‹ Paganisme et Judaīsme (volume 2)Chapitre 48 sur 75 · DIEU — ANGES · texte numérisé non relu

DIEU — ANGES

158. — L'Hébreu était profondément convaincu qu'il ne pouvait comprendre Dieu, qui se révèle à l'homme par condescendance, mais sans se montrer comme il est. Les Prophètes eux-mêmes ne voient Dieu qu'en symboles : l'homme ne supporterait pas la vue de Celui qui a dit: c Qui m'a vu ne saurait vivre (5). » L'Ecriture

W Dcut. 35, a, selon les LXX. Jos. Arch. 45, 5, 5. Act. Apost 7, 53, Gai 3, 10. Hebr. 3, 3.

(2) 1 Cor. 10, 4. Gomp. les pass. chez WeUtdn N. T. p. 130, et Schoettgen, p. 623.

(3) 2 Cor. 42, 2.

(4)Lac.l6,22 8q;23,43.

f5)Exod.33,20.

ET JUDAÏSME. ii^

traite les athées tout simplement de fous, n'apporte aucune preuve de l'existence de Dieu, et ne semble admettre que Tathéisme pratique ou négation de la justice et de la providence de Dieu (t).

iS9. — Les deux noms principaux deDieu,EIohimet Jéhova, sont très-anciens et, loin d*étre venus de l'étranger, ils remontent pour ainsi dire au berceau du peuple hébreu. Dieu lui-même a donné la signification du nom de Jéhova, en disant: je serai ce que serai (2), forme future par laquelle le Seigneur désigne la durée éternelle de son essence et marque qu'il est l'être personnel, intelligent, immuable et toujours égal à luimême. Plus loin, le Seigneur dit qu'il apparut à Abraham, à Isaâc et Jacob, comme £1-Schaddai (Dieu tout-puissant), mais sans se faire connaître à eux par le nom de Jéhova, c'est-à-dire que ce nom serait seulement révélé, maintenant que la terre de Canaan allait être, selon la promesse, donnée à ceux qui avait fait alliance avec le Très-Haut. Les Juifs craignaient de prononcer le nom « auguste et unique » de Jéhova; si les anciennes Ecritures l'emploient fréquemment, il se rencontre plus rarement dans les livres plus récents : lesLXX le remplacent par le mot « Seigneur;» Josèphe déclare qu'il ne lui est point permis de le prononcer (3) ; Philon assure, au contraire, que les vrais croyants pouvaient l'entendre et le prononcer dans le sanctuaire (4). Les traditions juives disent qu'à partir de la mort de Siméon le juste, il a été remplacé par celui d'Adonai et depuis la destruction de Jérusalem, les Juifs eux-mêmes ne savent plus comment il faut le prononcer. Jéhova se détermine librement; toujours

(!) Ps. i3, u (2) Exod. 3, U.

(3)Arcb.9, 12,4.

(4)VU. Mos. ll,p. 152.

la joie qu*il manifeste tour à tour, de la perdition que les hommes s*aitirent par leurs crimes» les regrets qu*il fait parfois paraître, ne font qu'indiquer la manière dont il traite les hommes, et qui, sans être toujours la même, est cependant fondée sur l'immutabilité de la nature divine, c II n*est pas, dit Samuel, semblable à Thomme, qui doit plus d*une fois r^retter ce qu'il a fait (i). » Le courroux de Dieu offensé par les iniquités des hommes, et que l'Ecriture peint parfois avec des couleurs saisissantes, n'est qu'une inévitable manifestation de la sainteté et de la justice divines contre le crime: c la lumière d'Israël devient du feu et son Saint s'enflamme (s). » Derrière les nuages de la colère se montre la miséricorde et la grâce qui sauve (5). Dieu châtie, et si le pécheur ne s'amende pas, le châtiment est tout simplement un effet de sa sainteté, qui fait disparaître la prévarication de devant sa face (4). Les prophètes qui annonçaient â Israël un châtiment temporel, imminent, savoir la captivité et l'exil, parlèrent toujours d'un jugement universel, devant fermer l'histoire du monde et où la sentence de Jéhova frappera ceux qui n'auront pas voulu accepter le salut du Messie (5).

163. — On trouve, dans les livres des Hébreux, une théorie qui présente d'abord une grande affinité avec la théorie des idées de Platon, dont elle diffère cependant complètement; c'est celle de la Chokma, de la sagesse, ou siège des idées, des types que Dieu porte en lui-même et d'après lesquels il a créé les êtres finis et ordonné leur destinée. Cette sagesse n'est pas un

(1)1 Rois. 18, 19. Ctr. Num. 23, 19.

(3) Ps. 103, 9. Ps. 77, 58. Is. 10, 25. W Ps. 27, 5.

(5) Is. 34, 1; 66, 15. sq Dan. 7, 22, sq.

simple attribut de Dieu ; c*est le plan du inonde, dans lequel Dieu regarde comme dans un miroir. Quand Dieu, est-il dit dans le livre de Job, eut prescrit des règles à la pluie, et montré à la foudre la carrière à parcourir, il contempla la sagesse et dit à Thomme qu*il y aurait part, en craignant le Seigneur, et en s*éloignant du mal (i). Dans le livre des Proverbes, la Sagesse annonce hautement que Dieu Ta produite au commencement de ses voies et avant toute chose — qu*il Fa établie reine — qu*elle est intervenue d*une manière active dans la création, sûre d'avance de Taffection du Très-Haut (2). Dans le livre de la Sagesse, elle est un souffle de la puissance de Dieu, un écoulement pur de sa gloire, le reflet de la lumière éternelle, le miroir sans tache de l'activité, l'image de la bonté divines (5). Initiée aux secrets d'en haut, elle est assise sur le trône de la divinité, et prend part à ses conseils. Si le fils de Sirach dit qu'elle est épanchée sur l'univers, elle s'identifie ici « avec l'Esprit de Dieu, » qui remplit et embrasse le monde. Enfin, l'écrivain sacré prie Dieu de l'envoyer du haut de son trône, pour recevoir son secours, ses leçons et en faire sa compagne et son épouse (4). Ce n'est donc pas une personnalité divine, mais la personnification des idées créatrices qui forment, pour ainsi dire, un miroir où monde et humanité sont éternellement présents à Dieu.

164. — Les dieux du Paganisme paraissent sous un double point de vue chez les Hébreux. Tantôt, ils sont représentés comme sans valeur (Elilim), sans puissance, comme n'étant rien (5); tantôt on leur attribue

(1) Job. 28. 24. sq.

(2) Prov. 8,22-31.

(3) Sap. 7, 25: 8, 4; 9, 4.

(4) Sap. 9, 9. 10.

(5) Exod. 20, 20.

une certaine réalité et l'on appelle Jéhova le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs (i). Il est parfois question du jugement des dieux de TEgypte (s) : on semble voir en eux, des êtres réels, personnels, quoique tout autres que se les figurent leurs misérables adorateurs. Jéhova est un triomphateur vis^vis d'eux, il a brisé et détruira un jour leur puissance.

16S. — Jéhova est le Seigneur des milices célestes. Les livres Saints parlent fréquemment d*anges, d'esprits entourant le trône duTrès-Haut et employés par lui dans le gouvernement du monde. La Bible ne dit nulle part qu'ils ont été créés; mais la tradition le suppose. Ils ont été comblés des faveurs célestes, mais leur sagesse et leurs perfections ont des bornes (5). Us sont divisés en plusieurs hiérarchies; mais ceux même qui appartiennent à un ordre supérieur, loin d'agir pour eux-mêmes, ne font qu'exécuter les ordres du Seigneur. Debout devant Dieu, ils sont appelés anges de sa face (4), doivent protéger les adorateurs de Jéhova: « l'ange entoure et sauve ceux qui craignent le Seigneur (5). » Le livre de Job parle d'un ange, choisi entre mille, veillant sur les malades, écoutant les gémissements, les cris de leur repentir, et les interprétant, c'est-à-dire, les portant devant Dieu, en qualité d'intercesseur (6). c Vers lequel des saints (anges) vous tournerez-vous? » demande Eliphaz à Job (7).

166. — Sept anges, élevés au-dessus des autres, entourent de très-près le trône de Dieu et portent de-

(1) Deut. iO, 17. Ps. «35, 2 3. Ps. 131, S. Ps. 96, 9. (i) Exod. 12, 12.

(3) Job. 4, 18.

(Â) Is. 63, 9.

(5) Ps. 33, 8.

(6) Job. 33, 33.

(7) Ib. 5, 1.

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vantlui les prières des justes (i). Isaie vit le Seigneur entouré de séraphins, qui célébraient le Dieu trois fois saint (2). Les Chérubins gardent le paradis après l'expulsion des premiers parents (3), et surmontent l'arche d'alliance, placée dans le Saint des saints, qui avait un rapport symbolique avec TEden. Les anges sont souvent appelés < fils de Dieu > et hommes. On ne peut leur rendre des hommages dus à Dieu seul ; euxmêmes refusent de se laisser adorer (4). Chaque peuple a un ange qui -intercède pour lui auprès de Dieu (5). Michel est Tange tutélaire du peuple Juif.

167. — L'Ancien Testament ne parle pas expressé* ment de la chute des anges, et ne dit nulle part comment Satan est devenu tel qu'il nous apparaît dans ses premiers rapports avec l'humanité. Ce sont là encore de ces faits si nombreux de l'Ancien Testament que la tradition orale nous fait seule connaître. Le serpent qui a entraîné le premier couple dans ladésobéisr sance, est, non-seulement animal, mais aussi être intelligent: tous les procédés du serpent sont symboliques, et à travers ce voile perce l'astuce et la cruauté d'un esprit séducteur : la lutte que la postérité de la femme, c'est-à-dire, l'humanité devra soutenir contre la progéniture du serpent, est une lutte de principes intelligents et spirituels. Cependant, le livre de la Sagesse dit expressément que c'est par l'envie de Satan que la mort est entrée dans le monde (s).

168. — L'Ecriture garde longtemps le silence sur cet ange déchu, et c'est seulement dans les Paralipo-

(1) Tob. 12, 15.

(2) Is. 6, 2.

(3; Gen. 3,24.

(4) Jttdic. 15, 16.

(5) Dan. 10, 15.

(6) Sap. 2, 24.

mènes qu'on le voit reparaître et entraîner David au crime (i). Dans le livre de Job,ilose, quoique coupable et artisan du malheur qui fond sur le juste, se présenter devant le trône de Dieu et se mêler aux esprits restés fidèles (2), il y est représenté comme un instrument passif des divines vengeances. En général, et aussi chez Zacharie, il est Tadversaire, Taccusateur, le persécuteur des hommes et particulièrement des justes (3) et cherche à rendre inutile ce que fait le Grand- Prêtre pour réconcilier les pécheurs avec Dieu. — Cependant, nulle part la littérature hébraïque ne confond Satan avec une divinité adorée dans les contrées voisines; nulle part il n'est dit que les hommages adressés à Baal ou à Moloch s'adressent en définitive à Satan, tandis qu'il est dit plus d'une fois que les autres esprits déchus, les démons sont au fond identiques avec les divinités païennes. Ainsi, les Septante traduisent-ils par c Démons, » les c EUilim (4) et les Schedim, auxquels les prévaricateurs immolaient leurs enfants (5), et c Gad » auquel ils dressaient un banquet (6). — Josèphe entendait par démons les âmes d'hommes pervers, qui viennent après leur mort, tourmenter les vivants (7); mais cette opinion, à peu près inconnue parmi les Juifs, parait avoir été empruntée au Paganisme (s).

(1) 1 Paralip. 21, 1.

(2) Job. 1, 6; 3, 1, (3)Zach. 3, 1,2.

(4) Ps. 95, 5.

(5) 10», 77, Deut. 33, 17.

(6)Is. 65, 11.

(7) fi. Jttd. 7, 6, 3.

(8) Ib. 7, 6, 3. 1

ET judaïsme. 333

3. — CRÉATION — l'homme — SA CHUTE — CE QUE DIEU EXIGE DE l'homme DÉCHU — REPENTIR — MORT — MONDE SOUTERRAIN.

169. — Dieu a, selon la Genèse, commencé son œuvre créatrice, en produisant une substance embrassant le ciel et la terre, une matière première, chaotique, liquide et couverte de ténèbres, et c'est de cette masse informe, et où étaientconfondus les germes de tous les corps, qu'il tira successivement le ciel, la terre, le système planétaire, la mer et la terre ferme. Le Créateur acheva son œuvre en faisant servir les créatures d'un ordre inférieur, de base et comme de jalon à une catégorie d'êtres plus parfaits.

170. — Toutes les créatures, l'homme excepté, ont été appelées à l'existence par la parole toute-puissante de Dieu; l'homme dont la création termina l'œuvre des six jours, et qui fut déclaré roi de la nature, fut formé par Dieu lui-même. Cette créature, en vue de laquelle Dieu a fait agir sa toute-puissance, pour laquelle l'univers a été produit, cette créature privilégiée est formée du limon de la terre, animé par le souffle de Celui qui est la vie essentielle. Si, par son corps, il appartient à la terre, le souffle divin a dans ce corps terrestre imprimé le sceau d'une auguste ressemblance. L'homme fut créé avant la femme; Dieu tira celle-ci de la substance de l'homme, chez qui il avait éveillé le sentiment de la solitude. Ce premier couple représentait l'humanité tout entière. — L'homme, dans sa personnalité libre et dans l'empire qu'il exerce sur la création, est l'image du Très-Haut. Celui-ci fut son premier maître; la parole humaine est l'écho de cet enseignement

primordial: Dieu avait parlé à sa créature, quand elle commença à exprimer ses pensées par la parole (i).

iH. — L*homme succomba dans la première épreuve à laquelle Dieu avait soumis sa fidélité et la désobéissance Tasservit à la mort. Le péché le fit chasser du jardin d*Eden qu'il devait habiter et cultiver — et altéra profondément ou plutôt changea totalement ses rapports avec Dieu et avec la nature. L*homme fut condamné à féconder de ses sueurs la terre à laquelle la femme donnerait des habitants^ au prix de grandes douleurs.

172. — Le péché exerce maintenant un empire absolu sur la terre ; il se fixe dans la nature de Thomme, dès le moment de sa naissance: « ses inclinations le portent au mal dès Fenfance (2). » Les plus grands personnages, les héros, les amis de Dieu, ont à lutter contre cette corruption innée et succombent quelquefois dans la lutte (3). Mais tout péché est un acte de la volonté libre et Thomme en porte la responsabilité, parce qu*il peut toujours ne pas le commettre. Le péché se transmet par la génération ; fe fils tient de son père ce triste héritage. — Voilà ce qui ressort du vœu que forme Job, de voir sortir une postérité sainte d*une source souillée — vœu qu*il regarde avec douleur comme irréalisable (4).

173. — Les faits prouvent que, même en dehors de cette corruption originelle, les vices passent souvent du père au fils, et c'est sur cela qu'est fondée la menace faite par le Seigneur de châtier les crimes des aïeux dans leur postérité (5). Il y a des péchés qui souillent

(1) Gen. 2, 7-25.

(2)Gen.8,2i.

(3) Ps. f 3, 1-3. PS, 142, 2. 5 Rois. 8, 46.

(4) Job. 11,4.

(5) Exod. 20, 6.

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plusieurs générations. Mais la Loi déclare aussi que personne ne mourra que pour ses propres pé* chés (i).

174. — Mais qu*est^ce que Dieu, selon la doctrine des Hébreux, exige de Thomme déchu? — Il en exige avant tout, qu'il soit saint, comme son créateur — qu'il l'aime de tout son cœur et de toutes ses forces (2), qu'il c s'éloigne du mal, pratique le bien et marche devant Dieu dans l'humilité (3). » Dieu préfère l'amour aux sacrifices, la reconnaissance à l'holocauste (4). Louer Dieu, augmenter sa gloire dans toute la terre, est le plus sacré des devoirs(s). Ces grandes obligations et la sévérité de la Loi eussent accablé l'Israélite, qui sentait toute sa faiblesse morale, si la doctrine de la grâce divine n'avait soutenu son courage. C'est là l'idée fondamentale du système religieux des Hébreux, et qui mettait un abîme entre lui et les cultes du Paganisme. Les Israélites ont senti que leur religion leur donnait d'inappréciables avantages — qu'ils avaient un Dieu bon, miséricordieux et indulgent pour leurs fautes et leurs faiblesses. < Seigneur, demande le Prophète, oix est le Dieu qui, comme vous, pardonne les péchés ?» La colère de Dieune dure pas toujours: c ilaime à pardonner; il aura pitié de nous, foulera à ses pieds toutes nos iniquités et jettera nos crimes dans les profondeurs de la mer (s). » Le Seigneur ne sera pas toujours courroucé ; car alors, devraient périr toutes les âmes qu'il a créées (7).

(1) Oeut. 34, 16.

(3) Deut. 6. 5.

(3) Mich. 6, 8.

(4) Osée. 6, 6.

(5) Ps. 8.

(6) Mich. 7, 18, 19.

(7) Is. 57, 15, 16.

475. — Le pardon ne s*accorde cependant qu*au repentir, à la pénitence, à l'humble aveu de la faute. « Jéhova est près de celui qui a le cœur contrit et il vient aux secours de Tâme qui s'abaisse (i) ; » il habite dans le cœur humilié par le repentir, y répand le salut, la consolation, et une vie nouvelle (2). L'aveu de la faute est si nécessaire que sans cela on n'est aux yeux de Dieu qu'un perfide menteur (3). Ensuite, il faut aussi pour obtenir le pardon un changement intérieur, un amendement sincère : Dieu veut la conversion, la vie et non la mort du pécheur (4). Les œuvres de la charité sont indispensables; l'homme pénétré de repentir, rompra son pain à l'indigent, habillera le pauvre, ne se retirera pas à la vue des souffrances de son frère ; et alors son bonheur s'accroîtra (5); la miséricorde à l'égard du pauvre, l'amour et la fidélité réparent les fautes (6).

176. — Celui qui s'imaginait follement pouvoir efiacer son crime par des actes extérieurs, en jeûnant, en déchirant ses vêtements, en se couvrant la tête de cendre, en immolant des victimes, voyait les Prophètes s'élever contre lui. Le Psaume 50, ce modèle de la vérir table pénitence, représente la contrition du cœur, et non l'immolation des victimes, comme le sacrifice que Dieu demande du pécheur; le prophète y supplie le Seigneur de lui donner un cœur pur, un nouvel esprit (7). Il faut aussi restituer le bien mal acquis et

(t) Ps. 33, 19.

(â) Is. 57, 18.

(?) Ps. 31. Ps. 30. Dau. 9.

(4) Ezéch. 33, 11.

(5) Is. 58» 7, 8.

(6) Dan. 4, 21. Tob. 4, 7.

17) Ps. 50, 19.

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réparer le dommage causé (i). Les actes extérieurs de la pénitence, déclarés inutiles, quand ils ne sont pas unis au repentir et à la volonté de se corriger, avaient une grande efficacité, quand ils étaient inspirés par l'humilité. David (s) Achab (3) Tont éprouvé, ainsi que les Juifs, revenus de la captivité, qui se couvrirent la tête de cendre, déchirèrent leurs vêtements, se jetèrent dans la poussière et firent un aveu public de leurs fautes (4).

177. — Les sacrifices surtout pouvaient produire une confiance présomptueuse, qui, en négligeant le soin du cœur, ne s'appuyerait que sur un culte purement externe et mécanique; le peuple au cœur si dur, était naturellement porté à croire qu'il suffisait de quelques victimes pour effacer les fautes ou réparer l'omission des devoirs moraux. Aussi les Prophètes s'élèvent-ils énergiquement contre le système des sacrifices^ tel qu'il n'était que trop souvent pratiqué — c'est l'obéissance et non les victimes, que Dieu exigea des ancêtres. — Il est rassasié des sacrifices et dégoûté du sang des taureaux, des agneaux et des boucs (5). — Il déteste les victimes des impies et se plait à exaucer les prières des justes (e). Le sacrifice qu'il aime, c'est celui d'un cœur contrit et humilié (7): l'holocauste, offert sans ces dispositions ne saurait lui plaire (8).

178. — Les idées des Hébreux sur le Scheol, séjour commun des justes et des impies après là mort, ne dif-

(1) Ezéch. 33, m.

(2) 3 Rois 12, 13.

(3) 3 Rois 21, 27.

(À) 2 Esdr. 9, 2, 3.

(5) Jer. 7, 22, 23. Is. 1, 1 1-13 ; 66, 3.

(6) Prov. 13, 8.

(7) Ps. 50, 19.

(8) Os. 6, 6. Ann. 3, 22.

feraient gutees des théories païennes du Hades. Le Scheol, situé au centre de la terre est un lieu calme, sombre ; les âmes s*y reposent, il est vrai, des épreuves de la vie terrestre, mais y mènent, comme « des ombres, » une existence triste, sans activité, sans énergie (i) : on n'y chante plus les louanges du Seigneur, dont on oublie les bienfaits (s). Job surtout a peint avec des couleurs saisissantes, la triste existence qu'on traîne dans le royaume des ombres, où le défunt oublie ses proches qui le délaissent et pousse des plaintes égoïstes sur la situation ob il se trouve et les douleurs qu'il souffre (s). Mais après ces images sombres et presque désespérantes, Job voit s'ouvrir la consolante perspective d'une autre vie. Je sais, dit-il, que mon Rédempteur (Goêl, vengeur du sang) est vivant; au dernier des jours, il s'élèvera sur la poussière (de mon tombeau), c'est-à-dire, si je succombe à mes souffrances — si je meurs dans la misère et dans l'abandon, mon vengeur s'élèvera en triomphateur sur ma tombe. Après le trépas et c séparé de ma chair, jecontemplerai Dieu. » « Moi et non un étranger, moi je le verrai de mes yeux, » c'est-à-dire, ce ne seront pas seulement mes semblables qui verront la justice que Dieu me rendra; moi-même vivant aprè$ le trépas, je jouirai de cette félicité (4). A cdté de la foi de Job, brille l'inébranlable confiance du Psalmiste qui, sur la terre et dans le ciel, trouve en Dieu le bien suprême — < mon cœur peut défaillir et ma chair succomber ; mais Dieu est mon espoir et mon héritage pour l'éternité » — au sein des

(I)Ps.87, 11.

(2) Ps. 6, 6.

(3) Job. U, 22.

(4) Job 19, 25-27.

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ténèbres^e la vallée de la mort, je ne crains pas encore; car vous êtes à mes côtés (i). »

179. — Daniel annonce clairement la résurrection des morts, tant justes qu'impies : c Plusieurs qui dorment dans la poussière, se réveilleront, les uns pour la vie sans fin, les autres pour la honte éternelle (s). » C'est depuis ce temps que le dogme de la résurrection pénétra de plus en plus dans la conscience du peuple ; non sans l'opposition des Hellénistes et des Sadducéens. La mère des Hachabées et ses fils moururent en professant cette consolante doctrine (3).

180. — La prière et les sacrifices pour les morts se retrouvent déjà du temps des Machabées. Après une bataille où ils avaient été vainqueurs, les Juifs trouvèrent sous les habits de quelques-uns de leurs coreli* gionnaires morts de l'argent offert aux idoles et Judas ordonna i Jérusalem des prières et des sacrifices, pour qu'ils fussent délivrés de leurs péchés — car, ajoute l'historien, s'il n'eût pas été certain de la résurrection, c'eût été inutile de prier pour les morts (4). Voilà en* core une coutume existant alors depuis quelque temps et dont cependant la Loi écrite ne fait pas mention : on priait, on ofEirait des sacrifices pour les morts, dont la vie et le trépas faisaient espérer le pardon, et le Schéol était pour eux un état intermédiaire où ils étaient purifiés et soulagés par les prières et les sacrifices des vivants.

(1) Ps. 72, 33. 26. Ps. 22, 4.

(2) Dan. 12, i-3.

(3)2Macli. 7, 9.14 23.

(*)Ib. 12,40-45.

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