INTRODUCTION
A L'HISTOIRE DU CHRISTIAMSME.
|3rc liminaires.
LE MONDE PAIEN ET LE JUDAIS.ME A L'ORIGINE DE L'eGLISE.
LIYRE PREMIER.
APERCU GENERAL. — ETAT DE l'uNIVERS. I, l'eMPIRE ROMAIN.
1. — Vingt et un siecles s'etaient ecoules depuis le grand cataclysmc ä l'issue duquel le genre humain avait repeuple le monde. Laplus belle portion duglobe, ces riches contrees qui reliaient dans un vaste rayoii trois continents, pour embrasser la Mediterranee tout entiere, se trouvaient alors fondues en une immense monarchie, l'empire Romain ; une chetive bourgade fon-
tlee au bord du Tibre, et longtemps meprisee ou dedaignee du reste du monde : tel avait ete le berceau de cette puissance colossale, qui s'etendait apres sept sidcles d'existence de l'Ocean Atiantique u l'Euphrate, des cötes septentrionales de la Gaule et du Danube germanique aux deserts de l'Afrique et aux cataractes du Nllj-embrassant dans teile vaste domination une population de plus de 100 millions d'hommes.
2. — Cependant le royaume avait trouve ses limites tracees par la nature elle-meme. Les entreprises, les conquetes nouvelles qu'il eüt pu rever semblaient devoir echouer de toutes parts contre des ditlicultes physiques presqu'insurmontables. Au midi s'etendaient, comme une barriere infranchissable, les vastes deserts de l'Afrique : au sud-est l'Ethiopie et l'Arabie presentaient ainsi que le nord et le nord-est des plaines d'un acces difficile, outre que la conquete et l'occupation de villes depleuplees et de regions habitees par une population generalement pauvre, eussent entraine des sacrifices borsde toute proportion avec les avantages qu'ellcs eussent pu procurer. Releguee aux confins extremes de l'occident, l'ile d'Hibernie n'avait rien qui put tenter l'esprit de conquete. De l'autre cote, au-delä des frontieros orientales, les Parthes occupaient une position que rendaient imprenable l'assiette meme du pays et une habilete dans l'art de la guerrc qui fut souvent funeste aux legions romaines. AussiOctave avait-ildejä pour maxime, que Rome ne devait plus etendre les limites de son empire, et la plupart des successeurs de, re prince se bornt^^ent, en etfet, ä maintenir l'etat des choses existant, ouäsoutenir des guerres purementdefensives, renon^ant, meme parfois, soit spontanement, soit de force, ä l'occupation permanente de conquetes anterieures,