Gaza et toutes les villes des Philistins hono
(1) Gyrill. Alex, ad Isal. 18.
(2) (Vest le nom qui lui donne ApoU. de Tyane. Philoalrat. V. A. 1, 16.
(3) Liban opp 11, 456; 555. m, 533.
(4) Amm. Marcel. 2S, 10.
(5) Ghrysost. Hom. 7. in Matth. opp. vu, 113. éd. Bened.
raient principalement le dieu Dagon ; le temple qu*i1 avait à Gaza, était anciennement le centre de la confédération formée par les villes des Philistins. Sa statue était un poisson, ayant des mains et une tête humaines. Il ressemblait, par conséquent au dieu Baby* Ionien Odakon qui, selon Bérose, était moitié-poisson, moitié-homme. Derketo, moitié- femme, moitié-poisson, partageait les hommages qu*on lui rendait et avait son principal sanctuaire à Âscalon. La forme qu'on leur donnait, faisait d*eux des divinités marines, était inconnue dans la Syrie et ne se retrouvait que sur les côtes de la Philistie. Derketo, dit le mythe, frappée de délire par sa rivale Aphrodite, avait donné le jour à une fille nommée Sémiramis ; — honteuse de sa faute, elle s'était précipitée dans le lac, où elle fut changée en poisson. Son culte était donc naturellement hostile à celui qu'Âscalon rendait à Uranie. Le dieu Marnas, que les habitants de Gaza refusèrent obstinément d'abandonner, même après l'introduction du Christianisme, présidait à la température et correspondait à Baal et à Zeus. Il avait, paraît-il, insensiblement refoulé Dagon et était spécialement invoqué dans les sécheresses trop prolongées.
95. — Nulle part, le Paganisme ne résista avec tant de ténacité aux efforts des âges qu'à Charré ou Harran, ville de Mésopotamie, enserrée entre deux empires rivaux. Elle conserva, à travers les premiers siècles chrétiens et jusqu'au milieu du moyen-âge, ses traditions païennes, qui n'étaient qu'un amalgame d'idées grecques et du culte idolâtrique de l'ancienne Syrie. Nommée pour ce motif Hellénopolis ou cité des gentils, elle posséda longtemps une école païenne, imbue de théories néo-platoniciennes; en 540, elle fut épargnée par Khosru, roi de Perse, à cause de l'attachement que le grand nombre de ses habitants montraient pour le
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Gentilisme (i). La renommée que lui avait faite le culte de sa divinité lunaire androgync, attira dans ses murs les empereurs Caracalla et Julien. En 850, le Kalife Mamun menaça de mort les Hàrranicns qui s*étaient répandus jusque dans Edesse et dans quelques autres villes au nord-est de la Syrie et de la Mésopotamie; il les força d'embrasser une des religions tolérées dans le Kalifat. Alors ils se prononcèrent pour le Sabéisme, professé par ceux que le Coran désigne comme les ancêtres des Mendaïtes de nos jours (i). Ih^puis lors, les Musulmans donnèrent aux Païens do Harran le nom de Sabéens : les chrétiens de la Syrie continuèrent à les appeler Harraniens, a Rhenfoïo » c'est-à-dire gentils. Une divinité solaire, Schemal, « le grand Seigneur » était le principal objet de leur culte: près de lui, se plaçaient une déesse lunaire et les sept planètes, représentées les unes comme des divinités mâles, les autres comme des divinités femelles. Ils brûlaient les animaux vivants en Thonneurde Beltis ou Mylitta; les femmes pleuraient toujours la pc^rte de Thammuz ou Adonis, qu'on fit cependant passer plus tard pour un prophète, tué par un roi qu'il avait voulu amener au culte des divinités planétaires et zodiacales. Dans les sacrifices secrets, on immolait un enfant nouveauné, dont la chair était cuite et mêlée à de la farine et autres ingrédients végétaux. De ce mélange, on faisait des gâteaux que tous les mystes (les femmes exceptées) mangeaient toute l'année dans une espèce de communion infernale. C'est là l'origine de la coutume analogue, observée par les sectes gnostiques,
(1) Procop. Bell. Pers. 2, 13. Comp. la note de Saint Martin à l'hist. du Bas-Emp de le Beau, m, 61.
(2) HottîDger. Hist. Orient. Ed. \h p. 2î$â. Comp. les Communie, tirées d*un ouvr. iuéd. de Chwohlsohn. sur les Sabéens; dans le bullet. hist. phiL deTAcad de St Péterb. T. x, p. 226. ss.
ainsi que des accusations lancées contre les chrétiens dans toute retendue de Tempire Romain (i).
96. — Les nombreuses tribus de l'Arabie honoraient une foule de divinités; toutes étaient d*une nature sidérale et l'on peut, après un peu de réflexion, les ramener à un petit nombre de dieux des astres. Abulfaradsch cite lesoleil,lalune et cinq constellations: Jupiter, Aldaraban, Canopus, Sirius et Mercure, comme étant adorés dans certaines tribus. Celle des Takifs, honorait à Taif, ville située au sud-est de la Mecque, la < grande déesse Allât, » sous la forme d'une pierre blanche quadrangulaire. Les Koréschites l'adoraient sous un grand Palmier sacré, où tous les ans des troupes de pèlerins venaient ofl^rir des sacrifices et attacher leurs armes (s). La ville de Nagran adorait aussi un palmier: une fête annuelle lui était dédiée et alors on attachait à ses branches des étoffes d'habillement et des ornements de femme (3). La déesse Allât est FAlîlat qu'Hérodote croit être la même que Mylitta et Uranie. Chez les Arabes, c'était avant tout une divinité lunaire.
97, — Après cette Allât, le Coran nomme encore deux autres déesses principales : < Uzza et Manat. » Uzza, c'est-à-dire . « la puissante (4),» était adorée dans la tribu des Gatafans, sous la forme d'un Samurah, une variété d'Acacia : ailleurs, elle était représentée comme femme : Evagre lui donne le nom d'Aphrodite (5). Le
(1) V. les passages dans Hottiuger I. c. p. 273 avee les eorreet. d*Abrab. EcheUens. Entych. vindie* 11. 336. Cbwohlsohii en apporte de nouvelles preuves, tirées de manuscrits.
(2) Osiander, Etudes sur la religion des Arabes, avant Hslarn. (Zeitscb. 0. D. M. Ges. vu, 481).
(3) Caussin de Perceval. Essai sur Iliist. des Arabes, i, Jâ5-
(À) Bergmaim. de relig. Arab. ante-islam. Argentor. f 834. p. iO. (^) Hist. eccl. 6, 22.
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poète Zaïd Ben-Amer (i) cite deux filles d*Uzza. Manat était spécialement honorée à Jathreb (Médine) ; chez quelques tribus, son idole était un bloc de rocher.
98. — Dans TArabie-Pétrée, à Bostra, à Pétra, à Séla, le dieu principal était Dusares, TUrotal d'Hérodote, identique, selon lui, avec Dionysos. Un temple magnifique renfermait à Pétra son idole qui était une grande pierre noire, informe, quadrangulaire, placée sur une base dorée. Ce n*est que comme divinité solaire qu'il fut transformé en Dionysos. Lltalie adopta son culte, les Romains frappèrent des médailles où son nom se trouve avec le type des vendanges (2). On lui offrait des sacrifices humains. Les ^i*^!)^^ Scénitiques ou Dumatènes lui immolaient tous les ans un jeune garçon qu'ils enterraient sous la pierre noire (3). On dit qu'un Cheik Arabe, qui avait immolé de sa propre main plusieurs victimes humaines, se convertit au christianisme, sous l'empereur Maurice (4).
99. — Dans la Caaba de la Mecque, auguste sanctuaire national, fondé au commencement du 5^^ siècle av. J.-C, étaient rangées en ordre les 360 idoles des tribus de l'Arabie. La divinité principale de ce temple et des Coréschites était Nubal : on le représentait ayant sept flèches à la main: c'est devant sa statue qu'on consultait le sort au moyen de flèches (5). Ce culte était venu du nord, probablement de la Syrie: Nubal est évidemment le même que le dieu des Harraniens. Les Arabes aflinhent que les idoles à forme humaine leur sont venues de la Syrie: les pierres et les arbres
(1) Ap. Reiske, primsB lines, ed.Wûstenreld, p. 205.
(2) Zoega. de Obellsc. p. 205, 206.
(5) Porphyr. de abst 2, p, ;225. Euseb. Prîpp. Ev. A, 16. Orat. arl Const. c. 13.
(4) Evag. H. E 6. 22.
(5) Pococke, Spec Hist Arab. éd. White, p. 38.
iSi PAGANISME
étaient les objets privilégiés de leur culte. Cétaient là, à leurs yeux, non-seulement des symboles, mais aussi des dépositaires et comme des canaux de la vertu di vine. Schahrastani donne aux Sabéens ou adorateurs des astres le nom de « sectateurs des maisons, » parce qu*ils regardaient les planètes comme les demeures de leurs divinités; « mais, disent selon lui les Arabes, les maisons ne sont pas toujours visibles — et pour cela, nous devons avoir aussi des figures, des formes personnelles, que nous puissions contempler à chaque moment, auxquelles nous puissions demander, de nous ouvrir l'entrée des maisons; — nous leur adressons nos prières et nos hommages, pour qu'elles nous rapprochent delà divinité (i). » 11 importe donc, continuent-ils, d'observer le temps, le jour, l'heure, d'attendre une conjonction favorable, pour fabriquer les images des dieux. Les Arabes enduisaient, en outre, les images du sang des victimes ou le répandaient sur la tète de la statue: coutume qui s'explique peut-être par la vertu qu'ils attribuaient à ces images (â).
100. — Les villes possédaient ordinairement plusieurs temples : la cité de Sabotha en Hadramaut en avait soixante ; Thomna, ville des Gébanites en comptait jusqu'à soixante-cinq (5) : cette particularité vient probablement de ce qu'on réunissait ici, comme on fît plus tard à la Caaba, les idoles de plusieurs tribus peu considérables. Ce dernier sanctuaire semble avoir été comme la Métropole de l'Arabie: fe respect qu'on lui témoignait affermissait la prééminence que les Coréschites prétendaient avoir sur les autres tribus. Les Nacissites, ayant bâti un temple semblable, on vil
(1^ Religions partheien, ubers. v. Ilaarbnicker, ii, 68. (i) Rasmusseii,aildiUni. p. 69.
(3)Plin.H N. ta, 52.
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Irheir marcher contre eux à la tête de ses guerriers, et le sanctuaire usurpateur fut ruiné de fond en comble (i). Les mêmes motifs guidèrent Abraha, roi de Jemana, dans son expédition contre la Caaba; mais le sanctuaire échappa miraculeusement, dit-on, à une destruction inévitable (2).