C. 4 Rois, XXIII, 24. Josias les supprima
La sorcellerie, la nécromancie et Tart des diseurs de bonne aventure étaient défendus par la Loi et par les Prophètes, c Exode, XXII, 18. Mort à la sorcière I 1 Lévitique, XIX, 31 ; XX, 27. | Deutéronome, XVIII, 10. Que personne d'entre vous ne se môle de deviner, de consulter les augures, ni de prétendre par divers moyens découvrir les choses cachées — 11. Que nul d'entre vous n'ait recours aux enchanteurs et ne consulte les pythons, les devins et ceux qui évoquent les morts. » Isaïe dit que cette coutume était d'un usage universel, VIII, 19 ; en Egypte, XIX, 3, aussi bien qu'à Babylone, XL VII, 12.
Et cependant, malgré les défenses, malgré les persécutions, les sorciers et les nécromanciens ne cessèrent de pulluler et de prospérer. Et pourquoi ? C'est que tous les Hébreux, sans exception, croyaient à l'existence de plusieurs dieux; les orthodoxes préféraient Jéhova, mais ils croyaient à l'existence des autres dieux. Comme le remarque judicieusement le savant M. Reuss (Histoire des Israélites, 321, note 2), si la nécromancie a été défendue par la Loi et persécutée par les rois et le clergé jéhoviste, ce n'est
23'f LE CULTE SÉMITIQUE CHEZ LES HÉBREUX
pas qu'elle fût regardée comme une escroquerie; non; on la punissait comme étant une infidélité au dieu national, puisqu'elle appelait au secours de l'homme des puissances autres que Jéhova.
Ce genre de superstition chez les Hébreux est d'autant plus aisé à comprendre qu'il est encore très florissant au sein même de la société contemporaine. Aujourd'hui les sorciers, devins, diseurs de bonne aventure, les voyants, sous le nom de somnambules, de médiums lucides, les nécromanciens sous le nom de spirites, continuent avec la môme vogue et le môme succès le métier des sorciers et des pythonisses Israélites. La nombreuse clientèle qu'ils ont dans les grandes villes autant que dans les campagnes reculées, est pour eux une source de gains qui n'est pas près de tarir. Mais les clients qui viennent interroger leur art divinatoire, sont-ce des philosophes ou des savants? Point du tout : ils appartiennent à la classe des croyants les plus orthodoxes et les plus rigides de l'Église romaine; ce qui montre clairement que le Catholicisme apparaît à ses fidèles comme un polythéisme : quand on ne croit qu'à un Dieu unique, on ne va pas évoquer des dieux inférieurs, ni surtout Satan, ce dieu puissant, que par cette évocation ils avouent supérieur à l'Éternel lui-môme.