I. — DÉVELOPPEMENT HISTORIQUE
i. — jusqu'à l*av6nement des ashonêens*
1. — A rextrémité sud-est du vaste empire Romain, vivait un peuple, répandu parmi toutes les nations mais chargé partout de l'exécration publique. Une famille issue d'Abraham et composée de 70 personnes, s'élant rendue en Egypte s'accrut dans une dure servitude et forma au bout de 430 ans une nation nombreuse. Jusqu'alors les Israélites, divisés en familles et en tribus, n'avaient pas eu de nationalité propre et vivaient comme des étrangers; l'homme qui était choisi pour les délivrer, devait les organiser dans un état distinct et leur donner des lois. C'est ce que fit Moïse dans les pérégrinations que son peuple fit durant 40 ans, dans les contrées situées entre l'Egypte et la partie méridionale de la terre de Canaan. Une sévère discipline, et ce long séjour dans la solitude purifièrent et fortifièrent le peuple énervé par la servitude de l'Egypte. La légis-
lation que Moïse leur donna au nom du Ciel avait pour centre et pour base la doctrine que Dieu avait choisi les Israélites pour être sa propriété, un royaume saccrd^l et un peuple saint (i). La première loi de l'Etat était la foi au Dieu unique, créateur du ciel, de la terre et des hommes, père et guide de tous les peuples. Ce n'était pas un Dieu national, comme les divinités des autres peuples, quoiqu*IsraêI se trouvât vis-à-vis de lui dans une situation tout à fait exceptionnelle, étant l'instrument des desseins du Très-Haut, lui rendant témoignage par son existence et son histoire, et séparé à jamais des peuples polythéistes par les prescriptions delà loi. Ces prescriptions assez dures ont seules pu arrêter ce peuple sur la pente du polythéisme, vers lequel il n'était que trop porté.
2. — Josué fit la conquête de la terre de Canaan ; mais les tribus Cananéennes^ enfoncées dans un culte infâme et sanguinaire, furent soumises et non extirpées; les Israélites vivaient avec elles dans plusieurs villes et, ce qui les fit tomber souvent dans l'idolâtrie Jls prirent leurs épouses parmi elles. Au reste, d'après un principe de la loi mosaïque, Dieu était le propriétaire de la contrée qu'il avait assignée aux Israélites: ceux-ci n'étaient que les administrateurs et les usufruitiers du sol. Personne, est-il dit dans la loi, ne peut aliéner son champs à perpétuité ; car il n'en est point le propriétaire.
3. — C'est sous cette forme théocratico-républicaine qu'Israël fut durant 480 ans gouverné par les juges, qui, suscités des temps en temps par Dieu pour secourir son peuple, devaient pour ainsi dire, frayer la route aux Rois. Le centre de l'unité politique du peuple était toujours le Tabernacle et l'Arche qui se trou*
(i) Exod. 19, 5, 6. Cfr. Dent. 7, 6, 14.
valent ordinairement à Silo. Samuel, le dernier juge, fut sollicité par la nation d'établir la royauté, comme le seul moyen de contenir le tout et prévenir Tasservissement. Saûl, issu de la tribu de Benjamin devint Je premier Roi d'Israël l'an 1099 av. J.-G. David, qui était de la tribu de Juda, lui succéda et affermit la royauté, soumit Jérusalem, en fit le centre «de la monarchie en y amenant l'arche d'alliance, et étendît, par des guerres heureuses, les limites de l'empire jusqu'à l'Euphrate et à l'Egypte. Salomon qui bâtit le temple, se fit respecter par les voisins et porta le royaume au plus haut point de gloire et de puissance. Mais la décadence ne tarda pas: Salomon, séduit par des femmes étrangères tomba dans l'idolâtrie des tribus Syro-Phéniciennes et accabla son peuple d'impôts et de corvées. Roboam, son fils, vit son royaume divisé et amoindri par la révolte des dix tribus, (975 av. J.-C). Juda et Benjamin restèrent fidèles; mais les autres, qui habitaientdans des contrées plus éloignées, formèrent le royaume d'Israël ou d'Ephraim, placèrent sur le trône Jéroboam, qui fit schisme avec le Sacerdoce de Lévi et défendit à ses sujets de se rendre au temple de Jérusalem. Une nouvelle religion avec les idoles de l'Egypte fut donnée au nouveau royaume: des prêtres, qui n'étaient pas de la tribu de Lévi furent installés et bientôt s'introduisit le culte de Baal. Samarie devint plus tard la capitale de cet état : ses Rois eurent presque tous une fin sanglante et neuf dynasties occupèrent le trône. Maigre la terrible réaction qui se produisit sous Jéhu contre le culte de Baal, le Paganisme eut le dessus dans ce royaume qui tomba enfin après une existence de ,283 ans. Salraanassar, roi d'Assyrie, prit Samarie (722 av. J.-G.), mena le roi Osée avec son peuple en captivité en envoya dans le pays conquis des colons Assyriens. Dix branches étaient retranchées du tronc du peuple élu.
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4. — Juda lui-même qui ne formait plus que la petite moitié de la nation, pencha de plus en plus vers le paganisme de la Phënicie^ à cause des alliances de la maison de David avec les familles princières de Tyr. Ce culte si plein d'excès ne secondait que trop bien les tendances de la cour, malgré les efforts généreux d*Ezécbias et de Josias pour raviver les sentiments de la foi et mettre en honneur le culte des aïeux. Sous Josias, on trouva, en travaillant aux réparations du temple, le livre delà loi, perdu et oublié depuis longtemps et le Grand-Prétre annonça au peuple les prescriptions mosaïques. Hais le royaume de Juda, placé entre deux empires puissants, dépendant tour à tour de l'Egypte et de Babylone, ne pouvait se soutenir et il tomba comme celui dlsraêl, 1 an S88 av J.-C. c. à. d. 134 ans après la chute du premier. Nabuchodonosor, roi de Babylone saccagea Jérusalem et le temple, transporta les vases sacrés à Babylone et Télite de la nation en Chaldée.
K. — Ainsi semble finir dans l'histoire le rôle du peuple juif qui, sorti de la servitude d'Egypte et parvenu à une existence indépendante, se trouvait de nouveau dans les chaînes, dispersé au milieu de nations étrangères et ne conservant extérieurement plus aucun lien. Mais ce n'étaient là que des apparences. Israël n'était plus, il est vrai, ni état ni nation et n'avait plus aucun espoir de le redevenir : la mesure de ses crimes avait été remplie; l'idolâtrie avait ôté au peuple, toujours porté vers la volupté, toute crainte et toute retenue et avait introduit un sensualisme effréné. Longtempsavant leur dispersion, les dix tribus avaient perdu le caractère national ; ne possédant ni loi ni sacrifice ni prêtres légitimes, infectées du levain du paganisme, elles furent privées dans la captivité, des institutions qui auraient pu soutenir et conserver le sentiment
religieux et national, et s'effacèrent presque totalement au milieu des populations païennes de TAssyrie, de la Médie et de la Mésopotamie. Plus tard on trouve toutefois dans les provinces médo-babyloniennes, des colonies juives, qui paraissent descendre des captifs des dix tribus. II en fut autrement du royaume de Juda: une partie de la population seulement avait été, avec les familles les plus distinguées et la maison royale, transportée sur les rives de TEuphrate, et si d'autres familles s'étaient réfugiées en Egypte, les populations rurales qui regardaient toujours comme leur centre Jérusalem maintenant en ruines, ne quittèrent pas leurs bourgades. Les fils de la captivité avaient parmi eux le sacerdoce et la loi pour se diriger et restèrent généralement fidèles à leur foi: unis entr'eux par le lien de la religion, ils virent sortir de leur sein des prophètes qui leur annonçaient le rétablissement de leur empire.
6. — Cyrus, roi de Perse permit après la chute de Babylone, aux captifs de retourner dans leur patrie. (536 av. J.-C.) Ils partirent au nombre de 43,360 dont 4280 prêtres et 7000 esclaves, et c^mme presque tous appartenaient aux tribus de Juda et de Benjamin, la dénomination d'Israélites s'offaça insensiblement et le nouveau peuple porta le nom de Juif, qui était celui de la tribu la plus importante. Le grand nombre des captifs resta et se dispersa dans les provinces du vaste empire des Perses. Â la tête de ceux qui retournèrent en Judée se trouvaient Zorobabel, descendant de David, et Josué, le Grand-Prêtre, et sous leur direction on commença sur l'ancien emplacement la reconstruction du temple, qui fut achevé l'an 516. Les Perses qui croyaient que la religion des Juifs se rapprochaient de la leur et voyaient leur Ormuzd dans Jéhova,montrèrent aux Juifs une grande bienveillance
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et ne mirent pas d'obstacle au développement de leur culte et de leur nationalité.
7. — Au nord du pays séjournaient les Samaritains, issus du mélange des dix tribus restées dans leur patrie et des colons païens envoyés par Fassyrien. Leur religion présentait la même diversité: ils adoraient Jéhova, mais plaçaient à côté de lui des divinités pbéniciennes et autres qu'ils avaient apportées de leur première patrie. Zorobabel et Josué les empêchèrent pour ces motifs de prendre part à la reconstruction du temple, et c'est de ce temps que date leur aversion pour les Juifs qui ne reconnaissaient plus en eux les descendants de Jacob et les traitèrent toujours de païens. Plus tard (v. l'an 410 ou 332), les Samaritains élevèrent un temple à Jéhova, sur le mont Garizim près de Sichem, quand Manassès, petit-fils d'un Grand- Prêtre juif, mais repoussé par les siens à cause de son union avec la fille de Sanballat, chef des Samaritains, s'installa pontife chez ces derniers (i).
8. — Les souffrances de la captivité avaient porté leurs fruits et les Juifs revinrent dans leur patrie, totalement guéris de leur penchant au Polythéisme. Sans indépendance politique et régis par un gouverneur, ils n'en approfondirent que mieux leur religion, source unique et appui du sentiment national, et se montrèrent zélés pour la loi et l'observance exacte de toutes les prescriptions qui pouvaient encore s'accomplir; tout ne pouvait être rétabli : le Saint des Saints du nouveau temple était vide : l'Arche était perdue sans retour et l'ornement du Pontife qui rendait des oracles avait disparu. Jérusalem fut plus que jamais le cœur et la tête de la nation : le Pontificat qui resta dans la maison de Josué, reçut les hommages et la
(1) Joseph Arch. tô,1,7.
soumission de tous, comme étant le symbole de leur unité et les fils de David tombèrent dans Toubli* Un autre résultat de la captivité fut que Tactivit^ de la nation ne resta plus comme autrefois bornée à Fagriculture: les captifs avaient commencé à s'occuper de commerce, et ce penchant qui ne fit que s'accroître, les détermina à franchir les limites de leur patrie et à s'établir à l'étranger.
9. — Après le démembrement de l'empire des Perses, la Judée, resserrée entre la Syrie et l'Egypte, fut alternativement soumise aux Ptolémées et aux Séleucides et devint le champ de bataille où les deux puissances rivales vidaient leurs querelles. Enfin, sous Séleucus Philopator et Antiochus, elle fut incorporée au royaume de Syrie (480-167). Ces rois favorisèrent de toutes leurs forces les Grecs et les Syriens qui voulaient s'établir en Judée: la Palestine se vit parsemée de villes et de bourgades aux noms grecs ; si la Judée proprement dite en fut préservée, elle se vit comme investie des colons parlant grec et trop fidèles aux mœurs et au culte de l'Hellade. Les juifs, de leur côté, se répandaient de plus en plus dans les contrées où la langue grecque était en usage : un grand nombre s'établirent en Lydie, en Phrygie, en Egypte et surtout à Antioche, cité nouvellement fondée (i); l'esprit mercantile les poussa mén^e vers les comptoirs de l'Asie occidentale, Ephèse, Pergame, Milet, Sardes. De l'Egypte et d'Alexandrie, villes où ils formèrent plus tard les deux cinquièmes de la population, ils se dirigèrent, par les côtes d'Afrique vers Cyrène et les villes de la Pentapole, de la Haute-Asie et les marchés de la Macédoine et de la Grèce. L'esprit commercial de la nation, qui se développait de plus en plus sous
(I) Joseph. Arch. 12,3,1-4.
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la pression d*une tendance générale de ce siècle, absorbait toute son activité, et deux mouvements, dont les résultats étaient identiques, se croisèrent: les Grecs ou les Asiatiques hellénisés se portaient vers la Palestine que Juifs et Samaritains abondonnaient pour les cités où la langue grecque était en usage.
10. — Tant que les Israélites formèrent une nation distincte, ils supportaient difficilement la loi qui leur ordonnait de s'isoler des autres jpeuples, et tentèrent plus d*une fois de secouer ce joug écrasant pour vivre comme les étrangers, converser avec eux et y prendre leurs épouses. Us voulaient, à côté de Jéhova, dans lequel les juifs charnels ne voyaient qu'un dieu comme un autre, qu'un dieu national, honorer les divinités des nations voisines. Mais sous ce rapport un changement total s'était maintenant opéré parmi eux; ils se conduisaient maintenant partout et toujours, comme si un abîme les séparait des autres peuples ; ils formaient dans chaque ville une corporation particulière avec ses chefs, restaient en communion avec le sanctuaire de Jérusalem et lui payaient un tribut, recueilli partout avec exactitude et porté quelquefois en toute solennité à la ville sainte. Comme ils ne pouvaient offrir ailleurs les victimes et les dons prescrits par la loi, ils conservaient ainsi, même dans les contrées les plus lointaines, un centre et une métropole.
11. — Cependant — et c'est là un événement qui, à cause de ses résultats, fut un des plus importants de l'histoire — les Juifs qui avaient quitté leur patrie et même une partie de ceux qui y étaient restés, se rapprochèrent des Hellènes. — C'était un peuple trop heureusement doué, pour échappera l'influence magnétique que la langue, les mœurs et les idéesgrecques exerçaient même sur ceux qui étaient fermement décidés à la combattre. Les Juifs, établis dans les villes
commerciales de la Grèce, s'approprièrent avec une grande facilité la langue des Hellènes, et oublièrent leur idiome natal. La nouvelle génération dut, dans le cercle de la famille, apprendre une langue étrangère de ceux qui n'étaient pas nés Grecs; bientôt il se forma un idiome à part: ceux qui remployaient étaient nommés hellénistes. Déjà sous Ptolémée II, les livres de Moïse avaient été traduits à Alexandrie en grec, bien plus pour satisfaire aux besoins religieux des Juifs, dispersés au milieu de la gentilité, que pour obtempérer au désir du roi (384-247). Dès lors il ne fut plus nécessaire de connaître Thébreu, pour lire les livres inspirés et Tinfluence de la langue et des idées grecques se fit de plus en plus sentir parmi les Juifs. Quelques-uns d'entr*eux s'attachèrent à l'une ou l'autre des écoles philosophiques de ce temps; mais la doctrine de Platon devait plus que toute autre sourire aux disciples de Moïse.
12. — L'Hellénisme éprouva naturellement une résistance plus vive dans la Judée même, à c^use de l'esprit conservateur de la population. Les Juifs qui vivaient au milieu des Gentils étaient privés des solennités et des sacrifices, et devaient, dans leurs oratoires et dans leurs synagogues se contenter de prier, de lire la Bible et d'en entendre l'explication ; mais à Jérusalem subsistait l'ancien culte et le service du temple se faisait encore avec la solennité et l'exactitude minutieuse des anciens temps. Là aussi se trouvaient les docteurs de la loi, ou Sophetim, titre qu'Esdras semble avoir porté le premier (4S0 av. J.-G.). Cet homme qui aida beaucoup à affermir l'ordre dans le nouvel Etat, prêtre et établi juge par le roi de Perse, sembla avoir eu pour but suprême, de scruter la loi et de travailler en qualité de docteur, et resta comme le type d'un prêtre versé dans les Ecritures. II eut et ses disciples eu-
rent après lui, une grande influence sur Fespritetle caractère du peuple : ils annonçaient la loi et rappliquaient à tous les détails de la vie pratique. Depuis lors surtout les Juifs montrèrent un vif attachement à la loi, y virent le gage de la faveur d'en haut et mirent le plus grand soin à entretenir ce mur de séparation qui les isolait des autres peuples. Ce fut là un des traits les plus saillants de leur caractère national, la source de beaucoup d'avantages et, si ce zèle pour la loi produisit parfois de grandes fautes, il n'en fut pas moins un rempart à l'abri duquel la nation se releva et revint à une vie nouvelle.
13. — Les traditions postérieures de ce peuple parlent souvent de c la grande Synagogue:» on croyait qu'elle existait du temps d'Esdras ou fut fondée par lui ; elle compta 120 membres, présidés par le Grand-Prétre, et fut la gardienne de la doctrine et de la Loi. On cite comme un ie ses derniers chefs, Simon, le juste, Grand-Prétre et un des Docteurs les plus distingués, sous les premiers Ptolémées. Plus tard la triple dignité de Pontife, de Docteur ou Rabbi et de Nasi ou prince de la Synagogue ne fut plus réunie dans une seule personne. Que sous la domination des Perses et même du temps des Grecs, il y eut un tribunal qui veillait sur la doctrine et sur les mœurs ne peut être contesté. Dans la suite des temps, il parait ne s'être plus occupé que d'afFaires judiciaires, tandis que l'enseignement était dévolu à quelques docteurs et aux écoles fondées par eux.LagrandeSynagogue suivait et prescrivait au peuple comme une règle sacrée, la maxime suivante: c Mettez une haie autour de la loi. » De là découlait le principe que pour être pleinement assuré de ne pas blesser ou de mal observer la loi, il fallait faire plus que la lettre n'exigeait. La conséquence inévitable de cela fut — que de nouvelles prescriptions, de nouvel-
les définitions ne cessèrent de surgir— qu*on accumula défense sur défense — qu'on perdit de vue le but primitif de la loi pour placer la perfection religieuse dans Tobservation trop minutieuse du sens littéral.
14. — Cette tendance à aggraver, à multiplier les prescriptions et les défenses étaient secondée par les Sophetim, docteurs de la loi ou < Scribes, dont le crédit ne fit que s*accroitre. Cette classe d*hommes si influente comprenait d'abord les Lévites, et puis sans distinction d'origine, tous ceux qui par zèle religieux, se vouaient exclusivement à l'étude et à l'explication de la loi. C'est à cette époque que remonte cette maxime rabbinique : la couronne de la royauté n'a pas de possesseur en Juda ; la couronne du sacerdoce n'est plus dans la postérité d'Âaron , mais la couronne de la loi est commune à tout Israël. Le Pontificat perdit de sa considération, à mesure qu'il devint, entre les mains arbitraires des Dominateurs étrangers, un instrument politique; mais les docteurs de la loi, gardiens de toute science théologique et juridique, avaient la confiance et la vénération du peuple. Us avaient leurs traditions, c'est-à-dire des principes, qui s'appuyaient en partie sur la parole de Docteurs célèbres, en partie sur des coutumes successivement nées de l'explication des Ecritures — ou enfin sur des prescriptions qui insensiblement avaient c entouré comme une haie » la loi divine. Le crédit des Lévites baissa aussi et les Sophetim furent seuls l'objet de la vénération publique. L'élévation des Scribes divisa les Lévites en deux classes ; les uns se joignirent aux docteurs et jouirent d'une certaine considération, non comme descendants de Lévi, mais comme membres de la corporation savante des Sophetim : les autres se vouèrent exclusivement au service du temple.