Les grandes fetes nationales, communes a tou
(1) Paus. 5. 16, 2. Strab. 278.
(2) Plut. coiijug pi tece. c. 42.
(3) Plut. ap. Eiiseb. praep. evang. 5, 1. p. 85.
ET JLDAISME. 527
teslespopulations helleniques,etaientcelebrees tous It'S quatre ans a Olympie et ä Delphes, et tous les deux ans a Nemee et sur risthme de Corinthc. Pausanias pretendait que les Olympies d'Elis etaient apres les Eleusinies les plus magnifiques fetes de la Gröce. C'etait ici que des envoyes de toutes les villes helleniques sacrifiaient en commun a l'autel de Zeus; mais les ceremonies principales dans celle-ci comme dans les Irois autres fetes etaient les jeux de combat. Les jeux pythiques consacres a ApoUon Pythique, dans la plaine de Crissa, non loin de Delphes, etaient primitivement celebres par des concours musicaux, puisqu'ils s'adressaient au dieu protecteur de la musique; mais de bonne heure dejä on y ajoutait des lüttes gymnastiques et des tournois ä l'instar des jeux olympiques. Dans un bois sacre pres d'Argos, et plus tard ä Argos meme, on celebrait les jeux nemeens en l'honneur de Zeus Nemeios; la fondation des jeux isthmiques, consacres ä Poseidon, etait attribuee ä Thesee et sous la protection de la ville de Corinthe, si riebe et si favorablement situee, la fete etait tres-frequentee et avait une vogue teile, que la destruction de la ville par Mummius ne put pas meme l'interrompre, Une treve de dieu, ou un mois sacre, protegeait les voyageurs qui allaient k ces fetes ou en revenaient. Tous les quatre ans, durant quatre jours, les Atheniens celebraient de la meme maniere leur fete principale, les Panathenees, en l'honneur de leur deesse tutelaire. Le principal objet de toutes les ceremonies, etait la robe de safran qui, tissee par les femmes attiques pour l'image de la deesse, etait portee processionnellement dans le temple de la citadelle. Le cortege etait forme avec tout le luxe qu'on savait etaler ä Athenes; on portait toutes sortes de vases d'or et d'argent: les habitants des deux sexes, de toutes les conditions et
de tous les äges, dcpuis les enfants jusqu'aux vieillards, dont on prenait les plus beaux, y prenaient part (i). On celebrait d'une maniere analogue, ä Delos, la feto d'Apollon et d'Artemis : tous les habitants des iles environnantes s'y donnaient rendez-vous avec une deputation solennelle d'Athenes (i>).
51. — Le cycledesfetes d'Athenes, que nousconnaissonsdelamanierelapluscompletejnousdemoritreclairement que le Paganisme hellenique pouvait trouver toujours matiere pour de nouvelles fetes ; la tendance des Grecs d'employer a des fetes et ä des rejouissances les choses les plus futiles et meme celles qui ne pretent a aucuneidee spirituelle ou religieuse, etait extremement forte. L'liabillement des Images divines, lenettoyageetle lavage desornements des imagcs divines, sont transformes en veritable fete dans les Callynteries et dans les Plynteries. Dans cette derniere fete, le temple d'Athene etait ferme par les femmes aumoyen d'une corde dont on l'entourait, puis on depouülait la stalue de la deesse de ses habits et on la voflait jusqu'ä ce qu'elle put se montrer de nouveau dans ses robes lavees ä neuf (ö). Personne n'osait rien entreprendre ces jours Ici. A la fete de Scirophories, l'acte principal etait une procession oü les Eteobutades portaient un grand parasol, en souvenir de ce qu' Athene avait la premiere invente cet Instrument pour se garantir des rayons du soleil (4). Ce fut ä Athenes aussi que l'on jugea necessaire de celebrer une fete commemorative, les Hydrophories, en l'honneur de ceux qui, il y a quelques milliers d'annees, avaient peri dans le deluge deDeucalion;
(i) Xeiioph Syniphos. 4, 17. Schol. Aristoph. Vesp. S44.
(2) Pliit. nie. c. 3. Plat. Phaed. p. 58.
(5) Pollux.8, 141.
CO Harpocr. p 270. Auccd. üeUker, 1, 50'«.
ET JUDAISME. 329
011 versait de l'eau dans une Ouvertüre qu'oii avait faite dans la terre et on y jetait des gäteaux (i).
o2. — Les fetes qui se rapportaient aux actes de la vie sociale et domestique, au passage d'une epoquc de la vie a une autre et ii des faits semblables etaient plus significatives. C'est ainsi que les Spartiates avaient une fete, les Tithenidcs, pour les nourrices et leurs nourrissons; lesApaturies, si particulirresä laracelonienne, ([u'Herodote (2) les cite comme Ic signe distinctif de nationalite ionienne, etaient destinees a donncr de la solennite ä l'acte par lequel les enfants nouveau-nes etaient recus dans la communaute paternelle, la Phratria; a cette occasion on ofi'rait un sacrifice ä Zeus Phratrios. Les dymnopedies etaient une fete de la jeunesse müre, ä Sparte, oü les gar^ons et les adolescents en dansant tout nus par la plus accablante chaleur de l'ete, s'habituaient a supporter avec calme les fatigues les plus dures (3). Et, comme les fenimes celebraient leurs fetes et leurs ceremonies particulieres, en les cachant le plus souvent a leurs maris, les metiers avaient aussi leurs propres solennites destinees seulement aux membres de la confrerie.
53. — Avant tout les fetes etaient celt'brees par des sacriüces et puis encore par des processions et des jeux gymnastiques, musicaux et theätraux et par des jeux de course. Plus que tout autre peuple les Grecs aimaient les exercices du corps et les jeux de combats, et, Selon Piaton, ils se representaient leurs dieux comme amis des jeux (i).On instituait done des courses ä pied et ä cheval aux llarnbeaux ou avec des armes;
(1) Plut. Syll. \i, Schol. Aristoph. Acharn. 1075. {^) Heroci. 1, li". cf. Scliol. Ailstoph. Acliarn. UG. (.->) Pl;il. Le'J'J 653.
(.i)(nilyl.^:OÜ.
on jouissait du plaisir des courses en chars ä deux et ä quatre chevaux, avec des poulains etavecdes mules : on sedisputait l'honneur d'obtenirla couronne en luttant, en lancant le javelot et le disque, en luttant corps ä corps, et au pugilat. Ceux qui demandaient des jouissances plus raftinees se trouvaient satisfaits par des concours de musique, qui etaient institues d'abord dans les fetes Pythiques et puis aussi dans les jeux isthmiques et nemeens. Chez les Megareens, lors de la fete de Diocles, il y avait meme des jeux de baisers (i). Des honneurs splendides, une reception brillante attendaient dans leur patrie ceux qui dans une des quatre fetes nationales etaient sortis vainqueurs de ces lüttes. Le nombre de Grecs qui, aspirant ä la palme, passaient tOute leur vie ä s'exercer dans les arts gymnastiques, etait considerable. En general, et dans la plupart des fetes, les jeux solennels, les choeurs, les processions Etaient les actes pricipaux pour le peuple et c'est ä cause de ces divertissements que ces fetes, dont on attendait le retour periodique avec impatience et qu'on saluait avec joie, etaient regardees comme le meilleurcondimentde la vie grecque. Cette vie et la magnificence de beaucoup de fetes furent encore augmentees par les « Theories » ou ambassades: les villes de meme race avaient l'habitude de se les envoyer pour prendre part aux hommages qu'on oflfrait k la divinite et mettaient alors tout en oeuvre pour faire honneur ä leur patrie par l'eclat de leur apparition, par l'ornementation de leurs chars, par la beaute de leurs costumes et par le nombre et l'excellence de leurs animaux de sacrifices ; ainsi, par exemple, ä l'occasion des jeux Pythiques, on reunissait un millier de jeunes b(rufs et dix mille victimes d'autres especes.
(1) Theocrit. 1^,-27. Schol. ad- 1.
ET JUDAISME. 531
o4. — Conformement ä la nature des fetes grecques, la celebration avait lieu en plein air : ainsi on etait entouredecesobjets de la nature qu'onservait reellement, apres les avoir eleves h la dignite et k la personnification divine. C'est pourquoi chez les Grecs, meme dans les temps posterieurs, les autels se trouvaient encore en plein air ; entoures par des arbres ils se pretaient d'autant mieux ä la solennite que la fumee des holocaustes pouvait plus librement monter au ciel. On celebrait egalement en plein air les sacrifices mortuaires, qu'on repetait periodiquement dans tous les etats helleniques, et qui etaient consacres, non-seulement aux dieux infernaux, mais encore aux ombres des morts, qu'on plagait en quelque sorte au meme rang que les heros ; car on y brülait sur un bücher un holocauste avec des objets precieux qu'on voulait envoyer aux morts : on y ajoutait des libations et on versait le sang de la victime dans une fosse.