‹ Paganisme et Judaīsme (volume 2)Chapitre 21 sur 75 · ORACLES — DIVINATION — SONGES — ASTROLOGIE · texte numérisé non relu

ORACLES — DIVINATION — SONGES — ASTROLOGIE

155. — Un désir irrésistible de pénétrer dans les mystères de l'avenir — une foi inébranlable dans les pronostics et dans les prodiges, comme manifestant la volonté des. dieux, dominaient alors la vie humaine. L'ancienne discipline augurale des Romains était à la vérité tombée en discrédit et le siècle des Césars n'observait pas le becquêtement des poules, le vol des oiseaux, la direction des éclairs. Les sorts italiques, la prédiction, au moyen de tablettes avec inscriptions qu'un enfant mêlait et tirait, étaient négligés et de toutes les villes, Padoue, Talères, Gœré, où les sorts

(1) Clément. Hom. 9, 18, p. 691.

(2) Contra Gels. 3, 3.

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avaient fleuri, Preneste seule les avait conservés. Cicéron avait traité cela d'imposture trop grossière pour qu*un homme un peu éclairé ou un fonctionnaire vou* lût encore y recourir (i). Plus tard cependant il y eut une recrudescence' de crédulité et la foule redemanda les anciens sorU.

136. — Chose remarquable! une foule d*oracles Grecs restèrent muets dans les derniers temps de la République, sous les premiers Césars et même plus tôt. La Béotie, jadis si riche en oracles, n'avait plus, du temps de Plutarque, que celui de Trophonios à Labadée : les autres étaient muets et les sanctuaires où ils se rendaient livrés à la désolation : ceux de THellade et de la Haute-Asie, et même d'Ammon en Lybie cessaient de se faire entendre ou de trouver des croyants. Cela dura jusqu'à Adrien et aux Antonins, époque où le sentiment religieux prit dans ce Paganisme un nouvel essor. On revint avec plus d'ardeur à des pratiques déjà abandonnées et les oracles aussi rompirent le silence et retrouvèrent des visiteurs et des croyants. Celui de Delphes avait pu se maintenir sans interruption, quoiqu'avec moins d'éclat et une seule Pythie, au lieu des trois qui s'y faisaient entendre auparavant. Les plus célèbres après l'oracle de Delphes était celui des Branchides à Didymes près de Hilet et de Claros près de Colophon; ce dernier ne subit qu'une courte interruption, puisque Germanicus le consulta sous Tibère (â). A Milet les réponses étaient en vers, et les inscriptions prouvent qu'à côté du devin il y avait là un barde, qui pliait aux lois de la poésie la prose du Prophète (3), ou répondait quelquefois par

(1) De Div. 2, 4r

(2) Tac. Ann 2, 54.

(^Insc Gnec. 2895.

une citation d'Homère (i). La devineresse de Didyme devait, même dans les derniers temps du Paganisme, se préparer par un jeûne de trois jours, des bains et un isolement complet ; quand elle entrait dans le sanctuaire et mettait le pied dans la source fumante, elle était déjà dans une douce extase. Le devin de Claros devait aussi passer par certaines cérémonies nocturnes, s*abstenir de toute occupation trop dissipante. En buvant alors Teau de la source sacrée, il perdait toute conscience de lui-même, donnait les réponses, sans que le suppliant pût le voir et n'avait plus, en revenant à lui, aucun souvenir des paroles qu'il avait prononcées (s).

137. — La caverne de Tcophonios fut toujours célèbre par ses apparitions. Pausanias vit encore le temple d'Apollon à Ârgos, oii la pré tresse entrait en extase en buvant le sang de l'Agneau du sacrifice (s). L'oracle que U même dieu avait à Délos, depuis le milieu du 1^' siècle av. J.-C, répondait par des mots bien articulés, tandis que celui de Dodone parait avoir continué de répondre par le son des bassins d'airain. La Cilicic possédait l'oracle de Hopsus et celui d'Héliopolis en Syrie qui jouissait d'une grande célébrité. Là l'image du dieu, portée sur les épaules des prêtres, était interrogée par le Pontife et répondait affirmativement ou négativement, selon que ceux qui la portaient lui imprimaient un mouvement en avant ou en arrière («). A Alexandrie, Sérapis indiquait des remèdes par les songes et rendait aussi de vrais oracles. Escuiape et Isis avaient plusieurs sanctuaires d'incubation. Le temple d'Amphiaraus à Orope, où Ton apprenait les rc-

(l)Sozom. H. Eccl. 1,7.

(2) Jambl. myst. i£g. 3, 1 1, p. 73.

(3)Paus.2, 2.1,1.

(4) Luc. de Dea Syr. 30.

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roèdes infaillibles en dormant sur la toison d*un bélier immolé, était très-fréquenté (i).

438. — L'histoire de Toracle, établi à Abonotique par Alexandre, montre jusqu'où allaient au 2® siècle la crédulité populaire et la passion du merveilleux. Rien d'étonnant par conséquent à ce que plusieurs oracles recouvrassent le crédit, qu'ils avaient perdu et qu'il se trouvât des hommes pour annoncer que le dieu qui avait gardé un silence prolongé, était maintenant favorablement disposé et voulaitétre consulté. — La foule une fois attirée, il fallait naturellement répondre aux questions proposées, et cela était d'autant plus facile qu'il ne s'agissait ordinairement que d'affaires privées et peu importantes: les états, englobés dans l'empire romain, ne pouvaient plus, comme jadis, soumettre à la décision des d^ieux les différends qui s'élevaient entr'eux.

139. — Il fallait cependant expliquer d'une manière ou de l'autre le mutisme completou partiel des oracles. Quelques-uns, celui de Delphes par exemple, perdirent de leur crédit et ne frappaient pas toujours également juste. Déjà avant Cicéron la terre dont les exhalaisons produisaient l'enthousiasme de la Pythonisse, avait à la longue perdu sa vertu ; mais sur cela le philosophe romain dit ironiquement que si le vin et le poisson salé perdent leur vertu avec le temps, il s'agit ici de quelque chose de divin, et par conséquent d'éternel et d'impérissable (2) — et il crut tout bonnement expliquer la chose, en disant que le monde n'était plus si crédule. Plutarque qui à une époque où les oracles ne s'étaient pas encore entièrement relevés, s'intéressait vivement à leur crédit, trouva une foule de considérations pour rendre cette explication plus plau-

(i)Paus. l,3o,3.

(2) Do Div. 5, 57.

sible. Dans un écrit « sur les oracles disparus, » il soutenait que les vapeurs qui provoquaient le délire de la devineresse ne possédaient qu'une vertu soumise à des altérations et à des changements, — qu'ainsi elles pou-^ valent souffrir des pluies trop abondantes, des éclairs ou des tremblements de terre. — L'oracle de Tiresias à Orchomenos avait, par exemple, cessé après une peste meurtrière (t). Fidèle à la théorie platonique des génies ou êtres intermédiaires, il admettait ensuite que les démons qui présidaient à des oracles particuliers pouvaient mourir et que leur mort affaiblissait ou détruisait l'efficacité de ceux-ci. Il citait comme exemple que sous Tibère, un pilote, cinglant devant les îles des cotes de TEtolie, entendit une voix qui lui disait d'annoncer dans certain endroit que le Grand Pan venait d'expirer — message que le marin remplit et qui fut accueilli par un deuil général.

140. — Ces Apologistes des oracles avaientcependant à lutter contre un amère critique qui s'obstinait à n'y voir qu'imposture et jonglerie. Chrysippe avait publié un écrit dans ce sens et au 2^ siècle, ^Snomaus le cynique, originaire de Gadara en Syrie, écrivit un traité intitulé, « les jongleries dévoilées » dont le style est populaire et parfois plein de vigueur (s). Il cherche à y prouver que ces oracles, et surtout celui de Delphes a exercé une influence des plus funestes, sur les états de la Grèce qui se sont laissé conduire par eux — que des guerres fréquentes et sanglantes en sont résultées — que les hommes avaient été toujours trompés par des réponses ambiguës et énigmatiques, qui auraient eu besoin d'être expliquées par un autre devin. Une amère expérience, ajoutait-il, l'avait détrompé;

(i) De def. orac. 44.

(f) ^ufM yifirmu V. les Fragni. dans Eus. Praep. Ev. 5, 19 sqq.

car, partageant Terreur commune, il avait d*abord consulté Toracle de Claros sur la vraie sagesse et avait obtenu une réponse qui pouvait s'appliquer à tout et oii il s'agissait, au surplus, d'un jardin d'Héraclès, toujours fleuri. Un assistant aflSrma sous serment avoir entendu l'oracle donner une réponse identique à un négociant du Pont, qui consultait le Dieu sur les intérêts de son commerce. — ^nomaus parle ensuite des oracles qui firent diviniser Cléomède d'Âstypalée» athlète vulgaire — et flattèrent les passions de tyrans sanguinaires et rappelle que leshabitantsde Méthymnes avaient reçu l'ordre d'honorer comme Baccbus une bûche trouvée dans les filets d'un pécheur.

141. — Ces découvertes quelqu'écrasantes qu'elles fussent, ne paraissent cependant pas avoir exercé une grande influence; car la publication de cet écrit coïncide précisément avec le développement extraordinaire du système divinatoire. Maxime qui vivait alors parle des oracles avec un profond respect et l'histoire de Phlégon, affranchi d'Adrien, était remplie de réponses sacrées que l'événement avait justifiées. La passion des révélations surnaturelles était trop vive pour écouter les conseils de la froide raison — faut-il, disait*on, rejeter tout, parce qu'il y a eu quelques faux oracles, quand on ne rejette pas l'or auquel se sont mêlées quelques monnaies fausses? Un grand nombre d'oracles que l'événement avait justifiés et qu'on ne pouvait expliquer par aucune cause naturelle, passaient de bouche en bouche; ceux-là même qui avaient été trompés une première fois, cherchaient à satisfaire leur soif du merveilleux et leur curiosité inquiète par de nouveaux expédients divinatoires.

142. — Qu'au moins certains d'entr'eux donnassent ce qu'ils promettaient, voilà ce qu'on ne mettait guère en doute; car jamais les hommes ne regarderont comme

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inutile ce qu'ils désirent avec passion, ce qu'ils croient leur être indispensable. Et à cette époque on en était précisément là avec la divination. Le Paganisme qui n'avait ni doctrine religieuse ni corps enseignant, ni autorité, était réduit à des cérémonies, à des mythes traditionnels. Les dieux devaient parler, s'ils voulaient préserver les hommes du désespoir, et comme ils ne pouvaient le faire par une doctrine révélée et annoncée .par un corps enseignant bien organisé, il fallait quMis se servissent d'oracles, d'oiseaux, du foie et de la rate des animaux, de songes, des astres, enfin do tout ce qui pouvait signifier quelque chose et à quoi se rattachait la crainte ou l'espérance des mortels.

143. — Plutarque et Sextus Empirions, d'ailleurs si opposés, attestent de concert que la Divination était universellement respectée comme un art divin et infaillible (i).Celse recommande lamantiqueen disant qu'elle est empruntée des animaux qui, doués d'une intelligence supérieure, pénétraient dans l'avenir, et se rapprochaient plus de la divinité que les hommes (2). Galien lui-même qui scruta la nature avec tant de sagacité, soutint qu'il était possible de connaître l'avenir par la position des étoiles, le vol des oiseaux, etc. (3). G'était-là une erreur qui pesant alors comme un joug écrasant sur l'humanité tout entière, formait un appui essentiel du système religieux et auquel personne ne pouvait se soustraire complètement. Cicéron peint cette tyrannie d'une manière saisissante : la superstition , dit-il, nous poursuit partout; tantôt c'est un devin, tantôt un pronostic, un oiseau, un chaldéen ou un inspecteur des entrailles; qu'il tonne, que la foudre

(1) Plat, de Fat. p. 574. Sext Emp. c. Mattiem. 0, 132.

(2) Ap. Orig. e. Gels. 4, 88. p. SG5. Delaroe.

(3) Dana aoo écrit vi^i fvfmfêtm f tfri««y, i, 13.

tombe ou qu*il arrive quelque chose d*extraordinaire — événements dont l'un ou l'autre arrive nécessairement— jamais l'homme ne peut être tranquille, pas même dans le sommeil ; les songes amènent encore plus de soucis que tout le reste (i). »

144. — En eflFet, d'après une vieille croyance, les dieux envoyaient les songes pour instruire, avertir et encourager les hommes et l'histoire ancienne fourmille de songes, auxquels se rattachent les événements les plus importants. Le même Chrysippe, qui dévoila les impostures des oracles fit un recueil de songes prophétiques et en donna l'explication. Hippocrate (2), Galjen (5), ne doutaient aucunement qu'il n'y eût des songes envoyés par les dieux et des hommes habiles à les expliquer ;Macrobe distingua cinq sortes de songes, dont trois prophétiques et deux indignes d'attention (4). Les Grecs avaient toute une littérature sur l'art d'expliquer les songesr; dans un ouvrage analogue parvenu jusqu'à nous, Artémidore assure que jour et nuit il s'occupe de cette science et qu'il n'a écrit que sur l'ordre exprès d'Apollon (5). Il voyagea en Asie, en Grèce et en Italie, dans le seul but de recueillir des songes, et prescrit avec la dernière précision ce qu'il faut pour obtenir des dieux un songe prophétique (6).

145. — Un songe détermina l'empereur Auguste à paraître une fois tous les ans dans les rues de Rome sous les guenilles d'un mendiant. Galba eut soin d'offrir un sacrifice pour conjurer les effets d'un songe

(1) Do Oiv 2, 72.

(2) 0pp. éd. Van dcr Linden, p. 633.

(3) Op. Ed. Paris. 1679, T. yi, c. 1 . 3. 4. 3.

(4) iD.Somo. Scip. 1.3.

(5) Oneirocrit. 2, 70.

(6) Ibid. 4. 2.

qai Tavait troublé. Pour ce sacrifice qui était regardé comme indispensable, on offrait à certains dieux appelés Averrunci, de Fencens et des dragées salées (i). Parfois on recourait à des ablutions et en Grèce il y avait des femmes spécialement vouées à ces cérémonies. Après un songe inquiétant, on se plongeait dans la mer, on restait assis sur la terre durant tout un jour, ou Ton se roulait dans Tordure (2). Une foule d'inscriptions, et de pierres monumentales de ces derniers temps attestent que les dieux apparaissaient en songe à leurs adorateurs, et leur donnaient leurs ordres augustes, qui concernaient ordinairement un sacrifice. Les visites nocturnes d*Isis paraissent avoir été particulièrement fréquentes (3).

146. — L'astrologie, la plus tenace des infirmités de l'esprit humain, avait acquis une grande vogue par suite du contact où la conquête d'Alexandre mit les Ghaldéens avec les provinces de l'Occident. Ces hommes trouvèrent un appui dans la philosophie stoïcienne, qui en partant du principe de l'identité substantielle de Dieu et de la nature, était venue à regarder les astres comme éminemment divins, et plaçait le gouvernement divin du monde dans la course immuable des globes célestes. Leciel avec sesétoiles et surtout ses planètes était un livre oii les initiés peuvent lire avec facilité les destinées des hommes; la science des Ghaldéens qui déchiffraient ces caractères divins étaient d'autant moins mis en doute, qu'ils assuraient les avoir étudiés depuis 475,000 ans. Du temps d'Alexandre, les mathématiciens, les Généthliaques, les astrologues des écoles chaldéenne et alexandrino-égyptienne, étaient répan-

(l)TibaU.l,5.

(2)Plut. deSup.3.

(3) Comp. les Inscript. recueillies par Marquard, dans la contio. des Antiq. Rom. par Becker, iv, 105, i 10.

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dos en Asie, en Grèce et en Italie. Ils enseignaient de concert qu'une vertu secrète descend sans interruption sur la terre — qu'une sympathie intime existe entre les planètes, les corps célestes, et la terre avec les êtres qui y vivent (i). Les choses humaines dépendent absolument des astres. Les planètes surtout président aux destinées de l'homme et exercent sur sa naissance, sa mort et sa vie une action décisive. Les uns, Jupiter et Vénus, sont bienfaisants ; Mars et Saturne agissent en sens contraire; d'autres, comme Mercure, n'ont pas de caractère bien dessiné et exercent une influence tantôt heureuse, tantôt funeste. Ils communiquent leurs qualités aux constellations qu'ils habitent, agissent et réagissent sans cesse les uns sur les autres, et leurs propriétés se tempèrent, se modifient par suite de leurs positions et aspects divers. De là ce mélange de bien et de mal qu'ils répandent sur la terre et la faculté qu'a l'homme d'augmenter le bien et de détourner le mal, par la prière. et les cérémonies religieuses. Les planètes, ayant dans leurs demeures, c'est-à-dire, dans leurs sphères respectives un pouvoir qu'elles n'ont pas ailleurs, on peut agir sur elles par la prière, les vœux, le culte religieux ; de là les prières astrologiques, composées et usitées en faveur de certains empereurs, d'Antonin par exemple.

147. — On prétendit que l'horoscope ou calcul fait sur la position d'une étoile au moment de la naissance de l'enfant, indiquait avec certitude sa destinée et même son caractère. La diSërence de caractère qu'on remarquait dans ceux qui étaient nés sous la même étoile, et leurs aventures diverses ne purent ébranler

(1) Clem. Alex. 6, p. 813. Chœrem. ap. Eus. Prxp. Ev. 3, 4. Sext. Emp. adv. Math. 5, 338. Tetrabibl. éd. Norimb. 1535, p. 2. sq. Cet ouvrage ftat longtemps attribué k Ptolémée, mais est en tout cas plus ancien que celui de Firmicus.

la confiance qu*on avait dans cet art, exercé par les Grecs, toujours âpres au gain. Déjà en 615, le Préteur P. Lanas leur avait intimé Tordre de quitter Tltalie en déans les dix jours; mais ils ne tardèrent pas à revenir, forts de Tappui des grands de Romow Pompée, Crassus, César reçurent d'eux Tassurance d*une vie longue et heureuse. Cicéron exprime son étonnement de ce que les yeux des hommes ne s'ouvrissent pas à la vue de l'évidente fausseté des prédictions des astrologues. Hais leur crédit ne fit que monter depuis et l'on crut \)osséder dans l'astrologie, une science sérieuse, appuyée sur des calculs profonds et des combinaisons habiles. En 7âl, Agrippa lança en vain un nouveau décret de bannissement contre eux. Auguste qui leur défendit de parler de vie ou de mort dans leurs prédictions, interrogea le mathématicien Theogène, avant de monter sur le trône. Tibère et Othon avaient leurs, astrologues particuliers: le premier avait cependant fait précipiter un devin de la roche Tarpéienne et fait flageller et décapiter un autre, « conformément aux anciens usages (t). » Vitellius qui leur ordonna de quitter Rome et l'Italie avant le premier Octobre, s'entendit prédire qu'il n'aurait pas vu la fin de ce jour. Tacite était dans le vrai, en (lisant que cette race d'hommes peu sûre pour les grands et trompeuse pour ceux qui espéraient, pullulerait dans la capitale, en dépit des déci;ets de bannissement (s) . C'est surtout sous Domitien que leur influence devint désastreuse; leurs artifices stimulèrent la cruauté du tyran et lui indiquèrent les victimes et les moyens de les frapper. Ses soupçons furent excités, quand on lui eut annoncé qu'il serait assassiné — il fit tirer l'horoscope d'un grand nombre d'hommes distin-

(1)Tac. Ann. 2, 32.

(S) Ib. Uist. 1, ti.

gués et les livrait au supplice, quand l'astrologue prétendait qu'ils étaient destinés à de grandes choses (i). Enfin Alexandre Sévère rapporta les décrets des âges passés et leur permit d'ouvrir des écoles à Rome mdme.

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