PAG ANIS ME
rente ä la nature corporelle, tantot comme la realite changeante, repariie entre les corps ou, ce qui est la meme chose, comme une force inintelligente et la necessite. Ce principe pouvait etre dompte mais non change ou detruit par l'intelligence divine; toujours en revolte, il ramenerait le regne d'une diversite sans liraites, du desordre et du mal, si Dieu ne veillait pas ä la conservation de l'ordre etabli (i). II l'a dompte en la combinant avec un autre facteur, qui est le « nus » principe divin, emanation de la divinite (2). Acetie fin, il forma d'abord une nature intermediaire au moyen de ces deux facteurs; de sorte que dans l'äme du monde on peut distinguer trois principes, trois realites, qui correspondent aux trois facultes de Täme, l'opinion, la science, l'intuition.
96. — L'äme du monde est donc le premier, le principal des dieux crees ; eile reside au centre du monde ; mais repandue aussi dans Funivers entier, qu'elle enveloppe de tout cöte, eile anime et regit les corps tbrmes de la matiere (5). Quoique composee d'elements eternels, eile est un etre individuel, ayant eu un commencement: eile ne renferme pas les idees; celles-ci, au contraire, independantes d'elle, existent au-dessus des bornes du temps et de l'espace, comme les types eternels des choses. L'äme du monde n'a pas de volonte; mais eile pense aussi bien et mieux que notre äme : eile pergoit tout ce qui se passe en eile et dans ses parties: eile est imperissable ainsi que le mouvement qui depend d'elle.
97. — Ainsi pour l'observateurattentif, il est certain que Piaton pose trois principes eternels: Dieu ou l'intelligence pure, la matiere premi^re et l'äme. Dejä
(1) Tim. p. -48. i'olit. p. 'Irl-ilZ.