‹ Paganisme et Judaïsme (volume 4)Chapitre 18 sur 37 · PAGAMSME · texte numérisé non relu

PAGAMSME

(lente oü la pröpoiiderance appartint altemafivement ii ]'un des Clements opposes. Voila comment l'inscription si reniarqual)le de Bisitun, qui eternise les exploits de Darius, a [)ii representer Ornuizd comme « le dieu des Eiiciis. » Zervan etait donc une divinite iiTconnue d'abord aux Erieiis : ce n'est que plus tard, (ju'un lien theogonique la rattacha a Ormuzd et a Aliriman. La religion d'Ormuzd, prive d\in sacerdoce fortemeiit organise, ne put echapper ä rinfluence des mages dans les contrees, oü ceux-ci etaient serres en une caste saoerdotale (originairement Kuschitique) et tres-puissante. Les mages, devant de leur cöte, prevenir un echec qui les aurait Ihres a l'oppression, se häterent de combiner les dogmes Zends d'Ormuzd, d'Ahriman, de 3Iithra, de Homa, d'Anahita avec le culte qu'ils rendaient aux elements. Ce melange fut facilite par l'influence ((ue l'adoration du feu exer(;ait sur les deux partis rivaux et les Athravas furent entierement absorbes par leurs adversaires, plus puissamment organises. Agatbias, dit que Zoroastre, le chef des Mages, altera la purete du culte antique et introduisit des dogmes etrangers; cet auteur qui n'affirme rien a la legere, est donc ici dans le vrai, en tant que Zoroastre n'est en cet endroit que la personn ification mytbique de la caste des Mages (i). (lertains faits tendent a faire croire que les Acbemenides qui regnaient anciennement en Perse resisterent auMagisme envaliissant et s'eflbrcerentde preserver les indigenes de cette desastreuse innuencc. La tentativc d'usurpation, que le mage Gumala tit sous Cambyse^ avait un caractere a la fois politique et religieux. Les Mages avaient transfere le siege de l'empire en Medie, oü les masses leur etaient favorables et oü leur caste

(l)A§ath. -2, £4.

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etait plii.s forteiin'nt organiseo. Beaucoiip (rcntr'eux payerent de la vie leur temeraire ontrepriso ; en Perse, leur sang coula a grands Hots. L'aniiivcrsairc de cette boucherie, qiii mit tiii ä la domination des Mages en Perse, resta longtemps unc fete nationale: ce jour-la, les niages descendants de ceux qui avaient peri, iie pouvaient paraitre siir la voie publique. Dans Tinscriplion de Bisitun, Darius tient le langage suivant ; « C'est a Ormuzd que je dois mon sceptre ; — j'ordonnai de ne plus venererce quele mage Gumataavait venere. J'ai retabli les teniples et le culte du Protecteur de l'Empire et rendu aux dieux cc que Gumata leur avait ravi. De cette maniere et gräce a Ormuzd, j'ai repare toutes les pertes (i), »

19. — Le tableau que les Grecs, surtout Herodute et Strabon ont trace de la religion persane, dittere totalement de l'idee qu'en donne le Zend-Avesta. II ne laut nullement s'en etonner. Ces deux ecrivains n'avaient Jamals mis le pied dans la Perse proprement dite; ils en ignoraient meme la langue. S'ils virent ((uelques ceremonies du culte des Perses, ce ne fut que dans les provinces occidentales de cet empire; la forme ancienne du culte des elements, y i)redominait encore et ne permettait pas d'apprecier l'inlluence des idees religieuses des Eriens. Un Grec aurait du, ce semble, etrc surtout frappe de l'antagonisme d'Ormuzd et d'Ahriman; le polytheisme hellenique n'otfrait rien d'analogue. Malgre cela, ni Strabon ni Herodote nVn fönt mention: Homa leur est inconnu. Herodote semble avoir pense ä Zervan, quand il dit que les Perses donnent le nom de Zeus a la vasle circonference du eicl (i>). Aristote est le premier qui slu quelque chose

(I; Ik'iifej-Iiiscript. Ciineifnrmos en Perse, p. !:J. (2) ü;ihr pense anssi qirHcrodote n'iivait niillenient orinu/il en vtio-. -Not, ad Heroil. p. i7I. Ed. ii.

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sur Ahriman: Ornvdzd est nomine pour la preniit-rc fois dans un des dialogacs de Piaton (i) et eneore Ty met-on en rapport avec Zoroastre.

20. — Un coup d'oeil jete sur la religiun de l'lran, teile qu'elle se montre dans le Zend-Avesta, sullit pour nous oonvaincre que, malgre une tendance assez accenliiee au Monotheisnie, eile est toute Polytheiste. C'est la un fait incontestable, seit que le Monotheisme primitif n'ait pu empeclier les elenients polytheistes de surgir — soit que le Polytheisme, ou deitication des forces de la nature, ait ete tempere par les accroissements successifs que le culte monotlieiste d'Ormuzd prit surtout sous Tinfluencc de Zoroastre. Les anciens Iraniens et leurs sages « les allumeurs du feu, » ont eu des lüttes ardentes a soutenir contre des adversaires, issus de la meme souclie f|u'eu\, les Indo- Eriens et leurs dieux anthropomori)hiques de la nature. Le terme Indien Deva (dieu) tut employe chez eux pour designer les esprits du mal. Une priere revelee par Zoroastre, avait, disait-on, oblige a se caclier sous terre les Darvas qul jusqu'alors circuiaient partout sous la forme d'hommes (de dieux anlliropomorpliiques.)

21. — La doctrine persane ne reconnait qu'un dieu unique, parfait, personnel. Lui seul apparait, dans les livres Zends, avec tous les attributs, toutes les prerogatives de la divinite. Son nom est « Ormuzd (Abura- Maza et signiüe « le sage eternel : » le monde qu'il a cree par sa toute-puissance, il le gouvcrne par sa sagesse, et sa science infinies. « Personne, dit-il, n'aurait pu creer la terre — que j'ai formee (2). » C'est de lui que toute vie, tout bien descendent; il est, par conse-

(l)Prem Aleibid.

(2)Veiitl. Farg. 1.

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quent, le Pere du sens droit; la j»urcte, In vcriU' vicnnentde lui. La doctrine de Zoroastrc sc glorific d't'trL' hl rcligion d'Ormuzd et doniie ainsi ä entendrc qu'ello a pour auteur le dieu, le createur uniquc — ceiitre, au- (juel eile rattache tout le reste. Cependant, d'apres plusieurs auteurs nioderues, les eroyances de l'Iran et de rinde reposeiit en definitive sur la crainte des Spectres ; la lutte des bons esprits contre ces tenebi'eiix fantomes est devenue elicz les Iraniens une idee religieuse predominante : la Situation physiquc de ce pays en a favorise le developpenienf ; Zoroastre n'a fait ([ue reunir les esprits bons et niauvais, en leur donnant des chefs dans Ürmuzd et Ahriman (i). Dans cette hyl)Othese, la doctrine l^/rsane devient une enignie insoiuble, un sonibre eliaos: janiais on ne parviendra a comprendre coninient Zoroastre et son ecole se sont elcves a la notion d'un dieu-createur, si rapproclie de ridee que rAncien-Testanient nous donne de Jt'hova.

:2:2. — C'est par l'idee de la creation que la doctrine religieuse des Perses se distingue de tous les autres mythes et systemes du Paganisme. Ürmuzd produil le monde, non par emanation, non en se developpant st*i-meme, mais })ar le Verbe Createur Honover, oü se confondent I'activite et la pensee. Le plus ancien des livres Persans ct'lebre Almraniazda, le createur ])uissant et sage {•■i). i'^e dognie inconnu au reste du Paganisme rocoit cependant une double atteinte. On adniel une matiere ou un monde particulier existant avant la creation: les elements generaux de la nature existent dejää cote d'Ormuzd. Ensuite, Ahriman prend unepart active a la formation d<'s etres.

(l)Diiiiker. Ilisl. de raiitiq. ii; 519-555. (allcra.) {i) Burnouf. <:oiiim surle Yaciia, p. 1-4'J.

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^ö. — Vis-a-vis do rAuteur de tout bien et de toute purete, se trouve un etre ennemi, un esprit mauvais, « Druckhs, » (mcnsonge) ou « Bendvo » (bourreau), appole plus tard « Angro-Mainjus » (Ahriman), c'est-adire esprit de perdition. Le mensonge est son essencc: l'obscurite et la mort constituent son empire. C'est par le mcnsonge qu'il seduit les hommes; il les jette dans les incertiludes par le doutc : mensonge et doute sont les sources des crimes que commettent les hommes. II n'estpas rependantle souverain d'un royaumeindependant d'ombres et d'iniquites : ce qu'il desire, c'est de pouvoir meler sa malice ii tout ce qui est bon et pur, pour le subjuguer ensuite. Toutes les « mauvaises creatures, » les serpents venimeux, les animaux carnassiers et rampants, les insectes doivent leur existencca Ahriman. II a donc part ä la force creatrice: s'il est pervers, ce n'est point par le choix libre de sa volonte qu'il Test devenu; il l'etait des le principe et par essence. Mais existe-t-il de toute eteraite? — La doctrine Parse ne connait point de dualisme abslrait : d'apres un passage des livres sacres, « le bon et le mauvais esprit ont ete crees par Ormuzd: » Ahriman est toujours represente comme de beaucoup inferieura Ormuzd. Celui-ci sait tout; celui-lii au contraire, n^'a qu'une science peu etendue, et ne prevoit pas les efJ'ets de ses actions: sa connaissance est limitec au moment oü il agit. Pour devoiler toute la malice de son adversaire, Ormuzd l'engage dans leBundehesch älui adresser des hymnes et ii secourir ses creatures, lui proniettant qu'ä cctte condition les siens serontpour toujours i\ l'abri de la mort et de la faim. A ces ouvertures, l'orgueilleux Ahriman replique : « Je ne veux avoir rien de commun avec t(ji : ii tout jamais je voue tes a'uvres a la mort: les creatures (jue tu hais possederont toujours mes aft'ections. « (letto declaration de guerre

KT .llItAlS.MF.

eternelie n'ein})Oclieia ccjiciidant pas que leur liostilitö 110 finisse un jour, commo eile a cu un comniencement. « II y eut un temps qu'il n'existait pas: un jour vien- (Ira, oü il ne sera plus dans les creatures (rUrmuzd : u la lin il s'evanouira (i). »

:24. — Anquetil a eru voir dans les iivres Zends que Zervaii Akarana ou le temps incree est IVHre unique et primordial, d'ou, avant toutc autre creature, seraient sortis Ormuzd et Ahriman. 3rais c'est lä une erreur provenant evidemment d'une meprise grammaticale (5). Ccs Iivres parlent ä la verite, d'un elemcnt qu Ormuzd n'a pas cree, (jui existe par lui-meme. Zoroastre celebre, surl'ordre d'Ormuzd, le Firmament qui s'est place lui-meme, Zervan Arakana, le temps infmi, le souftle (ou l'air) primordial et agissant dans les hauteurs (ö). Lesoleil, la lune, les astres sont designes comme des lumieres sans comniencement, increees. Ain^i, d'apres la theorie ancienne dos Perses, il y avait un nionde complet, independant d'Ormuzd qui n'en est pas l'auteur et existant de toute eternite, un ciel, plein de corps sideraux. A cote de ce monde est venue se placer la terre, creee par Ormuzd pour etre le sejour des esprits et des liommes; les «Hres de ce monde etaient avoc Ormuzd et d'autres agents l'objet d'un culte religieux. Ce dualisme fut successivement mitige: une lumiere primordiale, brillant sur les hauteurs et dans laquelle selon le ßundehesch, Ormuzd reside (i), rem-

(I) Aii>si parle le manusciit pelvi d'un petil livre parse (Jos Miiller) dans les Münchner. Gel. Anzeigen, xx, oil.

(i) üe cette opinion sont .los. Müller, Spiegel, Roth, Brockhaus, Haug.

(.1) V?ntl. 19, l'arg. 4i.

(i) Voycz le passage dans Jos. Müller, (Trav. dela d. philos -philol. de l'acad. de -Munich, 1840 p (>l"). Selon l>urnonf, au contrairc (cosim. snr le Yacna, cetle Inniiere priniilive n'esl pas noniniee une seule fois dai.s les Iivres Zends <iiii sont parvenus ii iwus Gel auteur pretend que le so-

j)la<;a les corps Celestes increes, d'abord udniis par cette doctrine: lumiere, firmament, air et temps fureiit consideres comme un etre primordial unique (Zervan) ; Ormuzd est pour lui ce que le dicu visiblo est au dien Cache. Mais co soiit des interpretations relativement bien recentes: dans les parties authentiqiies du Zeud- Avesta, Zervan n'est jamais place au-dessus d'Ornuizd. Bien plus, Zervan fut probablement inconnu dans Fancienne doctrine de Tlran : il parait n'etre entre dans ia religion des Parsis que par l'in'luence des Mages, et comme dieu primordial des Assyro-Chaldeens, le Ziru- Banit des inscriptions cuneiformes, le Belitan ou « vieux » Bei, Plus tard on sentit la necossite de le mettre en rapport avec Ormuzd. L'ecole particuliere des Zervaniens, qui honoraient Zervan comme dieu principal et refusaient leurs hommages u Ormuzd, parait avoir subsiste assez longtemps.Schahrastani les mentionne encore avec les Mages de Zoroastre (vrais Parses) et les Thanawiehs ou dualistes (Maguseens).

:25. — Ainsi, ce n'est que plus tard que la doctrine de Zervan sortitdes ecoles des Mages et penetra dans les croyances religieuses du peuple ; alors eile revetit unc forme mytho-theogonique, d'oü l'ancien Dualisme parait etre entierement banni. D'apres cela Zervan est le Dieu unique, eternel: depuis mille ans il desire avoir un fds (Ormuzd) qui donnät l'existence au ciel et a la terre: dans ce but, il oft'ritdes sacrifices durant dixsiecles. Cette periode ecoulee, il douta si ce fils lui serait accorde — et aussitot il produisit Ormuzd et Ahriman : celui-ci naquit du doute, l'autre de la conconfiance qui avaient accompagne les sacriiices. üevenu

leil, la luiie, Icsastics y sont (iesignes conime deshinii^res sans commeiiceineiit. 11 tradiiit doiic, Ya^na. c 1. 57, p. 559 : J'invoque— ies astresja liine et le solcil, liiniieros qui soiit saus cünimeiicemeiit, iiicreees.

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piTo, Zorvan fit virii (i'assar«'r roni]>ire a colui dV'ntr'eux qui se presenterait le preniier ii sos yeux. Ahriman cut connaissanco de ce voeu par rindiscretion do son frero; pour le prevonir, il dechira le sein maternel et parut devant Zervan. Celui-ci le trouvant laid, et fetide voulut le repousser; mais Ahriman lui rappela le voeu qu'il avait fait. Zervan lui accorda donc une autorite qui tinirait apres neuf millo ans: Ormuzd au contraire, fut investi d'un pouvoir qui n'a [las de ternie : son pere lui dit: jusqu'ici j'ai oÜ'ert le sacrifice pour vous ; desormais vous allez ToüVir jtour moi (i).

•26. — Les six Anischaspands ou saints inimortels, aux(}uels Ormuzd se Joint, qu'i! dirige et {)rotege, sont des forees, des proprietes personnifiees : leurs nonis sont fornies d'aljstraetions. 11s s'appellent « le bienveillant, » le « souverainenient pur, » et ainsi de suile. Ils paraissent cependant comnie des etres individuels et exigent un eulte particulier; dans le Paradis oü ils sejournent avec Ormuzd, ils jouissent d'une fV'-

(I) Häfut des sectes, par Eziiig, Irad. par Le Vaillaiit de Tlorival, Paris 1.S5Ö, ji 73-115. E/.nig, rAiiiit'iiieii vivait au li" sii>cle aprös J.-C. Ce niYÜie etait tres-repaiulu et ti'^.s-populaire. On en a la preuve dans la pi'oclamation du gi'and-vizir de Porse, Minerscli (diez Lliseus, liist. of Vartan, transl. by >'eumaiin, p. 9) Ce qui le prouve eiicorc, c'eslque Theodore de Mopsueste coiisacre le preniier livre de soii ouvrage, ^£p< Tvi? iv Uifa-iS't ie.a.yiyJi:, a TexpositioM des le.ils sur Zervan et de scs fils (Photius. Bibliotli. cod 81, p. ()5. üekken Theodore appelle Zervan

espprjijruv 7rcivrsi)v, et ajontc ort TTrtvdaiv, tvx ri'cyj roy ''Off/^ta-ceij,

frix.iv iniivov KOLi TOii "Zxriivzv. \i s'agit donc ici du sacriiice de Homa, parla pnissance duquel Zervan voulul, pour ainsi dire, se nieUre en tilat dVugendrer nn fils O. saritice rondit un serviee analogue ä Vivanhvat, le Premier niorlel qui expriuiadu raisin lejus destinö an culte; il obtint par la nn fils nonini6 Yinin (Ya<;na ci) choz Prorkhaus, Vend- Sade. ]) .i09j. Lc degre de developpcnient oii cette doctiine tHait arrivce du lemps de la conquete Macedonieune, est niarquc? dans nn passage reniar-

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licite complete et inalterable. Ahrimän crea six mauvais genies (Dgavs), qui luttent contre los Amschaspands. Cos doiize esprits regnent alternativement sur les doLizc mois de Fannee: l'influence preponxlerante d'un Amschaspand est combattue daiis chaque niois par un Dew et reciproquement. Plus tard, on voit grandir Tiinportance et riniluence de tel ou tel Amschaspand en parliculier. Bobman apparait comme roi du ciel et les animaux sont appeles ses sujets : le feu est place sous la protection d'Ardibehescht. Scbehriver preside aux metaux: Sapandoniad, la cliaste fille d'Ormuzd protegc la terre. Amerdad veille sur le regne v«''getal : Khordad est le dieu de Tbumidite.

:27. — L(;s Izeds (dignes d'adoration) ont unc nature et une personnalite beaucoup plus concretes que ies Amschaspands. Inferieurs ä ceux-ci, ils sont, ou furent cependant des dieux ; quelques-uns d'entr'cux occupent dans le Systeme Persan une position fort importante. Mais ici encore, la difference n'est pas nettement tracee : quelques Izeds, comme Mithra, Se--

fiuablo d'EndL'mc cho/ Damasciiis (De princrp. ed. Kopp, p 184% C-U Eiidilüre ne pont avoir öte qiie le disciple d'Aristote de Rhodes. Damasciiis liii-memc ecrivit la biographic de cet homme ctMebre et le passage eil questinn pourrait bien etre cmprunte ä son Ac-rpoAayotJj KTrofnu (Fabiic. Ribl (Jra'c. iii, G49. ed. Haii.). Or, d'aprcs Eiideiiie,les Mages et touslesKricns doiinaientariiiiivers intelligibleet meine a reqitiestiiiii (ra voijTO'y xTtocv km rc nvüiiiivov, c'est-a-dirc, a ce qiii e.vistc dans l'iinitö de lenips, d'espace, d'air et de himiere), taiitöt le iiom de lien (espace, tirmamenl), taiilöt lenom de temps (Zeivan); etcVst de cet univers qiie le Dien boii et le maiivais geiiie, la liimi^re et les teiiebres s'etaicut d'abord degages. Ou le voit : Zervaii est deja iini ici a Ormiizd et ä Ahrimän par iHi lien theogoniqne, qui dans ladoctrine antique u'existait pas. Zervau cependant y est impeisonnel, comme substance primitive : ce n'est que plus lard qn'uue ibeorie mythiquefit delui im Dieu personnel, suprOnie et le Perc d'Ormuz-d. Eu niOme temps, eile expliipia Torigine du mal, eil rattribuant a la divinile möme.

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rosch , Behram, Taschter sont parfois appeles Amschaspands : le ciiltc 3'oct:u})e d'oux plus spt'cialement que de ccs dcrniers. L'univ(;i\s des Parses etant peuple d'un nombre infini de genies bons ou niauvais, ou personnifications de forces naturelles, on conipte aussi [)armi les fzeds des vertus, des notions persounitiees et on leur rend les honneurs divins. Mithra a reeu d'Ormuzd une dignite, un eelat refuses aux autres Izeds du eiel ; il se trouvc tres-pres d'Ornuizd et est souveut invoque avec lui. G'est le courrier Celeste, muni de mille yeux etd'autant d'oreilles, 11 aecompagne lesoleil et la lune, veille sur l'univers et, triomphateur brillant, il repoussevictorieusemcnt l'hiver, amene parAhriman. Taschter, (Trstrya, constellation du chien,) regne daiis les airs, donne la pluie, dispense les germes et la seve, lance la foudre et ranime la nature defaillante. Le Bundehesch lui attribue untriple corps: il est "tiomme, cheval et taureau. Behram (Veretpragna) etait l'Ized du triomphe et particulierement de la force victorieuse du feu.

:28. — Dans les Ferwers (Fravaschis) se confondent j)lusieurs idees : ils representent les anges tutelaires, les elements divins des ämes et les types Celestes des choses creees. Le Ferwer est la realisation laplus complete de la pensee creatrice, en tant qu'elle est dirigee sur les etres individuels. Le Ferwer, qui d'abord se trouve isole,s'unit aussi a l'etre qu'il a represente : ilen devientl'äme totale ou partielle. G'est enmemetenipsun genie qui veille sur l'homme, l'eclaire et le protege (i). Entendus ainsi, les Ferwers president au monde, a l'cau, aux arbres, aux montagnes, aux troupeaux : les dieux, Ormuzdlui-meme a son Ferwer. 11s forment une arniee Celeste qui defend les creatures du dieu bien-

(I) Buinouf, comni. sur leYarna, p £70

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