‹ Paganisme et JudaïsmeChapitre 24 sur 35 · Pausanias lui-meme fut temoin de Thorrible · texte numérisé non relu

Pausanias lui-meme fut temoin de Thorrible

(1) Paus. 7. 27, t.

(2) Nymphed. ap. A.hcn. fi, 90.

(3) Paus. 5, 24, 1.

(Ij Ibid. 1,53, I.

(3) Inscrip. dans leCorp. Inscript. Grac. n,surtout Celles de la Galatie.

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hülocauste que la ville de Patre offrit k Artemis et des flagellations sanglantes ii Tautel d'Artemis Orthia k Sparte, quoique la discipline Lacedemonienne eüt öte entrainöe dans la chute de l'Etat (i). L'impudence, l'ironie, Ic sarcasme accompagnaient toujours les feles memes les plus saintes, comme Celles de Demeter ä Eleusis; il y avait des dicux que, selon Aristote, la loi ordonnait d'honorer par des bouffonneries (^2). Des farces pareilles faisaient partie du culte d'Apollon ^4<]gletas ä Anapha, des fetes attiques de Pan, de Celles d'Anna Perenna ä Rome (ii). Lucien signale un degoütant eloge de la Pederastie comme un discours qu'on n'a l'occasion d'entendre qu'a une solennite religieuse (4). Le culte que les provinces de la Grece et de ritalie rendaient ä Aphrodite avait perdu toute retenue et depassait en lubricite tout ce qu'on avait vu jusqu'aiors. L'ancienne signitication cosmique d'Aphrodite- Uranie se perdit, et on ne distinguabientot plus qu'Uranie et Pandemos, honoreestoutesdeux par lavolupte. Les courtisanes de Lucien leur immolent des vaches et des chevres, pour obtenir la prosperite de leur abjecte Industrie (o). Parmenis consacre dans une epigramme de Dioscoride, h Uranie un eventail achete avec l'or de la volupte (()). Les Aphrodisies ou fetes de Venus, qui duraient ordinairement trois jours et trois nuits, se celebraient avec des banquets, des chants, des danses echevelees, des prieres et le dölire de la volupte dans les bosquets ou jardins sacres; c'etait lä la Pannychie ou veille de Venus. Tout s'y faisait en l'honneur de la

(1) Paus. 7, 18,7.

(2) Polit. 7, lö.

(ö)Co)iou. 49. Lucian Bis accus, c 11. Ovid. Fast. 5. G'ib.

(4) Amor. 53.

(o) Dial. nicretr. 7 ; ü.

(6) Dioscor. Epigr. [-2. Anthol. 1.247.

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deesse et devenait un saint moyen pour obtenirsa faveur. — Ce que les courtisanes et ,meme d'honnetes jeunes filles demandaient alors k la divinite, peut se voir chez Piaute (i). Les entremetteurs montraient en cesjours une grande activite, pour acheter et louer des fdles sous la haute protection de la deesse, et Tun d'eux se plaint chez Piaute, de n'avoir pu faire des affaires apres avoir immole six agneaux (3). Des courtisanes fameuses ajouterent ä leur nom celui d'Aphrodite et obtinrent des sanctuaires: il y eut une Aphrodite-Lamia, une Pythionique a Athenes et ä Babylone, la Leaina et la Ctelesylla a Ceos, l'Aphrodite Spatonicis k Smyrne (0). Dans le temple de Venus Genitrix ä Rome il y avait une Venus-Drusilla.

421. — Si ce culte etait une ecole ouverte de libertinage, et un goufl're oü la jeunesse des deux sexes perdait toute pudeur, les mythes n'exergaient pas une influence moins desastreuse; l'imagination de l'enfance en etait saturee, la conscience pervertie; ä Tage des passions, on prenait les dieux pour modeles et on autorisait ses exces par la conduite de la divinite. Le peuple ne tenait compte ni du sens physique que l'ecole sto'icienne avait donne aux mythes, ni de la theorie Platonicienne de Plutarque, qui avait voulu attribuer a des etres inferieurs tout ce qu'on trouve d'ignoble dans la mythologie. Nous ne reproduirons ici ni le temoignage dejä cite de Denis, ni la scene si connue de Terence. Seneque qui reflechissait serieusement h ce qui se passait sous ses yeux, dit du niythe de Zeus et d'Alcmene, « n'est-ce pas enflammer nos convoitises que de peindre les dieux comme prevari-

(l)P£n. 1,2,120; 4,2, 27; 5,3, 13 sqq.

(2) Poen. 2, 6 ; Cfr. 4, 2, 25, sq.

(5) Athen. 15, 593. Anton. Liberal, c. 1.

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cateurs et d'excuser par leur exemple la perversitö humaine (i)? » Dans un autre ecrit, il s'eleve avec force contre lesPoetesquirepresententZeus comme unadultere, un corrupteur de jeunes gens unis avec lui par les liens du sang, enfin comme un fils ingrat et denature. « Cela n'a servi, dit-il, qu'ä oter aux hommes l'horreur du crime en leur faisant croireque les dieux nevalaient guere mieux {-2). » Un seul trait de l'histoire prouve mieux qu'une longue dissertation,les idees que les Romains se faisaient de leurs divinites, dans la 2"^ guerre punique. On attribua la sanglante defaite de Cannes au courrouxdeJunon contre Varron generalen chef del'arn\6e romaine. La Jalousie de cette deesse avait ete excitee parce que ce dignitaire, etant edile, avait dans les jeux du Cirque, mis un beau jeune homme ä cöte de la Statue de Jupiter, placee sur un char magnifique. Quelques annees apres, on offrit serieusement ä la deesse irritee un sacrifice expiatoire (3).

122. — Menippe le Cynique raconte chez Lucien que dans sa jeunesse il avait lu dans Homere et dans Hesiode la chronique des rivalites, des inimities, des galanteries, des adulteres, des violences des dieux. Toutes ces prouesses lui parurent admirables et ne l'engagerent pas mediocrement ä faire de meme. Dans son äge mür, il apprit que les lois traitent tout cela de crimes, et ne sut pas trop s'il fallait obeir aux lois ou suivre les exemples des dieux (4). Ovide nous dit que les femmes faisaient bien de ne pas franchir le seuil des temples, pour ne pas etre exposees ä la seduction,

(1) De vit.brev. lü.

(2) De vit.beat. 26.

(3) Val. Max. 1,1, 16. Lact. 2, 16.

(i) Luc. Menipp. ö.

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par le souvcnlr des aventures galantes de Jupiter et des deesses (i).

1:23. — Ce n'etait pas seulement sur les genoux de la nourrice ou dans Homere et Hesiode qu'on apprenait ä connaitre les mythes, mais aussi, dans les spectaclcs mimiques, oü les fables les plus voluptueuses etaient representees de preference. Deja du temps de Soerate, riiütc donnait, pour charmer ses convivcs, des reprdsentations sceniques, tirees de la mythologie. Dans le Symposion de Xenophon,on voit des mimes executer en presence de Soerate et de ses amis, les aventures de Dionysos et d' Ariane, leurs tendres caresses et jusqu'ä leur Union (2). La mimique fut portee plus tard ä une haute perfection et les Grecs eurent une foule d'expressions pour designer les diverses especes de ces danses. Onaffectionnait particulieremeni les intriguesd'Aphrodite avec Ares et Adonis; les aventures de Ganymede, de Danae et de Leda et autres semblables. Sous l'empire les jeux mimiques occupaient ä Rome toute l'annee, les mois d'hiver exceptes. Donnes comme intermedes apres les drames proprement dits, ils plaisaient singulierement au peuple dont les yeux lubriques pouvaient s'y repaitre ä l'aise. Danseurs et danseuses, couverts de vetement serres, qui montraient les formes et les mouvements des corps, comme dans une complete nudite, representaient avec des gestes eloquents et au son dela flute, les fables divines qui avaient trait ä l'union des deux sexes. Juvenal decrit l'effet que les scenes produisaient sur des spectateurs et des spectatrices impressionables et plus tard, Zozinie put sans exageration accuser la Pantomime d'avoir plus que

(1) Trist. 2.

(2)Symp.9, 1-5.

(3) Sat. 6, 67 sq.

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toute autre cause, bäte la ruine de l'empire Romain (i).

424. — «Dans les spectacles publics, ditArnobe, sont assis les Colleges des Pretres et les autorites, les Flamines, les Augures et les cbastes Vestales : le peiiple, Le Senat, les consuls et les consulaires sont reunis et devant eux des danseuses representent Venus, mere du peuple Romain, livree aux transports de l'amour, k un delire de bacchante. On danse aussi la mere Auguste, la Dindymene dePessinonte, soupirant en depit de son äge, apres les embrassements ignobles d'un jeune berger. Le dominateur du monde est, sans vergogne, represente dans un role adultere, dressant des embüches a la pudeur de la femme d'autrui,se couvrantd'un masque pour prendre dans le lit d'une epouse fidele la place du mari. » Le meme auteur peint ensuite la joie sauvage des spectateurs, ä la vue des ridicules dont on afl'uble les dieux sur la scene — l'agitation et les applaudissements frenetiques qui remplissent le theätre (2). Ainsi, dit Augustin, on raille sur lascenelesdieuxqu'on va honorer dans le temple (0).

125. • — Or, ces jeux faisaient partie des solennites religieuses et etaient regardes comme des actes pieux : on les celebrait pour avoir obtenuune faveur des dieux ou pour apaiser une divinite qui manifestait son courroux par des phenomenes extraordinaires: les dieux memes, croyait-on, les exigeaient imperieusement. Et ces memes spectateurs, gorges de volupte, assistaient le lendemain ou le meme jour aux combats des gladiateurs. La encore, pretres, senateurs, fonctionnaires, matrones, vestales, peuple se reunissaient pour

(1) Bist. 1,6.

(2) Aruob. i, 34-33.

(5) De Civ. D. 6, 8.

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