‹ Pageants du tricentenaire de QuébecChapitre 2 sur 3 · II · texte numérisé non relu

II

récit m'intéresse vivement, mais il ne dépasse pas en merveilleux ce que notre fidèle et loyale sujet, Jean Alphonse le Saintongeois a vu en Angleterre. Pas n'est besoin d'aller aussi loin que Donnacona. Ecoutez bien ceci, vous, les interprètes :

Or ce que vit Jean Alphonse en Angleterre fut des arbres étranges, verdoyant, au printemps, comme les nôtres, mais qui, l'automne venu, opéraient miracles, car leurs feuilles se changeaient tout à coup eu poissons et tout à coup en oiseaux, suivant qu'elles tombaient à la surface de l'eau, dans les rivières, ou bien à la surface du sol, dans les terres labourées, au gré du vent. (Eclatant de rire). Cela s'est passé tout près d'ici, vous dis-je, Messieurs les courtisans, en Angleterre ! foi de Saintongeois ! Il faudra maintenant retourner le proverbe, et dire : A beau mentir qui vient de près. (A Jacques Cartier). Mais vous, capitaine-découvreur, qui venez de loin, dites-nous la vérité, d'aussi près que possible .... pour un voyageur.

Jacques Cartier.— Votre Majesté s'amusera peut-être du cadeau que voici. (Il lui présente une pipe en pierre) et dont je vais, s'il se peut, lui en expliquer l'usage. Les Sauvages de Saguenay, de Canada, d'Hochelaga, cultivent un herbe merveilleuse, dont j'ignore le nom, et dont la feuille a la forme d'une oreille d'âne. Cette feuille qu'ils sèchent au soleil, ils en font poudre, à toute heure du jour et de la nuit, et la mettent à l'un des bouts d'un cornet, qui est de bois ou de pierre (comme celui-ci) puis, un charbon de feu dessus, ils soufflent par l'autre bout, tant et tant qu'ils s'emplissent le corps de fumée, si bien qu'elle leur sort par la bouche et les narines comme du tuyau d'une cheminée. Ils disent que cela les tient sains et chauds !

François 1er. — Je le crois, je vous crois et eux aussi. Je serais curieux, tout de même, de leur voir expérimenter cet usage.

(On fait fumer les Sauvages en présence de la Cour.)

François 1er (à l'évêque de Saint-Malo, François Bohier). — Monsieur de Saint-Malo, je désire vous honorer publiquement en vous adressant ici la parole.

L'an dernier, dans votre cathédrale, vous avez, par vos prières, attiré le regard de Dieu sur mon serviteur, le capitaine Jacques Cartier, et appelé sur ce dernier la bénédiction du Maître de la Mer et du Vent. Votre voix a été entendue, car

jamais expédition, depuis Christophe Colomb, ne fut plus heureuse que celle-ci.

Nous sommes aujourd'hui confirmés dans la nouvelle qu'il existe et que nous possédons en Amérique Septentrionale trois royaumes dont les superficies réunies forment un territoire si vaste que le manteau bleu de l'Atlantique ne les couvrirait pas de sa largeur.

La générosité de la Providence à mon égard a dépassé ce que l'ambition du monarque le plus insatiable aurait pu rêver. Il faut en remercier Dieu, notre Maître à tous, et lui offrir les prémices de la terre même qu'il me donne en héritage, des prémices qui soient à la fois dignes et de ^a magnificence infinie, et de notre reconnaissance éternelle. A Lui les âmes de ces Sauvages ici présents : qu'elles soient les pierres vivantes, les pierres d'assise du temple que nous élèverons à sa gloire. Je les confie, Monsieur de Saint-Malo, à votre sollicitude pastorale.

Que ces Canadiens soint enfants de Dieu avant d'être Français ! Que la lumière de la Vérité les éclaire au lieu de les aveugler. Apprenez-leur qu'il existe dans une autre vie et dans un autre monde, encore plus ancien et plus durable que celuici, un royaume plus beau que le mien ; qu'auprès de lui le faste de ma Cour et l'éclat de mon diadème ne sont que des pâleurs d'aube comparées au soleil. Qu'ils ne passent point des ténèbres du Paganisme à l'éblouissement du siècle, et que l'orgueil légitime de mon trône ne soit pas pour eux une cause de scandale ou de perdition. Qu'ils sachent enfin, par vous, que le Christ seul est roi, V «agouhanna» véritable, et que les princes de la terre, même les plus magnifiques, n'en sont que les représentants indignes et les humbles vassaux.

C'est là, Monsieur de Saint-Malo, ce que je voulais vous dire et ce que vous ferez.

Les Sauvages se retirent accompagnés de Jacques Cartier et de Pévêque de

Saint-Malo.

DEUXIEME PAGEANT

5ième TABLEAU. 1608 : — Champlain recevant ses instructions

d'Henri IV

Lettres patentes expédiées en faveur de Monsieur De Monts.

Henry, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre : à nos aimés et féaux conseillers les officiers de Notre Amirauté de Normandie, Bretagne, Picardie et Guyenne, et à chacun des dits endroits et en l'étendue de leur juridiction et destroits. Salut.

Nous avons pour beaucoup d'importantes occasions accordé, commis et établi le Sieur de Monts, gentilhomme ordinaire de Notre Chambre, notre lieutenant-général pour peupler et habiter les terres, côtes et pays d'Acadie et autres circonvoisins en l'étendue du quarantième degré jusqu'au quarante-sixième ; et là établir Notre Autorité et autrement s'y loger et assurer, en sorte que nos sujets y puissent désormais y être reçus, habiter, trafiquer avec les Sauvages habitant les dits lieux et y résider comme plus amplement Nous l'avons déclaré par Nos lettres patentes expédiées et déclarées pour cet effet au dit Sieur de Monts, le huit novembre dernier, et suivant les conditions et articles moyennant lesquels il s'est chargé de la conduite et expédition de cette entreprise ; pour faciliter laquelle, et ceux qui sont joints et associés avec lui et leur donner quelque moyen et commodité d'en supporter la dépense, Nous avons eu pour agréable de leur promettre et assurer qu'il ne serait permis à aucun autre de nos sujets qu'à ceux qui entreraient en association avec lui pour faire la dite dépense de trafiquer de pelleteries et autres marchandises durant dix années ès terres, pays, ports, rivières et avenues de l'étendue de sa charge et que voulons avoir lieu.

Nous, pour ces causes et autres considérations, à ce Mandons et Ordonnons que vous ayiez, chacun de vous, en l'étendue de vos pouvoirs, juridictions et destroits à faire de notre part comme de notre pleine puissance et autorité royale ; Nous faisons ces expresses inhibitions et défenses à tous marchands et capitaines de navires, matelots et autres nos sujets, de quelque état, qualité et condition qu'ils soient, sauf ceux qui sont entrés en association avec le dit Sieur de Monts pour la dite entreprise

selon les articles et conventions d'icelles par Nous arrêtés ainsi que dit ici, d'équipper aucuns vaisseaux et en iceux aller ou envoyer faire trafiquer ou troc de pelleteries ni autres choses avec les Sauvages, fréquenter négocier et communiquer durant le temps de dix ans, depuis le Cap de Raze jusques au quarantième degré, comprenant toute la côte de l' Acadie, terres du Cap Breton, baie de Saint Clair et des Chaleurs, îles Percé, Gaspé, Mettan, Tadoussac et la Rivière de Canada, tant d'un côté que d'autre, et toutes les baies et rivières qui sont le long de la côte, à peine de désobéissance, de confiscation entière de leurs vaisseaux, vivres, hardes et marchandises au profit du Sieur de Monts et de ses associés et de trois mille livres d'amende pour l'assurance et l'acquit de laquelle et de la punition de leur désobéissance vous permettiez comme Nous avons aussi permis et permettons au dit Sieur de Monts et ses associés de suivre et arrêter tous les contrevenants à notre présente défense et ordonnance comme aussi leurs vaisseaux, marchandises, armes et victuailles pour les amener et mettre ès main de la justice et être procédé tant contre leurs personnes que biens, ainsi qu'il appartiendra ; Ce que Nous voulons, vous Mandons et Ordonnons faire incontinent publier de vos dits pouvoirs et juridictions où vous jugerez besoin être, afin qu'aucuns de nos dits sujets n'en puissent prétendre cause d'ignorance, ainsi que chacun obéisse et se conforme sur ce, à Notre volonté, de ce faire vous donnons pouvoir, commission et mandement spécial. Car tel est Notre plaisir.

Donné à Paris le i8ième jour de décembre l'an de grâce 1603, et de Notre Règne le 151'ème (1).

Henri IV (à DeMonts) : — Maintenant que vous êtes mon lieutenant-général en la Nouvelle-France, que ferez-vous? Avezvous arrêté le plan de votre nouvelle expédition ?

DeMonts* — J'ai délibéré, Sire, de me fortifier dans un endroit de la rivière de Canada que les Sauvages nomment

(1) Cf : Collection de Manuscrits, etc. relatifs à la Nouvelle Frauce, vol. 1er, page 46 et 47.

Ces lettres patentes furent renouvelées en faveur de DeMonts en 1607 ; avec, toutefois, cette différence qu'elles ne lui accordaient que pour une année le privilège exclusif de la traite des pelleteries, à commencer du mois de janvier 1608.

Cf : Ferland, Cours d'histoire du Ccmada, tome 1, p. 89.

Kébec, à quarante lieues au-dessus de Saguenay, pour le désir de pénétrer plus avant dans les terres occidentales, et dans l'espérance de parvenir un jour à la Chine. Henri IV. — Fort bien, Monsieur.

De Monts. — J'aurais cependant une dernière grâce à solliciter ?

Henri IV. — Dites sans crainte, mon cher De Monts. Mes faveurs n'égalent pas encore les services que vous m'avez autrefois rendus pendant les troubles de la Ligue.

De Monts. — J'ai choisi pour mon lieutenant particulier dans la présente expédition Samuel de Champlain, capitaine ordinaire en la marine royale, et je désirerais faire confirmer ce choix, s'il agrée à Votre Majesté.

Henri IV. — Très volontiers ! (souriant à DeMonts) : Vous et moi savons bien choisir nos lieutenants !

(à Champlain) : Approchez, M. de Champlain. Votre personne et vos mérites nous sont connus. Déjà le Commandeur Aymar de Chastes m'avait fait cet éloge que M. de Monts répète aujourd'hui et que cinq années de nouveaux et inestimables seryices justifient davantage. La France vous doit sa bonne renommée en Amérique.

Votre constance à suivre une entreprise, votre fermeté dans les plus grands périls, votre sagacité toujours en éveil et toujours prompte à saisir un parti dans les affaires les plus épineuses, la droiture de vos vues, l'honneur et la probité de votre conduite, tout cela Monsieur, me confirme dans la résolution que j'ai présentement de vous faire reprendre et poursuivre l'héroïque expédition de Jacques Cartier ! Je vous crois digne de lui succéder, d'exercer comme lui un sacerdoce politique, de lire comme lui l'Evangile en guise de proclamations royales, et d'arborer les armes de France sur la croix du Christ, aussi loin que vous pourrez marcher à l'Ouest du Nouveau Monde. Dites-moi, M. de Champlain, acceptez-vous ?

Champlain. — Vous ne songez, Sire, à étendre votre domination dans les pays infidèles que pour y faire régner Jésus- Christ, et vous estimez, comme nos rois, vos prédécesseurs, que le salut d'une âme vaut mieux, lui seul, que la conquête d'un grand empire ! (*)

(i) Cette pensée, que je fais prêter par Champlain à Henri IV, appartient à Champlain. L,a phrase est textuellement reproduite de ses Œuvres,

Elle seule aussi, suffirait à immortaliser le grand homme qui Ta écrite.

Que Dieu vous entende, Sire, et qu'il fasse prospérer cette entreprise à son honneur et à sa gloire. (2) Sire, j'accepte !

Danse de \a Pavane, d'Arbeau.

« Vive Henri IV », chanté par la Cour.

ôième TABLEAU : 1620, Champlain à Québec.

Commission de commandant en la Nouvelle-France par Henri II, duc de Montmorency vice-roi, au dit pays, de Sa Majesté Très Chrétienne, on faveur du Sieur de Champlain, en date d'avril 1620.

Henri II, duc de Montmorency, amiral de France, et vice roi en la Nouvelle-France à tous ceux qui ces présentes verront

Salut.

Savoir faisons à tous qu'il appartiendra que pour la bonne et entière confiance que nous avons de la personne du Sieur Samuel de Champlain, capitaine ordinaire pour le Roi en la marine, et de ses sens, suffisance, pratique et expérience en fait de la marine, et bonne diligence et connaissance qu'il a au dit pays pour les diverses navigations, voyages et fréquentations qu'il y a faits et en autres lieux circonvoisins d'icelui, icelui Sieur de Champlain, pour ces causes et en vertu du pouvoir à nous donné par Sa Majesté, avons commis, ordonné et député commettons, ordonnons et députons par ces présentes notre lieutenant pour représenter notre personne au dit pays de la Nouvelle-France : et, pour cet effet, lui avons ordonné d'aller se loger, avec tous ses gens, au lieu appelé Québec étant dedans le fleuve Saint-Laurent autrement appelé la Grande Rivière du Canada, au dit pays de la Nouvelle-France et au dit lieu et autres endroits que le dit Sieur de Champlain avisera bon être, y faire construire et bâtir tels autres forts et forteresses qu'il lui sera besoin et nécessaires pour sa conservation et celle de ses dits gens, lesquels fort ou forts nous gardera à son pouvoir, pour au dit lieu de Québec et autres endroits en l'étendue de notre pouvoir, et, tant et si ayant que faire se pourra, établir, étendre, et faire connaître le nom, puissance et autorité de Sa Majesté, et à

(2) Autre phrase, textuellement reproduite des Œuvres de Champlain. Elle est gravée sur le bronze de son monument à Québec.

icelle assujettir, soumettre et faire obéir tous les peuples de la dite terre et les circon voisins d'icelle et par le moyen de ce et de toutes autres voies licites les appeler, faire instruire, provoquer et émouvoir à la connaissance et service de Dieu et à la lumière de la foi et religion catholique, apostolique et romaine, là y établir, et en l'exercice et profession d'icelle maintenir, garder et conserver les dits lieux sous l'obéissance et autorité de Sa dite Majesté.

A Paris, ce 30 avril 1620.

(Signé) Henri II, duc de Montmorency (l).

Allocution de Champlain à la foule

Mes amis, vous me recoti naissez encore après une aussi longue absence (acclamations.) Je sais bien qu'elle n'a pas été longue, deux ans à peine, mais elle me semblait à moi, une éternité (accl.) Enfin je suis, à vous, chez vous, chez moi, et pour toujours. (Accl.)

Je vous ai fait lire me commission de lieutenant-général. Le haut et puissant seigneur, Henri II, duc de Montmorency, notre vice-ioi, m'a renouvelé par ce témoignage éclatant la confiance qu'avaient placée en moi ses prédécesseurs, le Commandeur de Chastes, mon bienfaiteur, M. DeMonts, comme aussi M. le Comte de Soissons. L'honneur en est très grand, mais je vous avouerai qu'il existe pour moi une satisfaction supérieure à ce brevet d'estime, l'intime conviction de posséder également

la vôtre. (Acclamations)

Cette commission du vice-roi me signifie l'ordre formel de retourner à Québec. . M'y voici.. (Accl.) de m'y établir définitivement, de m'y fortifier le mieux possible afin de mettre le pays à l'abri des invasions et des coups de main imprévus.

Je suis à ce point assuré du succès que j'ai dit pour toujours adieu à Brouage, au Saintonge, à la France ancienne. Je ne viens pas seulement commander ici pour un temps, mais pour y vivre comme vous et avec vous y mourir.

Me voici, à Québec, non seulement pour y continuer la

(1) Cette commission est calquée sur partie de l'original de la Commission de Commandant en la Nouvelle France, par M. le Comte de Soissons, Lieutenant-Général du Roi en la Nouvelle France, en faveur du Sieur de Champlain, du 16 octobre 1612.

Cf. Dionne, Samuel Champlain, tome 1, pages 404 et 405.

fondation d'une ville, l'établissement définitif et permanent d'une colonie, mais pour y asseoir aussi, à demeure, mon foyer domestique. En garantie de ma parole — dont personne, Dieu merci, ne douta jamais et dont personne encore ne me demanda gages — en garantie de ma parole, j'amène avec moi la personne qui m'est la plus chère en ce monde, Madame de Champlain, (Acclamations) qui consent à partager, que dis-je ? qui me demande à venir partager vos labeurs (accl.) à vivre dans la solitudes les plus belles années de sa jeunesse. Quel réconfort elle apporte à mon courage, à mes espérances en l'avenir ! Je n'avais jamais songé à une plus douce image du devoir et de la récompense mis en regard.

Ah! mes amis, si vous saviez comme je vous aime et combien les plus cruels sacrifices m'on paru faciles, consentis pour vous.

Cette France que je croyais avoir quittée pour toujours, je la retrouve ici, dans votre chère présence. J'ai rêvé d'une Nouvelle-France aussi belle, aussi grande que l'Ancienne. Aidezmoi à réaliser ce songe magnifique. Ce n'est pas un homme endormi qui vous parle, mais un esprit bien éveillé, une volonté bien résolue qui croit à l'avenir de Québec et du Canada français comme il croit en Dieu : de toute son âme et de toute sa conscience !

Acclamations : Vive Champlain ! Vive Québec ! Vive la France ! Vive le Roi ! Vive le Canada !

TROISIEME PAGEANT

7ième TABLEAU : — 1639, Arrivée des religieuses Hospitalières et Ursulines à Québec

Elles sont officiellement reçues par le Gouverneur Huault de Montmagny, Chevalier de Malte.

Les enfants chantent le vieux noël français : D'oh viens-tu, bergère ?

8ième TABLEAU : — La Vénérable Marie de l'Incarnation et les Jésuites catéchisant les Sauvages

Les petits Hurons chantent le noël composé par Brébeuf le Martyr : lésons Ahatonnia !

QUATRIEME PAGEANT

9ième TABLEAU, 1660 : Dollard des Ormeaux et ses compagnons d'armes au Long=SauIt

Cbant du Veni, Creator, par les Français. Cri de guerre des Iroquois.

Dollard. — Aux armes ! aux armes ! Voici l'heure du sacrifice et du martyre ! Haut les cœurs ! Haut les courages !

Les Compagnons d'armes (ensemble). — Adieu frères ! Adieu, parents ! Amis, adieu !

Dollard. — Rappelez-vous votre serment ! Pas de merci, pas de quartier ! Pas de prisonniers !

Les Compagnons d'armes. — Rien à l'ennemi, que nos cadavres !

Dollard. — Mon âme à Dieu, mon sang à la Patrie ! Dollard et les Compagnons d'armes (ensemble). — Canada ! Canada ! ceux qui vont mourir te saluent !

Bataille

Musique de scène écrite par le chef d'orchestre, M. Joseph Vézina.

CINQUIEME PAGEANT

lOième Tableau : — 1665, Mgr de Laval reçoit officiellement Monsieur de Tracy

Adresse du Conseil Souverain à Tracy

Monseigneur,

Le Conseil Souverain, heureux de souhaiter la bienvenue au représentant de Sa Majesté et de lui offrir, avec l'expression

de son profond respect, son obéissance et ses hommages, s'empresse de le féliciter de l'honneur insigne que lui a conféré Notre Souverain en l'instituant son lieutenant-général dans toute l'étendue des possessions françaises en Amérique Méridionale et Septentrionale, avec pouvoir d'y commander aux gouverneurs, lieutenants-généraux et à tous les officiers, tant civils que militaires.

Cette suprême distinction de représenter immédiatement le Roi est la consécration comme la récompense de vos belles vertus de courage et de prudence, qualités qui vous avaient signalé depuis très longtemps à l'attention de notre grand monarque. Les pouvoirs de votre commission vice-royale sont tels qu'ils nous justifieraient de croire que vous êtes le prince lui-même (1). L'un d'eux nous réjouit tout particulièrement. Le Roi vous commande de « passer à Québec pour y établir solidement la colonie en mettant les Iroquois à la raison. »

Depuis trente ans qu'ils ne cessent de ravager la colonie, il est temps que ces Barbares reçoivent dans leur propre pays le châtiment qu'ils méritent. Vous êtes le Grand Justicier que la Nouvelle-France attendait pour soutenir sa querelle qui n'est autre que la propre cause du Christianisme et de la Civilisation.

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