‹ Paganisme et Judaïsme (volume 4)Chapitre 26 sur 37 · Ces faits expliquent donc l'idee predomi · texte numérisé non relu

Ces faits expliquent donc l'idee predomi

(1) De Rouge,!, c. oi.

(2) D'apres Proclus (coniin in Tim 1, ÖO ) dont le texte est ))ius jiiite ici que ce'.ui de riutarqne.

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nante dans la mythologie egyptienne: le dieu est nonseulement le fils de la divinite feminine unie ä lui, mais est en meme temps i'epoux engendrant avec la mere un fils qui complete la triade. C'est ainsi qu'Arsaphis (Ammon ithyphallique) de Thebes, Manduli de Kalabsche, Har-Hat de Tentyra et autres sont les epoux de leurs meres (i). Voiei l'idee egyptienne du monde et des dieux: il sort d'Hule, matiere primitive, qui est le chaos des Grecs, un principe, une premiere force spirituelle ettoute-puissante; ce dieu, cache encore et non revele, se cree un corps qui est le soleil, et devient ainsi un dieu revele, lequel forme aussitöt, au moyen de la matiere, un deuxieme etre divin, l'image et la puissance inferieure de sa propre essence (c'estä-dire qu'il engendre un tils avec sa mere). Cette meme idee a fait supposer l'existence de divinites hermaphrodites, lorsque le premier etre supreme, avant que les deux sexes ou puissances, la passive concevante et I'active engendrante, se fussent separes, etait envisage comme l'unite renfermant encore les deux principes. Neith et Phthah furent des divinites hermaphrodites {->). Mais toutes deux se presentent aussi comme des etres purement sexuels, la derniere comme dieu, la premiere comme deessc.

HO. — Dans la Haute-Egypte, les plus anciens dieux, Mentu et Atmu, furent identiqites avec Ra, par consequent des dieux du soleil, en sorte que Tun represente le soleil levant ou celui du monde superieur, l'autre le soleil couchant ou celui du monde inferieur. Le fils de Mentu, ou aussi d'Atmu, etait 3Iu, qu'on appelle egalement fils de Ra; sa compagne Tefnet est la « fille du soleil. » La puissance de Thebes, oü florissait le

(I) Le -Nüi'iDiiiiL MüsoL' desantiiiiiiles fcigypt p. 65.

{"2) .MiK'iia Ol HL'i'liesUis, dil Hurapoiluii. 1, !2, [>. 19. tcl. Leeiiiarib.

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culte d'Animon depiiis la douzieme dynastie, avait donne ä ce dieu une plus grande autorite ; par son Union avec Ra, il devint dieu du soleil et « roi des dieux, » et, selon la maniere de voir des Grecs, il equivalait a Jupiter. Hors de cetle union, ou avant qu'il en eüt ete question, il etait represente, sur des images, sacrifiant meme ä Osiris, mais dans d'autres localites que Thebes (i). Cependant on conserva Mentu et Atmu, les dieux du soleil thebains, meme a l'epoque oü le culte d'Ammon etait le plus florissant ä Thebes ; Ammon-Ra avait alors le pas sur Mentu ; pour eluder la difficulte on fit une distinction entre le soleil du matin, celui du midi et celui du soir. C'est avec Mut et Khonso qu'Ammon forma la grande triade de Thebes, oü on lui avait consacre le serpent ä cornes ; une pretresse ä laquelle il n'etait pas permis de communiquer avec un homme, dormait dans son temple, ä l'image de cette femme qui, passant pour la fiancee du dieu, couchait ä l'etage superieur du temple de Belus ä Babylone (2). Plus tard, il se produisit une autre forme d'Ammon-Ra: c'etait le dieu Neph, Kneph ou Chnubis, qui, selon Plutarque, etait generalement venere en Theba'ide: on le representait sous une forme humaine, ayant une tete debelier, surmontee d'un serpent oud'un vase ; plus tard on le representa meme avec qualre tetes debelier. On en fit aussi un dieusolaire sous le nom de Neph-Ra etonlemitau meme rangqueles anciens dieux supremes, qui n'etaient que les diverses personnifications d'une meme idee divine ; lui aussi etait donc le createur des dieux et des hommes. On le representait formant les hommes dans une roue ou un four de potier (i). Ce n'est que tres-tard, un peu avant ou apres

(1) VV'ilkinson, See. Ser. I, 245.

(-2) Herod. 2. 54, 58

(.5) Vaux, HaiKibook to Ihe Antiquities ol Iho lU . Mus. ifeol, p öo5

J.-C, parait-ii, qu'on a personnifie en lui Tesprit divin de la vie ou l'Ame du monde. LesGrecs l'appelaient Jupiter d'Ethiopie, et dans des inscriptions posterieures on lui donne le nom de Jupiter-Ammon-Anubis (i), On le confondait si souventavec Ammon, qu'on croyait reconnaitre celui-ci dans le dieu ä tete de belier, et, en etfet, lesdeuxdieuxouformesdivines sc touchaient aussi de tres-pres sous le rapport geographique; dans la partie meridionale de la Thebaide, ä Elephantineet ä Syene, le dieu principal etait Kneph, tandis qu'au Nord et k Thebes meme, c'etait Ammon.

m. — Dans la capitale de la Basse-Egypte, k Memphis, le dieu principal etait Phthah, que les Grecs prenaient pour Hephestius. II doit, parait-il, la haute importance qu'il acquitplus tard — carManethon le place k la tete de tous les dieux, — au rang qu'occupait la ville de Memphis. Sur lesmonuments, il est represente comme pere des dieux, et surtout comme pere de Ra, le soleil, et c'est ainsi que le connaissaient deja les anciens (2). Cependant on trouve aussi un « tres-ancien enfant de Phthah » du nom de Inhotep (0). Phthah luimeme est appele le premier-cree, c'est-ä-dire celui qui, sans avoir un pere, s'est donne lui-meme l'existence individuelle; voilä pourquoi, en sa qualite d'etre primitif, il etait des deux sexes comme Neith ; de plus, il est le «maitre de la verite, » le dieu bienfaisant qui demeure dans la maison d'or et porte dans sa main le nilometre, Symbole de la stabilite. C'est ä lui particulierement qu'etait consacre ce coleoptere, le scarabee, connu par d'innombrables images, qui forme une boule avec du fumier, puis, se tournant

(1) Letroniie, Recueil des liiscr. I. 390.

(2) Cic. N. Ü..3, 2!.

(3) Briigsch, relat. de voy. 193.

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vers l'Est, la roulo d'Oricnt on Occident et l'enfouit ensuite pcndant :2s jours; scs trente pattes iiuliquent les trente jours du mois (i). A Phile «il etait represente comme dieu-createur, formaiit l'oeuf du monde (-2), et dans les inscriptions il est ajipele Phthah roulant son oeuf (le soleil) dans le ciel. Par les attributs qu'on lui a donnes, il ne parait donc pas en veritable dieu sülaire, comme Ra; il est plutot l'etre primitif precedant le soleil, la premiere force creatrice sous la forme du feu primordial. Le titre qu'on donnait a sa divinite feminine, Pascht, la deesse a la tele de lion, donne ä cette explication une nouvelle probabilite: a Philae, celte deesse est appelee : « lagrande maitresse du feu de Senem, la deesse vivante consumantles flammes (ö). » 112. — Dans un vers de Cratinus il est question d'un dieu egyptien Sochcü'is, qu onnc rencontre dans les monuments qu'en societe de Phthah ou d'Osiris, comme Phthah-Socari ou Socari-Osiris, ou bien fondu avec les deux dieux en une seule divinite, comme Phthah-Socari-Osiris. Ce fut lui qui, a cause de sa taillc de nain et de sa ressemblance avec lesPatequespheniciens,s'attira les railleries de Cambyse; on le representait souvent avec une tetedemilan surmonteeduscarabee. Souvent Phthah-Socari est debout sur deux crocodiles, emblemes du temps et des tenebres (4). La procession, oü l'on exhibaitson canot sacre, etait une des plus grandes solennites (3). Ici encore on voit le rapport intime des principales divinitcs egyptienncs enlre elles, et la difticulte ou l'impossibilite de saisir leur indivi-

(1) Rorap. 1, 10. Plul. Isid. 34. Pliii. H. N. 50, II.

(2) Rosellini, Moimm dcl culto, pl. 21.

(3) Brugsch, relat. de voy. 263.

(i) Monumens Egyp. du Mus6e de Leide, II. 8. (0) Wilkiiison. See. ^"er. J, 234.

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dualite tant dans l'idee qui s'y rattache que dans leur vie et dans leur culte. Osiris n'etait au fond que la manifestation terrestre de Phthah, qui s'est rapproche de l'homme et s'est soumis ä la condition humaine. C'est pourquoi le boeuf Apis, dans les inscriptions du Serapeum, est appele Phthah revivantou ressuscite (i), tandis que les pretres assuraient, de leur cöte, que Tarne d'Osiris demeurait dans son Corps (2) .

413. — La ville de Chemmis ou de Panopolis, dans le district de Thebes, est ainsi appelee du dieu Khem qu'on y venerait sous la forme ithyphallique, et que les Grecs comparaient ä leur Pan. II n'etait qu'une forme d' Amnion, le soleil createur et vivifiant; sur les monuments les plus anciens il est appele « Ammon dans sa force, » «Ammon l'epoux de sa mere. » Mais on rencontreHorus aussi designe comme « dieu fecondant sa mere (5), » et, d'apres le livre des Morts du Musee de Turin, le defunt, parmi d'autres choses, doit declarer que Khem Horus avait ete le cooperateur de son pere, que sa sortie ou son apparition, objet d'une fete particuliere, n'avait pas ete autre chose que sa naissance, et que les plumes sur sa tete signifiaient Isis et Nephthys (i). Le dieu de Mendes dans le Delta, qui, Selon Herodote, etait enti^rement represente comme Pan, moitie homme, moitie bouc, differait de Khem. Suivant Diodore, beaucoup de personnes confondaient Osiris avec Pan, et par consequent le dieu de

(1) Brugsch, rel. de voy 78.

{-2) Plut. Isid. c. 20, -29.

(5) C'est ainsi que Ctiampollion l'a trouv6 a • Kalab.sche. Rniig^ dans les Amiales de philos. ehret, x.xxiii. 57 i (4) Birsdi, Archeol. xxxiv, ÖTJ.

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Mendes etait une forme (ithyphallique) d'Osiris (i), ou d'Ammon-Ra, ou plutöt de tous deux. On le trouve en effet sur une colonne de Turin avec l'inscription : « Mendes, Ammon-Ra , epoux de sa mere , maitre du ciel, » et sur une colonne du Musee Britannique sous la designation du « grand Mendes avec les deux plumes, Horus (2). » C'etait donc un dieu de la force generative, et le bouc, animal lascif, y etait venere comme son symbole.

114. — Le culte d'Isis qui avait son siege principal dans Phile, ile du Nil, etait le plus repandu en Egypte ; on l'appelait « la deesse aux dix mille noms, » et eile etait en etiet, ou plutotelle devint un protee brillant de toutes les couleurs et prenant les formes les plus variees. Les Grecs la comparaient ä Athene, ä Demeter, a Persephone, ä Thetys, ä Selene (3), les Egyptiens la confondaient avec Hathor et Mut, mais ses attributs passerent aussi ä Pascht et ä Nephthys, et on la rencontrequelquefois elle-memeavec la tete de chat, particuliere ä la deesse de Bubastis. On la representait avec des cornes et portant un disque ou une couronne sur la tete, parfois aussi tenant dans les mains un bonnet de faucon, un sceptre de fleurs et la croix de la vie. C'etait aussi une deesse cosmogonique comme les autres, la Hule , la femme passive inseparablement liee ä Osiris, le principe actif, generatif, plastique, dont eile etait la soeur, l'öpouse, la fille et la mdre. La vieille cite de This, et celle d'Abydos situeeA peu de distance de \k dans la Haute-Egypte, ainsi que Memphis, colonie de This, furent le siege du culte d'Osiris

(J) C'esl ropihiori de Lepsiiis, cyclc des dieux egypt. p. 175. (■>) Oretiili, 11, 40

(5) l'lularch. de Is. et Osir 9, 27; 54; 52. Birch, Gallen i. p. 52. Wilkins See. Seiies i, 566.

et d'Isis; lä rcgnerent les plus anciennes dynasties; et de ]ä le culte des deux divinites se repandit sur toute la vallee du Nil.

i13. — Seuls parmi les dieux egyptiens, Isis et Osiris etaient devenus l'objet d'un mylhe varie, orne en partie de traits etrangers et d'emprunt, et intimement lie avec les divers mysteres qu'on celebrait en Egypte. Cependant Isis, deesse principale de tout lo pays, jouissait de plus grands honneurs qu'Osiris, quoiqu'elle fut la force de la nature feminine qui desire et cherche le principe male, fecondant, et qui s'afflige en son absence. Aussi etait-elle pour les Egyptiens, tantot leur pays feconde par le Nil,tantot la terre eclairee et viviüee par le soleil. Dans la marche du soleil, ils voulaient memo voir Osiris cherchant Isis, (juoiqu'Osiris füt primitivement le dieu solaire et que Ra füt confondu avec lui. Isis, par rapport a lui, passait pour la deesse de lalune; car, d'apres l'opinion que Diodore ä probablement puisee chez Manethon, les Egyptiens n'avaient, dans l'origine, que deux dieux, Helios et Selene, celle-ci represenlant Isis, celui-la Osiris; Selon Plutarque, Osiris est fils d'Helios, et ensuite Helios lui-meme, et ce n'est qu'^ cause de ses rapports avec les enfers que les Grecs en firent Dionysos.

H6. — Le niythe d'Isis et Osiris, tel que les auteurs grecs le presentent en y ajoutant toutefois des Clements helleniques, est au fond celui-ci: Osiris, frcre et epoux d'Isis, laquelle naquit, comme lui, de Kronos et de Rhee, en arrivant au pouvoir, civilisa les Egyptiens en leur donnant l'agriculture et la vigne, des lois et une religion; puis il parcourut le monde, mais ä son retour il fut pertidement enferme dans un cercueil par Typhon, qui s'etait conjure contre "lui avec 12 allies et Aso, reine d'Ethiopie. Isis, qui le cherche et le pleure.

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est ensuite re|)rcst'ntee dans le rnythe absolumeiit oomme Dt'iiU'tor avec des fahles textuellement idejitiques. Elle trouvo ennn le cercueil, qui avait ete jete ä la mer et eharrie par les vagues jusque sur le rivage pres de Byblos, mais Typhon la surprend et met le cadavre d'Osiris en 14 pieces qu'il disperse; il jette le nienihre viril dans le Nil, oü il est devore par les poissons. Isis enterre les pieces apres les avoirrecherchees, voiläpourquoi il y a enEgypte autant, c'est-ä-dire quatorzetomheaux d'Osiris; la deesse fit faire une imagedu seul mcmbre qui manquät et ordonna de le venerer comme un dieu. La division du corps d'Osiris est une ideequi doitevidemment son origine au grand nombre de tombeaux dece dieu, qui tous pretendaient posseder le veritable Corps divin. Des lors, Osiris etait roi des enfers, tandis qu'Horus, fils d'Isis et d'Osiris, n'esl au fond qu'un Osiris rajeuni ou ressuscite, qui, comme heros,a pris place dans le mythe. La deesse ßuto, que les Grecs prirent pour Leto, avait des temples et des oracles dans la ville de ce noni et passait pour la gouvernante du jcune Horus; le pere assassine apparut au fils et l'exhorta ä venger sa mort. Avant le commencement du combat, Thueris, concubine de Tiphon, passa a Horus. Typhon fut vaincu, garrotte et remis ä Isis, qui lui rendit la liberte; mais Horus, irrite de cet acte de sa mere, lui arracha la couronne de la tele, et Hermes (Thoth) la coitfa d'une tete de boeuf. Tout le mythe, le seul que les Egyptiens, si depourvus d'imagination, aienl forge non sans avoir emprunte quelques Iraits aux Grecs, exer^ait une intluence des plus puissantes hur la conscience du peuple; c'etaient surtout deux parfies de rette fable, l'atllietion que ressentaient Isis et Ni'jjhthys du sort d'Osiris et les combats desdieux vengeant Osiris avec Set ou Typhon, qui rendaient I'annee religieuse des Egyptiens tantot sombre, tantOt joyeuse.

1^'autre mythe, que Plutarque nous a transmis, demontre ä l'evirlence que le caractere egyptien etait peu propre ä saisir et ä revetir d'une forme mythique, les dieux et leurs rapports avec les hommes. Rhee entretenait un commerce secret avec Kronos (Nut avec Seb) ; Helios la chargea d'une malediction qui eut pour effet qu'elle ne pouvait etre dölivree ni eiideans un mois, ni endeans une annee. Mais Hermes (Thoth), qui entretenait egalement une liaison avec la deesse, gagna cinq jours ä la lune dans le jeu de dames, et c'est alors seulement que Typhon et Nephthys naquirent le troisieme et le cinquieme jour. La fable avait ete evidemment imaginee par les pretres dans le double but, de stigmatiser les deux dieux Set et Nephthys comme etrangers et illegitimes et comme admis au nombre des dieux par une tromperie, et de justifier par un acte divin l'addition des cinq jours intercales (i).

117, — Osiris a toujours ete compte parmi les grands dieux, et c'est par suite d'un malentendu qu'Herodote lui assigne une place parmi les derniers dieux du troisieme cycle. La variete des noms, par lesquels les Grecs cherchaient k designer la nature de ce dieu et qui ne convenaient jamais qua une seule idee ou ä un seul rapport partiel, demontre sufFisamment qu'ils ne purent trouver dans leur Pantheon un dieu qui le representät reellement. Hs l'appellent Helios, Dionysos, Hades, Pluton, Pan, Oceanus, Neilos, Zeus. Les noms d'Epaphos ou d'Ammon etaien mieux choisis; celui-lä etait fils de Zeus et de lo et ne sur les bords du Nil, et comme lo etait representee sous la forme d'une vache,il etait facile de l'assimilerä

(I) FMut. Isid. 12 Comp. Diotl. 1, 13.

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Isis; le noni d'Osiris-Ra, c'est-ä-dire de dieu du soleil, comme Ammon-Ra, qui se trouve meme dans le livre des morts, nous autorise ä le confondre avec ce dernier.

118. — Osiris parait comme dieu de la force generative dans la fete des Pamylies celebree en sonlionneur. Cette fete, dit-on, ressemblait entierement k une fete de Dionysos, ä cette exception pres que les femmes, au licu de phallus, portaient des pantins de la longueur d'une aune, dont elles faisaient mouvoir par uneticelle, un membre qui n'etaitguere plus petitque tout le Corps ; on exposait ä la meme occasion une Statue munie de trois phallus (i). Mais en meme temps Osiris etait le dieu de l'element humide; toute force humide, nourrissante, venait de lui, toutes les eaux lui etaient consacrees. Voilä pourquoi les Grecs en faisaient tantot Oceanos, tantöt Dionysos Hyes, dieu de lapluie; mais, avant tout, le Nil avec ses sources inconnues passait pour le torrent verse par Osiris, ou bien Osiris etait le Nil lui-meme. Un Grec pouvait bien s'aviser d'en faire l'Ocean, mais un veritable Egyptien ne pouvait avoir cette idee, parce qu'il regardait la mer comme une matiere corrompue, malsaine, hostile; il appelait le sei de mer, ecume de Typhon; les pretres ne s'en servaient pas, surtout pour les sacrifices, et ne saluaient pas les marins (^2).

119, — Horus ou Har passait chez les Grecs pour un Äpollon egyptien, probablement parce qu'il tuait les serpents. Dans l'origine, c'etait un dieu local du soleil ;

(1) Hiirod. 2, -48. Plut. Isid c öG. NVilkinsoii (Lee Scr i, öW) pcii^e que la fete devüit etre Celle du dieu Kheni. et Rosellini fMouuni civ, in, HO) est d'avis qu'elle concenie Ammoii itliyphallique, puisque, dans les moiiuments, Amnion e<t toujüurs representöavec le phallus. Kheni, Ammouet Osiris n'etaient, au fond, que lemenie etre.

(2) Plut. Osid. c 32.

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dans la Haate-Egyptc, on l'appolait le triple Horus, c'est-a-dire Ic seigncur de Scham, de Behai et de Bak ; on le reiicontre aussi sous la dcsignation de « Har, seigneur de Bak (i) ; » ä Edfu, lagrande ville de l'Apollon des Grecs, il avait uii celebre teniple, oü il etait venere comme « Har-Hat, le graiid dieii, le maitre du ciel, repervier dore, le fils d'Osiris, maitre des dieux et des deesses (12). » Ici, sa mere etait Hathor, et c'est probablcmcnt plus tard qu'on le rattacha genealogiquement avec eile, ou Isis, et avec Osiris; car, suivant une autre opinion, il etait (comme Arueris) fils de Ra et de Nutphe, et frere aine d'Osiris: on en a voulu faire aussi un tils de Seb.

1:20. — Jlarpocmle (Har-pe-chrot), c'est-a-dire Horus l'enfant, etait identique avec ce dieu et fut representeposant le doigt sur la bouche; lesGrecs et les Romains conclurent ä tort qu'il etait le dieu du silence, tandis que des auteurs modernes le prennent pour le Symbole de la force de la nature agissant silencieusement et mysterieusement pendant l'acte de generation. Harpocrate etait plutot un jeune dieu solaire, c'est-adire le soleil du matin; dans une inscription on dit de lui : « Quand sa tete parait a l'horizon, eile eclaire le monde, (jui etait plonge dans les tenebres. » Quoique Harpocrate ne peut reellement pas etre separe de Horus, dont il n'est qu'une forme, on chercha cependant en Egypte ä maintenir la Separation de trois etres qui se confondaient sans cesse: Harpocrate, Horus le jeune et Horus l'aine. Ge dernier, Har-uer, Arueris, etait represente en homme a tete d'epervier, et formait une triade avec la deesse Tsenenofre et son fils Pnebto; le plus jeune, que les Grecs prirent pour

(1) Birch dans TArclueolügia, T. xNxiv.p 5G8. öo9. {'2) IJi'iiijsch, lU'l. de voy. p. -2-21.

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leur Apollon, etait appele « l'appui et le defenseur d'Osiris, son pere. » Cependant, on ne peut songer ä une individualitu bien determinöe de ces dieux qui s'övanouissent toujours et se reduisent ä l'idee du soleil. Las interpretations des Grecs sont arbitraires, changeantes et erronees. II parait que Hor-Hat, avec la tete de milan et le Symbole de la boule ailee, ötait le meme personnaga qiie les Grecs posterieurs appelaient Agathudemon; c'etait le bon genie qui accordait sa protection particuliere aux rois et aux temples des dieux ; sur des images, on le voit, lors d'un couronnement de roi, verser les emblemes de la vie et du pouvoir et lesrepandre sur le souverain. Dans les symboles, dont nous venons de parier, on voit reunis les attributs de Ra (soleil), ceux de Kneph (serpent) et ceuxde Mut (ailesde faucon) (i).

121. — Les Grecs prirent le dieu Thoth unanimement pourleur Hermes, ä cause de quelques traits communs ä tous deux. Toutes les inventions et toutes les connaissances, surtout l'art dYcrire, provenaient de Thoth. II est place ä cote d'Osiris comme l'auteur divin de la societe et de la civilisation humaine; si celui-la a cree l'agriculture, celui-ci a propage les arts plus nobles de la societe humaine. Reprösente en homme a tete d'ibis, portant pour Symbole un ibis perche sur une branche, ayant sur la tete une pleine lune ou une demi-lune, et muni d'une ardoise et d'une touche, il porte, sur les monuments. le titre de « doublement grand, » et est appele l'ecrivain de la verite. Comme tout savoir est fondö sur l'ecriture, il passe pour le dieu de la sagesse, l'auteur des livres (Hermetiques) contenant les traditions sacr^es, et le dieu tutelaire des corporations de pretres. Le grand

i\j Vi'ilkiiison, -See Scr. i, 412.

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