PREMIER VOLUME
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Jean de Saltebnry (Polyerat. i, 6) prétend que les mères et les bfW des Ciconiens mirent Orphée k mort, parée que ses rites et ses usages avaient rendu les bomraes tout efféminés. Cette version est évidemment puisée à une source antique mais maintenant inconnue, et indique simplement que les rites orphiques tendaient k dépouiller le culte de Dionysos des barbares coutumes que la Tbrace y avait mêlées. Phanodès (ap. Stob. serm. 64) et Ovide (Metam. JO, 83), disent qu*Orpbée a été tué par les femmes Tbraces, pour avoir introduit la pédérastie, ce qui tendrait à prouver que les mystères Orphiques ont une origine crétoise. Effectivement, ce méfait exista en Crète depuis les temps les plus reculés et y était, pour ainsi dire, légalement organisé. Aristote (Polit, â, 10) dit que Minos l'introduisit dans cette lie, et, selon Timée (ap. Àtben. 13, 79, p. 602), il se répandit de là dans THellade entière. Il est possible qu'il ait passé eu Thrace avec le culte orphique de Dionysos. — Les contradictions de Bode (Gesch. der Hellen. Dichtk. 1, 110) et d'autres écrivains me font un devoir de rappeler que ce sont, en général, les auteurs les plus anciens qui regardent le pays des Ciconiens, et par conséquent les environs deMaronée, comme le théfttre de Tactivité et delà mort d'Orphée (Diodor. 3, 77 — Arist. Epitap 46. Argonaut, Orphie, v. 78. — EusUtb. ad Homer. 306, 847 — Mêla. 2, 2, 8, Solin. 10 — Bfarcian. Capella 6, p. 337, Kopp.). Strabon cependant dit qu'il vécut k Pimpleia, en Tbessalie et une tradition, rapportée par Pausanias et par d'autres après lui, place sou tombeau à Libethra, ville située eu Piérie près de roiympe, et détruite depuis des siècles Qu'il y eût dans différents endroits de la Thrace, des légendes sur un héros aussi célèbre qu'Orphée, est certes très-naturel ; mais l'origine des mystères Orphiques est pour la Tbrace, incontestablement liée au peuple et au pays des Ciconiens.