‹ Paganisme et Judaīsme (volume 5)Chapitre 5 sur 60 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

APERÇU GÉTNÉRAL. — ÉTAT DE l'uNIVERS. I. — L*EMPIRE ROMAIN.

1. — Vingt et un siècles s'étaient écoulés depuis le grand cataclysme à l'issue duquel le genre humain avait repeuplé le monde. La plus belle portion du globe, ces riches contrées qui reliaient dans un vaste rayon trois continents, pour embrasser la Méditerranée tout entière, se trouvaient alors fondues en une immense monarchie, l'empire Romain ; une chétive bourgade fon-

liée au bord du Tibre, et longtemps méprisée ou dédaignée du reste du monde : tel avait été le berceau de cette puissance colossale, qui s'étendait après sept siècles d'existence de TOcéan Atlantique à TEuphrate, des côtes septentrionales de la Gaule et du Danube germanique aux déserts de TAfrique et aux cataractes du Nil, embrassant dans telle vaste domination une population de plus de 100 millions d'hommes.

2. — Cependant le royaume avait trouvé ses limites tracées par la nature elle-même. Les entreprisses, les conquêtes nouvelles qu'il eût pu rêver, semblaient devoir échouer de toutes parts contre des difficultés physiques presqu'insurmontables. Au midi s'étendaient, comme une barrière infranchissable, les vastes déserts de l'Afrique : au sud-est l'Ethiopie et l'Arabie présentaient ainsi que le nord et le nord-est des plaines d'un accès difficile, outre que la conquête et l'occupation de villes dépleuplées et de régions habitées par une population généralement pauvre, eussent entraîné des sacrifices hors de toute proportion avec les avantages qu'elles eussent pu procurer. Reléguée aux confins extrêmes de l'occident, l'île d'Hibernie n'avait rien qui pût tenter l'esprit de conquête. De l'autre côté, au-delà des frontières orientales, les Parthes occupaient une position que rendaient imprenable l'assiette même du pays et une habileté dans l'art de la guerre qui fut souvent funeste aux légions romaines. Aussi Octave avait-il déjà pour maxime, que Rome ne devait plus étendre les limites de son empire, et la plupart des successeurs de ce prince se bornèrent, en eflFet, à maintenir l'état des choses existant, ouà-soutenir des guerres purementdéfensives, renonçant, même parfois, soit spontanément» soit de force, à l'occupation permanente de conquêtes antérieures.

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