‹ Paganisme et Judaīsme (volume 2)Chapitre 40 sur 75 · Roi d'un état, dont la faveur des Romains et · texte numérisé non relu

Roi d'un état, dont la faveur des Romains et

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ses propres conquêtes étendirent les limites et qu*il pressura à son gré, Hérode put déployer un faste, qui étonna les Romains eux-mêmes. Le peuple qur voyait en lui un usurpateur, le meurtrier de la famille des Asmonéens et le bourreau des milliers de Juifs et des plus grands zélateurs de la loi, lui avait voué une haine mortelle, et vit en frémissant un tyran étranger, souillé de sang et rampant honteusement devant le général et l'envoyé Romains, outrager la dynastie nationale et profaner le pontificat dont il déposa les titulaires au gré de ses caprices; mais le peuple épuisé par les bouleversements de trente ans qui avaient précédé la guerre et par la guerre elle-même, n*avait plus la force de résister, et si les conjurations, les embûches ne manquèrent pas, si l'on fit encore des efibrt^ impuissants, Hérode, prudent et heureux, échappait à tous les dangers et exerçait chaque fois une terrible vengeance. La haine qu'on lui avait vouée fut donc égalée par la crainte et l'on finit par croire à la stabilité de sa fortune. Voilà ce qui explique comment des innovations païennes, qui un siècle et demi auparavant, avaient fait entreprendre une lutte désespérée aux Macchabées, furent patiemment subies, quoique le nombre des hellénistes fût maintenant, incomparablement moindre, et que le peuple repoussât unanimement tout élément païen.

49. — Hérode alla bien loin dans cette voie. Il bâtit des théâtres, des gymnases, donna des jeux païens en l'honneur de l'empereur, solennisa même les jeux olympiques avec les deniers du peuple et prodigua les présents à des villes, à des temples, à des cultes étrangers. Il déploya une magnificence sans égale dans la construction de Césarée (Tour de Straton) ville toute païenne et destinée à devenir le port de la Judée. Cette nouvelle capitale s'éleva menaçante contre Jéru-

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salem; les Juifs purent prévoir que Césarée, cité polythéiste et Jérusalem, siège du monothéisme» ne pouvaient fleurir ensemble» mais que la prospérité de Tune causerait nécessairement la ruine de Tautre. Toute l'administration d*Hérode, et elle dura 37 ans» semblait avoir pour but de prouver au peuple qu'il n'existait que pour être pressuré et assouvir la rapacité de ses dominateurs infidèles et de leurs suppôts à demi païens.

50. — Hérode qui se rappelait sans doute que ses aïeux n'avaient embrassé le Judaïsme que par la forée, pouvait voir dans Jéhova un dieu national, doiU le culte se conciliait avec les honneurs rendus à d'autres divinités. Ainsi s'expliquent peut-être les sommesénormes (toutes arrachées aux juifs), qu'il consacra à la reconstruction du temple Pytbique à Rhodes et la singulière sympathie qu'il montra, dans plusieurs circonstances, pour les mœurs de l'étranger et les coutumes du Paganisme. Il n'abandonna cependant pas le Judaïsme; car il était assez habile pour prévoir qu'alors tout membre juif de sa famille aurait été plus agréable, d'abord au peuple et ensuite aux Romains eux-mêmes. Il fit donc à sa manière, du zèle pour la religion juive, en rebâtissant avec beaucoup de magnificence, en agrandissant le temple de Zorobabel, vieux, petit et peu imposant. Sur les instances des docteurs de la loi, il laissa à mille prêtres, initiés aux travaux de la bâtisse, et revêtus de leurs ornements, le soin d'ajuster les matériaux préparés depuis longtemps, de sorte que le tout parut élevé par des mains consacrées. Huit ans après, eut lieu la dédicace solen* nelle du nouveau sanctuaire et l'on termina successivement les parvis, les colonnades, les cellules innombrables adossées à l'édifice principal.

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