‹ Paganisme et Judaïsme (volume 4)Chapitre 17 sur 37 · II. — l'ERSE ET AüTRES CONTP.EES HIANIULES · texte numérisé non relu

II. — l'ERSE ET AüTRES CONTP.EES HIANIULES

1:2. — Les tribus Erieunes (jui habitaieut la Kactriane, la Medie et laPersc etaient originaires des montagnes du nord et des eontrees, qui de Test du Tigre s'etendent jusqu'a Tlndus. Plus tard, elles fonderent dans l'Asie centrale et ocoidentale un vaste empire et subjuguereni les Chamitcs et Seniites qui les avoisinaient aTouest. Toutes reconnaissaieut Zoroastre pour un envoye du ciel et Ic fondaleur de leur religion. 11 est difficile de preciser l'epofjue oü vecut ee f)ersonnage celebre, qui cependant semble etre nioins le Ibndateurquelc regenerateur de la religion de son peuple. 11 ne saurait etre de beaucoup posterieur a Mo'ise (vers Tan 1500 av.J.-C.) En tout cas, il n'a pas vecu (conime on l'assure communemeiit, niais a tort) sous le regne du perc de Darius Hystasp'e. 'ooO av. J.-(l) II naquit probablement dans la Bactriane, ([uand eette eontree tbrmait encore un royaume llorissant. La aussi vit lejourleZend-Avestaüuecritreligieux qui porteson nom. Ces livres, ecrits primitivement en langue bactrienne, embrassentun lapsde plusieurs sietleselnesauraient, par consequent, etreTüiivrage d'unseul honime. Le contingent fourni par Zoroastre doit (-tre tres-niinime; mais on l'y exalte eomme le seul honinie a (jui « furent eommuniquees les traditions du Dieu supreme, le seul qui fut en etat de lespropager.» D'apres les reeits posterieurs, la litterature religieuse de la Perse aurait ete aneantie dans les orages de la con-

quetemacedonienne: ce qui nous en resteaurait ete recueilli durant la domiiiation des Parthes. Mais ces assertions sont contredites par des faits iiombreux. Plusieurs passages d'auteurs grecs prouvent qiic les livres Zends etaient dejä en usage sous les Seleucides et les Parthes. Les recherches actives des temps modernes tburnissent des conclusions favorables a l'authenticite relative k l'anciennete de ces ecrits. La plupartdes livres de Zoroastre(ilyenavaitvingtet un),sont perdus : ce que nous en possedons a ete recucilli et arrange, lors de la regencration nationale sous les Seleucides. La partie la plus riebe de la coUection actuelle, le Bundehescb, date d'alors; une partie de cette cosmogonie persane est d'une epoque peut-etre encore plus recente.

13. — Zoroastrc (Zarathustra) parait dejä dans les livres Zends comme un heros legendaire, entoure de l'aureole du thaumaturge: peu ä peu il refut les honneurs divins; on le regarda comme le mediateur entre le Dieu hon (Ormuzd) et les bommes; plus tard il passa pour etre le souverain de ce monde terrestrc. Aucune des ancienncsreligions(celle duYieux-Testamentexceptee) n'a exprime avec autant de nettete et de vigueur que la religiondesPerses,rideed'une revelationdivine: Zoroastre est le propbete, eclaire des lumieres d'en baut: Ormuzd a parle par sa bouche et ces enseignements doivent etre acceptes avec une bumble soumission.

14. — Si Ton veut rapporter au Zaratbustra des livres Zends tout ce que les Grecs anciens et modernes ont dit de Zoroastre ou Zaratus, on se beurte contrc des diliicultes et des contradictions insolubles. 11 est impossiblc de porter la lumiere .dans ce cbaos. Un ancien savant n'a cru pouvoir remedier ä cette confusion qu'en admettant si\ Zoroastres. respectivenient

ET JUDAisMr:. 1T9

originaircs de !a Chaldee ou Assyrie, de la ßactriane, de la Medo-Pcrso, de la Pamphylie, de la Babylonie et de Proconnosüs (i). La plupart des auleurs croicMU dovoir cn admettre au moins deiix.

43. — En efilbt, les Grccs attribuent ä Zoroastre des ecrits qiii n'ont absolument rien de commuu avec les livres Zonds. Le personnage qu'ils appellent Zorüastr(! dittere du Zarathustra historifiuo, comme les mages diüerent des Atbravas du (Zend-Avesta.) Au fond, leur Zoroastre rcprescnte une formule religieuse: ii est le type d'un culte et d'une easte sacerdotale qui y etait attachee. On le fait naitre dans une des contrees de TAsic occidentale ou centrale, dont l'union forniait dans les temps recules un vaste royaume Chamitieo- Ceplienique. Le nom veritable de ce personnagi^ mythique etait, selon toute apparence, Zaratus ou Zarades ; les Grers ne Tont confondu que plus tard avee le Zarathustra de l'Asie Orientale. Pythagore qui avait puise aux doctrines Chaldeennes, passa pour avoir ('^te le disciple de l'assyrien Zaratas (2). II put de meme, comme type du Paganisme chamitique, s'identifier avec Cham ou Nimrod, ou passer pour le tils de Cham (t-,) ; comme tel, on pouvait le faire assister a la construction dela tour de Babel (6000 ans av. la mort de Piaton — oOOO av. la ruine de Troie). D'un autre cote, comme laMedie, la Chaldee ou FArmenic, l'Assyrie le reclamaient comme un de leurs citoyens, on Fidentifia avec l'Egyptien Misraim, qui s'etait fixe- dans l'Orient

(1) Stanlcii Hist. Philos. I3, I, 2. p. 111-2.

(■2)Hip|)olyt. Pliilos. p.8. Ed. Oxon. Ck-ni. Aiex. Stit»iii. l,p. 151. Iii Nazaralus cstniis par erreiir pour Zaratus, comme l'a drja failromarquer Hiiet.

(5j Movers. los Phenicien.s I, ö.'iO.

180 PAGANISMR

et avait colonise laBactriane (i). « C'est de cetle source empoisonnee, est-il dit dans un fragmcnt anonyme, qiu^ rimpicte se repandit sur la lerre: Mesraim inventa la magie et l'astrologie; il nedift'erepas de celui que les drecs appellentZoroastre(^2).» Enfin on fit de Zoroastre ou Zaratus un roi de la Baciriaue, combattant le Ninus de TAssyrie au moyen de la niagie et des scienees secrötes des Chaldeens, mais suecombant dans la lutte. Ailleurs c'est un Satrape de la Medie et de l'Assyrie, qui se revolte contre Semiramis. Cette derniere Interpretation semble avoir pour l)ase l'antagonisnic existant entre la religion des niages et le culte de Bei et la deesse Syrienne des Colombcs (Semiramis) (r-,). Le culte du feu dont la tradition place Torigine dans l'Azerbidschan, province de la ^ledie, fut rattache a Zoroastre. Celui-ci, dit la legende, sejourna sur une monlagne, que le feu du Ciel embrasa tout acoup; mais, il sortit sain et sauf des tlammes et engagea le roi et les Perses, temoifts de ce prodige, a adorer le Dieu (pii bnir manifestait sa i»rescnce (4). C'est lä-dessus que Berose se fonde, quand, ii la favon des euliemeristes, il identifie Zoroastre avec le dieu Zervan, dont le culte appartenait ä cette forme Kuschiti(jue ou scythique. Enfin, Zervan fut designe comme un roi de laBactriane, comme le Pt^re dos dieux et la souclie (divine) des Medes (';).

(I) IMin. H. N. 30, il. Clcin. Rccoi;ii. i, :;7. Clom. Ilom. 9, 4. p. -214. Schwegler Ariiob. !, M, p 56. .EMcv

(^)l^awliorson, Jüurnal of ttic R. Asiat. Soc XV, 258.

(5) C.eplialion, dans les Fragiii Hist GrKC ed. Midier, UI, 0'26 (Ji7. Pour connaitre liiiflucnce que la Syrie et son culte exerc^ient de boiii;e lieure suirAsic-centrale— consullcz h'lum .-Herodote et Ctesias. p. 2(iO. Cet autcur fait reniarquer, que le culte de Si^niiraniis brilla d'uü vif ('chü ä la cour de Ninus.

(i) Dion. Chrys. or. ,30, p. iiS.

(5) Mos. Choren, dans les Fragm. Hist. (liac. II, 502. ("et auteur.

KT Jl DAfSMi:. 181

IG. — Zaratus, conceplion inylliique ({ui eiiibrassait raiu'ieii magisme et le culte du Fcii, ue fut inconnii ni a la (Irece ni a l'Asie Occidontalc Mais il iie dovint Zoroastre que lorsciue Ics Perst'S, etondaiit leurs conquetes vers rOccidciit, y iiitroduisirciit leur religioii : les (Iroc'S et les Occidentaux purcnt ainsi connaitre Zoroastre, propheto de eette religioii. Alors la theologie Kuschitique (ou Cephenique), la [)yrolatrie se nielangereiit avec les dogmes antiques des Erieiis: les Athravas Eriens se confondireiit avec les mages Kuschitiques, depuis longtemps fixes et Medie et en Babylonie: Zaratus et Zarathustra, le chef mytliique des rnages et le prophete Eri-Bactrien s'identitiereiit.

17. — Tout concourt äprouver que ceful en Medieou dans la Bactriane que s'opera le melange de ces deux formes de religion si diverses, du Magisme Kuschiti- (jue ou Scliytique venu de Toceident et du Dualisme Erien introduit du eote oriental. lyest de ce melange que naquit le culte des Perses, tel (ju'il se montra depuis l'epoque de Darius Hystaspe. Le nom de « Mage « n'est ni Erien ni Persan, et, selon la remarque, deja faite pas Roth, il faut que sur la limite occidentale de riran la religion d'Ornmzd se soit amalgamee avec une croyanee etrangcre etqu'alors les mages aient envahi la Perse et la Medie (i).

i8. — Cela ne se fit cependant pas sans une lutte ar-

s'api»uyaiil sur Borosc. prclond que le Dien Zcrvan n'esl aulrc que Sein. Aprt's avüic faitnienlioii du deluge et du Xisulhros Babyloiiieu, Böi'ose cite Irois souverainsiZerovanes, Titan et ^apellie.stos, qui pour Moise sojU Sem, Cliam et Japhet. Hawliuson, de son töte, peiise que Zeivaii est le Ziru-Bauil des iusciiptions cuiieiformes (J'est la Tepittiete coniniunement douuee a Bei, et le Piotot\pc de la race scniitique. Les Scythcs Zoi'oastriquesou Cliarnites, qui coiuniiiniquiireiit leur magisme et leur astrotiomie aux Chaldt^ens, auraient recu de ceux-ci le culte de Zervari ou B(;l. (1) l'.eal-Kncjciope !ie de Fauly, vi. 28<JÖ.

Page 1