‹ Paganisme et Judaïsme (volume 4)Chapitre 27 sur 37 · PAG AM SM E · texte numérisé non relu

PAG AM SM E

nombie de villes d'Hermes en Egypto est une preuve que le culte de ce dieu etait fort repandu. Une deesse, rs'ehemaua'i, portant l'embleme du faucon, ^tait sa compagne dans les temples (i). On la nommait comme les autres deesses: « La fille du soleil, la maitresse du ciel et la souveraine de tous les dieux, » tandis que Thoth etait « le maitre de la langue des dieux, celui quiinspire aux divinites des sentiments debonte. » Le troisieme membre de cettc triade etait Har-Horus ä la tete d'epervier(2), maison nesait pas s'il aeteconsidere ici comme fils des deux premiers, et si, par consequent, Nehemauai ne fut qu'une forme d'lsis. Au reste, Thoth etait en meme temps une divinite de la lune, un deus lunus egyptien et, comme tel, il etait appelö sur les monuments Äah ou luh, nom que portait egalement Osiris; selon Plutarque, il etait androgyne comme dieu lunaire. Sous ce rapport, son representant animal etait le singe cynocephalus ou a tete de chien (3).

122. — Quant a plusieurs autres divinites egyptien-t nes, nous ne pouvons, faute de renseignements, en determiner la signification avec quelque certitude. A Ombos, on venerait le dieu Sebek, qu'on representait avec une tete de crooodile, II y a deux divinites, une male et une femelle, avec des tetes de grenouille, et comme cet animal etait le signe hiöroglyphique de l'embryon humain, il est possible que ces dieux etaient de nature cosmogonique. Le dieu du Nil, Ilapi-Mou, figure humaine chargee d'embonpoint, ayant des plan-r tes aquatiques sur la tete et dans les mains, avait

(1) Champollion-Figeac, Egypte anc. p. 249,

(2) Brugsch, Relat. de voy. i, 5.

(3) Wilkiiison. See. Ser. 11 li.

(4) Wilkiiison, i, 2oG. ibid.

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des pretres particuliers dans toutes les villes situees sur les rives du fleuve. A Silsilis,il etait venere comme formant avec Ra et Phthah une triade nöe de cette idee qiie le Nil est le produit des deux autres: de la force naturelle generative et du soleil (i). Heliodore (2) dit que les Egyptiens consideraient le Nil, dontils celebraient la feteavant toutes les autres avecle plus grand ompressement, comme le plus grand des dieux; et cette opinion est confirmee parle titre de« pere des peres des dieux » qu'on lui donnait; aussi le meme Heliodore ajoute que ceux qui connaissaient les mysteres, ne voyaient en lui qu'Osiris, qui lui-meme se rapprochait du dieu Ra jusqu'ä etre identique avec lui. ü'autres divinites locales n'etaient pas mieux connues, telles que Paytnuphis de Pselcis, Amenebis de Tschonemyris, et peut-etre aussi Antee, qui a donne son nom ä la ville d'Anteopolis; Diodore l'a pris pour un gouverneur d'Osiris ; son nom etait peut-etre Entes, dont les Grecs ont fait Antee.

125. — Plutarque explique tres-justement le nom de Neith par les mots : « Je vins de moi-meme, » ce qui dctermine clairement la nature des plus anciennes deesses egyptiennes : elles representent la matiere primitive maternelle, et sont ordinairement comme deesse-mere ou mere des dieux ; Neith etait par consequent appeleo aussi lavache qui mettait aumonde le soleil. C'est par suite de ressemblances accidentelles que les Grecs, comme Piaton, croyaient y reconnaitre Athena ; aucune divinite egyptienne ne ressemble completement ä une divinite grecque. Le siege de son culte etait ä Sais dans le Delta, mais eile

(1) Wilkinsüii, See. Sei", ii, 58.

(2) Atl)iop.y,p. 425.

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etait veneree aussi ä Latopolis (Esneh) dans la Haute- Egypte,et laville etait nommee ainsi d'apres un poisson du Nil, Laton, qui lui etait sacre. Plus tard, le culte de nette deesse semble avoir remplace celui de Pascht, deesse de Bubastis (i).

1:24. — Dans la triade de Thebes, Mut etait la deessemere, tandis qu'ä Bubastis on attribuait la meme signification ä Pascht, « fiancee de Phthah, » veneree beaucoup dans les deux Egyptes. Les Grecs crurent y reconnaitre leur Artemis. Bepresentee avec une tele de lion ou de chat, eile etait appelee la souveraine de Memphis. Mais on la nommait aussi « la grande maitresse du feu, » et dans l'ile de Phile eile portait le nom de la « deesse vivante, devorant les flammes (2) ; » eile etait donc en meme temps une deesse du feu, et c'est surtout par suite de cette circonstance, et ä cause de sa liaison avec Phthah, que les Grecs prenaient celui-ci pour leur Hephestius. Des statues representant la deesse debout ou assise,avec une tetede lion, etaient placees comme gardiennes aux portes des palais royaux ot des temples ; et comme on confondait generalement les deesses-meres les unes avec les autres, Pascht portait aussi, dans les inscriptions, les noms de Sati, Anuke, et fut reunie non-seulement ä Phthah, mais encore ä Ammon-Ba (3).

1:25. — Les Grecs reconnurent une deesse de la Naissance dans Neben, qu'ils appelaient en consequence Eileithyia; ils aimaient ä designer la ville, oü eile etait particulierement veneree, du nom de ville d'Eileithyia. En effet, parmi les Images du temple d'Hermonthis que Cleopatre fit construire en memoire de

(1.) Brugsch, Rel. de voy. p. 77.

(i) Briigscli, ibid. p. 'i6'i.

(.")) Orcurti, Catalogo dei Monum Egiz. di Torino. 18o2, 1, 44.

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la naissance de Cesarion, eile figure comme deesse de la naissance dans le groupe representant la deesse Ritho donnant le jour ä l'enfant divin Harphre. 3Iais Neben etait aussi deesse de la lune, c'est pourquoi les Grecs lui donnerent le nom deSelene(i) ; unie k Thoth, comme Luna a Lunus, eile etait mere d'Horus. On la represente sous forme de vautour, et, le jour de la pleine lune, on lui sacriiiait un porc, animal d'ailleurs si odieux aux Egyptiens. Dans les inscriptions d'Eileithyia eile porte le titre de la premiere de toutes les divinites, souveraine du pays de « Put » (Phenicie) (2).

426. — Chez les Egyptiens, la deesse Hathor semblc s'etre developpee d'une maniere plus individuelle et plus materielle. Elle a donne son nom aux villes de Tentyra (maison d'Hathor) et d'Atarbechis, sieges principaux de son culte. Les Grecs la prenaient pour Aphrodite üranie; cette comparaison n'etait pas tout ä fait fausse, en ce que cette deesse, comme les autres, comme Mut et Pascht, etait un etre cosmogoiäque. Elle portait les titres de maitresse du ciel, de grande reine de la couronne d'or, de la doree parmi les deesses ; le plus souvent, on la designait cependant par le nom de maitresse du jeu et du chant. La vache lui etait consacree, ce qui prouve que la deesse etait une « grande mere » ou deesse feconde de la nature; on la representait souvent en vache couverte de taches en forme de plante; quelquefois eile avait une tele d'homme, souvent seulement des oreilles et des cornes de vache, au milieu desquelles se trouvait un disque solaire. Dans son temple d'Aboccis, on lavoit placee dans unvaisseaü sacre, oü le roi et la reine lui ott'rent des tleurs et des

(1) Euseb. Praep. evg. 3, 12.

(2) Brugsch, 224-2-23.

libations (i). Dans les principaux sieges de son culte on entretenait une vache sacree (2) ; quelquefois les Images placees dans les temples la representent en vache allaitant un enfanl royal. Hathor etait confondue avec Isis, quand on lui donnait les attributs d'Anienta, deesse des enfers.

127. — Dans la deesse Änuke, les Grecs reconnurent leur Hestia; cependant eile etait une deesse-mere nourriciere, tout comnie les autres deesses. Dans le teniple de Beit-Ually, le roi Ramses II est represente sur le sein d'Isis et d'Anuke ; cette derniere lui dit: « Moi, ta mere, maitresse d'Elephantine, je te re- (;ois sur nies genoux, et je te prescnte mon sein, afin que tu y prennes ta nourriture (.">). » j\ephl/iys, en egyptien ?sel)ti, avait beaucoup d'analogie avec Anuke, ou etait identique avec eile; dans une inscription eile est appelee « la secourable s(pur Anuke; » les Grecs la mettaient au meme rang que leur Aphrodite. Cependant Nephthys etait, de preference, niise en rapport avec Anienthe, le royaume des niorts ; eile passait pour la deesse sombre, chez laquelle Osiris descendit en quittant le monde du soleil, et eile fait partie des deux triades infernales : « Osiris, Isis, Nephthys, » et « Isis, Nephthys, Harpocrate. » Plus tard, les Grecs prirent pour leur Hera une conipagne d'Ammon, la deesse Säle, qu Herodote avait designee conime une deesse inconnue aux Egyptiens. On lui donna aussi un vautour comme synibole de la maternite. Dans un temple de la Nubie, une inscription consacree äErgamun, roi d'Ethiopie, renfernie ces mots « fils de jVeph, ne de Säte, nourri et soigne par Anuke; » et en face de

(i) Wilkinson, See. Ser. 1, 380.

(-2) .i:iiaii. Hist. anc 10, 2".

(5) Cliumpollion-Figeac, Egypte aiicienne, p. -liH.

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cette inscription il est tlit du meme roi : « Fils d'.Osiris, ne d'Isis, nourri ot süigne par Nephthys. » L'opinion rmise par Horapollon, que chez les Egyptiens Alhena (Neith) etait le ciel superieur, et Hera (Säte) le ciel inlerieur, est probablement une Interpretation inventee plus tard sous rinfluence des Grecs.

128. — Leplus enigmatique des dieux egyptiens estcelui que les Grecs appelaient Typhon, Set ouSeti, oubien Sudech, dieu local d'Ombos, qui, par consequent, s'appelait aussi Nub ou Nubti. On le representait ayant la teteoula formation d'un aninial inconnu (ou fabuleux), de couleur jaune, avec des oreilles elevees et tronquees, unmuseau recourbeet une qucue longue, raide etcanibree; il ne differait pas du dieu phenicien Baal, tigurö par le meme animal. Dans les inseriptions des rois Seti I et Ramses III, il est invoque sous les trois Ibrmes de Set, de Nuba et de Baal, comme « le grand dieu, le maitre du ciel » et uni a Horus (i). II est jtrobable que Setou Sutech etait deja venu de Tetranger (Asie occidentale) avant Tepocjue des Hyksos et qu'il y jouissait dejä d'une certaine veneration. Or, quand les Hyksos s'etaient fixes dans le pays, ils le reconnurent comme leur dieu national. Avaris, leur ville forte, etait consacree a Typhon {->). Dans un vieux papyrus se trouve ce passage remarquable: « Le roi Apepi, chef des revoltes (Aphobis, quatrieme des rois pasteurs de la Phenicie), devant lequel tout le pays paraissait en tributaire, choisit le dieu Sudech pour son maitre, lui construisit un temple et ne servit aucun autre des

(1) Lepsius. Cycledcs dieiix Egyp p iOü. Ed. Dar, niais Poiteviii, dans la Rev. Archeol. I8j5, Aoiit, p. -265, reiiiaifiue ([ifil laut lire Bei ou Baal. Ghesenius tiadiiit le noin de la ville Banl Tsephon par Locus Typhonis, Typhoni sacer.

(2) Maneth frag, dans le fragni. Hist. Gaaec ii, ."379.

dieux qui etaient en Egypte (i). » Yoilä la tendance, ailleurs dejä manifeslee, de combattre et de supplanter les anciens dieux de l'Egypte par l'intrus etranger Sudech ou Baal. Cela est egalement confirme par les mythes. Les fahles de pretres racontent quo les dieux egyptiens deposaient ieur couronneen voyant le pouvoir de Typhon (2); ou hien : qu'ü l'arrivee soudaine de Typhon, l'ennemi des dieux, ceux-ci s'etaient changes en animaux (5), ce que, selon Diodore, ils ne firent que pour se soustraire h l'impiete et a la cruaute des hommes nes de la terre (c'est-a-dire des Hyksos). On y reconnait, d'un cote, la tendance a donner une hase mythologique au culte des animaux, qui plus tard etait devenu inexplicable pour les pretrus, mais, d'autre part, aussi la trace des lüttes religieuses provoquees par l'invasion phenicienne. Et si les Grecs appelerent Heracleopolis la ville de Sethro, c'est-ädire la porte de Set (4), situee ä l'O. de Peluse, designation qu'on n'a pas reussi ä expliquer (5), ils se fondaient uniquemcnt sur la ressemblance qu'ils reeonnurent entre le dieu de la ville et Heracles le Phenicien (Baal.)

129. — Quand apres l'expulsion des Hyksos, lagrande restauration avait eu Heu, Set ou Typhon recut peu a peu une autre forme et une autre signißcation ; par suite du Souvenir desviolences, exerceesen son nom,et de l'oppression dont se rendaient coupables les odicux etrangers qui le servaient, on le regardait comme un etre persecutant les dieux Egyptiens et hai par eux.

('). brujiscli , Etiides sur TEgypte daiis l;i rcviic des D. M. Chap. IX, -209.

(i) Hellaiiic: ap Athen, lö, p. 680.

(ö) Kygin. 2, 28.

(i) On d'apies Bnigscli, « la ville Set du garde. » (.")) Sclnveiick; Mytliol.des Egyp.. 11 liv.p. 205.

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Son Image et son nom l'urcnt etiaces et mutiles siir presque toiis les monuments ; il devint alors le die u de oette chaleur malsaine, dessecbante et insupportable aux Egyptiens, et dans la fable d'Osiris oü il est represente coninie meurtrier de celui-ci, se confondaient des phenonienes de la nature et des Souvenirs historiques . Dans un papyrns il est invoque comnie « le dieu, qui reside dans le vide, le tout-puissant destructeur et ravageur (i). » Dans toute la nature il represente le principe sombre, destructif. Conime l'ane etait pour les Egyptiens l'image de leurs ennemis du nord, habitants de la Syrie et de la Palestine, Set etait represente maintenant avec la tete de cet aninial, ou comme un äne couche (2). Aussi le mechant crocodile et le vilain hippopotame lui etaient consacrös. A de certaines fetes, pour plaire au dieu persecute par Typhon, on avait l'habitude d'insulter ses favoris ou les etres qui lui etaient consacres, on injuriait les hommes ä cheveux roux et les habitants de Koptos precipitaient un äne du hautd'un rocher (0). Les geants qui, d'apres le temoignage de Diodore, etaient fustiges dans les temples par les pretres d'Osiris, etaient probablement Typhon lui-meme avec ses complices. Mais comme c'etait un dieu puissant et redoutable, on faisait quelquefois aussi le contraire. Quand un vent chaud et pernicieux persistait longtemps, les pretres eloignaient, la nuit, en silence et tour a tour, les animaux sacrös, c'est-ä-dire ceux qui etaient cheris des dieux ennemis de Typhon, et les effrayaient d'abord par des menaces ; mais si le fleau continuait, ils les immolaient non, comme pensait Plutarque, pour punir le

(Ij Reuvens LeUres siir !es Papyrus. 1830. 1, p. 59,

(2) Parthey ä Plut., p. 219.

(3) Pliit. Isid c. 30.

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mauvais esprit, mais so le concilier cn tuanl un etre qu'il detestait (i). Cependant l'anniversaire de sa naissance, le troisieme des jours intercalaires, etait meme Uli jour de malheur; les rois ne s'oecupaient avanl la nuit ni d'affaires, ni du soin de leurs personnes.

IJ. — GÜLTE DES AMMALX.

130. — Des pretres egyptiens raconterent a Herodole la fable suivante : « Heracles (Khons) voulut absolument voir Amnion ; celui-ci refusa longtemps de lui apparaitre, mais comme Heracles multipliait ses instances, Amnion ota la peau d'un heiler, s'en enveloppa, tint la tete de l'animal devant lui et se presenta au suppliant. » Gette fable indique l'origine du culte des animaux en Egypte ; les niotifs doivent en etre recherches dans le besoin de contempler la divinite cachee et de la savoir aupres de sei, ainsi que dans la crainte de la nature et des actes des animaux, nature mysterieuse et inexplicable pour rhonime. « Chez les Egyptiens, » dit Olympiodore, « les animaux sont les symboles des dieux auxquels ils sont consacres et ont la meme valeur que les Images divines des Grecs. » 11 est vrai que les Egyptiens ne voyaient pas seulement dans leurs animaux sacres de simples symboles ou emblemes des dieux ; le peuple vencrait les animaux, comme le faitremarquer Plutarque, directement et immediatement (2). Ils etaient pour lui les depositaires, les denieures de la divinite, les intermediaires par les-

(1) Plut. c. 73.

(2) riut. c. 71.

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quols les dicux. coliabitaicnt avec les hommes. En choisissant raninial pour son domicile terrestre, le dieu accordait ä Thomme la facilite de l'avoir toujours aupres de lui et de Fobliger a la reconnaissance et ä des Services remuneratifs par des soins assidus et respectueux. Les instincts, le merveilleiix pressentiment de Tavenir, la securite et l'uniformite de la vie des aniniaux — toiU cela semblait prouver aiix Egyptiens que rauimal etait la demeure et l'organe d'un elre superieur, et ils comprirent que le dieu avait choisi, ä cd ettet, Tanimal de preterence a Thomme qui est place en face de la divinite comme un <^tre individuel, ayant sa volonte et son libre arbitre et dont les dieux ne pouvaient se servir en guise d'instrument passif.

151. — En tout cas il est certain que plus tard ni Egyptiens ni Grecs ne purent indiquer les veritables causes du culte des animaux ; les motifs que les premiers en donnaient aux derniers avaient ete inventes, parce que cette coutume meme qu'ils voyaient dans toute sa force regner sur l'esprit du peuple, etaif devenue enigmatique et inconiprehensible pour eux. Celui qui n'etaitpas satisfait dela fabled'apres laquelle, vers le temps de la persecution de Typhon, les dieux s'etaient transformes en animaux, recourait ä un pretendu usage d'aller au combat avec des drapeaux ornes de figures d'animaux, ou alleguait l'utilite de nombreuses especes d'animaux, ou citait la politique d'un roi, qui, par l'introduction de ce culte, avaitvoulu pour toujours semer la discorde parmi les Egyptiens (i). Plutarque pense qu'on s'ctait abslenu de manger de la chair d'animaux et qu'on les avait declares inviolables, parce qu'on craignait de commetlre un parricide ou un

(J) Diod. 1, 57. riiil. Isid. e. 7:2.

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fratricide, mais cela ne suftit pas pour expliquer la deification des betes. La doctrine qui dit que Ics ämes des animaux elaient generalement de la substance de Typhon et qu'on les venera! t pour ne pas provoquer la colere de ce dieu misanthrope, ne peut egalement pas etre regarde comme concluante (i). Aussi le motif que Porphyre tirait du pantheisme, comme si la divinite ctait l'unique substance spirituelle penetrant les hommes comme les animaux {-2], ne peut etre le veritable. Les Egyptiens (ä l'exception des rois posterieurs) n'ont jamais adore des hommes vivants. Les explications que donne Plutarque sur l'adoration de certaines especes d'animaux paraissent encore plus etranges: le chat, dit-il, est vönere par les Egyptiens parce qu'il concoit par l'oreille et qu'il met ses petits au monde par la bouche, qualites qui le rendaient semblable ä la raison humaine; le crocodile est venere parce qu'il est muet et ressemble a cet ^gard ä la divinite qui gouverne le monde sans son ni parole. Le muset etait, disait-on, un objet d'adoration parce qu'il avait les yeux enfonces profondement et paraissait presque aveugle comme la taupe. Dans toutesces interpretations absurdes et forcees on reconnait l'impuissance des pretres tant Grecs qu'Egyptiens; ces dcrniers meme ne comprenaient plus leur propre culte, parce qu'ils ne se trouvaicnt plus dans la caste oü lo culte des animaux avait pris naissance ; ils n'etaient plus familiarises avec les idees populaires qui servaient de base ä cette religion, quoique ce culte, partie essentielle et hereditaire de la religion populaire, semaintint avec une force toujours egale.

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