Corybas, qui non-seuleraent ici, mais aussi
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cliez Clement (i) est mis sur la meine ligne que Atys et Dionysos, etait le dieu que les Thraces veneraient sur le montHemus(2) et qu'adoraient egalement les Phrygiens; d'apres ^a mythologie grecque il fut fils de Cybele (c'est-ä-dire de Demeter) et de jasion (5) ou, d'apres une autre version, de Persephone, qui le con^ut sans pere (c'est-ä-dire d'un pere reste secret) (4), comme aussi Zagree est designe tantöt comme filsde Demeter, tantöt comme l'enfant de la fille de cette deesse. Julien l'appelle le grand Dieu du soleil siegeant sur le tröne :i cote de sa mere (5) ; la theologie orphiique (g) l'appelle le grand roi, qui, tue et häche en pieces par ses freres, les deux autres Corybantes, s'etait transforme en serpent d'apres la volonte de Demeter, — il est donc clair qu'il ne difterait des autres divinites de la meme espece que par le nom et par quelqu'autre variete de ses attributions mythologiques; comme Osiris, Atys, Zagree, Adonis, il etait le Dieu soutt'rant de la nature, ayant des rapports avec le soleil, que nous avons dejä f^xpliques, devant mourir et revenir en suite ä la vie. H4. — Dans la meme categorie de divinites ä mysteres, il faut enfin classer l'Adam Samothrace. G'etait le Phenicien Esmun, (7) dejä honore ä Beryte, Tun des Cabires, le bei adolescent parcourant les montagnes en cbasseur, aime d'Astronoe la mere des Dieux de la Phenieie (8) et qui, poursuivi par cette deesse,
(1) i'i'Otiept. p. IG.
(-2) Hippel. Adr. Haer. 109.
(5) Diod- o, 49.
(A) Serv. ad Aen 5, 111.
(5) Julian, or. 3, p. 167. Spanh.
(())Ürpli. hynin. 58.
(7) Adam-Ksniuii, eu vertu du remplaccmeiit inutuel des leUres D et S, r(»ninie dims le nom egalement phi^nicien de Cadmilos ou Casmilos.
(8) En Pli(inicien, Astaroth Naamali, la, sublime, ou (chez Plutarque de Isid. 13.) Nemanun, Movers, Phöniciens. 1, 656.
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se mutila lui-memc, mais fut rappele a lavie par eile (i). II est evident que cet Esmun n'etait autre que Attes sous la forme Phenicienne, ou que ce dernier ne fut que la transformation du premier en personnage Phrygien. 60. — Maintenant que nous savons que dans toutes ces divinites Asiatico-Helleniques git l'idee d'un Dieu de la nature violemment prive de la faculte de procreer, puls mourant et enfin rappele ä la vie, il nous est possible de determiner plus exactement la nature des mysteres grecs . Seulement nous rencontrons ici immediatement cette difficuUe que le contenu de ces mysteres ne restait pas toujours le meme; il y avait au contraire beaucoup de changements et d'amplifications. Ces changements ainsi que l'epoque de leur introduction ne peuvent etre historiquement demontres; ils provenaient en partie de la difference de nationalites qui exercerent peu ä peu de l'influence sur les mysteres, comme, par exemple, sur ceux de la Samothrace. Ils etaient, en partie, la consequence de l'interet particulier que pouvaient avoir les corporations de pretres charges de la conduite de ces mysteres. Le culte public, avec ses usages invariables et fixes par la loi dans sa liaison etroite avec la politique de l'Etat, se maintenait paisiblement dans sa stabilitö et opposait une resistance opiniätre aux tentatives qu'on pouvait faire d'ebranler son existence par des innovations et par le melange avec differentes divinites. Les mysteres, par leur nature meme, etaient dejä plus mobiles; leurs tendances vers la vie future, pour la plupart etrangeres au culte public, etaient un element favorisant les idees neuves et plus satisfaisantes et donnaientä celles-ci une forme mythologique. La theocrasie, la confusion des divinites, la
(1) Damasc. vit. Isid. ö0'2.
transformation insensible ou la reduction des dieux a des etres moins nombreux, mais ayant une signification plus etendue, devaient etre favorisees ici ; les pretres directeurs trouvaient leiir avantage k ne point laisser refroidir l'interet et la predilcction que Ton avait pour res divinites, et devaient naturellement empecher que cette institution ne s'usät et ne perdit son prestige par le maintien absolu des formes et des usages vieillis et paraissant trop pauvres, trop vides ä une autre generation. Co maintien etait bien plus necessaire pour un peuple d'un esprit mobile et pour ainsi dire continuellement en progres, comme les Grecs, que pour les orientaux plus faciles a contenter. Gar bien que l'autorite des mysteres reposät en partie precisement sur leur reputation de haute antiquite et de'fidele conservation des formes du culte anciennes et instituees par les dieux eux-memes ou par leurs favoris, ceci n'empechait nullement d'ajouter le nouveau ä l'ancien et de substituer aux vieilles formes des idees d'interpretation appartenant a un developpement intellectuel et posterieur. Le secret etait, ä cet egard, d'une grande utilite ; les noms particuliers des divinites, usites seulement dans les mysteres, facilitaient beaucoup les changements dans Tinterpretation.'
(iß. — Les mysteres de l'ile de Samothrace durent leur celebrite universelle, en partie a leur iiaute antiquite se perdant dans les temps fabuleux, en partie ä la reputation de leur grande efficacite surtoutencas de danger de mort; ou disaitmeme quecelui qui y avait ete initien'avait jamais faitnaufrage (i).Mais en recherchantla nature de ces mysteres et les dieux qu'on y venerait, on rencontrela partie la plus obscuredeThistoire religieuse
(1) Sdiol. Aristid. Panath. p. 324.
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desGrecs; cette obscurite provienten partie, du caractt-rc vague et de la multlplicite d'interpretations des noms usites, surtout des noms « Cabires et Corydantes, » eri partie de la circonstance quepar suite des immigrations et du melange de la population dans cette ile, les cultes Importes par les differentes races etaient superposes comme des couches et s'engrenaient les uns dans les autres ; aussi dans l'antiquite dejä il regnait une grande incertitude ; les opinions sur les divinites samothraces etaient divisees, et en eftet on ne savait determiner avec certitude ce qu'etaient, au fond, les Cabires (i).
67. — Des Pelasges, chasses du Peloponese (Arcadie) et de l'Attique par les Doriens et les loniens, s'etaient fixes dans cette ile habitee par des Thraces depuis les temps les plus recules; les vieilles divinites sans nom des Pelasges s'etaient donc conservees ici. Des Cadmeens d'origine phenicienne sortis de la Beotie y etaient arrives egalement et il n'y a pas de doute que les Pheniciens de la mere-patrie commergant dans toutes les iles, n'aient exerce de l'influence sur le culte de la Samothrace. Dans les traditions on peut reconnaitre encore trois periodes ou parties principales de ce culte. Jasion, que Demeter avait vu lors de la noce que sa sceur Harmonie celebra ä Samotbrace avec Cadmus le Pbenicien, et qui devint ensuite l'amantou l'epoux de Demeter en Crete, represente la partie cretoise des mysteres de la Samotbrace; Diodore dit, k cet egard, que les Teletes existaient depuis longtemps dans cette ile, lorsque Jasion d'apres les ordres de Jupiter les reorganisa et le premier y initia des etrangers (2). Dans la meme tradition, rapportee par Oio-
(1) Strab. Fragm. Vat. Mail Coli. VII, 49.
(2) DiO'l. 0, 48.
dore, l'influence phenicienne se rattache au nom de Cadmus qui etait venu dans l'ile et avait ete initie aux mysteres ; enfin, on indique encore comme troisieme partie le caractere phrygien ; il repose sur le mythe d'apres lequel la deesse de laquelle Jasion etait devenu l'epoux, aurait ete Cybele, et que de ce mariage etait issu Corybas (le Cabire de Lemiios).
68. — Varron conclut des iiiitiations qui y avaient lieu, qu'on honorait sous le nom « de grands dieux » le vieux couple de dieux pelasges, un dieu du ciel ou pere des dieux (Zeus) et une divinite femelle terrestre ou mere des dieux (i). Dans les mysteres meme, le dieu male ne semble pas avoir ete acteur; excepte peut-etre comme pere de Axiokersa ; mais la mere des dieux, comme Demeter Axieros, faisait partie de la v^ritable trinite de dieux de ce culte mysterieux. Cette trinite etait composee de Demeter Cora et Dionysos, ou bien de Hades ^quivalant ä Dionysos chthonique. Voilä ce qui est hors de doute (2), d'apres le temoignage de Strabon et de Älnaseas ; les dieux desquels on recevait l'initiation s'appelaient, suivant ce dernier, Axieros, c'est-ä-dire, Demeter, Axiokersos, c'est-ä-dire, Hades et Axiokersa, Persephone.
69. — Le nom de Cabire que l'on donne egalement aux dieux de ces mysteres ne sert d'abord qu'ä reconnaitre la haute antiquite et l'origine non hellenique des puissances designees par ce terme. Dans tous les pays situes sur la cöte Orientale de la Älediterranee, en Egypte et en Syrie tout aussi bien qu'en Asie-Mineure et en Grece et meme jusqu'en Italic, il y avait des dieux qui portaient ce nom ; la denomination semitique, dans l'origine estseulement« les grands, les puissants. »
(i; Varroling. Cat. 6, 88. ed. Bip.
(2) Strab. i p. 198. Schol. Apoll. Rhod. 1, 917.
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C'etaient des forces de la nature lesqueiles, comme Pelasgiques, n'avaient pas de nom determine, et qui plus tard, quand chaqiie dieu avait ou devait avoir son individualite plus prononcee, laissaient douter ä quelle divinite particuliere iis pouvaient appartenir, en Sorte que les interpretations les plus contradictoires pouvaient se faire jour. Le plus souvent on se figurait sous ce nom un groupe ou une famille de dieux ou de demons, quelquefois huit, le plus frequemment trois: tantot on ne voulait designer que les deux premiers et plus äges, tantot d'autres encore qui, par ci et par la, s'etaient joints aux j)remiers avec des attributions locales. En Macedoine, ä Thessalonique, par exemple, un seul Cabire meme etait l'objet de la veneration publique.
70. — Onneconnait que fort peu du culte des Cabires enEgypte, mais de ce que nous en savons nous pouvons conclure que la Phenicie et la Phrygie (dans le sens ancien et plus etendu), furent la veritable patrie de ces divinites et que leur culte se repandit de iä sur les lies et en Grece. Des monts Cabires, plusieurs des anciens, entr'autres Athenicon et Demetrius de Scepsis (i), fönt deriver le nom des dieux, et cela demontre dejä jusqu'ä quel point la Phrygie etait le siege des Cabires. Le nouveau fragment de Nicolas de Damas le prouve egalement, puisqu'il rapporte que deux jeunes phrygiens portant, dans une caisse, les effets sacres des Cabires, etaient accourus au secours des habitants de la ville ionienne d'Assessus, et leur procurerent la victoire en portant devant eux ces objets. C'est depuis cette epoque seulement que le culte de ces divinites inconnues aux Grecs de cette contree, malgre le voisinage de la Phrygie, fut intro-
(1) Hist. Gr. fragm. II, 57; IV, 545.
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duit en lonie (i). On dit meme que le Service des Cabires (Penates) avait ete Importe de la Phrygie en Italic (2). A Beryte, en Phenicie, Sadic et ses fils (Baal) furentveneres comme Cabires ; le huitieme etaitEsmun. Les Grecs posterieurs declarerent celui-ei identiqiie ä Asclepius, en partie parce qu'on le regardait comme le dieu de la guerison et qii'il portait im serpent comme attribut; en partie parce qu'il etait fils du dieu Syrien du soleil, par consequent d'Apollon, passant aujourd'hui che/ les Grecs pour Helios. Parmi les dieux on ne connaissait cependant d'autre fils d'Apollon qu'Asclepios (0).
71. — Le serviteur des dieux Cadmilos, nom que Hermes portait ici comme en Beotie et en Etrurie (Camille), se joignit ä Demeter, ä Hades et a Cora, que nous avons deja nomme3(4). Bepresente ithyphalliquement, ä cause de sa passion pour Persephone, deesse de l'enfer, il etait lui-meme une divinite infernale sous le nom de Hermes Eriunios ou Chthonios. Quoique la signification de ce Cadmilos soit obscure, il n'y eut cependant une confusion impenetrable que par rapport auxCorybantes ouCuretes de la Samothrace, qu'on appelait aussi Cabires; d'un c6t6 les deux premieres denominations etaient souvent employees par une classe de pretres consacres ä Cybele ou a Bhea; d'un autre cote ces Corybantes, Dioscures, Cabires etaient encore des etres divins, des Trabans ou des demons de la grande deesse ou meme ses fils, par consequent d'origine phrygienne ; on les confond parfois avec les
(1) Hist. Gr. fragm. III, 588.
(2) üion. Hai. Aiit. 1, ()8.
(5) Comp, rexplicatioii d'un Phenicieii chez Pausaii. 7, 23. et Macrob. Sat. 1, 20.
(4) Etym. Gad. p. 290. Tzotz. ad Lycorphr. 1Ü2. 219.
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Curetes cretois, tandis quo le phenicien Philon pretend qu'ils sont desendants du dieu Sadic (Baal ou Cronos) et qu'ils ont invente la navigation (i). Ceux de la Samothrace furent invoques en cas de danger, surtout en mer, comme csprits du vent et de la tempete; leurs statues se trouvaient meme sur un promontoire pres de Brasie. Pausanias (2) ne savait pas s'ils etaient Dioscures ou Corybantes ; mais ils ötaient Tun et l'autre, semblables aux Tritopatores, les trois fils- de Zeus et de Persephone, veneres ä Athenes et dont deux s'appelaient Eubuleuset Dionysos — on avait invente pour eux des noms poetiques d'Amalköides, Protocles et Protocreon — et quietaientegalementdes esprits du vent ou des gardiens du vent. A l'occasion de noces on 'avait l'habitude de sacrifier aux Tritopatores pour la procreation d'enfants, parce que, d'apres la doctrine d'Orphöe, lors de la procreation, les vents introduisent l'äme dans le corps (0). Ciceron appelle ces puissances les Premiers Dioscures; ils etaient evidemmentdeveritables Cabires et Dionysos, Tun deux, avait ici une autre signification que Celles qu'on lui attribue ailleurs dans lesmysteres.
72. — C'est ainsi que s'explique la contradiction de deux t^moins anciens que cite Strabon, et qu'il n'a pu accorder entr'eux. Stesimbrotepartait probablement de l'opinion que le nom de Cabires ou de « grands et puissants dieux » se rapportait ä la trinite de Demeter, de Hades et de Cora ; et il soutenait que c'ätaient les Cabires auxquels se rapportaient le service de Samothrace; que ces Cabires s'identifiaient avec trois
(1) Fragra. Hist. Gr. III, 369. Aiissi chez Üamasciiis. vit. Isid..DÜ2, ces fils de Sadic sont appel6s Cabires ou Dioscures.
(2) Paus, ö, U. 4.
(5) Aristot de anim. 1, o. Stob. 1,52. 863. Cf. Leobeck, Agiaoph. 753.
Corybantes, et qu'ils tiraient leurs noms de la montagne phrygienne Cabires ; mais Demetrius de Scepsisle contredisait en declarant qu'en Samothrace il ri'existait point de doctrine mystique des Cabires, que ces trois dieux designes par Mnaseas sous les noms de Demeter, de Cora et de Hades et comprenant les principaux personnages du culte mysterieux de cette ile, n'etaient pas les veritables Cabires Or, les veritables Cabires etaient les trois dieux mäles consideres ä Samothrace seulement comme des genies faisant partie de la suite de Cybele ou bien passant pour ses fds et qui en dehors du culte des mysteres etaient regardes comme puissances du vent et de la tempete, tandis qua Lemnos, oü Tun d'eux etait appele Corybas, ils etaient les vt^ritables dieux des mysteres. Stesimbrote semble etre parti de l'opinion, que la denomination de Cabires ou « de grands et puissants dieux » s'appliquait ä la trinite de Demeter, de Cora et de Hades ; il crut reconnaitre Dionysos dans ce dernier ou dans le dieu ainsi designe, et c'etait la dessus qu'il avait base son opinion (i).
73. — Si nous savons decidement que le Service des mysteres de Samothrace etait consacre non-seulement ä Rhea ou k Cybele, mais aussi ä Demeter et ä Cora, il est clair que Rhea, Cybele et Demeter, la deesse de la nature cretoise, phrygienne ethellenique, etaient dejä confondues ; dejä les poetes tragiques etaient alles chercher dans les mysteres, entre beaucoup d'autres choses (2), cette Demeter Rhea et, par consequent, Rhea fut directement designee comme la deesse avec laquelle Zeus avait engendre Persephone (0). Le vrai
(1) Strab. 10, p. -47^2,
(^2) Les passages de Zoega, Eassirilievi 1,'8(>.
(3) AÜienag. leg. 120.
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caractere de Hades nous est connu, parcc que dans les mysteres de la Samothrace « Adam » (Esmun) a joue le meme role qu'autrefois Adonis Osiris ou Zagree (i). Si Aphrodite et Persephone sc partageaient l'amour d'Adonis, Esmun, venu de Beryte, se trouvait dans les memes rapports avec la Demeter-Cybele du monde superieur qu'avec la Persephone des enfers; si Atys mourut des suites de sa propre mutilation, Esmun eut le meme sort. On s'explique donc comment les Cretois pretendaient que les mysteres de Samothrace ne renfermaient autre chose que ce qui etait represente parmi eux publiquement; ils savaient que leur Zagree etait, quant ä son etre, idenlique ä Osiris comme ä Esmun et ä Adonis ou ä Atys, que de Tun comme de l'autre cote la base des mysteres etait un dieu mourant et rappele ä la vie.
74. — Les trois freres celebres dans la mythologie ä Samothrace, les fils de Jupiter ou Dioscures, Jasion, Dardanus et Eetion qui, suivant une tradition, avaient fondö les mysteres de l'ile et de lä les avaient röpandus plusloin, etaient tout simplement les trois Cabires ou (premiers) Corybantes. Jasion, l'amant cretois de Demeter, ou ici de Cybele qui, — comme Atys d'apres une tradition phrygienne — fut tue par Jupiter au moyen de la foudre ou — d'apres la tradition des Cabires de Lemnos — par son frere Dardanus, parait avoir ete le meme personnage qu'Adam et Esmun ; peut-etre aussi son nom n'est-il qu'une autre forme grecque de la denomination phenicienne. En disant {->) que dans les mysteres avait ete revele le pere des Cory-
(1) Hippol. adv. haer p. 108. H8. Los Gnosliques y assurent que dans les mysteres Adam avait 6t6 rövelö aux iiiities textuelleirient et expressement {huppti^t^v) comme Thomme primilif ou le type divin de l'humaiiitö.
(2) Diodor. 3, 5-4.
bantes nesde la mere desdieux et fixes en Samothrace, c'est-ä-dire d'unc autre race deCorybantes, on nous fait penser aussitot ä ce Jasion, que Servius (i) regarde en effet comme leur pere. Comme la Samothrace ötait le receptacle oü les traditions et les cultes provenant des contrees les plus diverses, se croisaient, se melangeaient et marchaient de pair ici, il a pu arriver que dans le Service public, on rencontrait des noms et des rapports qui portaient d'autresdenominations dans le Service des mysteres, quoique leur forme et leur destinee fussent essentiellement identiques.
75. — Hermes-Cadmilos provenait probablement d'un autre culte, Importe peut-etre par les Pelasges Attiques et regu dans le Service des mysteres de la Samothrace. C'est ä lui,ä Hermes Chthonius et a Dyonisos, comme dieux des enfers que sacrifiaient les Atheniens dans Tun des jours des fetes mystiques floreales, pendant que tous les autres temples etaientfermes et qu'on n'offrait des sacrifices ä aucun dieu (2). Comme dieu ithyphallique, il servait dans les mysteres de Symbole ä cette idee que l'instinct generateur, cröant la vie, continuait encore dans le royaume des morts, et que le germe de la vie, se manifestant dans la passion de procreer, provoquait et garantissait le retour des morts dans le monde superieur ; et il parait qu'aux enfers, ce dieu ayant le pouvoir et la volonte de procröer, mais repousse par la deesse, devait se placer a cotc de Adonis-Atys-Esmun mutile qui ne pouvait repondre ä l'amour de la d(^esse.