Hois, m
combien profondément Salomon subit l'influence des femmes. Or la reine, en tant qu'Égyptienne, adorait Ammon-Khem, le principe générateur; elle avait pris part aux Phallophories. Plus tard (3 Roi^, XI, 5-7), Salomon adopta tous les dieux de ses concubines, en plaça les idoles dans le Temple et leur rendit les honneurs habituels. Ces divinités étaient Astarté, Baal- Molok, Baal-Kémosh, etc., c'est à dire le Principe générateur sous ses deux formes, masculine et féminine. Tous ces faits conduisent à la même conclusion, c'est que les deux colonnes d'airain érigées par l'architecte tyrien dans le Temple étaient deux colonnes phalliques. Elles subsistèrent jusqu'à la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor; les Chaldéens les brisèrent et en emportèrent les fragments.
C. 3 Rois, XIV, 22-23. Le culte phallique prit, sous Roboam, fils de Salomon, une extension considérable. Le peuple de Juda bâtit des Hauts Lieux, construisit des colonnes et des Astartés sur toutes les colonnes élevées et sous tous les arbres touffus.
Dans les traductions vulgaires, au lieu de colonnes on a mis statues : c'est une faute, t Les colonnes (et non pas statues qui nous feraient penser à des formes humaines) étaient probablement de simples pierres taillées, plus ou moins hautes et érigées aux lieux saints, comme symboles du soleil et de ses rayons, si ce n'est de sa puissance créatrice symbolisée d'une manière très crue (le Phallus) *. » Il n'y a pas de doute
1. Rkuss, Histoire des Israélites ^ 478, note 1. — Histoire Saint ^, ^ome II, p. 66, 312. — Les Prophètes^ tome T, 256, note 7 :
possible, c'étaient des colonnes phalliques, symbole du père divin, que le peuple adorait en même temps qu'Astarté, la mère divine. La preuve irréfragable en est donnée au verset 24, où Ton voit le culte desservi par les prostitués sacrés, Kedeschim et Kedeschôth, hommes et femmes.
D. 3 Rois^ XV, 12. Le roi Asa chassa de son royaume tous les prostitués sacrés et détruisit toutes les idoles que ses pères avaient érigées. — 13. Il ôta aussi à sa grand'mère Maacha Tautorité qu'elle avait, parce qu'elle avait érigé une idole abominable en l'honneur d'Aschéra; il renversa la caverne consacrée à ce culte; il brisa l'idole infâme et la brûla dans le torrent du Cédron.
Maacha, femme de Roboam, était petite-fille d'Absalon; l'idole qu'elle adorait est appelée par 2 Chroniqties, XV, 16 (traduction de la Vulgate), simulacrum Priapiy c'est-à-dire un Phallus. D'après M. Lenormant l'idole de Maacha serait un Ktsiç; dans tous les cas, c'est un simulacre phallique. Les idoles dont il est parlé au verset 12, sont des phallus ou des symboles phalliques, t Les symboles de la déesse Astarté étaient de bois, comme les colonnes de Baal étaient de pierre. Mais ni les uns ni les autres n'étaient des statues de forme humaine *. i Détail intéressant à noter, Maacha
m Nous mettons dans la traduction les noms propres des deux divinités principales de Canaan, Baal et Âschéra, qui représentent le principe mâle et le principe féminin dans les forces de la nature, fécondation et fécondité. Le texte hébreu porte « hammaninif les obélisques d et Àschérim les figures en bois repivscntaut la divinité féminine. — Les Prophètes, tome T, 84, note 7 1. Reuss, Histoire Sainte^ tome II, 66.
appartenait par son origine et par son mariage à la famille royale de David, celle qui est dépeinte par les historiens cléricaux comme la dépositaire du pur jéhovisme.
E. 4 Rois, m, 2. Joram, fils d'Akhab, roi d'Israël, fit ùter la colonne de Baal que son père avait faite. Les traductions vulgaires ont mis, à tort, statue au lieu de colonne. Rien de plus clair que le symbolisme phallique de la colonne dédiée au Principe générateur masculin.
F. 4 Rois, X, 26-27. La tentative que Joram avait faite de restreindre le culte avait dû promptémcnt échouer contre les habitudes enracinées du peuple d'Israël; car après l'assassinat du roi par Jéhu, capitaine de son armée, on voit les sicaires pénétrer dans le temple de Baal, tirer au dehors les idoles, les brûler, et renverser la colonne phallique consacrée spécialement à Baal générateur (Traduction de M. Reuss).
G. 4 Rois, XVn. Dans la récapitulation des méfaits qui amenèrent la chute du royaume d'Israël,le rédacteur du livre des Rois relate la superstition florissante du culte phallique. — 8. Ils avaient révéré d'au- Ires dieux ; ils avaient suivi les coutumes des peuples que rÉternel avait chassés devant eux. — 10. Ils avaient placé des colonnes et des Astartés sur toutes les collines élevées et sous tous les arbres touffus. » Aiusi, pendant toute la durée du royaume d'Israël, le peuple ne cessa pas de se livrer aux pratiques du culte phallique en élevant des colonnes symboliques au Principe mâle, et en consacrant des cônes en bois sous les bocages au Principe féminin.
iSO LE CULTE SÉMITIQUE CHEZ LES HÉBREUX
H. 4 Rois, XXIII, 13-14. Le même culte n'avait pas cessé de régner en Juda malgré les tentatives faites par plusieurs rois jéhovistes, car on voit Josias, dans la grande révolution religieuse qu'il entreprit, t 13, profaner les lieux de culte qui se trouvaient en face de Jérusalem, sur le mont de perdition, vers le sud, et que Salomon y avait construits pour Astarté, l'idole des Sidoniens, et pour Kémosh, l'idole des Moabites, et pour Milkom, l'idole des Ammonites. — 14. Il brisa aussi les colonnes, coupa les bocages consacrés an culte d' Astarté et remplit d'ossements humains les lieux qu'ils occupaient. »
Ces versets, d'un haut intérêt historique, prouvent que de Salomon à Josias, c'est-à-dire pendant plus de quatre siècles (de l'an 1000 environ à 630 avant J.-C), le culte des dieux sémitiques établi à Jérusalem, en face du palais même des rois, n'avait pas subi d'interruption sérieuse. Les colonnes phalliques du Père divin et les bocages de la Mère divine ont une mention particulière dans les profanations opérées par Josias.
Dans le récit qu'il fait du même événement, le deuxième livre des Chroniqms ou Paralipomènes achève de projeter la lumière sur le culte phallique en décrivant la manière dont étaient faits les autels de Baal générateur, t 2ChroniqîieSyXXXlV,A. En présence du roi Josias, on détruisit les obélisques qui se trouvaient dessus. — 7. Il abattit tous les obélisques dans tout le pays d'Israël, puis il revint à Jérusalem. » La place du symbole phallique sur l'autel donnait au culte pratiqué dans le sanctuaire son caractère spécifique.