III<» — ROIS IMPIES
P RoBOAM. — Roboam, fils de Salomon et d'une. Ammonite, s'abandonna au culte des dieux sémitiques avec une ardeur inouïe. Baal et Aschéra furent adorés sur toutes les collines, dans tous les bocages ; les co* lonnes phalliques s'élevaient sur les hauts lieux; enfin la plus odieuse pratique du sémitisme, la prostitution sacrée, s'établit dans le royaume (3 Rois, XIV, 21-24). S'il est un prince que l'on s'attend à voir nommer son fils Hanan-Baal ou Abi-Baal < Mon père, c'est Baal », ce prince est Roboam. Il n'en est rien cependant; Roboam appela son fils et successeur Abi-Iahm « Mon père, c'est Jéhova » .
II® Abiah. — Abiah fut aussi impie que son père Roboam, au témoignage de l'historien clérical ; quel nom donna-t-il à son fils? Asah pour Asa-Iahou « Jéhova guérit ».
IIP JoRAM. — Fils du pieux roi Josaphat, Joram avait épousé Athalie, la fille d'Akhab et de Jézabel. Il partagea le culte de sa femme et adora les dieux sémitiques. S'il ne fut pas châtié par Jéhova, ce fut en considération du saint roi David, son ancêtre (4 Rois^ VIII, 18, 19)» Puisque le saint roi David avait
pu nommer l'un de ses enfants Baalyada, il semble logique que Joram, adorateur des dieux sémitiques, ait donné le même nom ou tout autre nom baaliste à ses enfants. Or quel nom donnèrent à leur fils l'impie Joram et l'impie Athalie ? Okhozias, Akhazlahùu (c Jéhova le soutient ». Une fille de Joram, la sœur d'Okhozias, fut appelée Josabeth, lehoschéba « Jéhova est le serment, ou je jure par Jéhova ».
IV® Okhozias. — Fils d'un père et d'une mère adorateurs des dieux sémitiques, Okhozias imita leur exemple : il sacrifia à Baal et à la déesse Aschéra. Quel est le nom du jeune fils qui, sauvé du massacre par Josabeth, fut replacé sur le trône par le prêtre Joïada? Son nom est Joas, lehoasch t Jéhova l'a donné » (Gésénius).
y® Akhaz. — Akhaz, fils du pieux roi Joatham, est flétri comme l'un des plus abominables païens qui aient occupé le trône de Juda. Tel fut son fanatisme à l'égard de BaaUMolok qu'il brûla son fils aîné en l'honneur du dieu cananéen (4 Rois, XVI, 3-4). Qui s'étonnerait de voir ce roi mettre le nom de ses enfants sous les auspices de Baal? Or Akhaz nomma le fils qui lui succéda Ëzéchias, Hiski-Iahou c Ma force, c'est Jéhova ».
\h Amon. — c Amon, fils impie de l'impie Manassé (4 RoUy XXI, 21), servit les idoles que son père avait servies, et il les adora. — 22. Il abandonna Jéhova, le dieu de ses pères, et il ne marcha pas dans les voies de Jéhova ». Ce prince infidèle à Jéhova appela
son ûls JosisLS^loschi'Iahou < Jéhova est mon appui ».
VIP JoAKHiN I". — Joakhin P', l'un des trois fils de l'orthodoxe Josias, fit comme ses deux frères : il adora les dieux sémitiques. Il s'appelait Elyakin c El rend ferme » ; le roi d'Egypte Néchao l'obligea de prendre le nom de J^Ao-Faien, « Jéhova rend ferme ». Le roi Joakhin, qui sacrifiait à Baal, appela son fils du même nom que lui Jeho-Yakin on donne encore à ce dernier le nom de Jékoniah « Ma fermeté, c'est Jéhova ».
VHP Akhab. — Les rois d'Israël ou d'Éphraïm sont accusés par l'historien d'avoir adoré Jéhova sous la forme du taureau^ mais ils sont reconnus exempts du crime de Baalisme. Un d'eux fait exception, c'est répoux de la Sidonienne Jézabel, c'est Akhab, de tous les rois le plus exécré, le plus accablé de malédictions. « 3 Rois, XVI, 30. Akhab surpassa en impiété ceux qui l'avaient précédé. — XXI, 25. Il n'eut point de semblable en méchanceté, s'étant vendu pour faire le mal devant Jéhova, comme il le fit à la sollicitation de Jézabel, sa femme. — 26. Il devint même si excessivement abominable qu'il s'abandonna au culte des idoles, imitant tous les crimes des Amorrhéens. » En outre, Jézabel est accusée d'avoir, par haine pour Jéhova, versé le sang des prophètes. Or cet idolâtre Akhab et cette Jézabel, irréconciliable ennemie de Jéhova, comment nommèrent-ils leurs fils et leur fille? Ils appelèrent l'aîné OktiOzidLS, AkhaZ'Iahou « Jéhova le soutient », le second Joram, lehoram < Jéhova est
302 LE CULTB SÉMITIQUE CHEZ LES HÉBREUI
élevé » ; et leur fille Athalie, Athal-Iahoii t Puissant est Jéhova » *.
En résumé, les rois que les historiens cléricaux ont dépeints comme zélateurs de Baal ; ces rois, qui certainement adorèrent les dieux sémitiques, puisque deux d'entre eux accomplirent le sacrifice le plus cruel du culte cananéen, à savoir, l'holocauste de leur premier né en l'honneur de Molok ; ces rois cependant ont donné à leurs enfants, non pas des noms composés de Baal, mais bien des noms jéhovistes. Il résulte de ce fait :
1° Que les rois même les plus zélés pour les dieux sémitiques n'ont pas, pour cela, rejeté Jéhova;
2* Que tout en acceptant la religion générale des Sémites, ils n'ont pas cessé de tenir Jéhova pour le dieu national des Hébreux.
La conclusion tirée des rois impies est donc identique à la conclusion tirée des princes orthodoxes.
Le même phénomène s'est produit chez tous les Sémites :
1"^ En Phénicie, le dieu national prédomine dans les noms : Abibal, Ithobal, Anuibal, Asdrubal, etc.;
2» En Syrie, c'est Hadad, le dieu solaire; le nom de Ben-Hadad « Fils du Soleil », est le plus répandu chez les rois syriens ;
30 En Assyrie, c'est Assour; la plupart des souverains comprennent Assour dans la composition de leur nom : Assour-ban-habal, Assour-idin-akhê, Assour-dan-il, etc.;
i. En arabe athaloy qiii agit avec force.
4* En Ghaldée, Nabou t le capitaine général de l'univers », commence les noms de plusieurs princes babyloniens : Nabou-natzir , Nabou-bal - oussour , Nabou-koudour-oussour, etc.
Au-dessus de tous ces dieux nationaux, trône la divinité suprême EL, ou IL, ou ILOU, dont ils ne sont que les manifestations particulières et locales.
Du double examen qui vient d'être fait, on est en droit de conclure que si Jéhova n'a pas cessé d'être le dieu national des Hébreux, il n'a pas davantage été le seul dieu adoré par eux. Le sémitisme cananéen, dans son ensemble, a été commun aux Hébreux aussi bien qu'à tous les peuples de la Palestine. Les différences qu'on note dans les pratiques de chaque peuple sont de l'ordre et de la nature de celles qui distinguent entre eux les peuples chrétiens d'Europe.
La démonstration tirée du nom des rois hébreux s'ajoute à la série des faits positifs consignés dans le cours de ce livre; elle leur donne une confirmation nette et catégorique. H faut donc reconnaître que le prétendu monothéisme jéhoviste des Hébreux n'a pas existé avant la captivité de Babylone ; c'est une erreur qui doit être rayée de l'histoire.
IVo — NOMS DE VILLES DANS LES DOUZE TRIBUS
A toutes ces preuves s'adjoint une dernière preuve qui achève le cycle des concordances, c'est le nombre considérable de villes, appartenant aux douze tribus,
30Ï LB CULTfi SÉMITIQUE CHEZ LES HÉBREUX
qui se sont mises sous le patronage des divinités sémitiques, comme les villes des pays chrétiens se sont mises sous la protection des demi-dieux chrétiens, à savoir , Saint-Germain , Saint-Denis , Saint-Cloud , Saint-Cyr , etc . ; Sainte - Marie - aux • Mines , Sainte- Reine, etc.
1* Baala.
f* Baalath.
3* BaaUBérith.
4* Baal-Gad.
5* Baal-Hazor.
6* Baal-Honnon.
7* Baal-Mdhon.
8* BaaUPëhor.
9* Baal-Përa88\^ni.
10* Baal-Salisa.
11* Baal-Sëphon.
12* BaaUThamar. 13* Astaroth.
14* Astaroth-Galaad.
15* Astaroth-Carnatiu.
Il semble difficile d'imaginer un concert de faits et d'arguments plus nourri et plus décisif que celui qui s'élève contre la thèse du prétendu monothéisme des Hébreux.