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SACRIFICES D'ANIMAUX

Les sacrifices d'animaux furent usités dans tous les cultes antiques, chez les Sémites aussi bien que chez les Grecs et les Romains, t Alfred Maury, Histoire des Religiom de la Grèce, tome II, page 83. Le grossier anthropomorphisme qui régnait dans les premiers âges faisait croire que les dieux étaient surtout sensibles aux offrandes qui flattent les sens, le goût, l'odorat. De là l'idée de présenter aux dieux non seulement des animaux, des bestiaux, qui constituaient dans le principe à peu près la seule richesse, mais encore de les tuer, de cuire leur chair, d'en préparer un repas auquel on conviait les dieux; d'agir, en un mot, comnie on le faisait pour recevoir un hôte ou un ami *. On s'imaginait que les dieux venaient prendre part à ce festin que représentait le sacrifice. De là aussi les libations, dans lesquelles on

1. Dans la Bible^ dit en note M. Maury, les sacrifices sont appelés Léem Elohim, le pain ou la nourriture de Dieu. La ville de Bethléem « maison du pain » doit vraisemblablement ce nom à ce qu'elle fut le lieu où se faisaient les sacrifices aux dieux.

répandait un breuvage destiné à apaiser la soif des divinités. De là encore l'usage de brûler des matières odoriférantes dont le parfum était supposé produire chez elle une douce ivresse*.

<c Page 84. Dans le principe, on brûlait la totalité de la victime, c'est ce qu'on appelait l'holocauste, La victime étant donnée en entier, la flamme devait en consumer complètement la chair, afin que la divinité pût en respirer la fumée et s'en nourrir d'une manière en quelque sorte invisible. L'holocauste avait un caractère plus religieux qu'aucun autre acte du culte parce que la totalité de la victime étant brûlée, elle se trouvait ainsi offerte en entier à la divinité. »

L'usage des holocaustes se restreignit avec le temps et fut réservé pour les cas spéciaux ou solennels. On n'offrit plus à la divinité que certaines parties déterminées, mais surtout les parties grasses et les cuisses de la victime.

Le Lévitique contient, par le menu, les rites que devaient observer les Hébreux dans les sacrifices. On y trouve les holocaustes et les sacrifices d'animaux, bœufs, veaux, béliers, brebis, boucs, chèvres, et aussi d'oiseaux, tourterelles, pigeonneaux (I, III, IV, V, etc.)i le prêtre asperge l'autel du sang de la victime; dans les fêtes solennelles, l'offrande de gâteaux, de farine est accompagné de libations de vin (XXIII, 13, 18, etc.). Tout y est donc conforme à la théorie qui vient d'être exposée : c'est l'anthropomorphisme dans sa candide simplicité.

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