‹ Paganisme et Judaīsme (volume 5)Chapitre 42 sur 60 · Ce sacrifice avait en même temps pour le · texte numérisé non relu

Ce sacrifice avait en même temps pour le

(t) Vend. 19, 28-31. p. 245. Spiegel.

(2) Ap. Phot. BiW. Cod. 8! ; srip/ riff ttvriv tt'tfcùfctiUç,

(3)Z. A.T.i. P. ii.p. 40<.

Parse la signification d'un sacrement, d'une communion qui le mettait en rapport intime avec la Divinité. Le c Miezd » composé de viande, de pain et de fruits, bénis et puis mangés en commun, avait aussi le double caractère de sacrifice et de sacrement. Hais c«s offrandes sacramentelles ne semblent pas se rattacher particulièrement aux solennités religieuses des Parses. Celles-ci n'étaient, d'après la doctrine de Zoroastre, que des fêtes de la création et de la nature. Tous les ans, six grandes fêtes dont chacune durait cinq jours célébraient la formation du ciel, de l'eau, de la terre, des arbres, des animaux et de l'homme. Hais comme on honorait les divisions du temps comme autant de génies, chaque jour était naturellement consacré par la religion. On avait «les Gahanbars»ou esprits des six époques de l'année, les esprits du mois et les génies de chaque jour du mois.

50. — On doit répandre pour les parents morts des prières continuelles, qui devront être doublées pour ceux qui sont morts dans l'impureté et dans le péché (i). Ces prières assurent aux âmes la protection des esprits célestes : Serosch surtout les défend contre les attaques d'Ahriman. Les cinq jours qui complétaient les 360 jours de l'année des Perses, étaient consacrés aux âmes. Alors elles revenaient, croyait-on, sur la terre, pour visiter leur famille, et Ormuzd arrachait du séjour des Darudis les âmes des pécheurs repentants. Durant cette fêle chacun devait répéter douze cents fois deux prières particulières.

Si . — Les Perses n'avaient ni idoles, ni temples : le caractère de leur religion ne le permettait pas. Bien différents des Grecs, ils ne croyaient pas, dit Hérodote, que les dieux fussent semblables aux hommes. Plus

(1) Vend. 12, 9 ff. p. 183, Spiegel.

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tard il n'en fut plus de même. Le Zend-Avesta donne aux prêtres le nom « d'Âthravas » ou munis de feu : ils avaient encore d'autres noms, empruntés aux différentes fonctions qu'ils exerçaient, comme celles d'offrir le sacrifice, d'attiser le feu, de purifier (i). Tous devaient se munir d'un mortier, d'une coupe pour le sacrifice de Homa, d'un caducée pour exterminer les animaux immondes et du Paitidoma. Ceci était un voile qui durant le sacrifice couvrait la partie inférieure de la figure, pour empêcher l'haleine de souiller le feu sacré. L'Âthrava doit même durant la nuit méditer et étudier la religion {è) ; il sera bienveillant, se contentera de tout, comme le chien et éloignera, comme lui, tous ceux qui pourraient l'infecter (3). Pour les purifications, l'intervention du prêtre n'était pas, paraît-il absolument requise. Avant de s'en charger, on doit avoir reçu les instructions d'un purificateur; s'y immiscer sans instruction préalable, c'est un crime qui frappe de désolation l'endroit où il se commet — et qui, en outre, ne peut être expié que dans le sang du coupable (4).

52. — Dans les temps historiques, lorsque la doctrine de Zoroastre s'était propagée vers l'occident, les mages remplacèrent les Athravas et furent revêtus du sacerdoce Zend ; cette intrusion d'éléments chamitiques et occidentaux dans l'ancienne religion de l'Iran doit évidemment être attribuée à l'influence du clergé médique qui appartenait originairement à ce dernier cycle religieux. Sous Darius Hystaspe il semble s'être produit une vive réaction érienne ; mais l'esprit syncrétique du magisme répandu partout par une corporation nombreuse et influente ne tarda pas à reprendre son

(1) Vend. 5, 162, p. 114, Spiegel.

(2) Vend. 18, 14-17, p. 229, Spiegel.

(3) Z. A.T. I. P. II, p. 385.

(4) Vend. 9, 172-180. 187-196.

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empire. Sous les Achéménides et sous les Arsacides il jouissait d'un pouvoir politique très-étendu. Le roi était, au dire de Posidonius, assisté de deux sénats, dont Fun était composé de mages (i). Les prêtres étaient chargés de l'éducation des princes du sang : l'héritier du trône était soumis à un examen ; on savait ainsi s'il possédait le > connaissances requises (2). Leur science embrassait la théologie, la cosmologie, la physique : Philon célèbre avec enthousiasme leurs observations curieuses, leurs profondes recherches sur la nature (3). Ils expliquaient aussi les songes, se livraient à la vaticination, guérissaient les maladies au moyen de prières et de remèdes naturels. La période la plus éclatante de leur histoire commença, quand après la chute des Arsacides Babek et Ardeschir, tous deux issus de la race des Mages, parvinrent au pouvoir. Ils étaient partagés en trois classes : les Herbeds ou disciples, Mobeds et Destur-Mobeds, maîtres consommés et pontifes. Ceux qui appartenaient à la première catégorie se nourrissaient exclusivement de farine et de légumes (4), à moins que ce ne fut là une secte particulière, attachée à la métempsycose de Pythagore.

S3. — Dans la religion des Parses, sainteté était synonyme de pureté et celle-ci était avant tout physique. Les soins nécessaires pour la conserver ou pour la recouvrer exigeaient de la part du Perse une vigilance continuelle et absorbaient une grande partie de son temps. La pureté de l'âme, la fuite de tout ce qui peut la souiller étaient cependant aussi requises. Les pensées de l'homme doivent être pures et elles le seront, quand elles se fixent sur l'origine des choses, sur la créa-

(1) Strab. H,5I5.

(2) Plat. Alcib. I. p. 122.

(3) Phil, de Spec. 792. Quod omnis probus, etc. 876.

(4) Eubnl. ap. Porph. de Abst. 4, p. 165.

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tion (i). On recommande d'une manière spéciale de favoriser les mariages, d'entretenir les pauvres, d'instruire-les ignorants, d'élever le bétail : ce sont-Ià autant de traits qui blessent le génie de la mort. L'agriculture est de toutes les professions la meilleure, la plus agréable à la divinité. Qui cultive les fruits des champs, grandit en pureté et étend l'empire de la loi. de Mazdayas (2). Quand réussissent les fruits de la terre, les Dev^s frémissent et sont forcés de rentrer dans l'abîme. Les irrigations, les défrichements, la multiplication du bétail, sont des œuvres très-agréables à la terre. Dans les classes élevées, hommes et femmes sont en outre tenus de porter toujours une ceinture (kosti), qui les protège contre les Dev^s et qui est, à elle seule, un moyen infaillible, un gage assuré de félicité. Parmi les signes auxquels on peut reconnaître l'homme méchant et voué à la mort, Ormuzd compte dans le Zend-Âvesta, l'absence de cette ceinture dans les trois divisions de la nuit et l'introduction d'une loi corruptrice (s).

54. — L'arrogance, l'ingratitude, le mensonge, la fraude, la violation d'une promesse, la paresse, le viol, l'impudicité contre nature sont les principaux crimes que le Zend-Âvesta frappe de ses anathèmes. Les voleurs qui se livrent durant la nuit à leur coupable industrie sont les complices des sombres Dews : leur crime ne s'efface ni pai' la prière ni par les bonnes actions ; il faut le pardon de celui qui a été lésé. Le menteur et l'imposteur se souille et pèche en même temps contre Mithra (4). C'est des Grecs, au dire d'Hérodote, que les Perses apprirent la pédérastie ; le Vendidad dit cependant que cet horrible méfait, pour lequel il n'y a point

(2) Vend, de Spiegel, 3, 99.

(3) Veud. 18,21-23.

(4) Vend 4, 4-55.

d'expiation et qui rend Thoaune en tout semblable à un Dewa, souillait THyrcanie (i). Plus tard, cette infamie se propagea et ne contribua pas peu à la ruine de la nation et de Tempire.

85. — Le mariage occupait dans la religion des Parses une position assez singulière. Le Zend-Avesta ne détermine rien quant au nombre des femmes qu*un bomme peut avoir. Ânquetil affirme, à la vérité, que la monogamie a reçu une sanction religieuse ; mais contre cette assertion s*élèvent les témoignages des Grecs. Tous affirment qu*un Perse pouvait avoir plusieurs épouses légitimes et entretenir encore un grand nombre de concubines. Il était honorable d'avoir beaucoup d'enfants (2) : et en effet, le Sadder qui défend la polygamie et ne permet de répudier la première épouse que quand elle est stérile, est un document d'une date beaucoup plus récente (s). Avoir beaucoup d'enfants est très-méritoire; « une nombreuse famille est un pont qui conduit au ciel ; » l'homme s'approchera de sa femme, au moins tous les neuf jours (4): le célibat volontaire était en horreur chez les Perses. Une fille de dix-huit ans qui fuit le mariage, est menacée des châtiments les plus terribles après sa mort. Quand elle est nubile, elle priera ses parents de lui donner un époux. Les mariages entre cousins-germains sont prescrits par la loi ; le témoignage unanime de toute l'antiquité ne permet point de douter que les unions incestueuses avec la mère, la sœur et la fille ne fussent très-fréquentes (5). Bardesane atteste que, de son temps (2® siècle ap. J.-C), ces unions se contractaient non- Ci) Vend. Farg. 8, 10-2-6 (4) Hérod. 1, i35. 136. Slrab. 15, 753. (3)Z. A. Il, 201; 611.

(5)Sotion. ap. Diog. Laert proœni. 7. Strab. p. 735 Agalh. 2, 24.

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seulement en Mëdie, mais chez les descendants des Perses, établis en Egypte, en Phrygie et en Galatie (i).

56. — Les Perses ne pouvant éviter les souillures légales si nombreuses, devaient recourir à chaque instant aux purifications. C'était là un devoir sacré et impérieux. L'urine de bœuf était le principal remède: l'application en était accompagnée de prières et d'anathèmes (2). Elle devait toujours être employée avant toute autre matière purifiante : on se frottait ensuite avec de la poussière ou de la terre. Si le Perse, chargé d'une impureté légale, se lavait avec de l'eau, il souillait l'élément saint et pur, « l'armure qu'Ormuzd donna à l'homme, » et commettait un énorme péché. L'enfant qui venait de naître était lavé trois fois avec de l'urine de bœuf, une fois avec de l'eau. Mainte purification devait être réitérée tous les jours : la plus efficace, mais aussi la plus difficile était celle qu'on continuait durant neuf nuits. Dans celle-ci, comme dans beaucoup d'autres, l'interventionduprêtreétait nécessaire: tout dépendait du soin, de l'exactitude qu'il mettait à accomplir le rit sacré. Si le ministre desdieux, appelé dans ce but, se retirait découragé ou mécontent, par exemple, à cause de la modicité de la rétribution reçue, le Parse peu généreux était frappé d'une nouvelle souillure, plus à craindre que la première : le Drucks, le démon de l'impureté s'emparaient de lui. Les maux se multiplient sur la terre, les champs sont frappés de stérilité, quand celui qui purifie ne connaît pas assez la loi. II paiera de sa vie sa folle et sacrilège témérité (s).

87. — Les purifications ne suffisaient cependant pas pour effacer les fautes. Le Zend-Avesta est rempli de

(1) Ap. Euseb. Praep. Ev. p. 275, 279.

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