‹ Paganisme des hébreuxChapitre 4 sur 137 · TOUT LE MONDE POUVAIT SACRIFIER · texte numérisé non relu

TOUT LE MONDE POUVAIT SACRIFIER

Le Deutéronome^XXl, 5; XXIV, 8; XVII, 9, 18; XVIII, 4, etc., accorde à tous les lévites le droit de sacrifier, mais à eux seuls.

i. Juges, VI, 24 ; VIII, 27 ; XI, 11, 39 ; XIII, 19 ; XX, i, 26, 27; IX, 6; XVIII, 30; XIX, 18; — 1 Samuel, X, 3, 8; XI, 15 ; XIII, 9; XV, 12, 21 ; VII, 6 ; X, 47 ; VII, 17 ; IX, 12 ; XXI, 1 ; XXII, 19.

Le Lévitique va plus loin; il exclut les lévites et n'admet pour prêtres que les descendants directs d'Aaron, VII, 10, 33, 38; VIII; XIII, 2; XXI, 1, 21.

Les Nombres sont aussi formels que le Lévitique, III, 3;XVm, etc.

Or, dans tout le livre des Juges, ce sont des laïques qui sacrifient; ce sont Gédéon, Jephté, Manoah. Dans V Appendice, qui comprend les chapitres XVII-XXI, il est parlé de deux lévites, celui de Mikah et le lévite d'Éphraïm; le lévite de Mikah fait fonction de prêtre, et encore ce lévite est-il descendant de Moïse et non pas d'Aaron (XVIIIj 30); puis, dans son sanctuaire, il y avait une image de Dieu taillée et plaquée, ce qui est contraire à la loi mosaïque. C'est dans les deux seules légendes de V Appendice qu'il est fait mention de lévites-prêtres; partout ailleurs ce sont des laïques qui sacrifient.

Samuel était fils d'un Éphraïmite (1 Samuel, I, 1); il n'était pas de la tribu de Lévi, comme le prétend I Chronique, VI, 19. Encore la Chronique ne le faitelle pas descendre d'Aaron, dont la postérité seule, d'après la Loi, avait le droit de faire des sacrifices. Et pourtant Samuel accomplit tous les actes du culte réservés par la Loi à la descendance d'Aaron. En outre, si Samuel avait été lévite (de la tribu de Lévi), sa mère n'aurait pas eu besoin de le consacrer au service du sanctuaire, car la Loi dite mosaïque avait

— Les deux livres de Samuel forment dans les bibles catholiques les deux premiers livres des Rois. Dans ces mômes bibles, la chronique est appelée Paralipomènes,

réglé cela d'avance. C'est donc une preuve que cette Loi mosaïque n'existait pas au temps de Samuel, et que la carrière sacerdotale, à cette époque, n'était fermée à personne.

Héli n'est pas appelé Grand-Prêtre; il n*est point de la famille d'Aaron, et cependant il fonctionne à la maison de Dieu à Silo, vrai Temple qui a existé jusqu'à la ruine de Samarie (Jéréniie, VU, 12). La continuité de cette maison de Dieu à Silo jusqu'en 721 environ, prouve que le Tabernacle mosaïque n'était pas établi à Gibéon (ou Gabaon) au temps de Salomon, comme le dit la fable théocratique : il y avait plusieurs sanctuaires vénérés, et point de Tabernacle mosaïque.

A. 1 Samuel, IL Tous les lévites étaient sacrificateurs. On sait que d'après le Lévitique, les lévites sont de simples domestiques affectés au service du Temple et des Prêtres. Les lévites correspondent aux ordres mineurs du catholicisme, et les Prêtres aux ordres majeurs. Il y avait même (1 Samuel, II, 22) des femmes attachées au service de la maison de Dieu à Silo, puisque les fils d'Héli, jeunes libertins, couchaient avec elles.

B. 1 Samuel, VI, 14-15. Les gens de Bethsama

sacrifient sur une pierre, quoiqu'il y eût des lévites

présents.

C. 1 Samuel, VII, 1. Les habitants de Kiriathleharim consacrent prêtre le fils d'un concitoyen laïque pour garder l'arche.

D. 1 Samueh XIV, 33-35. Saûl sacrifie sur une

pierre et bâtit un autel à Aïalon. Si Saûl est rejeté du Seigneur, c'est parce qu'il a épargné le roi Amalécite, et non parce qu'il a usurpé les fonctions de la postérité d'Aaron : chose complètement inconnue ù cette époque.

E. 2 Samuel, VI, 17-18. David ramenant Tarche à Jérusalem offre des sacrifices et des holocaustes; il portait même le costume sacerdotal, Téphod de lin. On ne parle pas de lévites ni de prêtres dans toute la cérémonie, laquelle était cependant solennelle.

F. 3 Rois, III, 4. Quoique Tarche fût à Jérusalem, le peuple de Jérusalem allait en pèlerinage à Gibéon, sanctuaire national situé à peu de distance de Jérusalem, au nord, sur le territoire des Benjaminites, lesquels, du temps de Saûl, leur compatriote, avaient joui de l'hégémonie. David, on le voit, n'était pas encore parvenu à faire de son tabernacle le centre religieux de la nation.

G. 1 Samuel, XX, 6, 29. David et sa famille sacrifiaient annuellement à Bethléem.

H. 2 Samuel, V, 3 ; XV, 7. David et le peuple sacrifiaient à Hébron ; Hébron était le centre religieux et national de la tribu de Juda avant le règne de David.

I. 2 Samuel, XV, 32. David, fuyant Absaloti, sacrifie sur le mont des Oliviers, qui est désigné comme un lieu de culte : c'était un haut lieu, bamah,

J. 2 Samuel, XXIV, 25. Pour faire cesser la peste, David établit un autel sur l'aire du citoyen Ornah, en haut de la colline située entre le mont des Oliviers et le mont où étaient sa maison et l'arche ; il y sacrifie.

K. 3 Rois, III, 3-5. Salomon sacrifie àGibéon ; Jéhova lui apparaît môme en ce lieu, quoique l'arche fût à Jérusalem. Or, d'après la loi, Jéhova réside sur les Kéroubim de l'arche. (Exode, XXV, 20, 22 ; Nombres, VII, 89).

L. 3 Rois, VIII, 14, etc. ; IX, 25. Salomon sacrifie lui-même au temple de Jérusalem; et cela, trois fois par an.

Par ces nombreux exemples on voit que, sous les Rois comme au temps des Juges, régnèrent la multiplicité des sanctuaires et la liberté entière pour tous d'accomplir soi-même les sacrifices.

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