, il nous apprend que la race pure d'Israël, dépositaire de l'orthodoxie nationale, les Juifs * le prononçaient lao. « KaXouai té aÔTO 2afxapeTTat 'laêc, 'louSatoi 8é 'lato». lao est la forme grecque de lahoh ou lahouh.
En résumé, les deux preuves, à savoir, texte de V Exode et mot samaritain, sur lesquelles s'appuie la prononciation lahveh, ont contre elles la chronologie et des documents historiques d'un ordre supérieur; par conséquent la forme lahveh n'a pas été celle qui avait cours chez les Hébreux avant la captivité de Babylone.
Ilio — lAllOU
Jo — DOCUMENTS ATTESTANT QUE lAUOU EST LE DIEU