‹ Paganisme des hébreuxChapitre 65 sur 137 · RsVSd) Histoire Sainte, tome II» 312, note · texte numérisé non relu

RsVSd) Histoire Sainte, tome II» 312, note

la guerre) jonchent la terre au milieu de leurs idoles, autour de leurs autels, sur toutes les collines élevées, sur les soinmets des montagnes, sous tous les arbres verdoyants, et sous tous les térébinthes touffus, où ils ont offert leurs suaves parfums à leurs idoles.

N. Ézéchiel, XX, 28. Vos pères m'ont outragé dans leur rébellion criminelle. Quand je les eus conduits dans le pays que je leur avais promis par serment, ils jetèrent les yeux sur toute colline élevée et sur tout arbre touffu; ils y immolèrent leurs victimes, y déposèrent le parfum de leur encens et y versèrent leurs libations.

De ces nombreuses citations, il résulte que, dès l'antiquité la plus lointaine jusqu'à la captivité de Babylone, le culte des arbres prophétiques et symboliques et celui des bois verdoyants, consacrés à la déesse Aschéra, n'ont pas cessé de régner chez les Hébreux.

IIP Persistance du culte des arbres. — t L*abri d'un arbre ou le silence solennel de la forêt est un véritable temple préparé par la nature, et c'est là le seul temple que connaissent bien des tribus, le temple primitif qu'ont sans doute connu la plupart d'entre elles*. » Cette réflexion de M. Tylor explique l'universalité du culte des arbres et sa persistance à travers les âges jusqu'à notre siècle.

Tout le monde connaît les Dryades et les Ilamadryades qui, dans la gracieuse mythologie grecque,

i. Tylor, la CiviVisaliony tome II, 289.

personnifiaient les chênes; on connaît également les chênes prophétiques de Dodone, qui rendaient des oracles, ainsi que le faisaient les chênes, lest)aumiers et les térébinthes des Hébreux.

C'était aussi le chêne que vénéraient les anciens Gaulois. Le chêne sacré, d'où les Druides cueillaient le gui, représentait le dieu du ciel; à ses pieds on sacrifiait deux taureaux blancs : c'était un arbre symbolique.

Tacite donne les mêmes renseignements sur le culte des arbres et sur les bois sacrés des Germains * .

Les anciens Prussiens adoraient un chêne sacré, situé au milieu d'une forêt sacrée et inviolable, ainsi que rétait celle des Germains semnonais décrits par Tacite * .

En Angleterre, les noms encore subsistants de t Holyoake, chêne sacré » et de t Holywoody bois sacré » perpétuent le souvenir des arbres et des bosquets sacrés, souvenir si profondément enraciné dans l'esprit du paysan.

Durant le moyen ûge, le culte des arbres se continuait avec une telle vivacité que pendant quatre siècles les conciles furent impuissants à le réprimer :

1° Concile de Carthage en 400. — Canon 15*» ordonne qu'on demandera à l'empereur la destruction des bois sacrés.

2^ Concile de Tours en 867. — Canon 22®. Inter-

1. Tacite, Mœurs des Germains^ IX. Lucos et nemora cotisecrant, deomimque nominibus appelant secretum iliud quod sola reverentia vident.

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