VI. — FÊTES
48. — Toutes les fêtes des Grecs avaient un caractère religieux ; c'étaient des fêtes de dieux, de héros et de morts. Dans une religion basée sur la déification de la nature, ce devaient être surtout les scènes de la nature, les phénomènes, les rapports des hommes avec la nature et les produits de celle-ci, qui formaient l'objet de cette fête. Comme dans un climat aussi heureux que celui de la Grèce, la vie dans la nature disposait les hommes à la gaité, comme le contact de la nature, la soumission à son influence et les sensations qu'elle faisait éprouver aux hommes, invitaient à une agréable gaîté plutôt qu'à une affliction mélancolique, la plupart des fêtes grecques portaient l'empreinte d'une jouissance de la vie, tantôt grossièrement sensuelle, tantôt plus fine et plus artistique.. Seulepient les jours commémoratifs, consacrés aux divinisés infernales et aux morts avaient une couleur plus sombre; il arrivait même qu'une fêle, dont les pre-
(l)Paus. 2, 11.5.
(2; Corp. Inscr. Gr. l,p. 7oO.
miers jours étaient des jours de deuil, fut terminée par des joyeux festins et par des danses, comme les Hyacinthies, que les Spartiates célébraient en l'honneur tantôt du héros Hyacinthe, tantôt du dieu Apollon (i).
49. — C'est ainsi que les Grecs avaient d*abord des fêtes de température. A Athènes, au mois de Février, on célébrait la fête de Zeus Meilichios, pour le commencement de la température douce : en Novembre on célébrait celle de Zeus Torageux pour obtenir une bonne température d'automne ou pour demander du temps favorable. De plus ils avaient des fêtes, qui se rattachaient aux saisons, surtout au printemps, à l'agriculture, à la moisson, à la vendange et S la préparation du vin; c'est pourquoi les fêtes de Déméter et de Dionysos étaient les plus nombreuses. Les Athéniens même célébraient tous les ans trois fêtes particulières de la charrue (2), et en outre, Haloa, fête des granges, accompagnées de réjouissances nocturnes. On célébrait aussi des fêtes particulières en mémoire de quelque mythe local, dont on représentait les traits en pantomime, comme la fête de Dédala à Platée, qui avait pour objet les amours de Zeus et d^ Héra (s). Mais on choisissait aussi pour objet de fêtes solennelles, les événements importants ou glorieux, appartenant aux époques tant fabuleuses qu'historiques; les Athéniens célébraient tous les ans leurs victoires de Marathon, de Salamine, de Platée, de Naxos. Ils célébraient la fusion politique de l'Attique par Thésée, et le rétablissement de la démocratie par Thrasybule.