‹ Paganisme et Judaīsme (volume 2)Chapitre 3 sur 75 · DÉVELOPPEMENT HISTORIQUE · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT HISTORIQUE

H. — La base de l'Etat romain fut l'établissement latin formé sur le mont Palatin par les Hamnes, auxquels se réunit la commune sabine des Tities fixés sur le mont Quirinal. Les habitants des communes fusionnées portaient le nom de Quirites, furent d'abord gouvernés par deux rois et adoptèrent bientôt le gouvernement d'un roi unique et électif avec une seule assemblée nationale. L'élément latin fut et resta prépondérant; les Ramnes avaient en général les mêmes dieux et les mémos formes de culte, que les vieilles villes de Laurentum, de Lavinium, d'Albe, d'Ardée et autres. Mais les Latins, ainsi que les Sabins de l'Ombrie étaient de la même famille que les Grecs, parce qu'ils descendaient, comme eux, d'un même peuple primitif. Cette circonstance explique comment, dans les vieilles religions italiennes il y a des éléments analogues à ceux du culte des dieux grecs ; le contact avec les factoreries et les colonies grecques dans le centre et dans la partie inférieure de l'Italie peut avoir exercé une influence puissante. Surtout Kymè (Cumes), la plus ancienne colonie grecque sur la côte occidentale de l'Italie, agissait puissamment* même en fait de religion, sur le Latium autant que sur Rome.

12. — Les Sabins ou Tities avaient surtout le culte de Vesta de commun avec les Ramnes latins; ce culte de la déesse du foyer, appartenait à toute la fa-

ET JfJDAlSlE. i<^>

mille des peuples gréco-italiens. Par contre, Quirinus, Sancus, Taïeul fabuleux et roi du peuple sabin avec son sanctuaire sur le mont Quirinal, le dieu du soleiiy étaient primitivement honorés dans rétablissement sabin (i). Le vieux sanctuaire des trois divinités alliées, Jupiter, Junon, Minerve, (cette dernière était peut-être, dans Torigine, étrangère aux Latins), qui se trouvait déjà sur le vieux Capitole, c'est-à-dire sur le mont Quirinal avant la construction du temple du Capitole, était d'origine sabine. A Rome on sentait si bien la différence des cultes sabin et latin qu'on fonda une corporation spéciale chargée de conserver les usages sabins.

i3. — Peu à peu il se mêla aux Ramnes et aux Tities un troisième élément ou tribu romaine, celle des Luceres, dont l'origine était inconnue même aux anciens. Cependant, certains indices semblent prouver que c'étaient des Albains latins, transportés à Rome après la destruction de leur ville. Cette troisième tribu, continuellement renforcée par des émigrants latins, conquit, sous les Tarquins, les mêmes droits que les deux autres tribus. On mentionne également une immigration tusque, que la tradition place dans le temps de Caelius Vibenna et qui a donné son nom au quartier tusque, à Rome. Cette ville renfermait ainsi une population composée de Latins, de Sabins et de Tusques, absolument comme les villes de Ftdènes et de Crustumérie, avec la différence que l'élément étrusque était le plus faible quant au nombre, à l'importance et aux droits politiques. La religion romaine, dans son essence, se forma donc de deux cultes nationaux, le latin et le sabin, analogues dans Torigine, mais différents sous plusieurs rapports. Le vieux

(l)Coin]^. A mbroseh, études, i66»17f.

culte de Vesta avec soa sacerdoce, celui de Janus, de Jupiter et de Junon, de Saturne et d'Ops, de Diane et de Mars avec les institutions des Saliens et des frères Arvaliens étaient venus d*Âlbe et de Lavinium et faisaient partie du système religieux des Latins. La fête Septimontium se composait de sacrifices accomplis à Rome en sept endroits différents dont aucun n'était habité par des Sabins, preuve que le culte latin était, pendant longtemps, indépendant de celui des Sabins.

14. — Néanmoins, une légende postérieure présente le roi sabino-romain, Numa, comme fondateur lie la véritable religion et législateur religieux de TEtat romain. C'est à lui, souverain d'un petit Etat qui venait de se former et qui était réduit encore à un petit territoire de ville, qu'on attribua des institutions, qui étaient évidemment plus anciennes et antiromaines, ou supposaient au moins un plus long développement national. On disait qu'il avait fondé le culte de Vesta, institué les Saliens, les Pontifes, les Flamines, les Augures, les Féciaux et les Curions, le culte de Quirinus en l'honneur de Romulus, ceux de Terminus, des Hanes et de Libitina, et que, par son commerce avec la nymphe Egérie, il avait donné à toutes ces institutions l'empreinte d'une révélation suprême et divine, afin qu'elles ne parussent pas être l'œuvre d'un législateur purement politique. Il est contraire à toutes les lois historiques de faire passer un seul individu pour le créateur de tout le culte romain, qui est évidemment le produit d'un développement plus long, et en général la création organique de toute la nation roinaine; mais la fable renferme en outre un anachronisme plus grave : elle fait de Numa un philosophe pythagoricien, parce qu'on avait reconnu que ses institutions sacerdotales ressemblaient d'une manière étonnante aux

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préceptes de Pyihagore. Cest ainsi que Castor de Rhodes, contemporain de Gicéron, établit un parallèle des institutions romaines et des doctrines pythagoriciennes. Le fait que le peuple romain pendant 170 ans avait yénéré ses dieux sans en faire des images, passait pour une conséquence de la loi de Numa qui, conformément à la doctrine de Pythagore, avait défendu aux Romains de construire des images divines ressemblant à des hommes ou à des animaux (i). Fidèle à ce principe il avait, dit-on, introduit des sacrifices nonsanglants composés seulement de gruau et d'autres objets de peu de valeur ; mais c*est là une supposition contraire à l'histoire et inventée plus tard pour les besoins d'une théorie; car précisément les cultes romains qui portent l'empreinte d'une haute antiquité sont accompagnés de sacrifices d'animaux.

15. — Les Plébéiens formés par la population des campagnes latines, immigrée dans la ville, et par les citoyens transportés à Rome après la destruction de petites villes, pour la plupart appartenant à la classe des agriculteurs et des .fermiers, étaient subordonnés aux patriciens comme un peuple assujéti, et dans les temps anciens de l'Etat, constituaient une partie essentielle de Rome mais entièrement séparée quant à la religion. Cette classe de la société n'avait aucune part au culte des dieux et aux fonctions religieuses de la vieille bourgeoisie ; les patriciens par leur origine et la pureté de leur sang étaient seuls capables de conserver la possession exclusive du sacerdoce et des traditions religieuses qui dans leurs familles se transmettaient de père en fils ; ils formaient donc vis-à-vis des Plébéiens une caste de prêtres séparés, où chaque membre de

(t) Clen. Alex. Sti-om. 1, p. 358 IN>U.

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par sa naissance était chargé d*unc fonction sacerdotale et pouvait seul procéder aux auspices pour scruter la volonté divine ; celui qui aspirait à devenir fonctionnaire de TEtat devant nécessairement faire entreprendre des auspices, aucun Plébéien ne pouvait servir le gouvernement. Par la même raison basée sur la différence de religion, les mariages entre Patriciens et Plébéiens étaient impossibles. Toutes les fois donc que les Plébéiens aspiraient à avoir leur part des fonctions publiques on objectait que cette mesure embrouillerait les choses divines et humaines, profanerait les cérémonies sacrées, serait un sacrilège et que la colère des dieux menacerait l'Etat (i).

16. — Cet état de choses ne pouvait durer ; les Patriciens eurent beau soutenir que la divinité elle-même avait pour toujours institué cette différence de classes parmi les hommes, les Plébéiens conquirent pas à pas l'accès aux divers emplois publics, et tacitement le droit de procéder à des auspices officiels, sous le contrôle des augures, et des pontifes patriciens. Hais ils restèrent exclus des véritables fonctions sacerdotales jusqu'à la loi Ogulnia de l'an 45:2 de la * fondation de Rome. En conséquence, et jusqu'à cette époque ils ne pouvaient rendre aux dieux officiels des Romains qu'un culte privé et assister comme spectateurs aux sacrifices et pas même à tous ; mais ils avaient en même temps leurs propres sanctuaires et le culte apporté de la première patrie.

17. — Les parties les plus anciennes de la religion romaine se rapportaient à l'agriculture et dans quelques traits caractéristiques à la vie pastorale. Saturne, ce vieux dieu latin doit son nom à l'ensemencement ;

(I) Llv,i,2;1,14;6,41;t0,6.

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après les animaux pris dans le troupeau, la farine grillée, était le plus communément offerte en sacrifice, et c'est delàque la forme la plus solennelle de mariage reçut le nom de Confarréatron. Les plus anciennes divinités latines, Picus, Faunus, étaient des dieux tutélaires de Tagriculture ; celui-là, Picus ou Picumnus, avait inventé Tengrais des champs, tandis que son frère Pilumnus était Tinveuteur de la mouture (i) ; Faunus, agriculteur lui-même et en même temps prophète et devin, eut pour fils Stercutius également vénéré comme Tinventeur de Tengrais (i). Mars, généralement dieu de la mort et pris dans une acception pernicieuse et destructive, était aussi un dieu agraire ; on rinvoquait pour qu*il détournât le mal des semailles, qu'il conservât la santé des bergers et des troupeaux ; et on lui adressait des vœux pour la prospérité des bœufs (3). Bientôt il y eut des divinités spéciales pour toutes les parties de l'agriculture, pour l'ensemencement, pour le labourage, pour le hersage, pour la greffe. Le jour où l'on transportait le fumier hors du temple de Vesta était une demi-féte ; tuer un bœuf de trait était un plus grand crime que d'assassiner un homme (i). L'offrande de lait lors de la fête de Paies, trahissait l'origine pastorale de cette solennité qui dans les derniers temps encore de l'empire était une fête principale ; en effet. Paies passait pour la déesse du fourrage (5). Tel était aussi le culte de Rumina déesse pastorale allaitante et nourrissante, à laquelle on offrait du lait même du temps des chré-

(1) Serv. i£n 0,4.

(2) Plin. H N. J7.0.

(3) Cas.R.R.ar

(4) CdaiD. R. R. 6, pr.

(5) Serv. in Georg 5, i.

SO « Vaganisme

liens (i). L'institution des frères Arvaliens qui étalent chargés d'ofiErir les sacrifices pour la prospérité des champs et de conduire les animaux destinés à être immolés autour du champ nouvellement labouré fut attribuée à Romulusméme; on disait qu'il avait été le premier de ces prêtres et que le premier il s'était paré de la couronne d'épis entourée de bandelettes blanches (s).

18. — Une mythologie comme celle des Grecs ne fait point partie du système divin des Romains; ceux-ci ne se souciaient pas du commencement des choses ni de la création du genre humain : ils acceptèrent le monde tout achevé et ne cherchaient pas à savoir comment il avait été créé; les mythes de cosmogonie et de théogonie leur étaient inconnus. On en rencontre bien des tendances : divers dieux ont des épouses, Picus est fils de Saturne et a lui-même procréé Faunus (3); mais ces dieux ne forment pas une grande famille comme les divinités homériques. Les Romains ne connaissaient ni dynasties de dieux qui se succédaient, ni des combats des dieux. Leurs divinités n'ont généralement pas d'histoire, et si Augustin constatait que c'étaient précisément des grands dieux ou Sélecti de Varron, qu'on rapportait des choses choquantes et des crimes d'impudicité qu'on ne mettait pas sur le compte des petits dieux (4), — la cause en était que par la fusion des divinités romaines et grecques, les mythes helléniques a aient été en même temps attribués aux premières. Janus étant de nature réellement italienne, constituait une exception quoiqu'il fut un des grands

(l)Aug. c. D. 7. 11.

l.')I»lin. H.N.I8,2. Gelb. 6, 7.

(3)Aug C. D.IK. 15.

(4;Au8.i.. D. 7.4.

iieux; il n'avait pas de mythe parce qu'il ne pouvait être confondu avec aucun dieu grec. Le culte des héros aussi était en lui-mémfe étranger aux Romains ; Romulus s'étant identifié au dieu Sabio Quirinus, n'était réellement pas vénéré comme héros mais comme dieu ; jamais Rome n'a adoré Numa qui, comme créateur et organisateur du système religieux des Romains, comme favori d'Egérie et comme porteur de charmes contre Jupiter réunissait, selon les idées grecques, toutes les qualités pour être un héros et pour en recevoir le culte. Il est vrai que quelques fils de dieux se trouvent dans l'ancienne légende latine et dans celle de Rome, mais leur naissance est autrement expliquée ici que dans les mythes grecs: le dieu avait paru sous la forme de Phallus dans la cendre du foyer, ou bien une étin* celle du foyer avait été lancée dans le sein de la femme.

19. — Les principaux dieux des Romains, avant d'avoir été modifiés par l'influence grecque, étaient des puissances générales de la nature, ou représentaient d'une manière abstraite l'état de l'humanité et n'atteignirent ni la véritable personnification ni la forme plastique et individuelle des dieux helléniques. Les Romains n'avaient pas de poésie religieuse, point d'Homère ni d'Hésiode qui eussent donné à leurs dieux la forme et la vie. Leurs livres sacrés, d'ailleurs inaccessibles au peuple, ne contenaient que de simples nomenclatures de dieux, avec une courte indication de leur sphère d'action et des particularités du culte. Tout cela changea : le cycle des dieux romains fut agrandi par l'admission de divinités prises chez l'étranger et beaucoup de dieux furent humanisés par leur fusion avec les dieux analogues des Grecs. Sous l'influence de la mythologie hellénique et un peu plus tard sous celle de la philosophie grecque, l'ancienne

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crainte qu*on avait des dieux, disparut peu à peu. La foi invariable, qu'on avait en leur action universelle fut ébranlée ; la décadence de là religion d*Etat, semblable à une maladie dangereuse et incurable, commença par les classes élevées de la société et pénétra enfin tout le corps de TEtat.

20. — Cependant Tintluence que la m)'thoh)gie grecque exerçait sur les dieux romains, n^ peut se mesurer sur rimportance dont elle jouissait dans la littérature romaine: les poètes s'appropriaient beaucoup de fables et d'idées mythologiques, qui n'avaient jamais pris racine chez le peuple. Pour les Romains il ne pouvait donc pas être question de ces rapports personnels avec les diverses divinités, que la poésie grecque a peints avec les couleurs les plus attrayantes, et qui se rencontraient même assez fréquemment dans la vie: le Romain, à Tépoque la plus florissante de l'Etat et de la religion, n'avait pas de prédilection pour tel ou tel dieu: faisant exactement ce que la loi et la coutume l'obligeaient à faire, ni plus ni moins, il ne s'avisait point de se rapprocher plus de l'un que de l'autre dieu ou d'en servir particulièrement un. Voilà pourquoi les divinités romaines contrairement aux dieux grecs, reflétaient fidèlement tous les actes et toutes les parties de la vie publique et privée ; les dieux du Romain étaient pour ainsi dire ses sosies qui agissaient et vivaient comme lui ; pour toutes ses entreprises il disposait d'une divinité spéciale; tout ce qui arrivait dans la nature, aux animaux, aux plantes et particulièrement aux hommes, était dû à l'intervention d'un dieu ; le besoin direct, pratique de la vie, était l'ikme, le principe conservateur de sa religion.

21. — Cette religion offre, par rapport à la nature de la divinité, deux particularités qui semblent d'abord se contredire Tune l'autre ; d'une part, il s'y manifeste

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une tendance monothéiste dans le principe, elle doit avoir honoré un seul Dieu unique, sans nom et qui par la suite, se fusionna avec Jupiter Optimus Maximus ; ce dieu ne disparut jamais de la conscience des Romains, qui rinvoquaient plus tard quand des phénomènes terribles, tels que les tremblements de terre se produisaient. Augustin dit avec raison que les divers dieux et déesses n'étaient en définitive que Tunique Jupiter (i) ; ces dieux, lorsqu'on les examine de plus près, semblent se fondre; ils ont tant d'analogies entre eux et s'identifient si bien, qu'à la fin on se trouve devant un dieu comprenant toutes les forces de la nature réunies dans une vaste syntèse, un dieu dont l'être divisé après ses diverses actions, et personnifié dans ses diverses forces et qualités, a produit la multiplicité de divinités.

32. — Les Romains ont poussé plus loin que tout autre peuple de l'antiquité, la division de l'idée divine et la personnification des différentes forces, effets, fonctions physiques et qualités; dans les plus anciens temps déjà ils ont personnifié des actions et des qualités humaines en les faisant passer pour l'émanation d'un être divin; par ce moyen ils ont augmenté le nombre des dieux à l'infini, en sorte qu'ils ne connaissaient pas les noms de toutes leurs divinités; beaucoup d'entre elles, même de celles qui avaient leur propre culte nous sont aujourd'hui inconnues. Même un simple acte humain, par exemple la conclusion ou la consommation du mariage, était subdivisé en .plusieurs actes partiels dont chacun était sous la protection d'une divinité particulière. Or, il n'était point possible de s'arrêter sur

(l)Al«;C. B.4«1f

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cette pente et Taugmentation des dieux ne put jamais avoir un terme. À mesure que les mœurs et la manière de vivre se modifiaient et revêtaient des formes plus riches et plus variées, que de nouveaux besoins se montraient et que de nouvelles institutions devaient être créées, il fallait former de nouvelles divinités ou les approprier aux nouveaux besoins. C*est une particularité du système religieux des Romains qu'on peut pour ainsi dire plonger le regard dans Fatelier où Ton fabriquait les dieux. C'était là la sphère d'action des pontifes : ils veillaient à ce que chaque nouveau besoin, chaque nouvel élément dans la vie de l'Etat reçut son dieu; ils étendaient à cet effet les attributions d'un dieu qui était déjà honoré, ou bien introduisaient le culte d'un nouveau dieu. Ainsi les Romains avaient la déesse Pécunia appartenant probablement aux temps anciens oti l'on faisait l'achat ou l'échange au moyen d'animaux au lieu de monnaie. Mais lorsque, à partir de Servius TuUius, Rome fit usage de la monnaie de cuivre, on créa un dieu i£scu» lanus; comme en frappa delà monnaie d'argent depuis l'an 485 de la fondation do Rome, on trouva le dieu Argentarius qu'on disait fils d'^Esculanus. Au quatrième siècle de Rome, une voix partie du mont Palatin annonça, dit-on, l'approche des Gaulois; les Grecs en ce cas auraient exactement connu cette voix divine ; les Romains eurent immédiatement une nouvelle divinité toute prête, qui reçut le nom d'Ajus Locustius;on lui consacra une chapelle à la place où l'on avait entendu la voix (i).

23. — Si à l'intérieur le nombre des divinités augmentait par les Numina nouvellement créés, par les

(1) Liv.5, 32; 52.Cicâc Div. f, 45.

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divisions et personnifications perpétuelles des diverses qualités de dieux déjà connus, il grandit à Textérieur par la naturalisation violente de dieux étrangers et vaincus. Toutes les fois que dans les temps anciens on assiégeait et prenait d'assaut une ville ennemie, on en faisait sortir habituellement les dieux au milieu de centaines cérémonies et on les transportait à Rome ; on leur promettait le ménie culte dans la nouvelle patrie et une adoration plus fervente encore que celle dont ils avaient joui jusqu'alors; mais comme il était impossible de rendre à tous un culte convenable on les repartissait en partie entre les familles romaines qui leur vouèrent un culte privé (i). Le service de ce dieu devait cependant se faire selon la coutume de sa patrie; chaque dieu était jaloux de ces formes de vénération primitives et correspondantes à sa volonté ; en conséquence, les Romains eurent soin que les images, les rituels, tout enfin ce qui concernait le culte fut transporté de la ville conquise à Rome et les pontifes veillaient sur l'emploi convenable de ces objets (â).

24. — Si de cette manière des troupes entières de dieux, et une immense quantité de formes de culte, les cérémonies les plus variées étaient accumulées dans une seule ville, les prêtres avaient besoin de livres particuliers pour y inscrire les noms des dieux et les cérémonies de leurs cultes. Quelques- uns de ces c indigitamenta » paraissent dater du temps des rois au moins quant à leur rédaction primitive : dans la suite on y avait recours pourvoir s'ily manquait le

(1) Aruob. 5, 58. Prodent, contr. Syrou. 2, 3i6. Macrob. Sat 3, 9. Serv. ^n. 2, 531.

(2) Uv. 1,58; 5, 22; 26, 5i.

nom d*un dieu et en conclure que ce dieu avait été introduit plus tard dans le culte, ce qui eut lieu à regard d*Apollon (i). Le culte tel qu'il était indiqué dans ces indigitamenta et dans d*autres vieux documents ou traditions, n'était pas coûteux — car tout se réduisait aux vivres les plus nécessaires faciles à trouver. — Mais il était d'autant plus pénible, exigeait beaucoup de temps et réclamait l'homme tout entier : Tertullien compare la discipline religieuse des Romains avec le pénible joug de la loi mosaïque et les anciens étaient déjà d*avis que Numa, — puisque c'est à lui qu'on attribuait toute la législation religieuse — avait imposé ce rude joug à son peuple sauvage, pour le dompter (*2). Car ici les plus petites choses étaient de la plus haute signification, devaient être observées avec la plus minutieuse exactitude et la plus srupuleuse attention, et exécutées conformément aux prescriptions. Les Romains croyaient à la toute-puissance de la formule et de la cérémonie; ils étaient persuadés que les dieux étaient forcés ainsi de se plier à la volonté des hommes, par exemple, de quitter une ville qu'ils avaient habitée jusqu'alors et de l'abandonner à l'assiégeant: ils croyaient aussi que la force et l'effet de la formule dépendaient de l'application littérale et ponctuelle des paroles et des rites. Un seul mot omis ou prononcé mal à propos avait un péché à sa suite qui devait être expié tout particulièrement ou qui exigeait la répétition de l'acte entier. On a vu un seul sacrifice être répété trente fois, parce que chaque fois il s'y était glissé une faute ou qu'il s'était présenté une circonstance défavorable. Qu'à l'occasion des jeux et des

(I) ArDob. 8, 73. rf. Macrob. Sat. 2, 12.

(3) TertuU. Praescr 40.Cic. deRep. 3, 14.LiY. 1, 21.

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^'Ourses de char un acteur s'arrêtât, qu*un joueur de flûte se tût subitement ou qu*un cocher laissât tomber les guides, ces accidents annonçaient des calamités, et exigeaient une expiation immédiate. Corneille Cethegus et Quintus Sulpius, furent en même temps dépouillés de leur dignité sacerdotale; le premier n'avait pas disposé sur l'autel les entrailles de la victime, conformément aux prescriptions ; le dernier avait laissé tomber de sa tête sf^n bonnet sacerdotal. Quand dans une fête oix Von promenait sur des chars les statues divines ou d'autres objets, un cheval était fatigué ou rétif, ou qu'un des conducteurs saisissait les guides avec la main gauche, on décidait aussitôt de célébrer encore une fois la fête profanée (i).

25. — Le centre du culte romain fut dans les temps anciens la Régia située sur le Forum, (jadis la maison de Numa) qui était en partie la demeure du pontife, en partie un sanctuaire oii l'on gardait les lances sacrées de Mars. On y vénérait les plus grands dieux de la vieille Rome, Janus, Jupiter et Junon, Mars et Ops, leur culte incombait au roi lui-même et plus tard aux dignitaires sacerdotaux qui le représentaient, le roi des sacrifices, les deux Flaminès, Dialis et Martialis et le premier pontife. Le temple de Vesla en était très-rapproché.En outre, le mont Palatin passait pour le séjour des véritables dieux romains, tandis que les divinités sabines résidaient sur le mont Quirinal. Sur cette colline se trouvait le vieux Capitole avec le sanctuaire dédié à Jupiter, Junon et Minerve. Sept objets sacrés, U pierre conique, le char d'argile de Jupiter de Véies, les cendres d'Oreste, le sceptre de Priam, le voile d'Hélène, le bouclier (ancile) lancé du ciel par Jupiter et

(1) Arnob.4,^J.

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le palladium y étaient gardés soigneuseineot comme les gages de la durée éternelle de la ville. Cependant tous les objets et cultes sacrés et indispensables aux Romains ne se trouvaient pas à Rome. La ville n'avait point ses propres pénates ; ils restaient à Lavinium, cette vieille métropole de la confédération des Etats latins, dont Rome était la fille, « la première ville de la lignée romaine » comme dit Yarron (t). C'est là qu'on conservait les idoles troyennes d'argile ; même au temps de la plus haute puissance et prospérité de l'Etat, aucun des grands dignitaires publics n'entrait en fonctions, aucun ne la déposait, aucun proconsul ne quittait ritalie sans avoir d'abord sacrifié à Lavinium aux dieux tutélairesde Rome, àVesta et aux pénates (s). Tous les ans les Flamines et les augures romains y offraient un sacrifice au nom du peuple de Rome (3). De là, la tradition de rétablissement des Troyens dans le Latium, était parvenue à Rome : Enée, après sa disparution du champ de bataille avait été élevé sur les bords du Numicius au rang de Jupiter Indiges — car on appelait Indigetes^ divinités indigènes, tous ceux qui dans leur vie mortelle avaient habité Latium et avaient été divinisés après leur mort (4). — Enée dans son sanctuaire sur le Numicius recevait tous les ans, des autorités romaines, un culte dont on ne peut cependant fixer les commencements.

26. — Sous les Tarquins, l'influence étrusque et bien plus encore l'influence grecque agissait sur le

0) Varr.5.144. Dionys.8,21.

(2) Macrob Sat. 3, i. Serv. ifSn 2, £08 Val. Max. 1, 6-7.

(3) Ascon. in Cic. Scaur p. 21. Scrv. i£n. 8, C64. Comp. Zumpt, d« Lavinio, p. ât.

(4) llacrob. in Soidq. Scip. c 9.

tJ.-

if

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sentiment religieux des Romains, sur la forme de leur système de dieux et sur les cérémonies de leur culte. Ce fut surtout la ville de Cumes dans la Campanie voisine, colonie de la ville Eolienne de Kyme, le plus ancien de tous les établissements helléniques en Italie, qui exerça cette influence ; c*est de là que les lettres de récriture et les livres sibyllins vinrent à Rome. Il est probable que, par cette voie, on eut à Rome connaissance des poésies d*Homère, ou au moins des traditions homériques, puisque Octave Mamilius, gendre de Tarquin, plaça Ulysse et Circé à la tête de son arbre généalogique et que dans la ville de Circéium, construite par Tarquin Tainé, il y avait un temple de Circé et une coupe d'Ulysse. Le sanctuaire latin de Diane, sur le mont Aventin, fut construit sous Servius Tullius, sur le modèle du temple d*Àrtémis à Ephèse, et Timage de bois de la déesse ressemblait à celle des Phocéens deHassilia, avec lesquels les Romains avaient fait alliance; elle était donc semblable à Timage d'Ephèse (i). Il faut y ajouter encore les anciennes communications sacerdotales de Rome avec Vélîa, colonie Phocéenne, ainsi qu'avec Cœre, ville Tyrrhénienne qui avait des relations si étroites avec la Grèce qu'elle possédait une trésorerie particulière à Delphes.

27. — Ce fut donc sous l'influence grecque qu'on passa du culte accompli jusqu'alors sans image, aux idoles de bois et d'argile. Jusqu'à Tarquin les Romains n'avaient eu que des symboles sacrés ou des fétiches, comme ceux dont il a été question, et comme la pierre qu'on adorait à la place de Jupiter; en sorte que plus tard encore les serments les plus so-

(1) Strab. p. IM. Dioiiys. 2, S2; 4. 25. Liv. 1, 45.

Icnnels étaient faits sur Jupiter-Pierre (i). Dès lors» des artistes étrusques, dont l'art s'était déjà développé sous l'influence grecque confectionnèrent des images divines pour les nouveaux temples de Rome. Cette ville reçut des dieux et des cultes grecs par les livres sibyllins: le culte d'Apollon dont on consacra le premier temple en 3âl à la suite de la grande peste ; 34 ans plus tard, d'après la même autorité et par la même raison on institua un lectisterniura pour Latone, Apollon, Ârtémis et autres divinités grecques (2); en 463, pour faire cesser une peste persistante, on transporta le culte d'Esculape, d'Epidaure à Rome (5), et enfin en 549, la mère de l'Ida, Cybèle, sous forme d'une pierre noire, fut cherchée à Pessines en Phrygie, et son culte naturalisé à Rome, conformément aux livres sybillins (4): aussi les Dix ou les Quinze qui étaient chargés de consulter les livres sybillins, devaient accomplir leurs cérémonies religieuses d'après le culte grec et non d'après le romain; le cas échéant, des sénatus-consultes spéciaux le leur enjoignaient de la manière la plus précise (5). « Ce ne fut point, » — dit Cicéron — « un ruisseau insignifiant, mais un fleuve riche et puissant de disciplines helléniques, qui vint de la Grèce pour faire irruption dans la ville (e). » Les fréquentes députations qu'on envoyait à Delphes, pour consulter l'oracle, favorisaient la confusion des dieux et des cultes grecs et romains.

28. — Un autre événement très-important sous le rapport religieux fut la construction du temple du Ca-

(1) Polyb. 3, 25. Cto. ad Tarn. 7, 13, Geli. 1,21, 4.

(2) Liv. 5, 13.

(3) Liv. 10, 47. Epit. H. Val. Max. 1, 8; 1, 2.

(4) Liv. 29, 10. Varr. 6, 15. Strab. p. 567. Ovid. Tasl. 4,257.

(5) Varr. 7, 88. Liv. S5, 12.

(6) De Rep. 2, 20

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pitole et la fondation du culte qui s'y rattachait. Jusqu'alors lesRomains-sabins avaient possédé sur le mont Quirinal, le vieux Capitole avec une chapelle des trois divinités; maintenant, par la construction d'un sanctuaire nouveau et commun, on voulait parvenir à la fusion religieuse des trois races et raffermir ainsi l'unité nationale et politique des Romains. Cette mesure était d'autant plus nécessaire que les Lucérès avaient possédé jusqu'ici leurs propres cultes, tandis que les Plébéiens, entièrement isolés quant à la religion, n'étaient point admis aux cérémonies des deux premières races. On voulait élever le nouveau sanctuaire national sur la roche Tarpéienne, mais comme elle était déjà occupée par les autels et les chapelles des vieux dieux du Quirinal, il fallait employer l'évocation: on leur fit quitter cet endroit en leur offrant des sacrifices et en leur promettant d'autres temples ; mais Terminus, Juventas et Mars ne voulurent point céder et furent admis dans l'enceinte du temple. Ce Terminus, pierre nue et brute qu'on prit plus tard pour une borne et dont on fit le dieu Terminus (i) n'était probablement pas abtre chose que le vieux Jupiter Lapis. Des trois niches du nouveau temple du 'Capitole, celle du milieu était consacrée à Jupiter, les autres à Junon et à Minerve, à des dieux, par conséquent qui, de tout temps, avaient appartenu à toutes les races représentées à Rome, les Latins, les Sabins, et les Etrusques.

29. — A cette époque l'Etat romain s'était considéra* blement étendu dans le milieu de l'Italie ; le nouveau Capitole en fut le centre religieux et il ne manqua ni signes ni prophéties, annonçant que la volonté des dieux avait assigné à cet Etat la domination du

(l)Uct, 1,20, 37.

globe et qu'elle Tavait, à perpétuité, attachée à ce sanctuaire (i). Peu à peu on érigea les statues des dieux au Capitole (î) ; tous les présents que TEtat et ses alliés firent à Jupiter, y furent déposés ; on y accomplissait et on adressait aux divinités du Capitole tous les actes concernant la prospérité de l'Etat. Par contre, le vieux culte établi dans la Régia perdit une partie de sa signification primitive ; du moins dans les temps postérieurs, il continuait d*étre pratiqué par les prêtres de Tancien ordre, mais sans la participation du peuple ou d'une classe de celui-ci.

30. — L'influence grecque était à Rome dans toute sa force, au moment où tombèrent la roputé et l'Etat central italien fondé par les derniers rois. Par cet événement, les communications des Romains avec les sièges du culte et de la civilisation grecs furent rompues pendant longtemps ; tout le mouvement était en même temps une réaction contre l'introduction des éléments exotiques et grecs, ou produisait au moins les mêmes effets, et commença d'abord par raffermir la domination sacerdotale et séparée des vieilles familles bourgeoises ou patriciennes. Jusqu'alors le roi avait été le chef des prêtres et de tout le culte, et il avait réellement exercé le sacerdoce luimême ; cette dignité pontificale passa maintenant à ces familles qui, d'ailleurs, possédaient déjà le privilège de nommer les leurs aux dignités religieuses. Car, selon la vieille idée romaine, le véritable rite, seul agréable aux dieux et seul efficace, se transmettait de père en fils ; il était inhérent à la naissance et ne pouvait passer :iux étrangers; il était en même temps secret, et le bien de l'Etat dépendait de sa conservation ; car, quel

(i) Liv. 1, 35. Dionys. A, 61. Flor. i, 7- (3) Serv. Mn, 2, 519. Tertull. de spectac. i±

ET judaïsme. 35

aurait pu être le malheur de la nation, si des étrangers et des ennemis réussissaient à épier et à s^approprier un culte romain, à apprendre les noms secrets et sacrés des divinités, à employer ainsi l'évocation? Avant la loi Ogulnia (452 de la fond, de Rome), tout le culte des dieux nationaux était donc concentré dans les mains des patriciens; on ne permit aux plébéeiis que l'adoration privée des dieux romains ; s'ils continuaient à pratiquer leurs cultes nationaux, ce ne fut jamais en public (i). Cependant, divisés en sept districts, les plébéiens célébraient en commun la fête de Septimontium, qui leur était particulière : solennité des Compitalies, instituées par Servius Tullius, faisait également partie de la religion plébéienne ; toute la ville était divisée en Compita des lares ou paroisses (dont il y en avait plus tard, au temps de Pline, deux cent soixante cinq) (2), et à chaque coin de rue se trouvaientleschapellesdesCompitalies comme les Hermès à Athènes; à Rome, les familles de chaque vicus offraient des présents et des sacrifices aux lares de leur district (5).

31. — Après la chute de la royauté, les fonctions religieuses que le roi avait exercées passèrent à un « roi des sacrifices > spécialement institué à cet effet, mais privé de toute influence politique. Exclu de tous les emplois publics, élu par les collèges des pontifes et des augures, il était placé lui-même sous l'autorité du premier prêtre, quoique sous le rapport religieux il occupât un rang réellement supérieur et que dans les festins des dieux, il eût le pas sur lui. Naturellement cette dignité n'était accessible qu'aux patriciens qui,

(l)Liv. I.3I.

(i) Flin. H. N. 3. 5. Serv. iEo. If, 836.

(3)Di0Dy8. i, 14.Cato, de R R. 5. Varr. 6,23. Macrob. Sat. i, 7.

en dépit des eiForts des plébéiens, conservèrent la possession exclusive du sacerdoce pendant 209 ans, depuis l'institution de la république. En outre, plusieurs familles patriciennes avaient leurs sacerdoces et cultes privés, fondés en partie sur une tradition fabuleuse, en partie sur des faits historiques particuliers. C'est ainsi que les Nautiens faisaient descendre le culte privé, que la famille rendait à Minerve, d*un certain Nautès qui, en arrivant à Rome avec Enée, y avait apporté l'image de la déesse (i). Les Auréliens possédaient un culte particulier du dieu du soleil, dont ils prétendaient descendre et l'État leur assigna un terrain particulier pour y procéder à leurs sacrifices. La famille Julienne continuait à honorer Védiovis à Bovillae, et ce culte ne devint public que lorsque les Juliens obtinrent le pouvoir suprême. Les Fabiens devaient saorifier à Hercule sur le Quirinal, les Horaces étaient astreints à certaines cérémonies expiatoires; les Serviliens, les Cornéliens, les Emiliens avaient également des cultes de famille (2). Les fonctions sacerdotales d'un pareil culte devaient toujours être confiées à un homme de la même race, et la présence de trois ou quatre parents était indispensable pour les sacrifices solennels(3). Cependant ces cultes ne laissaient pas d'être onéreux, car souvent un général devait quitter l'armée au milieu des entreprises guerrières, et courir à Rome pour assister aux sacrifices de

sa famille (4).

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