‹ Paganisme et Judaīsme (volume 2)Chapitre 15 sur 75 · Cette théorie du mal fut vivement attaquée par · texte numérisé non relu

Cette théorie du mal fut vivement attaquée par

(1) Médit, d, 1 ; 10, 30; 8, U ; 5, 28.

ET JUDAISME. 217

les Platoniciens et surtout par Plutarque. Le mal n'est pas dans la création un épisode agréable à la divinité: il remplit toutes les choses, Texistence humaine tout entière, qui souillée depuis le premier instant jusqu'au dernier est pleine d'erreurs et d'actions repréhensiblés (i). Personne^ dit-il plus loin, n'est disposé à la vertu: au contraire, nous sommes emportés par un malheureux délire. Cette notion si austère du mal, de son universalité et des profondes racines qu'il a jetées dans la nature de l'homme, est le signe caractéristique de cet âge. Sénèque dit en plus d'un endroit, que tout homme pèche, a péché et péchera jusqu'à la dernière vieillesse (2). Galien, qui fut médecin et en même temps philosophe très-sagace, va encore plus loin et reconnait que l'enfance est portée au mal — que le bien ne prévaut dans leur cœur que lorsque l'âme intelligente^— Galien divisait avec Platon l'âme en trois parties — prend le dessus sur les deux autres éléments (s), 60. — La solution du problème du mal n'en devint que plus difficile. Tous ne s'accommodaient pas de la réponse de Celse ou de Plutarque, ne croyaient pas avec le premier que le mal tire son origine de la matière existant de toute éternité — n'admettaient pas avec le second, une âme du monde éternellement mauvaise et dans l'âme humaine un élément inintelligent et essentiellement mauvais. Alexandre, disait Maxime de Tyr, aurait dû consulter l'oracle d'Ammon sur cette question si importante pour l'humanité, au lieu de s'enquérir des sources du Nil. Le Philosophe bégaie ensuite une explication, qui aboutit à placer, comme

(1) Adv. Stoic. 14.

(2)DeClera. 1,6.

(3) CoiDp. Daremberg : Fragm. du comiheut. de Galieu sur le Timée. ParLs 18ii.p.l8, 19.

les autres, le siège et la source du mal dans la matière (i).

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