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originairoment qii'un tronc informe, personnifiöe sous Line figure humainc : reproduisant enfin le type oriental de la deesse de la nature Uranie aphrodite, qu'on rencontrait encore dans les jardins d'Athenes figuree par l'Hermes quadrangulaire des anciens Pelasges.
11. — Le principe male fecondant, qu'accompagnait la mere des dieux sous la figure du Phallus, du Serpent QU du Belier, fut insensiblement deplace par Zeus, ou degage, comme demon pelasgique anonyme, du Symbole actif de la force naturelle, le Phallus, pour revetir la forme personnelle et stable d'Hermes, le dieu de la fecondation et de la croissance naturelle : les anciennes representations de ce dieu etaient des tas de pierres hrutes ou de j)ilastres nommes Hermes, portant une tete barbue et le phallus, Ges Hermes en tas, ainsi que les Hermes quadrangulaires, abondaient surtout dans l'Arcadie pelasgique ; ä Cyllene, cependant, port d'Elis, on l'adorait encore sous la figure primitive d'un simple |)hallus.
1:2. — Le culte du soleil, Helios, remonte aussi haut que le precedent : on retrouve dans Helios comme dans Gea, meme a une epoque plus avancee, un des dieux anonymes des Pelasges : ainsi du temps de Pausanias, on l'adorait encore en beaucoup d'endroits, simplement comme Helios, c'est-a-dire, sans le confondre avec Apollon, comme on le faisait aillcurs, en melant leurs noms et leurs cultes. H est ä remarquer que ces endroits etaient precisement ceux oü les traditions et les cultes pelasgiqucs s'etaient conserves dans toute leur purete; ä Elis il avait aupres de Selenc, une statue de marbre, dont la tete etait entouree de rayons: pres de Thalame, en Messenie, et ä Megalopolis, dans le temple d'Aphrodite, il avait aussi des statues, tandis qu'ailüeurs, a l'Acropolis de Corinthe, k Argos, ä Mantinee, h Trezene, on ne lui avait eleve que des autels, comme
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a un dieu qui n'avait point eu primitivcnient d'image, et "qui par sa presence toujours sensible, paraissait nc pas necessiter, commelesdivinites elenientaires, l'ereetion d'un symbole ou d'unc image anthropomorphique (1).
15. — A mesure que les Grecs primitifs de l'epoque antehellenique se formaient en corps de nation, ils se creerentparmi les simples puissances et lesphenomenes de la nature, des divinites qui ne furent, que beaucoui) plus tard sans doute, reliees theogoniquement au premier couple divin: une divinite du feu, tres-ancienne, s'offre avec son culte bien caracterise dans Hestia, dont Hesiode, d'apres les recits Cretois, fait la fille ainee et toujours vierge de Kronos et de Rhee. Protectrice du feu de l'ätre et de l'autel, eile le devint aussi du foyer et de la vie domestique dont il est rembleme : dans beaucoup de villes grecques, un brasier perpetuel brülait en son honneur. Longtemps representee par la pierre et les flammes de l'ätre, eile ne s'identifia pas directement avec une personnabilite concrt'te: eile n'eut pas d'histolre mystique, et parait n'avoir possede de statues qu'ä Athenes et ä Teneos, ainsi qu'a Naucratisen Egypte. Bien qu'elle füt invoquee, avant tous les autres dieux, dans les sacrifices, et qu'on lui en off'rit la premiere victime, ses temples etaient peu nombreux et on ne lui dediait que fort peu de solennites particulirres (2).
14. — Venait ensuite le culte des divinites chtoniques et des puissances souterraines. Ce culte ne en Grece k l'epoque la plus reculee, se retrouve de preference, dans les contrees qui passaient encorc dans la
(1) Paus. G. -21. ö. 8 öl. 4. .3. 26. 1. 2. 18. ö.
(2) Piiid. Nem. 11. 1. ss. Hom. Hyinn. 29. Paus. 1. 18. 3—2. ."5:; 2—2. 89—2.
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suite, pour avoir ete occupees par lesraces antehelleniques. Hades, le dieu du monde inferieur, n'etait point encore ä cette epoque, comme il le devint beaucoup plus tard, le dispensateur des moissons et de la prosperite des champs : il ne portait pas le nom de Pluton qui lui fut donne pour la premiere fois, par les poetes tragiques : c'etait le redoutable Aidonee, le souverain du royaume des ombres, le dominateur sombre, severe, inexorable, que ne figurait encore aucune Image: son culte semble avoir disparu de beaucoup d'endroits oü 11 existait primitivement, et l'on pourrait meme aftirmer qu'il n'etait plus celebre qu'ä Pylos et ä Elis (i). La divine compagne qu'on lui avait assignee, n'etait point encore Gora, la fille cherie de la deesse de l'agriculture, Demeter; c'etait Persephone, suivant l'etymologie de son nom, l'exterminatrice, la redoutable deesse de la mort, devorant tous les vivants, et qu'Homereluimeme, n'appelle encore que l'eflroyable. Demeter ellememe etait veneree en Arcadie, ä Phigale, comme une divinite-sombre, hostile, vetue de noir, ayant une chevelure de serpents et habitant une caverne. A Thelpusa, on l'honorait comme Demeter Erinnys. Ce n'est que plus tard, parait-il, et dans les regions pelasgiques bellenisees par l'influence des mysteres d'Eleusis, que le culte de Demeter devint celui d'une divinite souterraine, et que Demdter, transformee en une deite amie, Persephone (fille d'une divinite qui n'avait point eu de mere, ou, suivant une autre version, nee d'une fille du Styx (2),) s'identifia avec Kora, la fille de Demeter, et devint ainsi l'enfant d'une mere Celeste et meme une deesse issue de l'ether lumineux ou du ciel. De lä ce
(1) Eustath. p. 7. 44. 5.
(-2) Apüllod. !. 51.
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grand nombre de sanctuaires de Demeter Eleusinique qu'on rencontrait en Arcadie (i).
lo. — C'est egalement ä I'epoque antehellenique, qu'il faut rapporter le culte des Cabires, les dieux forts, les dieux grands, puissances supremes de la nature, honorees d'abord sans noms speciaux. Ce culte etaitvraisemblablementd'originephenicienne: ilfutapporte ä Thebes par la racc phenicienne des Cadmeens, d'oü les Pelasges Thyrrenes, qui s'etaient meles ä eux, l'importerent dans l'ile de Samothrace. La divinite mere creatrice qui les presidait, Axieros, fut comparee plus tard, suivant l'usage des Grecs, ä Demeter, Rbee, ou Cybele. Le couple divin qui completait la triade chtonique, Axiokersos et Axiokersa, n'etait, suivant l'explication de Mnaseas (2), que Hades et Persephone ou Dionysos et Cora: quelques traditions admettaient cependant un quatrieme Cabire, Hermes Cadmilus, qui fut adjoint au groupe primitif, comme Dieu souche des Pelasges Thyrrenes, probablement ä la suite d'une descente de ce peuple en Samothrace. D'apres Varron cependant, Cadmilus n'aurait ete ajoute que comme servant des grands dieux (5) : au contraire, dans l'ile volcanique de Lemnos, oü existait le culte du feu, le groupe des Cabires se composait du couple divii) d'Hephestos et Cabe'iro, et de leurs troisfils,quietaient regardes, k cause des attributions de leur pere, comme les dieux protecteurs des arts metallurgiques (i).
(1) Pausariias 8. U. 8. — 25. 2. 29. — 4. i9. 51, etc.
(2) Schol. Paris. Apollon. Rhod. l. 917. (5) Strabo p. i~^2.
Ü) Liiig. lat. 6. 88.