PARTICULIER DES JUIFS
1° Diodore de Sicile * , contemporain de César et
{.Juifs dérive de Judsgif 'IpuSaïoi, lehouf/lm, qui veut dire proprement les citoyens de la tribu de Juda, les Judéens ; c'est le nom que porta la nation israélite à partir du retour de Texil,
2. Dictionnaire de Bachelet et Dezobry, Diodore consacra plu-
d'Auguste, nous apprend que Moïse avait mis ses lois sous l'invocation de lahoh, dieu des Juifs : t Diodore, I, 94. On raconte que, chez les Juifs, Moïse disait avoir reçu les lois du dieu appelé lahoh — Ttapà U roi<; 'louSalotç MwuTT^v tov 'law l7rixaXol);ji6vov ôciv, etc. *. »
2° Valentin, chef de l'une des principales sectes du (înosticisme, qui vivait dans le ii^ siècle de l'ère chrétienne, est, au dire de TertuUien, l'auteur du traité mystique intitulé Pistis Sophia, Ce livre est vraisemblablement celui dont le Musée britannique possède la traduction en langue copte. Il a été publié en français dans le Dictionnaire des Apocryphes, vers 1856. L'ouvrage tout entier décèle une connaissance si intime des doctrines de la Bible qu'il doit être l'œuvre d'un homme élevé d'abord dans l'Orthodoxie, puis ayant embrassé le Gnosticisme. Du reste, saint Irénée rapporte que les Valentiniens ont eu un soin extrême à se conformer au langage des Saintes Écritures '.
On sait que le Gnosticisme est un panthéisme oriental qui, sous le couvert de Ghristos Jésus et du Christianisme; essaya d'absorber dans un vaste syncrétisme les religions contemporaines. L'Être suprême indéterminé s'appelle l'Abîme; de lui émanent les intelligences nomsueurs ann<''e9 de sa vie à des voyages dans les principales contrées de l'Europe et de l'Asie. Ses immenses recherches fournissent des renseignements très précieux sur la géographie, la chronologie, les mythes de l'antiquité ; en rapportant ce qu'il avait appris, il nous a dit tout ce que savait le monde ancien.
1. L'accentuation de law n'est pas la même partout; .dans Macrobe, on lit laà) ; dans Diodore, laû ; l'accentuation ordinaire est law.
2» Dictionnaire des Apocryphes, tome I, p. 1190.
AVANT LA CAPTIVITÉ DE BABYLONE li7
méesEons (imitation des Idées de Platon); le démiurge, fabricateur de l'univers, participant à la fois de la pureté divine et de l'impureté matérielle, est la Lumière altérée.
Du démiurge émane un premier génie; de celui-ci, un second; et ainsi de suite jusqu'à six. La Pistis Sophia donne le nom des deux premiers, c'est lao et Sabaoth. Chez d'autres Gnostiques, après lao et Sabaoth, on trouve AdonaïetElohi. L'infiltration et par conséquent la connaissance intime du Mosaïsme sont évidentes; les documents gnostiques sont donc d'une importance considérable relativement au problème de la prononciation du tétragramme sacré.
« Jésus, après sa résurrection, ayant ses disciples reunis autour de lui, fait cette prière : Ecoute-moi, mon Père, Père de toutes les paternités. Infinie lumière... lehou, Sabaoth *. »
lehou, lao, tel est le nom du Père créateur, de l'Infinie Lumière; ce nom est pour l'imagination délirante des Gnostiques le résumé de la science cosmogonique. c Jésus se tournant vers les quatre coins du monde, avec ses disciples, tous revêtus de vêtements de lin, dit : laô, laô, laô, voici quelle est la signification du mot : l'iota signifie que l'univers est émané; l'alpha, qu'il reviendra d'où il est sorti ; l'oméga que ce sera la fin des fins *. >
Le savant éditeur de la Pistis Sophia ajoute en note : « lao, mot qui vient de l'hébreu, est une des ex-
\. Dictionnaire des Apocryphes , tome I, p. 1270. 2. Dictionnaire des Apocryphes^ 1, 1270.
pressions qu'employaient les anciens Juifs pour désigner l'Être suprême. »
3* Les Abrajcas, au ii® siècle, étaient des pierres gravées, d'un caractère plutôt judéo-païen que chrétien, d'après M. Renan *. Le mot Abraxas, dont la véritable orthographe est Abrasax, est un nom mystique de la Divinité. Traduites en chiffres, les lettres du mot Abrasax donnent le nombre 365, qui est celui des jours de l'année. Sur tous les Abraxas se lit le nom lao. Le Dictionnaire des Antiquités chrétiennes reproduit en fac-similé plusieurs Abraxas * ; l'un deux contient, gravés sur une face, le mots ïao Sabao (Sabaoth), et sur l'autre face, Moyse.
La formule mystique du Père de toutes les paternités était inscrite sur les Abraxas-amulettes que portaient les pieux croyants, surtout les femmes. En voici un exemple-type donné par l'abbé Martigny : c lao, Abraxas, Adonaï, Saint-Nom, Puissances favorables, gardez Vibie Pauline de tout mauvais démon. »
4° Saint Irénée, qui vivait au ii« siècle, fait mention de lao. Le commentateur ajoute en note : laho est le nom même de Dieu, nom ineffable qu'exprime le tétragramme IIIWII; on sait que les Grecs lisait celuici 'lacà ^
Dans les initiations, l'initié répondait au prêtre :