‹ Paganisme et Judaïsme (volume 3)Chapitre 16 sur 28 · II parait qu'independamment des vt^ritables · texte numérisé non relu

II parait qu'independamment des vt^ritables

(1) Aen. 5, 111.

(2) Didym. ap. Schol. Aristop. Acharn. 107(3. Les deux dieux a rtconeilicr, Bioiifuouvtoi, doiit Anroniniis Liberalis fait mention, 6taicnt donc probablement Dionysos et Hermös. Comp. Steph. Thes. nov. Paris, s. V.

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mysteres samothraces, Ic Service mystcrieux de la grottc de Zerinthe a existe dans l'ile ; nous savoiis seulement qu'il se composait d'orgies et de sacrifices de chiens (i) et qu'il etaitrendu ä Hecate ; il ressemblait donc probablement aux mysteres d'Egine. Mais ces mysteres faisaient partie des plus celebres et des plus efiicaces que les Grecs aient connus. On a cependant pretendu que ceux d'Egine etaient plus indispensables, tandis que ceux de la Samothracc etaient particulierement veneres ci cause de leur baute antiquite {'-i). L'echarpe de couleur pourpre qu'on donnait aux inities, et que ceux-ci pliaient autour du corps (ö), semble avoir ete regardee commeun talisman protecteur contre les dangers, surtout contre ceux de la mer.

77. — Dans l'ilc de Lemnos, situee non loin de celle de Samothrace et babitee d'abord par une population thrace et plus tard par une population pelasgique, le Service des mysteres difl'erait en partie de celui de Samotbrace. Le culte de Hepbestos etait predominant ä Lemnos, d'oü les Atheniens avaient regu ce dieu ; les trois Cabiresde Lemnos qui formaient l'essence du Service mysterieux etaient issus de lui, dieu du feu et d'une deesse de la terre appelee Cabeiro (quelquefois aussi Lemnos). Hepbestos etait donc ici ce que Jasion etait ü Samotbrace ; Cybele-Üemeter s'appelait ici Cabeiro et Hepbestios rappelle laCrete absolumentcomme Jasion ; car les Cretois les connaissaient comme fils de leur Talos (4), c'est-a-dire du Baal-Molocb pbenicien, devenu populaire dans leur ile, comme Esmun fils de Sadic, dieu du soleil. En Egypte aussi, les Cabires

(1) Schol. Aristoph. Pac. 277.

(2) Schol. Aristid. iii, 329.

(5) Schol. Apollon. 1, 917.

(4) Pau.s. 8, 53, 2- Puisque Talos en tant que Moloch est ideiitique avec Cronos, Hephcstos s'appelle aussi (chcz Jeaa Lydus) fils de Cronos.

etaient fils d'un dieu correspondantc\Hephestos(i). L'un decesfils de Hephestos, Corybas,etait ici le dieu qui devait mourir par la main de ses freres qui firent sur lui ce que Typhon avait fait sur son frere Osiris et les Titans sur leur parent Zagree. Ce Corybas ou Kyrbas que Diodore prend pour un fils de Gybele et de Jasion etait doncAtys-Zagreevenere chezlesTliraces et que les Pelasges tyrrheniens avaient dejä recu des Sintiens thraces de l'ile. C'est lui qui dans l'hymne d'Orphee est invoque comme le grand roi de la terre tue par ses freres comme le Curete nocturne; il est, comme dit Pindare, le beau Cabire des orgies mysterieuses ne de Lemnos {'■2). On representait sa mort par la celebration des mysteres et la tradition rapporte que la tete de la victime enveloppee dans un drap de pourpre et ornee d'une couronne avait ete transportee sur un bouclier d'airain jusqu'au pied de FOlympe et y avait ete enterree, absolument comme d'aprt^s l'autre tradition les

(1) Photiiis (Lex. p. iOö.j appelle les Cabires de Lemnos fils lYUepliestos(car au lieii de H(p«<5-ro<, il faut 6videmment lire Htpctia-rou) ou Titans. Cette derniöre denoniination rappellequils firent a leur frferc ce que, suivant la tradition Ürplieique de Crete, les Titans firent ä Zagr<^e. On ajoute : aaty.ovi'z ix. A^f-^vov aiü ro ToXf^yifiot, riv yuvunciv f^iiiviX^'iyriT ce qui se rapporte probablement ä la tradition locale d'une aulre ville, qui parait etre Thessalonique ; on y croyait posseder le Vrai et v6ritable culte des Cabires d'origiae Lemnienne dont Temigration se rattachait k la tradition bien connue de l'assassinat des hommes par les femnies de Lemnos et eut nienie cet evenement pour niotif. Du reste on avaitcncore une autre tradition (chez Acusilaus [Fragm. Hist. Gr. 1, 100] et chez H^syclüus et Sleph. 15yz. v. Kußapiu.) suivant laquellejon intercalail ici Hermes Cadmilus ithyphallique comme fils de Hephestos et pöre des Cabires.

(2) Fragm. ap. Hippol. adv. hacr. 97. D'apres une autre vcrsion conservee chez Servius, il etait fils de Perstiphone, sans pere, c'est-ä-dire de Jupiter, dont la paternilö et Tidentite avec Hephestos etait probablement un secret des myslt;res de Lemnos. Pr6cisenient par cette circonstance Corybas s'identifie entierement avec Dionysos-Zagr^e.

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membres de Dionysos coupes en pieces avaient ete inhumes par son frere Apollon, au pied du Parnasse ou ä Delphes. Les deux freres, disait-on, conservaient dans une boite le membre viril du Cabire tue et le transporterent, comme signe et gage de la force vitale et genitale non eteinte, en Etruriechez les Tyrrheniens de ritalie issus de la meme race que les Pelasges tyrrheniens deLemnos; ils possedaient donc aussi la tradition d'un dieu tue et peuvent avoir eu les meines rapports avec le service des mysteres de Lemnos, que les Hosiens de Delphes avec le service de Crete. Corybas fut change en serpent par Demeter et continua ä vivre sous cette forme (i). — Ce trait est Sans doute empruntö ä la tradition des mysteres conservee dans les hymnes d'Orphee, avec ladifference que Demeter designe probablement ici Persephone ou Hecate,denomination provenantdela theocrasie fortement favorisee dans les mysteres, et 1' Artemis Brauronique equivalente ä ces deux deesses et particulierement veneröe ä Lemnos.

78. — Le culte de Lemnos etait appele de preference le mystere des Corybantes ; cenom etait appliquö aux trois freres comme etant identique au nom de Cabires quoiqu'un seul d'entre eux, celui qui avait ete tue , füt le veritable Corybas ; un poete posterieur, qui a beaucoup puise dans les traditions mysterieuses(2), les apppelle Alcon et Eurymedon. Le nom d' Anactotelestes qu'on donne ici aux pretres des mysteres de Lemnos, demontre egalement que les Cabires s'appelaient ici aussi Anakes, les seigneurs, et qu'ils etaient semblables aux Tripatores d'Athenes;

(1) Orpli. hynin. 39.

(-1) Nonn. Dionys. 30, iö, 59. II les appelle Corybantes et Cabires, fils du Cabeiro.

le Cabire qu'on invoquait ä Thessalonique avec des mains ensanglantees (i) n'etait autre queCorybas; on trempait, parait-il, les mains dans le sang de l'animal immole pour representer l'acte sangiant des deux freres.

79. — Le Service mysterieux de Thebes consacre ä Demeter-Cabire et a sa fille Cora dans un temple qui n'etait accessible qu'aux inities, parait avoir eu le plus d'analogie aveccelui deLemnos. L'athenien Methapos, qui s'occupait beaucoup des orgies et qui en changea quelques details avait importe ce Service ä Thebes. Les trois freres Cabires veneres ici etaient donc probablement les memes que les Tripatores d'Athenes ; seulement ceux-ci avaient ete refoules par le culte de Jacchos dans les Eleusines et semblent presqu'avoir ete effacös de la memoire du peuple. A Thebes ce fut Demeter qui remit a Ethaeos, fds de Promethee, la Cista mystique — deux gardicns mythologiques des objets sacres, correspondant ici aux noms Attiques de Keleus et Triptoleme. II ne fut point permis ä Pausanias de divulguer le contenu de la Cista ni la ceremonie qui avait lieu ä cette occasion ; probablement que c'etait le membre viril du Cabire tue.

80. — Les mystercs qu'on celebrait k Lerna en Argolide sur le lac Alcyonien vinrent de la Thrace comme d'autres mysteres orphiques ou au moins y arriverent aprös avoir passe par la Thrace ; on nommait comme fondateur Philamon de Thrace, fils mythologique d'Apollon. Dionysos, Demeter et Cora etaient aussi les divinites de la consecration et tout l'ensemble ne parait s'etre rapporte qu'aux enfers, k la descente et au retour de ce lieu sombre. On disait que Dionysos etait descendu dans le Hades en traversant le lac afin de ramener sa mere Semele. \\ ne s'agissait donc ici ni de sa naissance de Jupiter et de Persephone,

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ni do sa mutilation, ni de sa mort; cettc dernirro est remplacee par un voyagc en enfor. De meme que Ics Thyadcs reveillaient ä Dclphes Dionysos sejournam aupres de Persephone, de meme les Argives avaient l'habitude de Ic rappeler des eaux du lac en y jetant un agneau destine au gardien des portes des enfers. Le membre viril comme symbole de la force vitale et gage de son retour duHadesetait plante ici sur les tombeaux et Ics Grecs de cette contree avaient imagine plus tard, conformement a leurs penchants pederastiques, la sale histoire de Prosymnus, afin d'expliquer le symbole du membre viril et de se creer un exemple divin pour leurs vices (i). Tandis que les mysteres de Lemnos etaient encore ä peine mentionnes dans les temps posterieurs, ceux de Lerna se maintinrentprecisementjusqu'ulachutede l'institution paienne et des dames romaines de haut rang firent inscrire sur leurs monuments funeraires, a la fin meme du quatrieme siecle de notre ere, qu'elles avaient ete consacrees ä Liber, k Ceres et ä Cora non-seulement dans Eleusis, mais encore dans Lerna (2).

81. — Les mysteres de l'Isthme de Corinthe consasacres ä Melicerte trahissent leur origine exotique phenicienne, par leur nom et par leurs mythes. Melicerte porte le surnom grec Palemon (lutteur), et la fable grecque indique sa patrie en le disant petit-fils de Cadmus le phenicien par sa mere Ino : il etait le Melcarth phenicien, figure divine du soleil analogue ä Baal Moloch, et pour ce motif on lui offrait des sacrifices d'enfants dans l'ile de Tenedos (0); il etait tout comme

(I) Paus. 2,73,0. Clem. Alex. Protrept. p. 52. Tzetzes ad Lycophr. 212.

(2; Orelli, iuser. 23GI.

(5) Clem. Alex. Protrept. p. 10. Philostr. H(5roi(l. id, 4.

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Esmun le meme personnage qu'Osiris-Adonis. C'est encore le dieu niourant qu'on plaignait dans les mysteres de l'Isthme et on pleurait sa mort trouvee dans les flots de la mer (i). Les fetes tiraient meme leurs noms de la douleur qu'eprouvait la mere se lamentant comme Isis sur la mort de son fils. De meme que l'on plongeait tous les ans et au milieu de lamentations, Timage d'Osiris dans la mer et que la tete d'Osiris-Adonis nageait jusqu'ä Byblos, de meme le Corps de Melicerte fut transporte sur la terre de l'Isthme par un dauphin. On citait comme fondateur du culte de l'Isthme Sisyphus, fondateur fabuleux d'Ephyra (Corinthe) ou son fils Glaucus (2) ; comme tous deux sont les representants mythologiques de la plus ancienne navigation sur la mer de Corinthe, nous pouvons y voir un autre temoignage de l'origlne exotique de ce culte. Par contre, d'apres la tradition athenienne, les mysteres de l'Isthme qui ne s'etaient composes jusqu'alors que d'une fete nocturne en l'honneur de Melicerte, furent transformes, par le heros attique Thesee qui y ajouta des jeux de lutteurs, en une fete hellenique generale de Poseidon (0). Cependant Melicerte restait toujours le dieu du culte des mysteres, dont Plutarque dit, qu'en comparaison des jeux de lutteurs beaucoup plus attrayants ils n'avaient pas offert d'attraits particuliers. On pretendait que le dieu etait cache dans le sanctuaire qui se trouvait en ce lieu et qui avait une entree souterraine (4) ; on se le representait , peut-etre, dormant comme Dionysos Licnites ä Dclphes et on lui sacrifiait un taureau noir. Le deuil et les lamentations qu'on lui

(1) Clcm. AI. Strom, p 153.

{^2) Pliit. Thes. 2o.

(5) Plut. Thes, 25.

(4) Paus. 2, 2,1.

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vüiiait (Jans le culte isthmique ^taient probablement suivis d'une fete joyeuse pour celebrer sa resurrection. Si, suivant la fable, son pere Athamas fut le precepteur ou sa mere Ino-Leucothea la nourrice de Dionysos, ce qui fit entrer dans la famille la furie, la persecution et I'assassinat, il paraity avoir ici aussi au fond un antagonisme entre le culte de Dionysos-Menadien et celui de Melcarth le Phenicien. Du reste les mysteres isthmiques, quant ä leurs formes, peuvent s'etre rapproches davantage de ceux de Crete ; Caron cite comme une de leurs proprietes particulieres qu'ils etaient le mieux connus et qu'ils etaient par consequent de l'acces le plus facile (i).

8:2. — Comme la plupart des mysteres, ceux d'Egine ont ete fondes, dit-on, par Orphee et Origene pretend qu'ils avaient autant d'autorite que les Eleusines (2). C'est ä des divinites du sexe feminin qu'on rendait ici tous les ans un culte secret accompagnö d'initiations(3). La deesse principale etait Hecate (4) qui, sans doute, remplagait entierement Persephone comme deesse sousterrestre et reine du royaume des omhres; eile etait peutetre identique avec cette derniere puisqu'on l'appelait fille Deo du dieu fort (5). Quand Sophocle parle de la deesse sous-terrestre qui, conjointement avec Hermes, conduit les jnorts, il ne peut designer qu'Hecate, et cette denomination, comme tantd'autres chez les poetes tragiques, parait n'etre qu'une reminiscence des mysteres. Car Hecate ^tait une divinite hautement celebree

(l) Schol Arisliil. 111, 529. Dindorf

(-2) Paus. 2, 50. Orig. adv. Geis. 6, 290. Lucian. Neurg. lo. (5) Comp, riiiscriplion susmentionnee chez Orelli 2561 ; Sacratje ;ipud -tgyuam Deabiis.

(i) Schol. Theoer. 2, 12.

(5) Schol. Apollon. Arg. 5, 468.

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non-seulement k Egine, mais encore a Samothrace et probablement aussi ä Lemiios; on Jui rendait ä Samothrace, dans la grotte de Zerinthe, un culte orgiaqueet eile ne semble pas avoir ete distincte d'Axiokersa, c est-ä-dire de la deesse a laquelle Mnaseas donne le nom de Cora; daiis les dangers onavait l'habitude, nous rapporte-t-on , d'invoquer les Corybantes (Cabires) comme divinites de Samothrace (i). Or, ä Egine, oü il est question de deux deesses au culte secret, la seconde etait Sans doute Demeter ou mere de Hecate.

83. — Du reste les mysteres d'Egine prouvent une fois de plus que plusieurs traits de la fable grecque se sont formes dans le culte mysterieux, se sont repandus peu ä peu et ont ete generalement connus. Chez les Grecs un dieu de premier ordre n'est point revetu de la dignite de juge des morls, comme cela avait lieu chez les Egyptiens; c'est ä quatre heros, tous connexes avec le culte secret de leur patrie, que la fable grecque avait confie ces fonctions: Minos et Rhadamanthe, Triptoleme et Eaque. Si le plus souvent Minos est regarde comme le veritable juge des enfers, cela prouve de nouveau l'antiquite des mysteres cretois et Tinfluence orphique par laquelle se repandit la fable et le culte cretois; la circonstance que Rhadamanthe son compatriote lui etait adjoint dans ses fonctions, nous rappeile la meme source. Quant a Eaque, il etait favorise parce qu'il etait le heros national d'Egine et qu'il se trouvait en rapport avec les mysteres de ces contrees (2); Trip-

(1) Schol. Aristoph. Pac. 277.

(2) Parmi les Grecs, Piaton est, je crois, le seiil qui le cite comme ji!t,'c des iiiorts et surtout des Europt^ens, Gorg. p. 5:25. Les Romains nientioiuialent ses Ibnctions plus souvent: Ovid. Met. 15, 25. Hoi'at. Od. '■2, 15. 22. Le meme Piaton Apol. p. 52. connail Triptoleme comme un des juges de l'enfer.

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tolemc parvint ä la meme digiiite ü cause de ses relations avec les Eleiisinies.

84. — Les mysteres qui etaient celebres a Plilya en Attique en l'honneur de la deesse qu'onappelait la grande deesse (i) ; c'est-ä-dire de la vieille deesse de la terre et de la grande mere qui fut ensuite confondue avec Cybele et Rhea, remontaient, disait-on, ä la plus haute antiquite. On y possedait une celebre image symbolique dont Plutarque a essaye de donnerl'explication dans son ouvrage perdu sur Empedocle ; on y voyait entr'autres un vieillard aile representci d'unemaniere ithyphallique et poursuivant une femme ä tete de chien, fuyantdevant lui. C'est donc un Hermes Cadmus et une Hecate ßrimo ou Hecate Persephone representee , comme on sait, avec une tete de chien et dont les rapports mutuels avaient une connexite tres-etroite avec les mysteres de Samothrace.

80. — De meme que la ville d'Athenes surpassait toutes les villes helleniques en esprit, de meme ses mysteres, les Eleusines, jouissaient d'une preponderance sur toutes les autres institutions de ce genre; elles la devaient en partie a la reputation d'Athenes, en partie ä la pompe artistique et a la beaute pleinc de goüt de l'ornementation scenique, en partie a la croyance soigneusement entretenue ])ar les Atheniens que celui qui etait initie ici jouissait de la plus süre garantie de felicite en l'autre monde. Comme c'ötait la reunion de Dionysos avec les divinites des cereales Demeter et Cora qui formait le principal caractere des Eleusinies, on en chercha l'origine, en partie aumoins, en Thrace. C'etait une colonie de Thraces conduite par

(1; Hippel, adv. hxv. p. 144. Ici il faut lire Myoutv/, ju,eyoiX>;yofitci au lieu de r«T>jf AEyojt4£v>j5- (/.lya-M? af)y<«,,ct ä la place des iiiots corrumpus ((»^aia,? hvc^yta, pi 14j, il faut lire <p>.icca-lm opy<«j.

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Eumolpus, lui-mtJme, comme fils de Musee, mis genealogiquement en rapport avec Orphee^ qui les avait sinon foiides du moins developpes et perfectionnes; les Lycomides qui, du temps de Pausanias (vers Tan 450 apres J.-C), possedaient hereditairement les fonetions de Daduchie attachees au culte mysterieux, se servaient aussi d'hymnes orpheiques lors de l'initiation (i). Dejä du temps d'Aristophane et d'Euripide cetait une opinion generalement accreditee ä Athenes que les parties les plus saintes des myst^res provenaient d'Orphee; du reste on avait l'habitude de designer comme invention d'Orphee üu de faire deriver de lui tout ce qui dans les mysteres se rapportait au royaume des ombres et ä l'existence apres la mort.

86. — L'ensemble des Eleusines formait une serie de grandes fetes qui duraient au moins dix jours, et oü beaucoup de choses se passaient publiquement et au vude tout le monde; leur magnificence attirait toujours ä Athenes une foule d'hommes, de ceux-lä meme qui ne demandaient pas d'etre inities. La fete et le mystere etaient consideres comme institution de l'Etat et etaient places sous la juridiction de la republique. Le grand Conseil des cinq cents veillait ä l'observation des reglements ; d'apres une loi de Solon il s'assemblait tous les ans immediatement apres la celebration de la fete pour juger les delits religieux qui y auraient ete commis, Cetait une serie de purifications, de sacrifices, d'expiations, de danses dramatiques, de chants d'ensemble et d'orgies, qui reparties entre Athenes, Agree et Eleusis, avaient des rapports plus ou moins etroits avec la veri table action mysterieuse, c'est-ä-dire avec le spectacle religieux qui

(l)Paus. 1, 14, 4;9, 27, 2.

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representait la passion et les hauts faits des trois divinites. Beaucoup de choses se passaient en plein air et pouvaient etre vues de tout Icmonde, les ceremonies, par exemple, qui avaient Heu dans la prairie Thriasienne, ä la fontaine et sur le bord de la mer ; mais la partie secrete etait representee dans l'edifice mysterieux d'EIeusis, cet Anactoron ou Telesterion accessible seulement aux inities.

87. — Tout ceci etait place sousla directiondes quatre liturges, appartenant aux deux anciennes familles de pretres, des Eumolpides et des Kerykes, l'Hierophante, le Daduche ou porteur de flambeaux, le Heraut et l'Epibomius (serviteur d'autel). L'Hierophante qui etait assiste d'une Hierophante n'etait point un pretre ordinaire ; assiste des autres personnages et de quelques pretresses, 11 devait, par une serie de scenes artistiquement coordonnees qui excitaient violemment et tenaient les spectateurs en suspens par des surprises soudaines et par des contrastes frappants et bien calcules, representer les aventures de ces divinites, leur pouvoir miraculeux, les faveurs qu'elles avaient accordees aux habitants d'EIeusis et de l'Attique et les faveurs plus grandes encore qui etaient promises aux inities. C'etait ä lui de montrer les symboles et les Images sacreesqui etaient voiles et qu'on ne decouvrait qu'en certains moments; conjointement avec le Daduche, dont la fonction principale consistait ä porter le flambeau des sacrifices, il proclamait les preceptes et les forniules ou sentences sacres ; il entonnait aussi les hymnes: c'est pourquoi il devait principalement posseder une voix claire et sonore (i).

88. — II est probable que la culture des cereales n'a ete regue aux Eleusinies que plus tard. Dans le plus

(1) Philostr. Vit. Soph, 2, -20.

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ancien monumcnt de ce culto secret, riiymnc homerique a Demeter dont rautcur vecut un peu apres Hesiode, environ vers la trentieme Olympiade et faisait partie ou bien du corps des pretres des Elcusines ou bien des inities, il n'est nullement fait mention de la culture des cercales ; le poete decrit seulcment les peregrinations de la mere a la recherche de sa tille, les effets de sa colere et de sa tristesse re{>andant partout la sterilite, et la reunion des deux deesses, et il appuie particulierement sur cette circonstance que la deesse avait enseigne les sacritlces et les orgies aux heros d'Eleusis; voilä cc qui constitue le bienfait si grand et tant vante de Demeter, tandis que l'introduction de l'agriculturc n'y est absolument pour rien. Les deesses, sans la moindre allusion ä l'agrieulture, repandent les richesses dans les maisons des inities ; el~ les menacent de malheurs eternels tous ceux qui negligent de venerer Persephone par des sacritices et par des dons sacres. On decouvre facilement dans cette hymne l'intention de representer les mysteres des deesses des cereales comme une Institution originale qui n'a pas ete importee de Tetranger, mais qui a ete enseignee directement par la deesse elle-meme aux anciens heros du pays d'Eleusis. Tout dans ce poeme tend ä exalter Eleusis comme le siege de ses bienfaits et de son culte, comme la demeure choisie par la deesse et sacree par son sejour. II n'y est pas question de Talliancc d'Eleusis avec Athenes, alliance si importante pour le developpement des fetes mysterieuses ; l'influence etrangere, celle de Thrace^ou de Samothrace.autant que celle d'Athenes a donc ete repoussee ou bien acceptee seulement plus tard. II n'y a point de traces de Dionysos ou de lacchos, On voit percer l'intention de faire paraitre comme accessoire, posterieur ou etranger, tout ce qui fait partie de ce

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culte; cetait-la rinteivt des vieilles familles d'Eleusis opposöes a cclles d'Athenes oü Ton designait , (!omme auteur des mysteres, tantut Orphee, tantot Eumolphiis venu de Thrace ou les füs de celui-ci Phorbas et Inimaradus. II sc rattache an nom de Phorbas une tradilion particuliere d'apres laquelle les mysteres attiques pourraient venir de Samothrace ou de Lemnos, car il fut confondu avec Jasion, le fondateur fabuleux du culte de Samothrace ; comme amant de Demeter il avait ete tue par la foudre de Jupiter tout comme lui (et comme Attes).

89. — Par contre l'hymne ä Demeter, en pla^'ant Eumolpus cntre Keieus, Diocles et Triptoleme le presente comme Eleusinien de naissance et admis non aux veritables orgies et au culte secret de la deesse, mais seulement a l'accomplissement des sacrifices des cerdmonies publiques (i). Un poeme posterieur d'Orphee, par suite d'un Interet egalement local designe Eumolpus, Eubuleus et Triptoleme comme les trois tils de Dysaules et de Baubo, fils nes de la tene auxquels Demeter etait apparue (tJ), et Ister pretendait que ce n'etait point Eumolpus de Thrace (qu'on connaissait ä Athenes) qui etait Fauteur des mysteres, mais un autre du meme nom, petit-füs de Triptoleme natif d'Eleusis, On disait meme que 3Iusee, qui avait essentiellement participe au plus ancien culte d'Eleusis, etait, d'apres une tradition , ne dans cette ville ; d'apres une autre, il etait natif de la Thrace jö). En faveur des memes interets et des memes pretentions de familles Eleusiniennes, on inventa un ancien traite conclu a la suite d'une guerre entre Athenes et Eleusis, d'apres lequel

(1) V. Voss, ad Honiöre : Hymne pag. 159.

(2) Clcm. Alex. Protrept. p. G.

(5) Frag. H ist Gr. 1,-120.

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les familles de pretres de cette derniere ville devaient exclusivement posseder l'administration desmystereset des choses sacrees; on voit donc pourquoi il y avait un tombeau d'Eumolpus aussi bien k Eleusis qu'ä Athenes et pourquoi ensuite Ceryx, chef de la famille des Cerygiens, dut se faire passer k Eleusis, parmi la caste des pretres, comme fils d'Eumolpus — contre le voeu de sa famille qui pretendait descendre de Hermes et de Pandrosos l'athenien (i).

90. — Deux traditions setrouvaient donc enpresence: suivant l'une, les Eleusines constituaient un culte local, entierement original sur les lieux meme et institue directement par la deesse principale elle-meme; suivant l'autre, tout le culte mysterieux consacre aux trois deesses etait venu de Thrace, en passant par les lies situees sur la cöte de ce pays et meme encore par d'autres points intermediaires. Ce qui est certain c'est que les Eleusinies etait un culte tres-ancien et remontait jusqu'au de lä du temps oii les loniens emigrerent d'Attique en Asie-Mineure, car lors de cette emigration, les loniens apporterent avec eux ce mystere dans leur nouvelle patrie, en sorte qu'ä Ephese les vieilles familles patriciennes venues d'Ath^nes, les Celides et les Androclides resterent en possession des fonctions du sacerdoce. Mais on ne peut dire avec quelque certitude historique si de bonne heure dejä le culte de Dionysos a ete adjoint ä celui des deux deesses et ä quelle epoque environ cette reunion a eu lieu.

91 . — Dans les mysteres Attiques, Dionysos ou lacchos est le personnage le plus enigmatique; recemment encore on a nie de la fagon la plus absolue que facchos et Dionysos fussent identiques et ne fussent

(.1) Aiuiron daiisles Fragin. Hist. 11,351.

KT JIDAISME. :2i!)

Zagree ressuscite (i). C'est ainsi qu'unc inlelligeiice parfaite du culte des Eleusinies devient impossible et le fait, que Jacchos n'est autre que le fils ressuscite de Jupitei' et de Cora, est si completement demontre, que Ton peut Taccepter en toute assurance. Lucien dit que le dechirement de lacchos etait represente en pantomime (2), et nous apprenons qu'Athenes se distinguait precisement par le culte d'un Dionysos, qui n'etait point celui que les Grecs veneraient generalement, mais un plus ancien, fils de Jupiter et de Cora et que c'etait ä ce Dionysos et non ä celui de Thebes (fils de Semele) qu'ofi chantait l'hymne portant le nom de lacchos des mysteres (3). Sophocle, meconnaissant la difterence qui existe entre Zagree et lacchos, osa meme attribuer des cornes de taureau ä ce dernier (4) ; quoique ce ne fut pas Zagree le ressuscite, mais bien Zagree enfant qu'on representaitdans les mysteres, portant cetemblemeavantsamort. 92. — Le dieu mysterieux lacchos differait donc par lui-meme et par son origine du dieu du vin Thrace que lesThebains s'etaient approprie, en l'introduisant genealogiquement dans leur tradition nationale — au point que Ciceron, sans hesitation, prenait le premier pour le meme personnage que l'ancien Liber de ritalie,lequel formant un seul groupe avec Ceres et Libera, n'avait, Selon lui, rien de commun avec le fils de Semele. Strabonpartant du meme point devue, regardait comme deux etres differents Dionysos (de Thebes) et le Demon, chef des mysteres de Demeter ; car lacchos etait regarde comme le chef des choeurs (5) du cortege solennel

(1) Par exemplepar Pritsche: De carm. Aristopli. myst. Rostock. I8il, P.20.S. 99.

(2) Desaltat. V, UT. Ripont.

(5) Arrian. expetl. Alex. 2, 16, 3.

(i) Ap. Strah. iO, p. ifJS. — Co) Cic. N. I). 2, 2i.

dedie ä ce dieu et destine ä transporter la fetc des mysteres d'Atheiics h Eleusis. Cette Separation se montre de la maniere la plus frappante dans Aristophane (i): ici le fils de Semele joue le role d'un personnage ridicule, il est persiffle sur la scene et y doit entendre que les inities chantent des hymnes de louange ä lacclios. *J3. — 11 resulte des nombreux recits vagues et incertains des anciens, que les rapports du Dionysos mystique avec celui de Thehes ou (Va fils de Persephone avec le füs de Semele resterent pendant longtemps inexpliques dans les mysteres attiques et que la contradiction ne reeut pas de Solution ; les anciens ne surent dire comment tous deux etaient le meme personnage (^), ou bien, ils declarerent tout uniment, qu'ils etaient des Otres entierement diflerents. Mais plus tard la Version Orpbique, inventee pour lever la contradiction, prevalut: eile portait que Jupiter avait donne le ca^ur de Zagree ii manger ä Semele ou qu'il I'avait avale lui-meme, en sorte que le fils de la fille de Cadmus etait ne de la substance du premier Dionysos. En eff'et, dans les fetes de Bacchus on invoquait directement lacchos comme tils de Semele (ö). II s'y rattachaitensuite cette autrc doctrine que les hommes etaient nes des cendres des Titans, nourris avec les membres de Zagree. C'est pourquoi lameilleurepartiederhomme, la partie spirituelle etait d'origine Dionysienne (4).

(1) 'a'v («uirrjjpiov) rii? riXiTy,? ou uovov ^ofium^, ctXXu y.cti 'ilufx,»? >iv 0 Aiovva-c?, clit Ic scoliaste ii Aristopli. Kan. 3-43, en oxpliquant ainsi l'expression de Strabou oi^X'^i"/^^'''!^- Strabon appelle lacchiis le « denioii, » c'cst-a-dire en general un etre diviii, coiume les Cabire^ etaient appeles ^a.ly.ovi? Trepi tüv Viäv. Etyni. Giul. p. 289. On n'aurait dune pas dii reconnaitrc dans ce passage du geotiraplie un g(5nie des mysteres inconnu dans toute l'antiquitL'.

(2) Comp, les opinions du scoliaste ä Arisloph. Ran 3-4. (5) Scliol. Arist. Ran. 480.

(i) Deu Chi ys. Or. 50, 530.

KT JLDAISME. 'ioi

Nonnus nKntiüiine une troisienie forme, mais uii in; l)cut savoir avec certitude si olle a penetrc dans les Elousinics ou si eile est restee en dehors; suivant lui, le fils de Semele, ne du coeiir du prcmier Dionysos ou de Zagree devint par une violencc exercee sur hi Titanide Aura en Phrygie, pere du troisieme Dionysos, du lacchos des Eleusinies, auquel les Atheniens rorident le meme culte qua Zagree et au petit-fils de Cadmus (i).

94. — La circonstance que l'liymne orphique represente lacchos des Eleusinies comme androgyne {-i}, s'accorde parfaitement avec ce que les Asiatiques disent de leurs dieux analogues. Les Phrygiens appelaient leur Attas le sterile, et le representaient comme mutile; Agdistis, le joueur de Hüte ne de l'amandier comme il est appele dans l'hymne d'Hippolyte, etaient androgyne; Üsiris et Corybas de Lemnos n'avaienl pas de membre viril ; Adonis apres son rappel a la vie etait, dit-on, egalement androgyne. Par leur mort ils etaient devenus dieux du monde infernal ; bien qu'ils representassent l'idee de la continuation de la vie apres la mort ou plutot de la possibilite de reveiller la vie, ils ne devaient cependant plus procreer eux-memes; au contraire, comme ressuscites, ils vivaient Sans avoir de sexe. lacchos n'etait donc pas l'epoux de. Persephone ou de Demeter, ni le meme personhage que Pluton; trois idees, parait-il, sont representees

{\) NouiuDionys. 24. -iS^iSjSöS. sq. Dans ce tableause trouvelexplicatiou de röpinion eraise par Scoliaste a Aristid. p. 213, que Jaccluis (Vapres le dire de qiielqnes-ims, (5tait le fils de Dionysos, c'cst-a-dii'e de celui de Thebes.

(2) Orph. Hymii. -42. lacchos comme etre androgyne est appele ki.\Jist's, dansle temple d'Eleusis ou dans le culte mystiquedes Phrygiens il selivre auxplaisirs, avec la mere (.\ttes) ou en Chypre avec Aphrodite (Adonis), ou en Egypte avec sa merc Isis (Osiris)

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par les trois divinites mäles des enfers: la veritable puissance de la mort, par Pluton ; la force generatrice, continuant meme dans la mort, par Tlthyphallique Hermes ; le rappel ä la vie et la nouvelle existence sans sexe par lacchos.

95. — Si nous passons maintenant k l'histoire de la marche et du contenu des mysteres attiques, dans leurs details, nous voyons, en effet, que beaucoup de choses sont restöes obscures et incertaines. Cependant nous pouvons encore en determiner les principales parties. II y avait au fond trois drames mystiques differents entr'eux, mais connexes quant au fond, separes les uns des autres par le lieu et le temps de leur objet et appeles Eleusinies dans un sens plus etendu ; les preparatifs necessaires, les sacritices et les processions en formaient toute la solennite ; on les appelait Eleusinies quoique les deux derniers fussent seulement representes äEleusis; tandis que le premier, au contraire, l'etait ä Agree pres d'Athenes. II fallait au moins deux ans pour pouvoir assister aux trois drames,

96. — On commencait l'acte par la proclamation publique, que les hommes impurs, c'est-ä-dire, ceux qui n'avaient pas encore expie les crimes graves, notamment celui d'avoir verse le sang, ainsi que tous ceux qui n'etaient pas grecs, etaient exclus des mysteres. La celebration des pelits mysteres d'Agree, qui servaient en meme temps de preparation puriticative ä la participation aux grands mysteres, eut lieu au mois d'Anthesterion (fm de Fevrier et commencement de Mars) ; on les appelait les mysteres de Persephone (j) et quelquefois de Dionysos (-2). La naissance de ce dernier, qui

(1) Hippok adv. liaer p. H6. Scliol. Aristoph. Plut. 846.

(2) Steph. Byz v. Ayfos '. tu f^iKfu jKvc-Tijptu - f^i/titjua rZv Tiioi TOI- Atc'jvs-ov. Ce sont t« Tiu,vu r^i Köf/is u'J7-ri;oiu\ Demeter vint

ET JUDAISME. :2o3

tut engendre par Jupiter transforme en serpent, et par sa propre fille Persephone, semble avoir ete le premieracte de cette partie du culte secret. Tatien cite Eleusis et le serpent sacre pour prouver I'inceste du pere avec la fille (i). Cet animal qui jouait, en general, un grand role dans tous les mysteres etait donc ici le Symbole de Jupiter et de ralliance qui fit naitre Zagree. On representait ensuite, par pantomime, comment les Titans tuerent et dechirerent le jeune dieu et comment Jupiter se vengea des malfaiteurs (2). C'est ä cette partie des mysteres que semblent se rapporter les paroles de Clement qui dit que l'Hierophante devait eteindre le feu, et le Daduche eloigner les flambeaux, parce que la lumiere devoilait la honte de leur lacchos (3). II faut supposer, avec d'autant plus de certitude, que la fable de Zagree orphique de Crete etait reellement representee par celle du sort tragique de l'enfant. Les symboles enumeres par Clement et exhibes dans cette partie des mysteres, des des, des ballons, des toupies, des miroirs, des pommes, sont, dit-on, lesjouets dont les Titans s'etaient servis pour attirer l'enfant ä eux, afin de s'en rendre maitres.

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