‹ Paganisme et Judaïsme (volume 3)Chapitre 14 sur 28 · II se presente ici quelques questions dont la · texte numérisé non relu

II se presente ici quelques questions dont la

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Solution offre de graves difticultes : quels etaicnt ces mysteres ? quelle etait la condilion des initiations orphiques, comme Institut permanent? quels rapports a.vaient ces initiations avec les mysteres admis a titre d'institutions civiles ? Ce probleme exige que nous jettions un coup d'a'il sur les diverses formes du culte dionysiaque en Grece.

49. — Aucun dieu n'avait des fetes aussi nombreuses que Dionysos, et la plupart de ces fetes etaient accompagnöes de transports deregles et de toutes les extravagances de l'ivresse, Les petites dionysiaques ou rurales, se celebraient aux approches de la vendange par des hymnes phalliques, des festins et des jeuxdramatiques : en hiver, apres rachevement du pressurage on celebrait ä Athenes les Lenees : on y buvait le moüt non fermente et des representations theätrales y succedaient ä de$ grands festins et k des processions pompeuses oü regnait une extreme licence. On n'est pas bien sur que lafete ambrosiaque, dont le nom semble se rapporter au vin nouveau, füt un jour particulier des Lenees, ou une solennite distincte. Les anthesteries, ou fete dionysiaque desfleurs, avaient lieuau commencement du printemps et duraient trois jours : on y celebrait solennellement Fouverture des fetes, (Pithoigia) la fete des outres et de la boison (Choes) et Celles des marmites, (Chytroi). Aux choes qui en etaient le jour Iq plus Saint, l'epouse de l'archonte d'Athenes, escortee de quatorze pr^'tresses, offrait un sacrifice secret pour l'Etat et etait ensuite symboliquement unie au dieu : le o" jour on oti'rait dans des chaudieres un sacrifice ä Hermes Chtonien et aux mänes de ceux qui avaient peri dans le deluge de Deucalion. Les grandes üionysies ou Urbaincs, k la fin de mars ou aucommencement d'avril, attiraient ä Athenes au grand concours de peuple. Des rejouissances publiques, des cha'urs

de jeimes enfants, des concours de comedie et de tragedie, s'y succödaient sans interruption. Dans la simplicite des premierstemps la procession du dieu ofirait un caractere tout pastoral : une cruche de vin, un boue, une corbeille de figues seches et le phallus en composaient tout l'appareil : on y deploya plus tard une" somptueuse magnificence : les corbeilies d'or etaient porteespar des jeunes filles choisies, le phallus par des jeunesgenscouronnes: d'autres vetus en femmeslessuivaientenchantant deshymnesphallicjues eten se livrant ä toutes sortes de contorsions, comme des gens ivres. Puis venaient les hommes, charges d'outres pleines et de grands vases ä boire.

SO. — Dans les autres !villes et contrees de la Grece, les fetes de Dionysos avaient un caractere special : la licence y etait toutefois portee aussi loin, mais aucun rite mysterieux n'intervenait dans leur celebration. On citait celles d'Hermione en Argolide, celöbrees par des concerts, des concours de natation et des courses surl'eau : celles de Thyion en Elide, oü des coupes fermees se trouvaient remplies d'une maniere miraculeuse : celles de Pellene oü l'on repandait dans toute la ville des vases pleins de vin. La plus celebre etait la fete dionysiaque de Scierie ä Alea en Arcadie. Sur l'ordre de l'oracle de Delphes on y fouettait de jeunes filles dans le temple du dieu, affreux Souvenir, Selon toute apparence, de la premierefureur des Menades : puis venaient les solennites d'Orchomene, oü les jeunes filles et les pretres celebraient en son honneur, une fete nocturne pendant laquelle on allait a la recherche du dieu disparu dans sa fuite devant les Titans ou devant certains ennemis de son culte, comme Lycurgue, et cherchant un asile aupres des Muses : le pretre poursuivait autour de l'autel la jeune fille designee pour victime. Sicyone et Corinthe au contraire

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consacraient des fetes k un double Dionysos, exergant des attributions fort opposees, Tun comme Bacchus, l'autre comme Lysios.

51. — Les nombreuses fetes trieteriques de Dionysos conserverent toujours le caract^re orgiaque qu'elles portaient daiis l'ancien culte Thrace des Menades : les jeunes filles inauguraient chaque annee ces sortes de nouveaut^s, en se retirant dans les montagnes, oü elles passaient la nuit ä danser ä la lueur des torches, plongees dans un delire extatique, provoque et excite par l'exces du vin, et s'abandonnant sans frein et sans retenue au plus monstrueux devergondage. Le theätre ordinaire de ces debauches etaitle Citheron, voisin de Thebes. Les jeunes filles de Delphes et de l'Attique frequentaient le Parnasse, dont les fetes avaient toutefois un aspect moins revoltant.

o2. — Le culte de Dionysos-Omestes, celebre ä Chios et ä Tenedos, dilferait totalement des pröcedents: sur cesilesvoisinesde la cote d'Asie, onimmolait audieudes victimes humaines.Dionysosetait iciun personnage identique avec le Baal-Moloch des Pheniciens, confondu meme avec son fils, le cretois Talos, personnification de la nature solaireet offrant une etroite affinite avec Moloch lui-meme. Themistocle, apres la defaite des Perses, sacrifia des prisonniers de cette nation ä ce Dionysos Omestes, presqu'inconnu dans le restant de la Gr^ce : en posant cet acte sans precedent, il avait pour but d'honorer le dieu Perse d'une maniere toute locale et de le rendre propice aux nouveaux maitres du pays, soumis jusqu'alors ä son empire.

o5. — On ne rencontre nulle part en Grece de mysteres propres de Dionysos, si Ton entend par lä des institutions analogues k Celles d'Eleusis et de Samothrace, oü l'on ne pouvaitparticiper auxactesreligieux

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qu'apres des epreuves et des initiations preliminaires. La plupart des ciiltes dionysiaques avaieiit pour ministres des femmes: d'autres, comme le sacrifice des Hosii de Delphes, etaient accompagnes de rites secrets ; mais il n'existait en aucun endroit d'institut religieux exclusivement dionysiaque, et auquel les Orphiques eussent pu rattacher leurs initiations et leurs revelations dogmatiques : les Bacchanales memes, qui naquirent en Etrurie, vers l'an 186 avant J.-C, et qui fiirent introduites plus tard a Rome, avaienl un caractere purement rituel, depouille de tout element orphique et de toute tendance dogmatique. Instituees d'abord en Etrurie, par un pretre grec, elles furent dans le principe, comme les fetes trieteriques de la Grece, reservees exclusivement aux femmes : ä Rome, ce ne fut que beaucoup plus tard, qu'une pretresse de la Campanie permit aux hommes d'y assister: c'est a la suite de cette tolerance, que ces assemblees nocturnes degenererent en orgies licencieuses, qui donnerent Heu ä de sanglants et monstrueux abus.

54. — A partir de la guerre du Peloponese, on vit surgir en Grece la secte des Orpheotelistes, qui n'appartenaient ä aucune affiliation regulierement constituee et n'avaient qu'une existence individuelle. Pour eux les initiations orphiques et dionysiaques etaient un metier plus ou moins lucratif : munis de quelques livres orphiques, parmi lesquels setrouvaientles formules d'initiation recueillies et redigees par Onomacrite, ils allaient de ville en ville, offrant a riches et pauvres, moyennani salairc, leurs Services pour les expiationset lesconsecrations, Leurs onction&remettaient les fautes, meme les fautes hereditaires: elles avaientle pouvoirde garantirduperil etdeprocurerdans le monde inferieur une existence heureuse et de grands honneurs : du resle, point d'exigences penibles, point d'obligations

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onereuses: Ics expiations et les initiations se pratiquaient au milieu de fetes joyeuscs et brillantes, accompagnees de danses lascives oü Von imitait l'ivresse de Silene. Parmi ces Jongleurs, dont la science defraya maintes fois la comedie grecque, quoiquc les rieurs eux-memes fussent les premiers a y rccourir, les uns allirmaient qu'il suftisait derecevoirunc seule fois cette espece de sacrement, tandisque d'autres en recommandaient le renouvellement frequent et le prescrivaient meme comme indispensable. Theophraste peintson superstitieux serendant tous les mois, avec sa femme et ses enfants, chez l'orpheoteliste, pour se faire initier lui et les siens. D'autres, designes sous le nom de metragyrtes employaient, dans le meme but, des pratiques empruntees au culte Phrygien de la Grande- Mere et melangees de rites dionysiaques: ils pretendaient pouvoir operer des eures merveilleuses, surtout dans les maladies mentales, qu'on regardait comme l'effet d'une action divine. L'exercice de ce culte fut meme souvent confie ä des femmes. Bien que la pretresse Ninus eüt ete suppliciee pour un fait de ce genre, ä Athenes, on vit la mere de l'orateur Eschine, Glaucothee, officier en qualite de Telestrie ou de Tympanistrie, dans une ceremonie oü son fils, revetu des fonctions de metragyrte, etait charge de lire ä sa mere les livres sacres, de ceindre les inities dela nebride ou peau de faon, de danser devant eux, et de leur faire boire le Cyceon : puis en memoire des Titans, qui lors du meurtre de Zagreus, s'etaient couvert le visage de plätrc ou d'argile, il les couvrait de terre et les essuyait ensuite avec du son, en leur faisant repeter ces paroles: j'ai echappe au mal et j'ai trouve le bien. A ces ceremonies nocturnes succedait pendant le jour la procession des adorateurs de Dionysos, qui parcouraient les rues en jouant avec des serpents et

faisant retentir l'air des cris mille fois repetes de Hyes et Attes, noms sous lequels on invoquait le dieu.

55. — De cet exposö des Teletes ou orgies dionysiaques, on peut conclure qu'elles constituaient soit de simples ceremonies rituelles, telles que nous l'avons dit plus haut, frequemmentcelebrees par des filles, soit des veritables mysteres, mais jamais isoles, en aueun Heu ou k aueune epoque, et toujours rattaches au culte mystörieux d'autres divinites, comme c'etait le cas ä Lernes et ä Eleusis. On comprenait encore sous ce nom l'ensemble des fictions propres aux Orpheotelistes et aux Metragyrtes, qui, guides dans leurs pratiques, par leur seule Imagination ou par quelques traditions defigurees, acqueraient plus ou moins de renommee, en raison de leur habilete ou de leur individualite. Les uns s'entouraient comme d'une aureole d'une pretendue Illumination divine et particuliere : les autres menaient une existence aventuriere, comme de vulgaires charlatans : beaucoup d'entr'eux d'ailleurs appartenant ä cette secte nommee par d6rision les Pythagoristes, dont les habitudes de salete et de mendicite formaient un etrange contraste avec les hautes pretentions qu'ils aftichaient aux honneurs et aux recompenses de ra;utre vie, fournirent ample matiere aux diatribes de la comedie grecque, dans les siecles suivants. Parfois ils s'associaient pour donner ä leurs ceremonies un caractere plus imposant et plus pompeux et pour deployer avec plus de succes toutes les ressources de leur art : des apparitions fantastiques, des spectres hideux venaient glacer les mystes d'effroi et leur rappeler les terribles evocations d'Höcate et les redoutables effets de sa colere. C'etait une speculation qui devait rapporter ä leurs auteurs d'autant plus de credit et rendre, plus dociles ceux ä qui ils venaient oifrir la santö et la protection des

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dieux : c'est ä un de ces Orpheotelistes, qui vantait le bonheur des inities en l'autre vie, qu'Antisthene repondit: pourquoi donc, ne meurs-tu pas?

56. — Entin ilexistaitaussidescorporationsreligieusesindepondantes,dontlesramificationss'etendaientsouventtres-loin, et dont les membres portaient le nom de Thiasotes ou Orgeons. Ces associations s'etaient groupees dans le but de rendre des hommages plus particuliers soit ä une divinite etrangere, soit ä Dionysos lui-meme. Comme ce dernier culte se conciliait parfaitement avec tout ce qui est du domaine de Thiasos et de Comus, la bonne obere, les danses lascives et la musique passionnee, ces sortes de confreries etaient fort en vogue et comptaient beaucoup d'agreges : leurs solennites oü la flute se mariait au chant pour celebrer le vin, n'avaient de sacre que le nom de celui qui leur servait de pretexte : aussi les prenait-on peu au serieux et les regardait-on comme des mysteres entoures d'un certain appareil et accompagnes de rites particuliers, mais denues de toute importance.

57. — Apres l'epoque de Piaton on ne rencontre plus de traces des Orphiques comme corps religieux, organise en societe : si des auteurs plus modernes ont parle d'une afiiliation ä cet ordre, accompagnee de rites symboliques et de chants sacres, c'est qu'ils ont etendu ä une societe qui n'existait pas en realite, des actes individuels, comme celui de Glaucothee, ou analogues ä ceux que les Orpheotelistes errants pratiquaient, sans y attacher aucune idee d'association. A Athenes meme les dogmes et les mythes orphiques s'etaient identifies en partie avec le culte public: ainsi aux Dionysies du mois Anthesterion, la theologie et les legendes orphiques se trouvaient representees et misesen scene dans des danses et dans des drames religieux oii figuraient les Heures, les Nymphes et les

Bacchantes. Mais la thcologic orphique n'en conservait pas moinsson veritable point d'appui dans les mysteres et surtout dans ceux d'Eleusis.

58. — La grande aflinite qui existait entre le culte phrygieirot le culte dionysiaque ne contrlbue pas peu ä eclaircir ce cote des mysteres. Sur toute la hauteÄsie s'etendait une religion dont les dogmes fondamentaux admettaient une grande deesse de la nature, mere de tous les vivants, ä laquelle on associait un dieu, son epoux, son amant ou son fils, sujet a la souifrance et ä la mort. L'experience avait appris que dans la vie humaine et dans toute la nature, le peril et la douleursont inseparables de la coneeption et de la naissance : les etres se detruisent mutuellement pour prolonger leur existence Tun par l'autre: la vie renait du sein de la mort, et c'est meme de la corruption que les plantes tirent leur nourriture, de sorte que la vie vegetale puise ses aliments les plus substantiels dans la decomposition des matieresanimales. Et c'est l'impression que cette loi supreme, inflexible de lamort et de la vie, engendreesalternativement l'une par l'autre, fit sur des esprits completement incapables de s'elever audessusdes instincts de la nature et de la matiere, qui entraina finalement les races humaines, moralement et physiquement asservies ä ces instincts grossiers, dans les aberrations les plus extravagantes de l'antagonisme mythique et religieux. L'homme se sentit empörte comme dans un immense tourbillon de vie et de mort: l'univers devint ä ses yeux un temple et un tombeau, un autel et un cercueil. Son dieu, borne lui-meme par les limites de la nature, devait suivre toutes les phases de celle-ci, et soumis aux memes vicissitudes, passer alternativement de la vie a la mort, de la mort a la vie: puis lorsqu'il voulut offrir ä ladivinite le sacrifice qu'il estimait le plus precieux et le plus digne d'elle, il se fit

lui-meme la victime volontaire de cette grande loi de la mort.

39. — Lefavori de la grande deessephrygienne, Dindymene ou Cybele, etait Attes, fils du dieuMen, ou ce Men lui-meme, qui mourut apres s'etremutiledansun acces de fureur, ou qui fut tue parune main etrangere. Cette mort plongea Cybele dans une douleur insensee: eile parcourait les campagnes ä la recherche de son bienaime, en l'appelant de tous ses eris : en souvenir de cet evenement on institua des jeux funebres qui revenaient chaque annee. Suivant une legende tres-repandue, Attes, rappele äla vie, devint l'immortel compagnon de la deesse: uneautre tradition lui fait subir le meme sort que son correspondant Syrien ou cypriote, Adonis, et le fait mettre en pieces par un sanglier que Jupiter avait suscite contre lui . Cet Adonis etait l'amant d'Astarte, Ascherah des Syriens, ou de l'Aphrodite asiatique, deesse de lanature, regardee comme agent de la conception et de l'enfantement des etres, et dont les attributs et les symboles offrent la plus grande analogie avec ceux de Pthea ou Cybele. Le bei adolescent, dont on faisait un berger ou un chasseur, ayant öte enleve par la deesse eprise de ses attraits, fut bientot apres ravi k son amour par une mort violente. Les fetes instituees en son honneur et tres-repandues dans toute l'Asie occidentale, ainsi que dans les iles et sur le continent grec, ä Athenes surtout oü elles furent celebrees de bonne heure, ces fetes, dis-je, etaient accompagnees des manifestations de la plus vive douleur. On precipitait l'image du heros dans la mer : puis au deuil succedaient des transports insenses qui aecueillaient sa pretendue resurrection. Dans ce beau jeune homme, pour lequel la deesse de la natura se consume d'amour, que la mort vient lui ravir k l'improviste et qui recouvre bientot une existence nouvelle,

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il est aise de reconnaitre une allusion transparente äla succession permanente de la mort et de la vie dans la nature: Adonis symbolise a la fois le grain germant dans le sein de la terre, lesfruits arrivant ä la maturite, et le ralentissement de la Vegetation dans les chaleurs de l'ete et par les froides pluies de Tautomne.

60. — On lit dans un ancien hymne d'Attes : salut ä vous ö divin Attes, fds de Kronos ou de Jupiter et de la grande Rhea, dont la voix retentissante repete aux eclios lointains votre doux nom : salut ä vous ! Les Assyriens vous nomment l'Adonis trois fois eher: en Egypte vous etes Osiris, le Celeste croissant de la lune: les Grecs vous donnent le nom d'Ophias, les Samothraces celui de divin Adam, lesThraces de l'Hemonie celui de Corybas: les Phrygiens enfm vous appellent tantot Pappas, tantot le mort, ou le dieu ou le tendre epi moissonne dans sa fleur, ou le chevrier, ou le ioueur de flute, (Agdistis) ne de l'amandier fertile.

(34 . — D'oü Ton voit qu' Attes et Adonis, Osiris et Corybas, Zagrens et Agdistis, ne sont au fond qu'une n^eme entite, dont les appellations diverses personnitient le dieu de la nature dans l'etat de soutfrance, chez les Assyriens et les Phrygiens, les Syriens et les Pheniciens, en Egypte, ä Samothrace, ä Lemnos et dans les mysteres grecs. Ophias surtout, lefdsdu serpent, n'est autre que Dionysos Zagreus, le fils de Jupiter deguise en serpent : selon toute apparence, ce nom etait revöle dans les mysteres sous le sceau du secret. Zagreus le ohasseur, s'identifia egalement avec le chasseur Adonis et avec Attes, dont on fait meme deriver le iu)m d'Ate, sous lequel on designe le crime commis par les Titans sur Dionysos. Le Sabazios phrygien, aussi nomme Attes, ce qui tend k faire supposer que ces deux noms etaient synonymes, etait figure avec des cornes de taureau, cooime Dionysos, et au rapport de Diodore on

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donnait Ic iiom de Sabazios au Dionysos ne de Jupiter et de Persephone. Zagreus, enfant ou adolescent mis en pieces, rappelle Altes, Adonis, Corybas, Osiris, Esmun, tous jeunes, tous mutileset mis u mort, La meme coneeption avait preside au döveloppement de ces mythes, identiques au fond. Zagreus et Adonis President tous deux -d la vie et ä la mort : Zagreus, comme Adonis, est rendu ä la vie : Plutarque lui-meme faisait observer qu' Adonis ne faisait qu'un avec Dionysos, et cette identite est formellement confirmee par la multiple concordance des fetes et des rites celebresen l'honneur des deux dieux.

Dans les traditions orphiques Dionysos Amphietes, inhume ou endormi a Delphes, habite pendant la periode de son repos les demeures sacrees de Persephone, pour etre ensuite reveillö par les Nymphes, les Thyades et rappele de l'enfer ä la lumiere du jour. De meme Adonis doit, en vertu d'un decret de Jupiter, passer une partie de l'annee aupres de Persephone, et l'autre dans le ciel, aupres d'Aphrodite.

62. — Osiris prete aux memes rapprochements avec Dionysos-Zagreus, et par suite avec Adonis etAttis-Sabazios. Comme eux il est mis en pieces et revetu d'un aspect infernal. Cette affinite est si reelle qu'un temps vint oü Osiris et Adonis furent confondus dans une meme idole et devinrent l'objet d'un culte commun, ä Alexandrie. D'antiques autorites affirment que 1' Adonis venere ä Chypre n'etait autre que le dieu egyptien. De meme qu'on assignait Persephone pour compagne ä Adonis et ä Dionysos, on disait sur les bords du Nil qu'Osiris, apres que la mort l'eüt ravi a Isis, reposait dans les bras de la sombre Nephthis, la compagne de Typhon, la' souveraine des regions infernales, ou Amenthes.

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