‹ Paganisme et Judaïsme (volume 3)Chapitre 17 sur 28 · Le troisieme acte des petits mysteres parait · texte numérisé non relu

Le troisieme acte des petits mysteres parait

avec Demetriiis ä Äthanes pour les c^lebrer, comrae il est dit dans !e chaiit ithyphallique d'Atheiie (6. p. 233, 11, 471, Sclnvgh.) Si Noiinus, (27, öOö) bien au couranl des affaires de Dionysos dit qu'Athenes apres Bacchus de L6na entonuait le rhytme phrygien en Thonneur de Dionysos d'Eleusis, il a exactenient indique l'ordre des temps; ces Lenees, la föte de Dionysos " At/^yun etaient cel^brös au nioisGam^lion, par consöquentdans le mois precödent ; ensuite veuaient les petits mysteres qui suivant ce t^moignage se celebraienten Thonneur de Dionysos, (i; Talian. p. 58, Otto.

(2) Comp, le passage precite de Luden sur le decliirenicnt de Jacchos et le passage susnientionne de St6ph. de Byzance.

(3) Clem. Alex. Protrept. p. 6.

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avoir eu pour objet Ic rappel a la vie par Demeter de Zagree tue, duquel les restes avaient ete inhumes par ApoUon. Car üiodore qui rapporte que la deesse avait rassemble les mombres epars, ajoiite que l'evenement ('tait represente ainsi dans les cerenionies des mysteres qu'il ne pouvait cepcndant pas reveler aux profanes (i). Mais Demeter accomplit le reveil de lacchos, uon-seulement en rasscmblant ses membres, mais encoro en donnant le sein a l'enfant et en lui infusant j)ar le lait divin une nouvelle force vitale; les passages de Suidas, de Lucrece, et d'Arnobe ne laissent aucun doute a cet egard {-2).

98. — Six mois apres, au mois de Boedromion, c'est-a-dirc, a la fin de Septembre ou au commencement d'Octobre on celebrait les grands mysteres ou ceux de Demeter, les veritables Eleusinies dans un sens plus etroit; mais ceux-ci etaient encore divises en deux consecrations, separees pour les inities par un espace de temps plus long. D'apres une opinion controversee de Tertullien (3), il faudrait supposer que les inities qui avaient dejä participe aux petits mysteres et a la premiere partie des grands mysteres, ji'etaient admis que cinq annees apres a la derniere consecration finale, l'Epoptie. Si teile etait la regle (i), on faisait assurement lieaucoup d'exceptions

(l)Diodor.5,GI.

(2) Chez Suidas losx^«? est expliqiK^ ainsi : Aiowc-o? iTtnai ^o-^tm. II rösiilte du passage de Lucr{;ce, 4, 1161 : Agetniiiia et niammosa, Ceres est ipsa ab laccho,— que Demeter 0 cau&e de lacclios est i'cpresentee avec les seins forts et pleins (cf. Ariiob. 3, 10, p. 155. Ochler), et lacchos par la menie raison est appele dans les liymnes orpheiques, 52, 9, ^Tto hoXtfio?.

(5) Adv Valent. 1.

(i) Scliol. Arist. Ran. IVt ne donnequele terrae d'une anneejusqu'ä J'Epüptie. Comp Lencra quest nat. 7. öl.

ET JUIIAISME.

eil faveur d'etrangt'i's notablcsou puissants. L'AgjjrauiCf, rassembk'C des inities qui avait liou le preniier joiir, t'ormait l'introduction aux grands mysteres; le Icndciiiaiii a la suite du cri : inilies ä la mer! on sc rendait au bord de deux lacs sales consacres aux deux deesses et situes pres de la mer, pour faire une ablution. Apres des ceremonies de sacrifices assez longues, avait Heu la procession de jubilatioii qui suivait la route sacree, longue de quatre lieues, et transportait lacchos ressuscite d'Athenes a Eleusis; par cet acte la feie passait de la premiere de ces villes dans la derniere. En chemin, au passage des rivieres on procedait ä de nouvelles ablutioiis ; sur le pont de Cephise on se livrait ä ce qu'on appelle les Gephyrismes, c'est-ä-dire ä des forces extravagantes, a des taquineries et ä des railleries.

99. — L'acte mysterieux d'Eleusis avait pour objet l'histoire de Demeter et de sa fille; lacchos devenu adolescent, etait maintenant Paredros (i) (participant) et compagnon de la deesse, ä laquelle il devait sa vie nouvelle, comme Attes ou Adonis ressuscite, et etait regarde et represente comme Paredros et favori de Cvbele ou d' Aphrodite. La premiere representation dramatique etait l'enlevement de la jeune deesse. Kora en cueillant des tleurs dans la prairie est enlevee par Pluton ou Hades qui sort subitement de terre et la conduit dans son royaume. C'etait lä probablement le moment mentionne, par un auteur chretien posterieur, oü le sombre precipice, par lequel on les conduit dans le monde souterrain, s'ouvrant devant les spectateurs effrayes, oü I'Hierophant (representant Pluton) se trouvait seul avec la pretresse (representant Persephone) dans l'obscurite et oü toute l'assemjjlee allendail ma

(1) Pindai'C, Istli. 7, 3, ;ippelait dt^jii aiiisi Dionysos.

salut de ce que ces deux personnages faisaient ensemble dans cette nuit artificielle (i).

Ensuite 011 jouait la peregrination de Demeter ä la recherche de sa fille; la douleur et les lamentations de la möre desolee.Des initieseux-memesprirent une part active ä cet acte en brandissant les flambeaux et encourant toute lanuit dans laplaine Thriasienne sur la cöte du golfe d'Eleusis, comme s'ils cherchaient la deesse Cora(^2).

100,' — Demeter revient tristement k Eleusis, se repose ici au bord d'une fontaine dont l'approche est, par consequent, defendue aux inities et trouve une distraction en regardant la conduite ehontee de Baubo et de lacchos. Clement rapporte que ceci avait reellement ete represente; nous avons de bonnes raisons de prendre cet auteur pour un initie, puisque son ouvrage n'^tait point ecrit pour des chretiens, mais pour des pa'iens et cela ä une epoque oü le danger qui environnait les chrötiens devait rendre ceux-ci doublement prudents dans leurs assertions (s). Peut-etre que c'etait une ancienne coutume particuliere et religieuse de montrer une femme ä l'etat naturel sans le moindre vetementdestinöe, selonladoctrine d'Orphee, ädistraire la deesse affligee. On rencontraitaussi cet usage chez les femmesegyptiennes lors de la fete de Bubastis, tille d'Isis qui a par consequent des rapports tres-intimes avec la Demeter grecque (4). Les autres circonstances,

(i) Aster. Enconi. Meart. dans Auctar. ßibl.P. P. 11, 195.

(2) Lactant.Instit. 1,21,24. Stat.Silv. 4,8,50.

(3) Clem. AI. Protrept p. (5. Fritsche {Aecürm. Aristoph. myst. p. 3!.) a (i6jä expliquö comment Amöbe (5, 23) qui copie ici Clement avait pu commettre l'erreur relative ä lacchos.

(i) Herodol. 2, (iO. Les fenimes de la Lycie paraissent avoir eii la nienie coutume, car Phitarqiie (de niul. virt. vii, !8. Rok.) raconte d'elles, qu'elles ont calmi^ la colere de Postidou uuoiFUfioiuivc.i toÜs ;ii<r«y((rx<)W5' et pröserve ainsi leur pays d'une inondatioa.

ET JÜDAISME. :2o7

concernant les gestes de lacchos et de la fable qui s'y rattache etaient probablement inventees de la meme maniere et apres coup, comme cette tradition obscene de Prosimus de Lernaqu'on avait imaginee pour expliquer le Symbole de Phallus. Du reste les inities, qui jusqu'alors, et d'apres l'exemple de la deesse, avaient jeüne pendant neuf jours, buvaient maintenant aussi comme eile, la boisson melangee (Kykeon), ce qui leur donnait en meme temps le droit d'etre admis ä la consecration finale.

101. — Mais un autre acte semblable representedans les mysteres sc rattachait k i'apparition de la deesse ä Eleusis: c'etait cette tradition de Crete et de Samothrace que Demeter s'etait prostituee ä Jasion, et que la naissance de Pluton en avait ete la consequence ; les Eleusiniens s'etaient appropries cette tradition en ce sens qu'ils avaient remplace Jasion par le vieux h^ros local Keleus, dont la maison avait servi de refuge ä la deesse. Afin de le remercier, dit-on, pour les renseignements qu'il lui avait donnes sur l'enlevement de sa fille, eile s'etait prostituee k lui en repetant les gestes de Baubo. Cette circonstance etait egalement ecrite dans les vers orphiques (i), et un homme qui devait le savoir pour l'avoir vu affirnie dans deux passages de ses Oeuvres que de son temps encore (vers 351 apres J.-C.) cet acte fut represente k Eleusis (2).

(1) Comp, le vers de Gregor. Naz. Or. 4, opp. Paris 1779, i, 141. — Cfxi explique les bienfaits meritionnes par Socratc (l-aiieg. 6, p. 59), et accordös par Demeter aux ancetres, bienfaits dont on informait d'autres personiies que les inities. Socratc les distingue express^ment de la reniise du hU.

(2) L. c. p. 679. Lobeck, Aglaoph. p. 824, a les deux passages raais dans le dernier 11 a omis les mots: «««' iironlv tyi ctirxK. /^'Otuv>iv uva-T'/ifiK}'!. II faut dire -sroie?, en sorte que l'orateur coupe sa phrase en faisant reinarqiier qu'il est bonteux de donner une deseription plus

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102, — La reunion de la mere et de lafille n'avait pas lieu dans Ics mysteres commedans l'hymne homerique oü Pluton, par ordre de Jupiter, donne a son epouse la permission de remonter dans le monde superieur; au eontraire, dans les Eleusinies, Demeter, conduite par le Saint enfant, descendil dans les enfers et lacchos lui fit voir la couche nuptiale consacree de Jupiter sous-terrestre {i): C\6menl fait mention de cette descente de Demeter en ajoutant l'observation que lors de la representation on avait fait descendre des porcs en meme temps que la deesse (2) ; voilä la raison pour laquelle Herodote confond Isis et Demeter , laquelle, en Egypte, etait reine des enfers conjointement avec Osiris et pourquoi Eschyle, partant du meme point de vue, pretendait qu'Artemis qui passait pour la Buhastis egyptienne, la.fille de Isis, etait la tille de Demeter.

103. — Cette descente de Demeter dans le Hades et la reunion de la mere et de la fille qui s'y rattache, parait avoir ete un des objets de la troisieme partie principale des mysteres attiques ou du deuxieme drame Eleusinien, l'epoptie. Par cet acte l'enfer et ses habitants constituaicnt dans la derniere et sans doute la plus brillante representation scenique qu'on otfrait

exactcdu ni\ störe nocUinie. — Probablemeiit, cc passage de riiynnie or- I)hiqi!e ä laniere Aiitca (Dc'möter) oü il est dit que succombaiit ä un cldsir moriel, eile avait niis au monde Euhulus, se rapporte ii sa liaisou avec Kelius.

(1) Orpli. hynin. 40. v. 6. niais oü le nom /^va-avXoZ est ajoute seulenieiit par ic nouvel t'diteur. Le texte de Genner est celui-ci ^wV«y vcf

(ducrxyvijl) Tttxid röiyvov oüy,yy!TyjfU. Ac«%a5(r«. Lc gairou qui sei't dc

gardc dans los enfers est evidcmmenl Jacclios et n'est pas fiere de Dysauliis. 11 s'appcUe ^yvo?, itrobablemcnt parcc qu'il reste pur de ra?uvre d'Aphrodite.

(2) Protrept. p. i.4.

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aux spectateurspour couronner rensemble. Athoncs artistique, parait avoir mis a contribution, ici surtout, toute la richesse de sos ressources theätrales et artistiques, en sorte que rimpression que cette vue laissa dans l'äme des spectateursetait profonde et inefiacable. 3Iaintenaiit on comprendra la description de Plutarque (i) : D'abord peirgrinalions et courses jx'iübh's el royages pleins d'angoisse et sans succhaumilieu de Cobscurite ; puis avant la fin meine toutes sortes de terreurs, de frissons et de trem})hments, de sueurs et d'angoisse ; ertsuite i'clate une lunüere niiraculeuse; des conlrees riantes et des prairies nous accueillent ; noiis entendonsdesvoix, nousvoyons des danses et nous recevons rimpression de paroles et d'apparitions sacrees. C est puiiiniuoi Himerius parle du desir de joulr du fea Eleusinien, qui avait attire Anacharsis le Scythe Vers les mysteres. La circonstance qu'on montrait d'abord aux speclateurs les terreurs des Tartares rehaussait encore l'effet que devait produire la vue des joies et des jouissances destinees aux deesses et aux inities.

104. — Deux faits de la derniere partie principale des mysteres attiques, de l'epoptie, sont parvenus jus- (ju'anous, mais il est incertain qu'ils aient ete intercales dans Tensemble. Le promier est cette proclamatiou de l'Hierophante: la sublime Brimo a mis Brimeus au monde, cest-ä-dire la femme forte a fuit nailre l'homme /ort {'■2). La Version, tiree d'une anclenne source (ö), que ßrimo etait un nom de Persephone, est ainsi constatee, car il ne peut etre question iei que de la naissance de Zagree lacchos ; on peut penser que dans l'epoptie seulement, lors de la rencontre du üls et de la mere, on

(1) Plut. de ariima, fragm, 6, 2, v. Ho. Wyttoiib.

(2) Hippolyt. adv. liaer. JJ5.

(ö; Etymol. 111 p. -213, 4t).

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ait encore une fois solennellement mentionne cette circonstance qui s'etait dejä produite dans les petits mysteres.

105. — Le deuxieme fait provenant de la nieme source est celui-ci : comme objet grand, admirable et parfait de contemplation mystique, on montrait aux assistants un epi coupe en silence. Ce symbole, comme le temoin en fait aussitot l'observation, etait emprunte au culte phrygiendes dieux. Les Phrygiensappelerent leur Attes (i) l'epi jaune coupe, comme ils l'appelaient aussi le mort ou le sterile, et Adonis egalement portait le nom d'Abuba, l'epi (2). On le montrait donc comme le Symbole du dieu prematurement tue, mais portant en luimeme le germe d'une vie semblable ä l'epi renfermant la semence, et c'etait \k sans doute aussi le symbole de l'immortalite assuree aux Epoptes.

106. — Les objets sacres, qui se rapportaicnt aux trois divinites et k leur histoire, qu'on montrait dans les caisses mystiques et qu'on touchait ä tour de role, etaient d'une haute importance dans les mysteres attiques ; plusieurs de ces objets furent donnes aux inities, soit pour en jouir de suite, — une espece de communion — soit pour les conserver comme souvenir ou comme amulette. C'etait lä l'acte d'initiation. Dans les grands mysteres c'etaient diverses especes de gäteaux, de patisseries de differentes formes, du sesame, de grains de sei, de pommes de grenade, de petits bätons, de lierre et de pavot (0) — ce dernier probablement en memoire de la guerison que Demeter avait operee par ce moyen sur Triptoleme malade ; la grenade parce qu'en en mangcant Persephone s'etait liee

(I) XAaeppov (j-tu^um c(u.>;BiVTiy, Hippolvt. p. 118.

{"2) Hesych. 1. v. Comp. Jabloiisky, opiisc. HI, 108. (3) Clem. Alex. Protrept. p. 6.

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au monde sousterrain; le lierre comme atiribut de Dionysos ; les grains de sei et la patisserie comme signe de la meilleure maniere de vivre et de la plus douce nourriture que Demeter avait introduite.

107. — Les formules citees par Clement devaient etre prononcees par chaque initie ; elles servaient, parait-il, de derniere epreuve decisivepar laquelle lesinities furent reconnus comme tels et admis ä l'epopsie. Elles etaient composees ainsi: j'ai jeüne ; /ö^ hu la boisson (le kykeon) ;j'ai pris dans la caisse ;j'ai file ;j'ai mis dans le panier et transporte du panier dans la caisse {i). Aussi la ceremonie de filer la laine parait avoir ete une Imitation de ce que Demeter avait fait durant le temps de son deuil (2) et avoir eu certains rapports a la civilisation de la vie et du travail domestique, se rattachant au nom de la deesse.

108, — On montrait aussi le Phallus dans les mysteres attiques ; Tertullien le dit positivement (5), et Diodore confirmant son assertion assure que ce Symbole etait venere non-seulement dans les fetes de Dio-

(1) Epv«5-«^£vo5-, que Lobeck et tous les modernes apres hii ainsi que 0. Müller et Preller veulent remplacer par lyyiuiT-ci/i/.ivo?; mais je crois que ce niot est un««'''«! Myof^iyov, chez Polybe 7, 15, 7. il s'appüque au sang; aurait-on eniployö dans la fornuile permanente desmysteres un mot dont on nese servait que fort rarenient parmi les saints symboles des Eleusinies ? II y avait selon Epiphanius (opp . 1, 1092) epix i%n ^v«-^£v;j,ä laine travaill^eoufilee; ifyci<rüu.i')o? est donc expliqu6 ; car dans les pelits mysteres il y avait de la laine de mouton hrnte [■jiÖko?) que certainerarnt Lübeck aurait egalement voulu mettre de cOtt^ en changeant de texte. Or, si dans les derniers mysteres ou ^poptiques, la laine filee etait un des symboles, il est clair que dans la cons^cration precedente, les inities avaient pris de la laine brüte dans le panier, qu'ils avaient imit6 le filage elensuite place lalaine dans la caisse.

(-2) Elle avait enseigneles travaux manuelsaux femmesdela maison. Hymn. in Ger. 144.

(5) Teit. adv. Valent. I.

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nysos, mais encore dans toiis les autres mysteres (i). C'etait probablement dans les petits mysteres que Ton decouvrait le Phallus, le seul membre de Zagree mutlle qui ait echappe a la fureur des Titans et que l'on conservait dans la caisse mystique sous un nom symbolique, absolument comme le membre d'Osiris et celui du Cabire tue par ses freres. La grande masse des paiens n'avait, k aueune epoque, l'habitude de se sentir choquee de cettefigure ; habituee des leur jeunesseä la vue des statues de Mercure et autres Images semblables, l'imagination desGrecsn'en etait pas faeilement excitee. On n'y voyait que le Symbole de la nature procreatrice, et pourquoi, ce qui frappait les yeux partout et tous les jours aurait-il du paraitre choquant dans les mysteres ?

109. — A la ün, quand les mysteres epoptiques etaient termines, les fetes des Eleusiniens redevinrent publiques et panegyriques, comme elles avaient commence; il y eut des festins de sacrifices , des combats de taureaux et d'autres jeux publics; le vainqueur gag«ait un vasc d'orge sacree. L'ensemble des fetes fut clos par les Planochok's; ce jour la on remplissait deux vases de terra et d'eau, et on les vidait Tun vers l'Est l'autre vers rOuest (2). La formule mystique qu'on y employait (r>), etait probablement celle que Proclus et Hippolytes (i) ont rapportee: Fais pleuvoir, fais nallre. On prononce les Premiers mots en regardant le ciel, et les autres en baissant le regard vers la terre.

110. — Si nous jetons un dernier regard sur le triple drame des mysteres attiques, nous nous expliquons faeilement pourquoi les premiers etaient appc-

(1) Diod. 4, 6.

(2) Aristid. I, 417. Ai'teniid. Oneirocrit. i, S. Pliit. Quakst, sympos. 2, "1.

(3) Athen. 11, 496.

(4)Procl Comm. in Tom. p. 293. Hippol. adv. haer.

ET .n DAISMF. '2^^)

les tantuipetits mysteres tantot mystercsde Persephone et tantot mystorcsdeDionysos; pourquoiensuite les anciens s'exprimaient süuveiit sur ces mysteres comme s'ils avaient ete ccuxde Dionysos, lesquels, comme nous l'avons deja demontre, n'existaicnt pas comme Institution independante, ik moins qu'on ne les prennentpour les Sabazies celebres ca et la en Grece, comme entreprise privee et dont le dien etait confondu avec Dionysos. Dans le sens propre et plus etroit, les mysteres de Dionysos ä Agree ne pouvaient certainement pas etre comptes au nombre des Eleusiiiies; ils n'etaient pas celebres dans cette ville, mais k quatre lieues de la et qu'il y avait un intervalle de six mois entre la celebration de ces mysteres et celle des Eleusinies. 3fais eile servait de preparation ä cette derniere; la fable de l'une comme de l'autre avait des rapports intimes et on n'admettait a Eleusis que ceux qui avaient ete admis ä Agree. Or, on voit maintenant que Clement, dans sa description des mysteres, oü certainement la distinction et la suite des divers Services secrets sont obscures ä la premiere vue, et ont donne lieu h beaucoup de malentendus, a pu mentionner d'abord l'enlevement de Cora et y rattacber immediatement les mysteres de Dionysos-Zagree. Ceux-ci u leur tour lui fournirent l'occasion de s'emparer du culte de Lemnos qui presente beaucoup d'analogies avec ce dernier, apres quoi il retourne aux Eleusinies et a la recherche de Demeter. En deliors du culte des Cabires de Lemnos, que cet auteur a intercale dans sa narration, tout le reste ne forme qu'un ensemble et constitue la description de tout le cycle des mysteres atheniens d'Eleusis.

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